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jeudi 31 mars 2011

La princesse qui n'aimait pas les princes

Par Amélie Brière-Hacquet, illustré par Lionel Larchevêque, Actes Sud Junior, Benjamin

Résumé de l'éditeur
«Les princes de la terre entière défilèrent un à un pour demander la main de la princesse. Mais "non, merci bien", aucun d'entre eux ne lui disait rien! Le miracle se produisit enfin lorsqu'une jolie fée apparut...»

Un conte «classique» très d'actualité qu'on ne rencontre pas tous les jours en littérature jeunesse. L'histoire est menée habilement par Alice Brière-Haquet, entraînant tout d'abord le lecteur dans une structure de conte plutôt traditionnelle, puis le faisant aller de surprises en surprises en ponctuant l'action d'allusions à des réalités bien d'aujourd'hui (le papier recyclé, l'internet, Harry Potter, ...) pour enfin s'épanouir dans un climax final qui fait réaliser avec une simplicité et une douceur infinies que l'amour n'a pas de sexe. Les illustrations de Lionel Larchevêque sont plaisantes et remplies de détails amusants, bien que la montée dramatique soit tellement prenante par moment que lecteur est parfois tenté de négliger le visuel. Cela dit, je crois que ce concept graphique plutôt humoristique supporte tout à fait le travail de l'auteure dans son approche spontanée, sans tambour ni trompette, de l'homosexualité. Il s'agit d'un conte savoureux, qui ne pontifie pas, ne souligne pas exagérément la différence; l'orientation sexuelle de la princesse est plutôt considérée comme la solution miracle aux problèmes du Roi, un coup de foudre qui lui permettra enfin de «marier» sa fille. Une aventure sympathique et audacieuse... qui je l'espère se fraiera un chemin à travers le monde souvent très censuré des écoles primaires.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★  

Le premier pas

Par Orianne Lallemand, illustré par Amélie Thiébaud, Auzou, Soleil bleu

«À travers un joli texte poétique, on énumère les sensations et sentiments que l’on peut ressentir quand on se dispute avec un être cher et que l’on désire faire le premier pas, sans vraiment vouloir être l’initiateur de la réconciliation.»

Pour une fois, un album jeunesse ostentiblement éducatif qui me plaît! La plume toute douce d'Orianne Lallemand remplit de poésie cet album dont le but avoué est l'apprentissage d'une certaine gestion émotionnelle, ce qui aurait pu être franchement ennuyant et moralisateur. Et surtout, surtout, quelles tendres illustrations que celles d'Amélie Thiébaud! L'exemple parfait de l'album au carcan éditorial clairement didactique qui, grâce à un sensible duo auteure-illustratrice, rend la leçon agréable et touchante.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mercredi 30 mars 2011

Brooklyn

Par Colm Tóibín, McLelland & Stewart

«It is Enniscorthy in the southeast of Ireland in the early 1950s. Eilis Lacey is one among many of her generation who cannot find work at home. Thus when a job is offered in America, it is clear to everyone that she must go. Leaving her family and country, Eilis heads for unfamiliar Brooklyn, and to a crowded boarding house where the landlady’s intense scrutiny and the small jealousies of her fellow residents only deepen her isolation. Slowly, however, the pain of parting is buried beneath the rhythms of her new life — until she begins to realize that she has found a sort of happiness. As she falls in love, news comes from home that forces her back to Enniscorthy, not to the constrictions of her old life, but to new possibilities which conflict deeply with the life she has left behind in Brooklyn.»

