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samedi 31 décembre 2016

Lili et ses irrésistibles de 2016...

Encore une année chamboulante qui s'achève. Avec son actualité rivalisant d'improbable devenu tristement réalité. Et sa pléthore de Grands et Grandes partis vers leur Ailleurs. Heureusement qu'il y a les mots. Les mots qui bercent. Les mots qui envoûtent. Les mots qui secouent les certitudes. Les mots qui ouvrent les horizons. Les mots qu'on dévore contre vents et marées...


Voici donc les 10 inoubliables de 2016 de Lili, tous publics confondus:


  1. The Day I Became a Bird, d'Ingrid Chabbert et Guridi, chez Kids Can Press.
  2. Louis parmi les spectres, de Fanny Britt et Isabelle Arsenault, chez La Pastèque.
  3. La piscine, de JiHyeon Lee, chez Kaleidoscope.
  4. Mon ami Fred, d'Eoin Colfer et Oliver Jeffers, chez Gallimard Jeunesse / Kaleidoscope.
  5. Franz, Dora, la petite fille et sa poupée, de Didier Lévy et Tiziana Romanin, chez Sarbacane.
  6. La femme aux cartes postales, de Jean-Paul Eid et Claude Paiement, chez La Pastèque.
  7. L'enfant des livres, d'Oliver Jeffers et Sam Winston, chez Scholastic.
  8. L'enfant seule, de Guojing, chez Comme des Géants.
  9. Deux garçons et un secret, d'Andrée Poulin et Marie Lafrance, chez La Bagnole.
  10. Même pas vrai! de Larry Tremblay et Guillaume Perrault, chez La Bagnole.


Puis, comme je travaille encore et toujours en bibliothèque, et que, parfois, les nouveautés m’échappent et mettent un poil trop de temps à croiser mon chemin, voici, issus de la vénérable 2015, mes 3 incontournables de presque 2016 :

  1. Fé M Fé, d’Amélie Dumoulin, chez Québec-Amérique.
  2. Maman est un oiseau, d’Anne Loyer, chez Bulles de Savon.
  3. Émile il est 7 heures!, de Vincent Cuvellier et Ronan Badel, chez Gallimard Jeunesse.

Et, une fois de plus, le hasard (mais existe-t-il, ce coquin?) m’a fait joyeusement trébucher sur les essais de la surprenante collection Documents, des éditions Atelier 10. Une collection délicieusement audacieuse et sympathique, abordant une foule de sujets d’actualité, et donnant la voix à des auteurs non conventionnels, issus de différentes sphères du monde littéraire. Une façon toute simple et conviviale de faire découvrir (et aimer!) cette forme d’expression des idées souvent méconnue. Parce que c’est grâce à cette collection que j’ai enfin osé plonger tête première dans les essais, je décerne avec plaisir à la collection Documents, la mention Lili découvre de l’année!



Et enfin, pour terminer le tout en beauté, le Coup de coeur de Lili, un petit délice sans âge, pigé au petit bonheur dans la besace fournie des parutions des années antérieures, et m’ayant accroché le regard du haut de ses rayonnages: j’ai nommé les truculentes Théories de Suzie d’Éric Chevillard et Jean-François Martin, chez Hélium.



Et c’est ainsi que prend fin l’année littéraire de Lili la gourmande...

Je vous souhaite une année 2017 foisonnante de possibles et pétillante d’imaginaire.


Bonne lecture!

vendredi 30 décembre 2016

A Child of Books


Par Olivers Jeffers, illustré par Sam Winston, chez Candlewick Press.
Quatrième de couverture (extrait):
«A little girl sails her raft across a sea of words, arriving at the house of a small boy. She invites him to go away with her on an adventure into the world of stories... where, with only a little imaginaton, anything at all can happen.»

Entre les pages, bourlinguant entre les virgules, capitaine et matelot d’un navire toutes voiles dehors, se cache l’imaginaire. Insatiable voyageur entre les lignes, rien ne l’arrête, ni l’improbable, ni l’impossible. Et s’il suffisait de le prendre par la main, comme l’enfant émerveillé qu’il est, et de le suivre sans regarder en arrière, pour découvrir des trésors insoupçonnés? De sa voix tout en candeur poétique, Olivers Jeffers raconte, à sa manière, ce lien qui se tisse entre un enfant et sa soif de rêves, entre un lecteur et les mots qui le feront s’évader. Plongeant dans un ailleurs littéraire sublime, celui de l’univers visuel singulier et éloquent de Sam Winston, cet album tout en finesse évocatrice sait dire l’importance de l’imagination et de ses mille possibles pour s’ouvrir les horizons.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮





Pour le lire en version française

mardi 27 décembre 2016

Agatha


Par Françoise Dargent, chez La Martinière jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Agatha vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Elle s’ennuie. Alors elle lit. Tout ce qui lui tombe sous la main. Surtout des romans policiers. Elle lit, et elle imagine des histoires de meurtre et de disparition. Livre après livre, rêve après rêve, elle grandit. Paris, l’Égypte : Agatha brûle de voir le monde. Elle a soif de goûter à tout ce que la vie peut lui offrir. Plus tard, Agatha Miller prendra sa plume pour écrire. Son premier roman policier sera signé Agatha Christie.»

Avant de devenir une incontestable virtuose du roman policier, Agatha Miller (Christie) a d’abord été une fillette réservée, puis, une jeune fille curieuse, rêvant d’ailleurs, mais surtout, une amoureuse de la musique. Et si, au-delà de l’écrivaine de renom, il y avait une jeune femme qui apprenait tout doucement à trouver sa place dans un monde qui jusqu’à lors rendait les projets d’avenir féminins futiles par la perspective inévitable du rôle d’épouse et de mère? En s’inspirant de la jeunesse d’Agatha Christie, Françoise Dargent brode le portrait d’une époque où le changement dans les mentalités commençait à germer tout doucement, et imagine astucieusement la genèse de cette auteure à la plume bien pendue. Hybride habile entre la biographie et la fiction, cet opus saura à la fois plaire aux connaisseurs de la grande dame du crime qu’aux néophytes, leur titillant la curiosité en les invitant à lire entre les lignes d'une oeuvre colossale.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

dimanche 25 décembre 2016

Léon l'extra petit terrestre


Par Jo Witek, illustré par Stéphane Kiehl, Éditeur.

Quatrième de couverture:
«Ma planète ressemble à tout ce que je veux. Je ne peux pas la dessiner, parce que je ne suis pas très bon en dessin. Mais pour l'imaginer, il suffit d'y penser très fort. Tu la vois, hein?»

Dans le monde de Léon, rien n’est jamais exactement ce qu’il y paraît. En moins de temps qu’il n’en faut pour cligner des yeux, Léon s’envole vers un ailleurs farfelu, loin de l’emprise tristement banale d’un quotidien qui refuse de voir de l’autre côté du miroir.  Dans l’imaginaire de Léon, les possibles fourmillent, gazouillant joyeusement leur taquine réalité, sans prendre le temps de souffler. Et si c’était cette réalité échevelée et malicieuse qu’il valait la peine de vivre sans compromis? D’une plume délicieusement ébouriffée de candeur et de sensibilité, Jo Witek sait dire le parcours semé d’embûches du rêveur au long cours. Relancé habilement par l’univers visuel évocateur de Stéphane Kiehl, au trait coquin et au travail de découpe astucieux, cet opuscule souffle au lecteur une inoubliable bouffée de fraîcheur et de tendresse.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 24 décembre 2016

The Day I Became a Bird


Par Ingrid Chabbert, illustré par Guridi, chez Kids Can Press.
Résumé de l'éditeur:
«The day he starts school, a young boy falls in love for the very first time. Sylvia sits in front of him at school, and he's so in love with her, she's all he can see. But sadly, Sylvia doesn't see him. In fact, it seems the only thing Sylvia has eyes for is birds. “There are birds on her pants and dresses. She wears bird barrettes in her hair. She draws birds on her notebooks and folders. And when she speaks, her voice sounds like birdsong.” So in a bold attempt to get Sylvia's attention, the boy decides to go to school dressed up as a bird. He endures the stares and giggles of his classmates, and a great deal of discomfort, but the boy doesn't care. Because when it comes to love, sometimes you have no choice but to follow your heart and spread your wings.»

Quand l’amour nous attrape en plein vol, sans crier gare, nous enveloppant de son étreinte fébrile et nous faisant voir par-delà les sentiers battus, que faire d’autre que de plonger à cœur ouvert dans l’aventure? Même si, pour ça, il faut multiplier les possibles, et faire un pied-de-nez au ridicule. Même si, pour ça, il faut attendre patiemment que le regard de l’autre fasse tomber notre masque. D’une voix tendre et juste, Ingrid Chabbert souffle au lecteur les balbutiements émouvants de l’amour; cet amour pétulant qui sème de l’extraordinaire dans la ronronnante routine du prévisible. S’épanouissant tout en éloquence ébouriffée, sous les traits évocateurs de l’univers visuel de Guridi, ce sublime opuscule sait dire tout en simplicité et en irrésistible candeur cet élan de l’âme qui sait si merveilleusement chambouler les repères.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 21 décembre 2016

vi


Par Kim Thuy, lu par Kim Thuy, chez Alexandre Stanké.
Résumé de l'éditeur:
«Mon prénom, Bào Vi, illustrait l'intention de mes parents de "protéger la plus petite". Si l'on traduit littéralement, je suis "Précieuse minuscule microscopique". Comme dans la plupart des cas au Vietnam, je n'ai pas su être à l'image de mon nom. Souvent, les filles qui s'appellent "Blanche" ou "Neige" ont le teint très foncé, et les garçons nommés "Puissance" ou "Fort" craignent les grandes épreuves. Quant à moi, je grandissais sans cesse, dépassant de loin la moyenne et, du même élan, me projetant en dehors des normes.»