Histoire remuante d'un exil forcé. Colm Toibin installe lentement, très lentement (peut-être même un brin trop!) les bases de son intrigue. Bien vite, toutefois, tout se met à débouler, et le lecteur est emporté dans le tourbillon de cette nouvelle vie intense et fascinante. À travers le personnage de Eilis, Toibin fait découvrir l'évolution silencieuse des sentiments lors d'un exil. Bien sûr, aucun exil n'est simple, et plusieurs rendent malheureux, mais très souvent, une période de transition est vécue, une période où l'expatrié ne sent pas encore à l'aise dans son nouveau milieu de vie, mais déjà plus partie prenante de son milieu d'origine: comme s'il n'appartenait ni à l'Ancien, ni au Nouveau, un voyageur de nulle part suspendu entre deux solitudes, un oisillon appenant à voler de ses propres ailes, sans nid vers lequel chercher du réconfort entre les essais. Ce malaise sournois, Toibin le fait poindre et s'installer chez Eilis jusqu'à la décision ultime, climax du roman: dans quel pays choisira-t-elle d'être heureuse, puisqu'il s'agit en effet d'un choix, et non de se laisser porter par le connu, le facile... Si j'ai dû m'accrocher avec détermination à l'histoire, à cause du rythme un brin lent de Toibin, j'ai été amplement récompensée: son roman m'a touchée, émue, chamboulée. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Pour le lire en version française

Le petit garçon qui disait toujours «Non!»

Par David Foenkinos, illustré par Soledad Bravi, Albin Michel jeunesse

«Voici l’histoire d’un petit garçon qui disait toujours non. Quand on lui posait une question, il n’y avait aucune surprise. On connaissait déjà la réponse : non. Mais un jour, une nouvelle élève arrive à l’école. Et l’histoire se transforme avec des oui... Ah l’amour!»

Histoire rigolote qui s'épanouit sous la plume habile et moqueuse de David Foenkinos, au grand plaisir du lecteur. Basée sur une prémisse simple, originale et évoluant dans l'univers presque bédéesque de Soledad Bravi, qui n'est pas sans rappeler celui de Sempé, cette aventure est menée joyeusement par un inoubliable petit garçon à la négation facile. Une épopée cocasse qui propose une hypothèse attachante quant à l'origine de la fameuse période du «Non!»...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Mon petit amour

Par Stephen Michael King, Scholastic

«Ce petit chien profite de la vie au maximum. Son monde est rempli de couleurs magnifiques et de bruits... des notes qui forment un concert de musique! Le monde est extraordinaire, mais l’endroit le plus coloré, le plus musical, le plus excitant de tous est auprès de toi, mon petit amour!»

Sympathique déclaration d'amour pour les tout-petits. Les mots sont simples, frais et tendres... et les illustrations d'une douceur infinie. Un gentil petit opus à partager avant d'aller dormir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

Fichu Caneton!

Par Steve Smallman, illustré par Tim Warnes, Mijade

«Monsieur Lapin est un grand collectionneur‚ chaque objet est trié‚ classé‚ étiqueté et rangé avec grand soin chez lui. Un jour‚ il ramène un bel objet lisse et rond à la maison. Mais voilà qu’il se fendille et qu’il en sort… un petit caneton tout jaune et gluant! Un bébé‚ cela vous met la maison sens dessus dessous: fichu caneton! Il faut vite retrouver sa maman… mais quand voici venu le moment de se séparer‚ Monsieur Lapin se demande s’il n’a pas pris goût à ce joyeux remue–ménage!»

Histoire «classique» tournant autour de l'inévitable combat entre l'Ordre et le Désordre. Steve Smallman propose un déroulement sympathique de l'action... et surtout, un attachant petit personnage de caneton, à faire fondre la résistance du plus ermite des lapins! Les illustrations de Tim Warnes présentent une texture intéressante, rendant les émotions avec éloquence. Un petit album qui sait émouvoir par moment, sans froisser les habitudes des lecteurs, mais qui, dans l'ensemble, ne sort pas vraiment des sentiers battus, à mon grand regret...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mardi 29 mars 2011

Georgette la vedette

Par Christine Naumann-Villemin, illustré par Marianne Barcilon, Kaleidoscope

«Pauvre Georgette! Elle ne peut pas se vanter auprès des autres poules d’avoir acheté une bague à Paris, ou d’avoir parcouru 5360 kilomètres en une journée, ni d’avoir récolté 13 kilos de beaux vers dodus. Alors, qu’est-ce qu’elle pourrait bien inventer pour impressionner toutes ces dames? Hein? Vous avez dit un oeuf carré?!»