Il y a toutes sortes de fuites. La fuite sur un coup de tête. La fuite au long cours, de ceux qui y prennent goût. La fuite qu’on ne choisit pas, dictée par l’innommable de la guerre. La fuite qui déchire. La fuite parce qu’on a peur. La fuite parce qu’on aime trop, parce qu’on aime mal. La fuite impardonnable. La fuite de soi. La fuite qu’on voudrait fuir. Or, au-delà de la fuite, il y a, parfois, si on sait le saisir au vol, un petit bonheur qu’on n’attendait plus. De son verbe délicat et juste, tout en finesse et en sensibilité, Kim Thuy raconte comme on chuchote un secret, brodant avec agilité le fil fragile et étonnant de ces vies qui ont tout laissé derrière pour tenter de se reconstruire des racines ailleurs. Faisant se côtoyer avec aisance l’horreur indicible et l’amour, l’espoir déçu et le bonheur pur, la complicité toute simple et le silence qui divise, elle évoque habilement entre les lignes une histoire muette, celle qu’on devine à tâtons, celle qui fait naviguer en eaux troubles. Un opuscule inoubliable qui fait voyager dans le monde aux mille possibles des âmes égarées.

P.-S. Ces mots, mes yeux ne les ont pas lus. Ce sont mes oreilles qui les ont entendus. Racontés tout doucement par la voix chantante et irrésistible de leur auteure, Kim Thuy. Comme si ces mots, elle me les soufflait à l’orée de l’âme. C’était une première pour moi. Un premier pas dans l’audio-livre. Et je ne fus pas déçue…



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Le mois de décembre
de mon Défi littéraire 2016

jeudi 15 décembre 2016

Un présent infini - Notes sur la mémoire et l'oubli


Par Rafaële Germain, collection Documents no 10, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture (extrait):
«Et si nous avions oublié les vertus de l'oubli? L'histoire de l'humanité, jusqu'à très récemment, a été une vaste entreprise d'archivage - une lutte contre la faillibilité de la mémoire humaine et les mâchoires oblitératrices de l'Histoire. Or, depuis quelques décennies, nous nous sommes dotés de technologies nous permettant de ne plus jamais oublier, voire de ne plus pouvoir oublier. Il y a de quoi se réjouir et c'est bien ce que nous faisons, en nous rendant plus inoubliables que jamais sur les réseaux sociaux et dans nos vies quotidiennes de plus en plus numérisées. Pourtant notre mémoire collective semble de plus en plus dispersée, de moins en moins enracinée. Et si nous avions perdu quelque chose en route?

En ces temps où l’information fourmille, sauvage, sans répit, étourdissante, nourrie de toute part par le frénétique désir généralisé de faire entendre sa voix et de ne rien manquer, l’humain peine à prendre son souffle, à prendre le temps d’exister. Sitôt vécu (ou avant même de le vivre), le présent est immortalisé et catapulté dans le virtuel, où il feint de disparaître dans le déroulement d’un fil d’actualités. Bien vite, les jours, les semaines, les mois se fondent dans un passé déjà désuet. Peut-on, en tant que société, se construire sans plus jamais regarder en arrière? Avec une coquine lucidité, Rafaële Germain s’interroge sur l’insouciance candide de notre ère numérique. Tout en simplicité et en finesse, sans tomber dans le pontifiant ou le passéisme buté, elle ose secouer les nouvelles certitudes et questionner l’aura scintillant d’une technologie qui évolue bien rapidement pour ses créateurs. Un petit bijou d’humour et de justesse à découvrir (et à faire découvrir!) sans tarder… avant que les oeillères ne soient trop confortablement ajustées à notre vision du futur.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

samedi 10 décembre 2016

La Grande Cavalcade


Par Maud Michel, illustré par Olivier Rublon, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Ce matin, dans la forêt, c'est la cavalcade. Souris, écureuil et même sanglier sont en train de courir. Mais pourquoi?»

C'est la débandade dans la forêt. Les animaux se pressent, caracolant les uns à la suite des autres, dans un chaos ébouriffé. À la recherche d'un délice perdu, d'un malfaisant bousilleur de tranquillité ou d'une belle opportunité à saisir au vol, leurs mouvements s'entrelacent et se provoquent dans un chassé-croisé déjanté. D'une plume à la narration coquine et virevoltante, Maud Michel raconte dans un souffle une épopée malicieuse, tenant le lecteur en haleine jusqu'à la toute dernière page. Porté avec une éloquence taquine par l'univers visuel d'Olivier Rublon, à la palette colorée et rigolote, cet opus sait surprendre joyeusement et fera s'esclaffer sans vergogne tout lecteur qui se risquera à en oser la première page...


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



vendredi 9 décembre 2016

La cabane


Scénario et dessins par Julien Neel, collection Tchô, Série Lou tome 7, chez Glénat.
Résumé de l'éditeur:
«Pour les vacances, Lou a décidé d’emmener ses copines sur la terre de ses ancêtres : à Mortebouse, où la 4G est inexistante! Le lieu idéal pour s’affranchir des choses superficielles du monde moderne et entrer en communion avec la nature, il paraît que c’est super tendance. L’occasion de revoir Paul, aussi... Point d’orgue de ce programme « retour aux sources » : la construction d’une cabane, sur le terrain de la grand-mère de Lou. Cette année, retrouvez Lou en compagnie de sa maman, de Mina, Paul, Tristan, Mister Juice, mais aussi d’une myriade d’autres personnages! Un tout nouvel album dans lequel Mortebouse forme aussi l’épicentre d’une mystérieuse singularité...»

Après une petite entorse malicieuse à l’espace temps, afin de plonger dans le troublant futur du tome 6, Lou fait un bon dans le passé, le temps d’un été mémorable. De retour à Mortebouse et à son bienheureux isolement technologique, Lou en embrasse l’apaisante tranquillité, entraînant toute sa bande dans son improbable quête d’une essentielle simplicité. Tricotant habilement une salutaire explication au futur déroutant du tome précédent (qui avait laissé l’ensemble des adeptes de Lou - dont bibi - tétanisés par un virage à 180° dans le ton et le genre), Julien Neel renoue avec l’inimitable humour déjanté et rafraîchissant de cette Lou qu’on aime tant, au plus grand bonheur des lecteurs (j’en suis!). Un opus astucieux qui, en plus de chuchoter l’impérative genèse au déconcertant univers du tome 6, sait faire joyeusement renaître le charme irrésistible et la verve incomparable de cette série qui a fait sa marque dans notre imaginaire.


*Je ne saurais trop vous suggérer une relecture du tome 6, à la lumière de ce tome 7 de la réconciliation. Impressionnant de réaliser l'impact majeur de cet opus tout neuf sur la perception du chaos du tome 6.  Je serais presque tentée de mettre à jour mon perplexe billet, tiens. :-)


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 5 décembre 2016

Sweet Caress


Par William Boyd, chez Harper Collins.
Résumé de l'éditeur:
«Amory Clay's first memory is of her father doing a handstand – but it is his absences that she chiefly remembers. Her Uncle Greville, a photographer, gives her both the affection she needs and a camera, which unleashes a passion that irrevocably shapes her future. She begins an apprenticeship with him in London, photographing socialites for magazines. But Amory is hungry for more and her search for life, love and artistic expression will take her to the demi-monde of 1920s Berlin, New York in the 1930s, the Blackshirt riots in London, and France during the Second World War, where she becomes one of the first women war photographers. In this enthralling story of a life fully lived, William Boyd has created a sweeping panorama of the twentieth century, told through the camera lens of one unforgettable woman.»

L'Histoire. Avec un grand H. Celle qui ne fait pas dans les contes de fées. Celle qui tricote le Destin des uns, et détricote celui des autres, sautant parfois des mailles, omettant volontairement (ou non) de nouer les extrémités d'une écharpe sans fin. Cette Histoire qui bouscule, qui se répète, en boucle, oscillant sans cesse du prévisible à l'inconcevable. L'Histoire d'un siècle. L'Histoire d'une vie. Qui file malicieusement entre les mailles du socialement acceptable. De sa plume toute en tranquille finesse, William Boyd plonge une fois de plus le lecteur au coeur d'un vingtième siècle croulant sous les grands dérangements, à travers la voix singulière et le parcours ébouriffé d'un baroudeuse inarrêtable. Mené avec détermination par la soif de liberté et l'urgence de s'affirmer de la bouleversante Amory Clay, cet opus dérangeant sait dire avec une juste lucidité l'humain et ses secrètes failles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩


Pour le lire en version française

samedi 26 novembre 2016

Nouvelle binette

Bonjour à vous, chers visiteurs(ses) de la bibliothèque de Lili les merveilles !

Comme vous avez pu le constater, Lili s'est lancée dans un petit changement de look, en cette fin de semaine de grisaille.

Quelques autres petits ajustements mineurs risquent de s'ajouter au grand branle-bas, dans les prochains jours, mais Lili s'est assurée que vous retrouverez les mêmes grandes rubriques d'avant son petit goût de renouveau.

En espérant que la nouvelle binette de Lili vous plaira!


mercredi 23 novembre 2016

Conversations avec un enfant curieux


Par Michel Tremblay, chez Leméac/Actes Sud.
Extrait de la quatrième de couverture:

«Momaaan…
- Toi, quand tu me parles comme ça, c’est parce que tu veux avoir quequ’chose…
- C’est juste une question que je veux te poser…
- La réponse a besoin d’être courte, parce qu’y faut que je prépare la pâte pour les pâtés à’ viande.
- C’est au sujet de la crèche.
- Qu’est-ce qu’elle a, la crèche, tu la trouves pas belle, ma crèche?»