Cocasse petite histoire de basse-cour proposée par la plume fine de Christine Naumann-Villemin: ses personnages un peu caricaturaux font sourire... surtout Georgette, si attachante, avec son mensonge plus gros qu'elle! Marianne Barcilon croque tendrement, à l'aquarelle, cette bruyante smala, offrant une foison de détails et d'éloquentes expressions pour les gourmands visuels. Un album coquin et délicieux.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 27 mars 2011

Marie-Antoinette - Sweet Lolita

Par Françoise-Sylvie Pauly, illustré par Pascal Croci, Emmanuel Proust, Atmosphères

«Des salons de Versailles à la fuite à Varennes, un portrait intimiste de Marie-Antoinette, figure mythique de l'Histoire de France jalousée, adulée puis détestée par le peuple.»

BD historique singulière plongeant le lecteur dans un des mythes de la vie de Marie-Antoinette, Reine de France. La scénarisation de Françoise-Sylvie Pauly est audacieuse, morcelant une réalité de la souveraine depuis toujours soupçonnée, mais jamais prouvée, à grands traits d'émotions, de rencontres, d'inquiétude et d'entourloupes temporelles. Mais bien sûr, ce qui déroute le plus le lecteur est la splendide mise en images de Pascal Croci, totalement non-orthodoxe, brumeuse, éparpillée, épinglée à la hâte à la manière d'un cahier de croquis de mode; des miettes de fashionita... Un album étrange et déstabilisant donc, à la limite de la confusion à la première lecture, d'ailleurs... mais qui gagne à être relu afin de percevoir l'Histoire dans toute sa beauté, sa cruauté et ses solitudes...  


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 26 mars 2011

L'Auberge de Nulle Part

Par J. Patrick Lewis, illustré par Roberto Innocenti, Gallimard Jeunesse

«Un illustrateur, qui n'est autre que Roberto Innocenti, part à la recherche de son imagination perdue et se retrouve devant une étrange auberge battue par les flots. Les clients ont tous quelque chose de particulier et, en même temps, un petit air qui nous est familier : un marin à la jambe de bois, une frêle jeune fille qui semble cacher une queue de poisson sous ses dentelles, un aviateur dont l'avion s'est écrasé dans les dunes, un chevalier à la triste figure… Il s'agit bien sûr de quelques-uns des plus célèbres héros littéraires de notre enfance. Tous semblent en quête d'une partie d'eux-mêmes.»

Une épopée surréaliste à la prémisse prometteuse... Pourtant, même après deux lectures, je n'ai pas été envoûtée comme l'histoire l'annonçait, et ce, sûrement en grande partie, à cause de la barrière de la langue. La plume de J. Patrick Lewis est poétique et la version française de ses textes transmet habituellement son souffle doux et fleuri, mais cette fois, malgré les efforts de la traductrice Anne Krief, l'histoire tombe à plat à cause de fins jeux de mots et de références malheureusement intraduisibles; le meilleur exemple de cette barrière linguistique est le titre original, The Last Resort, qui fait référence à l'inaccessibilité et à la situation géographique de l'auberge en question, mais aussi, et surtout, à la notion de dernier recours pour les personnages de l'histoire, dualité qui ne peut être traduite par le titre en français. Quant à l'univers visuel de Roberto Innocenti, il est certes brumeux et inquiétant à souhait, touchant même par moment, mais rien de comparable avec l'extraordinaire éloquence de ses illustrations dans The House (La Maison). À lire en version originale, donc...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆



Pour le lire en version originale

vendredi 25 mars 2011

La Maison

Par J. Patrick Lewis, illustré par Roberto Innocenti, Gallimard Jeunesse

«Sur le linteau de la porte, une date gravée : 1656. L'année de la construction. Une année de peste. La Maison est bâtie de pierre et de bois. Au fil du temps, ses fenêtres se sont mises à voir et son toît à entendre. Elle a vu des feuilles grandir, des arbres tomber, entendu des rires et le son du canon. Elle a connu bien des familles, des tempêtes, des marteaux et des scies, des deuils et enfin l'abandon. Puis un jour, à nouveau, des enfants se sont aventurés dans son ombre, à la recherche de champignons et de châtaignes et une vie nouvelle lui a été donnée à l'aube d'un âge moderne. Vue de sa vieille colline, ceci est son histoire du XXe siècle.»