L’enfance a souvent la langue bien pendue et le raisonnement en ébullition. La soif de comprendre insatiable. La candeur attachante. La curiosité infatigable. De sa plume au long cours, Michel Tremblay brode une sympathique courte-pointe de souvenirs, farfouillant joyeusement dans le passé afin de souffler une bouffée de fraîcheur coquine dans notre présent à vive allure. Sans réinventer le genre, cet opuscule sait dire avec aplomb et humour, faisant sourire sans crier gare, et soulignant avec justesse les manigances un brin arrogantes d’une époque révolue (quoi que…) où le mensonge de masse abreuvait l’ignorance d’un peuple qui n’avait d’autres choix que de se soumettre aveuglément au dogme.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mardi 22 novembre 2016

Squishy McFluff, the Invisible Cat


Par Pip Jones, illustré par Ella Okstad, tomes 1 et 2 de la série, chez Faber & Faber.
Quatrième de couverture du tome 1:
«An imaginary friend is a wonderful thing. What giggles! What games! What adventures they bring! Well, Ava’s a girl who knows all about that… Meet Squishy McFluff, her invisible cat!»

En mode d’exploration des possibles, qu’ils soient astucieux ou malicieux, quoi de mieux, pour l’enfance, que d’avoir un complice pour partager les victoires (et, si le vent tourne, un coupable tout prêt à blâmer pour les dérapages!). Si, en plus, cet acolyte en est un tout ronronnant, agile, taquin, et ingénieusement invisible, le bonheur ne peut être plus complet. Sauf, peut-être, pour les victimes de ce délicieusement terrible duo!… Tout en joyeuse candeur et en coquine inventivité, Pip Jones sait raconter avec justesse et humour ce moment précieux où l’imaginaire se tricote un présent avec le réel. S’épanouissant à travers l’univers visuel ébouriffé d’Ella Okstad, cette adorable série n’est pas sans rappeler l’irréductible et attachante irrévérence de l’Eloise de Kay Thompson et Hilary Knight. De rigolos opuscules à découvrir sans tarder!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Pour les lire en version française

dimanche 20 novembre 2016

Mooncop


Scénario et dessins de Tom Gauld, chez Drawn & Quarterly.
Résumé de l'éditeur:
«Living on the moon... Whatever were we thinking?... It seems so silly now.»

Dans un monde où l'homme s'est posé sur la Lune, pas seulement l'espace de quelques pas universellement acclamés, mais bien pour s'y installer, l'existence est on ne peut plus tranquille. Surtout pour la solitaire police lunaire. Pas l'ombre d'un crime. Pas l'ombre d'une infraction. Seulement des chiens en cavale, une épidémie de départs et l'arrivée inopinée d'une nouvelle employée au café lunaire du coin. Et si l'Autre, quel qu'il soit, suffisait finalement à faire de nouveau sourire le firmament? Usant astucieusement de sa verve taquine à la juste simplicité, Tom Gauld fait miroiter un possible futur, dans lequel la soif d'une vie interstellaire se serait essoufflé l'enthousiasme. Porté par un univers visuel sobre, traduisant avec éloquence la solitude tranquille des jours lunaires et l'exode inévitable de pionniers de cette Terre d'emprunt, ce roman graphique sait dire avec finesse et humour les dérives possibles d'une humanité à la soif d'ailleurs trop précipitée, soulignant au passage à quel point l’essentiel est bien souvent à portée de coeur.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩






Pour le lire en version française

Si j'étais ministre de la culture


Par Carole Fréchette, illustré par Thierry Dedieu, chez d'Eux.
Résumé de l'éditeur:
«Et si j’étais ministre de la Culture? Que ferais-je pour que tous réalisent l’importance de la culture dans nos vies?»

En ces temps de grand dérèglement généralisé, de grand déséquilibre des priorités universelles. Ces temps où l'humanité ne sait plus comment vivre avec l'autre. Où la Terre traverse le point de non-retour à vitesse grand V. Où la misère des uns s'arrête où commencent les oeillères des autres. Où l'indispensable se fait de plus en plus facultatif pour les grands décideurs. Il semble primordial de se revoir l'essentiel, en tant que société. Et cette essence même de l'humain passe aussi par la nourriture de l'âme. D'une voix déterminée et lucide, Carole Fréchette secoue les consciences endormies, fait tomber l'aveuglement de masse et ouvre toute grande la porte à la réflexion. Porté par  l'univers visuel feutré et juste de Thierry Dedieu, ce manifeste dérange habilement, tel une salutaire bouteille dans la mer trop tranquille de l’indifférence collective.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 18 novembre 2016

Moi, Albert, détestateur de livres


Par Ingrid Chabbert, illustré par Guridi, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
J'en connais qui adorent les livres. Mais moi, je suis un vrai Détestateur de Livres. Je ne peux pas les voir en peinture.  Je ne peux pas les sentir.  Je ne peux pas les encadrer.»