Un album tout simplement éblouissant de vie! Les illustrations de Roberto Innocenti racontent à elles seules tout le parcours de cette maison singulière, à travers d'inoubliables pages doubles, fourmillant de détails et vibrant d'émotions. La poésie de J. Patrick Lewis, sûrement plus touchante dans sa langue d'origine, est certes jolie, mais semble parfois superflue devant l'éloquence des tableaux d'Innocenti. Une histoire à feuilleter tout doucement, en écoutant le temps passer...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

jeudi 24 mars 2011

Jeux de mémoire

Par Erik de Graaf, La Pastèque

«À l’été 1969, le jeune Muis est en vacances. Après un séjour à la plage avec ses parents, il passe le reste de son congé chez sa mémé et son pépé.  Servi par un trait ligne claire magnifique, l’auteur nous propose un récit personnel particulièrement attachant.  Chronique familiale, Jeux de mémoire s’attarde aux souvenirs d’enfance; l’auteur restitue avec brio les joies, les tours pendables, les bêtises et sa délicieuse naïveté.»

Étrange univers que celui proposé par Erik de Graaf... Une bouffée de souvenirs hollandais, aux référents pas vraiment universels; un récit hermétique qui m'a donné l'impression d'espionner les mémoires de l'auteur, sans sa permission, et, malheureusement, perdue que j'étais, sans avoir la possibilité d'en comprendre la sensibilité et l'émotion. Puis, j'ai buté également sur la mise en images particulière choisie par de Graaf qui, limitant la vision, ne donne accès qu'à une partie de la réalité narrée, transformant le lecteur en voyeur lorgnant l'histoire à travers le trou d'une clôture; un choix audacieux et intéressant, certes, mais qui amplifie plus souvent qu'autrement la confusion chez le lecteur. J'ai été un brin déçue, donc. De ne pas avoir réussi à plonger dans le scénario, de m'être sentie dépassée par le concept... d'avoir raté quelque chose.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mercredi 23 mars 2011

Les deux maisons

Par Didier Kowarsky, illustré Samuel Ribeyron, Didier jeunesse

«Il y avait une fois une petite maison qui était tout en sel. Dans la p’tite maison qui était tout en sel, il y avait un p’tit vieux qui était tout en sel et une p’tite vieille qui était tout en sucre. Le p’tit vieux et la p’tite vieille n’arrêtaient pas de se disputer. Il y avait des jours où ils s’aimaient, mais il y avait surtout des jours où ils se disputaient. Un jour de grosse dispute, le p’tit vieux met la vieille dehors : « Va te faire une maison en terre ! » Et voilà la p’tite vieille bien triste, mais elle ne peut même pas pleurer, pour ne pas abîmer ses petites joues tout en sucre…Alors elle demande au ciel de pleurer à sa place…»

Étrange petit conte grec, mis en mots par Didier Kowarsky, d'une plume se voulant accessible et enfantine. Le résultat est singulier, et pique certes la curiosité des «grands enfants» tel que moi, mais semble difficile à réconcilier avec une clientèle plus jeune. Cela dit, la conception graphique de Samuel Ribeyron est fort intéressante, mêlant les médiums, les textures et les dimensions, et offrant un visuel attachant et sensible. Une épopée à découvrir pour ceux que les contes classiques ennuient...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Je voudr@is que tu...

Par Frank Andriat, Grasset, Lampe de Poche

«De lui, je n'ai vu que quelques photos, celles qu'il partage sur le Net. Mais il n'en dit pas beaucoup sur sa vie ; j'imagine une histoire folle... Et si tout cela était trop parfait pour être vrai? Si son profil n'était qu'un masque? Pourtant, sur chaque photo, j'ai l'impression que ses yeux me sourient...»

Oulah! Épopée adolescente qui s'annonçait prometteuse, romantique à la limite du gna-gna peut-être, mais ayant un potentiel certain. Or, si l'intrigue est relativement enlevante, (amour, secret et chat sont au rendez-vous!) le ton est un brin trop éducatif, insufflant aux personnages d'invraisemblables considérations sages et saines d'adolescents modèles. Puis, pour les jeunes lecteurs québécois, la plume franchouillarde, fleurie d'argot français, semble très lointaine et ampoulée, et empêche, par moment, de s'identifier aux personnages. Un roman qu'on lit tout de même jusqu'au bout pour savoir si l'amour va triompher... mais qui, globalement, laisse sur sa faim.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mardi 22 mars 2011

Famille, recompose-toi!

Par Jacques Braunstein, illustré par Domitille Collardey, Marabout, Marabulles

«Recomposer une famille, c'est un peu comme reconstituer un puzzle avec des pièces dépareillées. Ça ressemble à quelque chose, mais on ne sait pas toujours à quoi. Le narrateur de "Famille recompose-toi" ! le sait bien. Hier, il était père célibataire et bobo parisien. Aujourd'hui, il vit en province avec sa famille recomposée : son fils Basile, sa fiancée Mathilde et la fille de cette dernière, Camille. Entre le narrateur, Mathilde, Basile et Camille, la belle entente n'a rien de spontanée : elle est le fruit d'un long travail, un équilibre complexe qu'un seul grain de sable peut soudain enrayer. Et si les voisins sont toujours là pour donner des conseils, ou recoller les morceaux, ils peuvent aussi mettre parfois de l'huile sur le feu...»

BD d'autofiction au format original, alternant paragraphes de narration, dessins et phylactères. Jacques Braunstein entraîne le lecteur dans les sentes moins fréquentées, en créant un hybride entre l'autobiographie bédéesque et l'essai sur le concept de «famille moderne». Son approche, saupoudrée d'un délicieux brin d'autodérision, est habile, lucide et drôle, ce qui fait de sa réflexion une histoire qui se déguste avec un sourire en coin. Enfin, les dessins de Domitille Collardey, tracés au crayon dans le style croquis, sont simples et éloquents, épaulant judicieusement le concept d'«ébauche de famille normale» dont Braunstein narre les aléas, dans un quotidien parfois chaotique. Une réussite, vraiment.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Papa ronfle trop fort

Par Nancy H. Rothstein, illustré par Stephen Gilpin, Scholastic

«Lundi, les ronflements de Papa ressemblaient aux rugissements d’un troupeau de dinosaures, et mardi, on aurait pu croire à un terrible tremblement de terre. Y-a-t-il un moyen de faire cesser ce bruit assourdissant qui nuit après nuit empêche toute la famille de profiter d’une bonne nuit de sommeil?»

Petite fable cocasse au sujet de ces inoubliables bourdonnements nocturnes qui bercent le sommeil de tant de monde. La plume de Nancy H. Rothstein est savoureuse, narrant avec humour les tribulations d'une maman aux prises avec un papa ronfleur. Quant aux illustrations de Stephen Gilpin, malgré un style léché qui sent le dessin par ordinateur, elles sont éloquentes et coquines, poussant délicieusement la drôlerie de la situation à son maximum. Un album qui fera rigoler à coup sûr!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 


Pour le lire en version originale

Orange Book - 1, 2... 14 oranges



Par Richard McGuire, Albin Michel jeunesse

«"Orange Book", raconte le fabuleux destin de 14 oranges cueillies au même oranger. Nous les retrouvons une à une dans leur destination finale : la première, par exemple, au milieu d’un panier garni, au chevet d’un malade, la deuxième dans un numéro de jonglage… la cinquième, servie en quartier avec des cookies, ou la neuvième utilisée comme cobaye pour une expérience scientifique. Et si la quatorzième était celle que vous mangerez demain?»

Concept graphique audacieux dans le monde habituellement lustré, et en quadrichromie, des albums jeunesse. Richard McGuire propose une histoire simple, aventure aux multiples facettes d'une moisson d'oranges. À travers un monde bleu uni, il entraîne le lecteur à la recherche des fameuses oranges, points de couleur dans un univers monochrome. Si le «destin» de certaines oranges est plutôt prévisible, McGuire suggèrent quelques points de chute délicieusement humoristiques. Un sobre pari visuel qui fait bouillonner l'imaginaire...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale (rare)


Là où Mamie est partie...