Pour Albert, les mots sont des ennemis du quotidien. Ils s'immiscent sans crier gare et prennent toute la place: dans les bras de son père, dans les rêves éveillés de sa mère, dans les discours-fleuves de sa soeur, et même, sournoisement, dans son lot de cadeaux d'anniversaire. Ils sont partout! Et Albert les détestent. D'ailleurs, il les ignore avec un joyeux aplomb, comme seul un vrai «détestateur» de livres sait le faire. Et pourtant, un jour, presque par hasard, il trébuche entre les lignes... D'une plume à la candeur rieuse et à l'authenticité rafraîchissante, Ingrid Chabbert raconte avec une verve malicieuse comment la lecture peut faire sourire le quotidien à qui ose plonger dans l'imaginaire. Relancé astucieusement par l'univers visuel de Guridi, aux textures tendres et à la composition évocatrice, ce délectable opuscule sait dire en toute simplicité ce que l'enfance pense tout bas. Un petit bijou rigolo à savourer en famille!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



samedi 12 novembre 2016

Louis parmi les spectres


Par Fanny Britt, illustré par Isabelle Arsenault, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprendra la vraie définition du courage.»
Pour Louis, l'amour est une mer indomptable. Une mer à la houle perpétuelle. Une mer dans laquelle se déversent les larmes éthyliques de son père qui n'a pas le pied marin, et les larmes muettes de sa mère tentant de résister aux courants l'entraînant vers le large. Pour Louis, l'amour n'est que le grondant silence d'un tumulte à venir. L'amour n'a pas de mots, que des embruns. Mais, par chance, il y a la fascinante Billy. Et s'il suffisait de s'accrocher vaillamment à la barre pour apprendre à apprivoiser les flots? Et si, pour Louis, Billy était l'Étoile du Nord, un lumineux point de repère pour le coeur quand la timidité fait frémir la raison? Tout en douce authenticité, Fanny Britt sait dire le vertige des sentiments plus grands que tout, d’un amour (le premier, le tout plein d’espoir!) qu’on voudrait éternel, et de cette valse-hésitation des premiers pas dont il faut inventer jusqu’à l’impulsion première. S'épanouissant tout en fine éloquence à travers la palette feutrée et sensible d'Isabelle Arsenault, ce remuant opus ose aborder avec justesse la grisaille de l’âme qui vacille et célébrer la candeur courageuse qui sème l’espoir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

dimanche 6 novembre 2016

Y'a pas de place chez nous


Par Andrée Poulin, illustré par Enzo Lord Mariano, chez Québec Amérique.
Quatrième de couverture:
«Marwan et Tarek fuient leur pays en guerre. À bord d'un bateau surchargé, les deux frères affrontent l'inconnu et le danger. En compagnie d'autres sans-pays, les garçons cherchent une terre d'adoption. Mais partout on les repousse, on les ignore ou on les craint. Où trouver un pays pour vivre en paix, aux côtés de gens accueillants? Dans quel port? Sur quelle île? Dans quels coeurs?»

Il était une fois, un pays pas si lointain. Un pays où rugissait la Guerre, l'Implacable, l'Insoluble, la Cruelle Guerre. Depuis longtemps. Trop longtemps. Ses habitants, affamés, blessés, ne voyaient plus comment survivre à la grisaille violente et sans issue. Alors, ils s'enfuirent. En laissant tout derrière. Espérant trouver un nouveau pays aux bras ouverts. Or, d'une périlleuse escale à l'autre, partout, on leur tournait le dos, piétinant leur espoir d'un autre horizon. Et si enfin la prochaine escale était la bonne? Tout en simplicité, d'une plume feutrée et sensible, Andrée Poulin raconte la vertigineuse quête d'un monde meilleur de ceux que la bêtise humaine force au déracinement. Porté par l'univers d'Enzo Lord Mariano, à la palette sombre et à la texture éloquente, cet opuscule ose aborder la migration de survie du point de vue de celui qui cherche à s'enraciner de nouveau, bousculant avec justesse les certitudes d'un Occident aux oeillères parfois si aveuglantes. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 5 novembre 2016

Même pas vrai


Par Larry Tremblay, illustré par Guillaume Perreault, chez La Bagnole.
Quatrième de couverture:
«Si vous demandez à ma mère ce qu'elle pense de moi, elle vous répondra que j'exagère tout le temps. Si vous demandez à mon père, il dira la même chose. Et si ma petite soeur parlait, je suis presque sûr que ce serait pareil. Tout ça parce que je parle dans un micro imaginaire. Ça m'amuse, moi, de transformer ma vie en reportage. Pourquoi c'est un problème?»

Dans le monde de Marco, il y a toujours de la poussière sur les montres. Les extra-terrestres sont faits de bonbons, et ils avalent des pilules de connaissance, plutôt que d'aller à l'école. Dans le monde de Marco, on enterre les fleurs qui ont rendu l'âme, avec leur pot, et on fait des reportages dans un micro invisible plutôt que de céder au sommeil. Dans le monde de Marco, les chiens changent de nom chaque jour, et il y a tout plein d'histoires dessinées sur les murs. Dans le monde de Marco, il y a Gina. Dans le monde de Marco, «même quand il ne se passe rien, il arrive quelque chose»*. D'une plume à la candeur désarmante et à la justesse cocasse, Larry Tremblay raconte avec sensibilité et humour, la vie, à hauteur d'enfants. Roman graphique farfelu se déployant en courts (et savoureux) épisodes, et s'épanouissant tout en fine simplicité sous le crayon de Guillaume Perreault, cet opus singulier et irrésistible sait dire avec un tendre aplomb le foisonnant imaginaire de l'enfance, ses moments de grâce et ses dérives inévitables. À dévorer sans tarder!