Par Arnaud Almeras, illustré par Robin, Nouvel Angle

«Une petite fille pense à son arrière-grand-mère récemment disparue. Où est-elle maintenant? Est-elle redevenue jeune? Peut-être qu'elle se sent légère comme les cosmonautes? La petite fille n'a pas de réponses à ses questions. Mais ce dont elle est sûre, c'est qu'elle n'oubliera pas sa Mamie.»

Moi qui n'aime habituellement pas les albums jeunesse ostensiblement pédagogiques, j'ai été totalement séduite par celui-ci! Arnaud Alméras propose une histoire simple et amusante, brodant de sa plume agile autour du thème souvent tabou de la mort; son ton a la candeur et la spontanéité de l'enfance. Puis, les illustrations de Robin, un peu brouillonnes, sauvages et vaporeuses plantent le décor de ce délicieux questionnement philosophique, avec juste ce qu'il faut de légèreté pour apaiser les âmes sensibles. Une petite douceur pour tenter d'expliquer l'inexplicable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

lundi 21 mars 2011

Splat est amoureux

Par Rob Scotton, Album Nathan, Nathan

«C'est la St-Valentin : Splat a préparé une carte toute spéciale pour une chatte blanche toute spéciale pour lui : Kattie. Mais Splat ne sait pas trop s'il doit donner cette carte; à chaque fois, qu'elle le voit, Kattie le taquine, l'embête, lui tire les moustaches! En plus, Grouf, un autre chat de la classe a écrit une IMMMMMMMense carte pour Kattie. Splat se trouve bien ridicule avec sa toute petite enveloppe.»

Un album tout doux de Rob Scotton. Sa plume raconte une gentille petite histoire attachante, vieille comme le monde, mais si réconfortante et qui fait sourire: la naissance de l'amour. Quant à ses illustrations un brin échevelées, brumeuses, elles drapent l'histoire de Splat d'une tendresse moelleuse. Petit délice pour les romantiques...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

vendredi 18 mars 2011

Le petit Chaperon Rouge & ce qu'il advint dans le ventre du loup

Par Charles Perrault (conte original), François Amoretti et Audrey Alwett, Soleil Production, Blackberry

«"Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût su voir. Sa mère-grand et sa mère en étaient folles. Cette dernière lui fît faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon Rouge." De la promenade forestière à l’instant où l’enfant est dévorée, le conte de Perrault est bien connu. On sait moins ce qu’il advint à l’intérieur du ventre du loup, et le chemin initiatique que le Chaperon Rouge dût parcourir pour rejoindre le monde adulte. On sait moins que, pour survivre, le Chaperon Rouge dût lui aussi se changer en loup... Le conte de Perrault original illustré, suivi d’une partie BD qui relate la fin de l’histoire...»

Un format inhabituel pour un conte et pour une BD; il s'agit d'un hybride intéressant pour les grands enfants, dont je fais partie! La première partie, relatant le conte de Charles Perrault, offre un texte bilingue français-japonais et est assez troublante; la mise en images à la fois délicate et crue ajoutant un soupçon de noirceur à cette version originale du déjà sombre conte de Perrault. Puis, la partie BD, divaguant sur la possible quête du Chaperon Rouge, dévorée et coincée dans le ventre du loup, est délicieusement habile et coquine. Le scénario est fin et surprenant, et la mise en images bien que moins léchée que dans la première partie, est toujours aussi éloquente et sensible. Une découverte à feuilleter sans contredit, pour les amateurs de contes de fée pas tout à fait politiquement corrects...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Blanche Neige

Par les frères Grimm, illustré par Benjamin Lacombe, Milan jeunesse

«Le célèbre conte des Frères Grimm rejoint la collection des classiques Milan! Une nouvelle adaptation du texte original des frères Grimm et des illustrations de Benjamin Lacombe pour redécouvrir ce grand classique de la littérature jeunesse. "Miroir, miroir joli, qui est la plus belle dans tout le pays? Ô ma reine, vous êtes très belle mais Blanche Neige est mille fois plus belle que vous." À ces mots, la reine devint verte de jalousie. Désormais elle avait des haut-le-coeur dès qu'elle apercevait Blanche-Neige, tant elle la haïssait. Et l'envie et l'orgueil se développaient si fort dans son coeur qu'elle ne trouvait plus le repos, ni le jour ni la nuit. Elle devait trouver un moyen de la faire disparaître...»

Sublime version de cette Blanche Neige des frères Grimm que je croyais connaître par coeur!... Suzanne Kabok propose une adaptation rafraîchissante et émouvante de ce célèbre conte trop souvent édulcorée; j'aime particulièrement la délicieuse vengeance, à la toute fin, lorsque la méchante reine subit un fatal (et un brin cruel, il faut le dire) retour du balancier... Et puis, et puis, oh! les illustrations de Benjamin Lacombe!... Douces, sombres, sensibles, touchantes... bref, inoubliables. Il plonge le lecteur dans un univers grave et terriblement beau, comme lui seul sait le faire avec autant de délicatesse et de subtilité. Le plus enlevant des albums de Benjamin Lacombe, sans contredit...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

jeudi 17 mars 2011

L'empire des hauts murs

Par Simon Hureau, La Boîte à Bulles, La Malle aux images

«Au début des grandes vacances, alors qu’ils maraudent quelques prunes, deux frères découvrent une grande bâtisse abandonnée, point d’entrée d’une gigantesque galerie de pièces et d’étages, tout aussi abandonnés. Mais ce terrain de jeu qui les fascine est déjà le territoire d'une bande d'enfants de leur âge... Après avoir réussi une épreuve d'initiation, les deux frères deviennent membres de la principauté des mille fenêtres, menée de main de fer par la redoutable "princesse".»

Paru auparavant chez Delcourt, et ayant passé un brin incognito, cette BD est reprise cette fois par La Boîte à Bulles, proposant un format et un rendu graphique très attrayant. Le scénario singulier de Simon Hureau, au coeur d'un univers un peu mystérieux et mélancolique, a un doux parfum gitan de liberté et de bonheur éphémère. À travers des dessins aux traits simples, mais sensibles, on se laisse bercer par cette épopée un peu hors du temps, complices de la beauté intemporelle de l'enfance et témoins impuissants devant le ravage que peut faire l'Homme et son progrès. Une BD douce-amère à découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Moussa le silencieux

Par Rolande Causse, illustré par Philippe Davaine, Le Sorbier

«Moussa ne parle pas. Il n'a jamais parlé, et cette étrangeté l'exclut de la communauté des enfants de son âge. Dans une oasis reculée de l'Atlas, il garde les chèvres et aide les siens. Un jour pourtant, son père devine son handicap : Moussa n'est pas muet, il est sourd. C'est grâce à la solidarité de toute la famille qu'il pourra finalement être soigné. Avec l'aide de sa mère et de sa soeur, il apprendra alors à entendre... et à parler.»

Les couleurs chaudes des illustrations m'ont attirée vers cet album... puis la prémisse, traitant de surdité, mais malheureusement, j'ai été un brin déçue. La plume de Rolande Causse est certes fine et bien tournée, mais peut-être un peu trop fleurie et empesée étant donné qu'il s'agit d'un album pour enfants. Puis, les illustrations de Philippe Davaine, très figuratives et léchées, détonnent avec le contexte humble et désertique des personnages de l'histoire. Enfin, un tout petit détail qui m'a titillée: le fait que Moussa, sourd profond, parvient à parler à force d'entendre les autres lui parler à l'oreille à l'aide d'un cornet, puis à travers un appareil auditif: c'est possible, bien sûr, mais tout de même rare pour un sourd profond dont l'ouïe est réduite presque à néant... Un album plutôt décevant, bref, mais qui partait d'une proposition fort intéressante.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

Hubert le chameau

Par Jean-Jacques Marimbert, illustré par Deborah Pinto, Seuil jeunesse

«Hubert le chameau connaissait le désert comme sa bosse. Entouré d'amis, il vivait heureux ; jusqu'au jour où un étrange bonhomme voulut monter sur son dos, et s'énerva : "Si seulement tu étais un vrai chameau!" Hubert n'était-il pas un vrai chameau?»