*La citation entre guillemets est tirée du livre.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 2 novembre 2016

Les tranchées : maternité, ambigüité et féminisme, en fragments


Par Fanny Britt, collection Documents, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture:
«Les images de la maternité naissent dans les clichés (Communion! Souffrance! Délivrance!), vivent de clichés (Main sur un front fiévreux! Claque en arrière de la tête!) et meurent sur un cliché (Elle ne m’a jamais dit qu’elle m’aimait!). Pour les contourner, il faut avancer prudemment, faire confiance aux histoires qui émergent et espérer qu’elles forment, au bout du compte, un tout cohérent. Fanny Britt se risque ici à une sorte de plaidoyer pour une maternité ambigüe, à coups de souvenirs, de récits, de conversations avec des mères et des non-mères, d’impressions de lecture et de sagesse trouvée dans les paroles de chansons.»

La maternité, cette genèse de l'humanité, ce cycle perpétuel assurant la prolifération de la vie. Ayant fait son indispensable entrée en scène suivant la fameuse pomme d'Ève, elle roule rondement sa bosse depuis. Universelle, elle se rit des frontières géographiques, des fossés socio-économiques et parfois, implacable mécanique biologique qu'elle est, de la volonté même de celle qui la vit. La maternité donc. Vieille comme le monde. À la glorification omniprésente en ces temps de partage en temps réel, mais à l'essentiel pourtant si souvent tu. Quelle est-elle, cette maternité moderne? Une joie? Un frein? Un acte de foi en l'avenir? Un renoncement à sa liberté individuelle? Et comment la vit-on? Doit-on la vivre? D'une voix toute en finesse, en simplicité et en authenticité, Fanny Britt s'interroge sur le sens de la maternité. Sans tomber dans le piège de la définition unilatérale, elle butine humblement dans l'enchevêtrement inextricable des idées reçues, se posant au hasard des rencontres, s'abreuvant des perceptions multiples et tricotant ainsi un honnête tour d'horizon. Cet opus en est un indispensable. À la fois tendre, drôle, juste et lucide, il sait dire l'ineffable et secouer le confort aveugle des certitudes. 




Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮






Le mois de novembre
de mon Défi littéraire 2016


J'ai perdu...


Par Robert Soulières, illustré par Geneviève Després, collection Clin d'oeil, chez l'Isatis.

Quatrième de couverture:
«C'est le début de l'hiver. Les enfants perdent toujours tout!»

Quand l'automne commence à sentir les matins givrés, et que les arbres se mettent à nu sans complexe, c'est que l'hiver arrive sur la pointe des pieds. Et avec lui, la ronde colorée et chaotique des mitaines, foulards et tuques à ne pas perdre de vue. Dans cette lutte sans fin pour conserver une garde-robe hivernale relativement complète, l'enfance est plus souvent qu'autrement le bouc-émissaire universel. «Mais où t'avais la tête?» «Regarde dans ton casier avant de partir!» «N'oublie pas.. N'oublie pas... N'oublie pas...» Et si, finalement, la distraction n'était pas uniquement l'apanage de la candeur enfantine? D'une plume rigolote, au rythme joyeusement répétitif, Robert Soulières raconte le quotidien rocambolesque de ceux et celles qui combattent vaillamment l'éparpillement des possessions. Relancé malicieusement par l’univers visuel tendrement ébouriffé de Geneviève Després, cet opuscule fera rigoler à coup sûr, secouant au passage quelques ronronnantes idées reçues.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 29 octobre 2016

Volkswagen Blues


Par Jacques Poulin, chez Leméac/Actes Sud, collection Babel.

Quatrième de couverture:
«En compagnie d’une jeune métisse surnommée la Grande Sauterelle, un écrivain part à la recherche de son frère Théo dont il est sans nouvelles depuis plusieurs années. Amorcé à Gaspé, au Québec, son voyage le conduira jusqu’à San Francisco, non sans un détour du côté de l’Amérique profonde, par la route des pionniers.»

Partir. À la recherche d'un temps révolu. D'un visage enfoui dans les replis de la mémoire. Partir sans rime ni raison. Partir parce que. Et croiser, par hasard (mais le hasard existe-t-il vraiment?), l'Inconnu. Une inconnue. À l'errance complice. À la présence indispensable. Pour rallumer la détermination vacillante. Pour faire un pied-de-nez à l'insurmontable. Pour partager une odyssée en quête de sens. D'une plume feutrée, Jacques Poulin raconte, sans se presser, les vagabondages de l'âme, les grincements du coeur et les impardonnables bêtises de l'Histoire. D’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord, cahotant vaillamment, toujours un peu plus à l’ouest, sur la route poussiéreuse de ceux qui ont jadis tous laissé derrière pour la promesse d’une richesse à saisir, cet opus fait revivre un passé qui s’était tu, et dont le silence grondait pourtant d’éloquence sous la surface d’un présent sans histoire. Une épopée tendre, et douce, et triste, qui souligne avec justesse que, comme souvent, la destination n'est qu'un point de départ, et que c’est du voyage en lui-même qu’on revient métamorphosé.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩








Le mois d'octobre
de mon Défi littéraire 2016

mardi 25 octobre 2016

Je ne suis pas ta maman


Écrit et illustré par Marianne Dubuc, chez Comme des géants.
Quatrième de couverture:
«Un matin, Otto trouve une drôle de boule verte devant sa maison. Elle contient un être minuscule, tout rond et tout poilu. Otto l’accueille chez lui. Mais demain, c’est promis, il retrouvera la maman de ce petit...»
Parfois, la Vie nous bouscule le train-train quotidien, semant sans crier gare de l’impromptu dans notre ronronnant prévisible. Et si ce froissement des habitudes était finalement une chance à saisir? Et si tout ce branle-bas pouvait faire naître un petit bonheur auquel on ne croyait pas aspirer? D’une voix tendre et simple, Marianne Dubuc raconte avec finesse et humour ce touchant plongeon vers l’Inconnu: l’accueil sans tambour ni trompette d’une nouvelle existence dans son microcosme. Porté par un univers visuel à l’éloquence foisonnante de savoureux détails, ce joyeux opuscule ose dire l’attachement autrement, faisant fi du traditionnel lien de sang, pour embrasser l’essentiel.



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 21 octobre 2016

Ramures


Par Bellebrute, chez Bayard Canada.
Quatrième de couverture:
«C’est comme si on m’avait arraché à ma vie, à mes repères. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé transplanté en ce sol inconnu, avec mes racines endolories. J’aurais peut-être dû rester en dormance, mais la chaleur de ses rayons m’a saisi par surprise. Comment peut-on être envahi à la fois par la peur etle bonheur?»
Il y a de ces bagages que l’on traîne à bout d'âme. Comme une chape de grisaille sur un soleil qui oserait poindre. Et de ces trésors qui papillonnent sans crier gare dans la clairière du quotidien. À qui sait les apprivoiser et ne pas les laisser partir. D'une plume fine et mélancolique, Bellebrute raconte l'humain dans toute sa vulnérabilité face à la vie et son imprévisible cours des choses. Porté audacieusement par un univers visuel à la fois tendre et troublant, cet opus singulier sait dire la solitude et ses racines, tout en soufflant, timidement, une brise d’espoir et de foi en l’autre. Un petit morceau de remuante authenticité...


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 17 octobre 2016

La piscine


Par JiHyeon Lee, chez Kaleidoscope.
Quatrième de couverture:
«Un garçon tout seul… Une piscine toute vide… Ah! Voilà que la piscine se remplit d’une horde d’enfants bruyants… finalement aussi intimidants que la piscine vide. Est-ce que le garçon va oser plonger? Oh, oui! Et c’est alors que la magie opère.»
Parfois, la crainte de l’Inconnu titille la détermination, freinant à pieds joints un élan potentiel vers le bonheur au loin là-bas. Et s’il suffisait de trouver le courage de se lancer, bien vite, sans trop y penser? Qui sait ce que pourrait receler cette plongée spontanée en eaux jamais encore explorées? D’une palette tout en tendre éloquence, JiHyeon Lee raconte, dans un audacieux silence, les mille et un possibles d’une épopée délicieusement improbable, à quelques mètres sous la surface d’un réel bourdonnant. Ode toute en finesse à l’imaginaire, ce touchant opuscule sait dire, in petto, qu’afin de voir l’essentiel, il faut bien souvent savoir s’ouvrir grand le coeur.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

jeudi 13 octobre 2016

Tous les mots n'existent pas


Par Michaël Escoffier, illustré par Matthieu Maudet, chez Frimousse.
Résumé du diffuseur:
«Connaissez-vous les Gloubidou? Non? C’est normal. Ce mot n’existe pas. Pourquoi? Car rien, sur notre Terre, ne ressemble à un Gloubidou.Essayons quand même d’imaginer à quoi ressemblerait un Gloubidou. Oui, on le voit bien… à roulette, dans son bain, en animal, à la rencontre d’un autre truc bizarre, le méchant Crastator… Alors, si tous les mots n’existent pas, on peut en inventer plein! Des mots sans consonnes, sans voyelles, le mot le plus long, le plus court… Et puis, quel bonheur! Plus de fautes d’orthographe!Et encore mieux! On peut même inventer des lettres! Allez, à ton tour, lecteur, quel mot vas-tu inventer?»

Au pays des mots, l’alphabet est roi. Et si, pour changer, on laissait l’imaginaire tirer la bride? Et si, sans crier gare, on repeuplait le dictionnaire? De sa plume taquine, Michaël Escoffier réinvente l’ABC en caracolant entre les lignes. Il laisse dire les mots rebelles, ceux qui osent s’aventurer en dehors des ornières de la grammaire, ceux qui piaffent au devant de l’orthographe, sans oublier ceux qui ont le phonème bohème. Relancé habilement par la palette colorée et les traits délicieusement ébouriffés de Matthieu Maudet, ce délectable opuscule fait un irrésistible pied-de-nez à la ronronnante prévisibilité de la convention lexicale. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