Drôle de petit album aux couleurs chaudes du Moyen-Orient. J'ai bien aimé la légèreté et l'humour de la plume de Jean-Jacques Marimbert; son histoire est remplie d'une savoureuse ironie dont je me suis délectée. En ce qui concerne les images aux traits francs, presque bédéesques, de Deborah Pinto, elles portent l'histoire avec brio et font voyager le lecteur loin, loin, dans ce désert sympathique qu'a créé l'auteur. Une amusante quête que celle d'Hubert le «chameau» loquace!...

* * * *

Harry est fou

Adapté par Pascal Rabaté, tiré du roman de Dick King-Smith, École des Loisirs, Mille Bulles

«Fils unique de parents très ordinaires, Harry apprend qu’il est également l’unique héritier d’un vieil oncle d’Amérique. Une perspective plutôt alléchante! Mais de quoi va-t-il donc hériter? D’or, d’une Porsche, d’un avion? Rien de tout cela! L’héritage de Harry, c’est Madison, un perroquet! Mais attention! Un perroquet qui n’a rien d’ordinaire : il parle, bien sûr, mais il sait également lire, répondre au téléphone, jouer du piano avec le bec, il connaît de savoureuses recettes de cuisine, fait des mots-croisés et est aussi imbattable au Monopoly qu’aux échecs! L’héritier et l’héritage deviennent vite inséparables… jusqu’au jour où un voleur kidnappe Madison. Harry est inconsolable. Et le triste perroquet que ses parents lui offrent pour le remplacer n’y fait rien. Quant à Madison, il est prêt à prendre tous les risques pour retrouver son petit maître. Mais comment faire? Londres est une si grande ville et il est si facile de s’y perdre…»

Une BD joyeusement sympathique, adaptée du roman de Dick King-Smith. Le travail de scénarisation de Pascal Rabaté est efficace et entraîne habilement le lecteur dans une aventure cocasse. J'ai été un brin déçue par le rendu graphique, de prime abord; je trouvais les traits et les couleurs austères, peu adaptées à la clientèle cible. Puis, au fil de la lecture, je me suis laissée emporter par l'histoire et je me suis attachée aux personnages. Une BD simple et amusante, pour les amateurs d'animaux aux pouvoirs insoupçonnés...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mercredi 16 mars 2011

Le camion de pépites

Par Renée Robitaille, illustré par Caroline Hamel, Bayard, Raton laveur, Les mésaventures d'Arthur

«Dans un charmant village, vit un petit garçon nommé Arthur. Comme tous les garçons de son âge, Arthur adore les camions et le chocolat. Mais dans le village d’Arthur, l’élément le plus banal réserve les surprises les plus farfelues! Le camion contient des pépites de chocolat géantes qui ensevelissent Arthur. Sa maman le cherche partout avec l’aide de Monsieur Massepain, jovial pâtissier. Dans un grand éternuement, Arthur réussit à échapper au monstre des pépites. Mais celui-ci engloutit aussitôt la maman. Le courageux petit Arthur la délivre et ils se sauvent au volant du camion. Enlevant et réjouissant!»

Un album à dévorer en cachette, avant le souper... L'histoire proposée par la plume fantaisiste de Renée Robitaille est un brin touffue pour un très jeune public, mais comme il est question de chocolat, la gourmandise littéraire l'emporte! Quant aux illustrations de Caroline Hamel, leur texture les rend vivantes et savoureuses. Un vrai petit délice visuel...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 15 mars 2011

C'est quoi l'amour?

Par Davide Cali, illustré par Anne Laura Cantone, Sarbacane

«"C'est quoi, l’amour?" demande Emma à sa maman romantique, à son papa supporter de foot, à sa mamie gâteau et à son grand-père fan de voitures. Résultat du sondage : l’amour s’ouvre lentement… et puis PAF! il marque un but. Il est moelleux et parfumé comme un baba et il chauffe le sang comme un bon moteur. Emma, qui a du mal à s’y retrouver, sent la tête lui tourner…»

Histoire coquine que la plume légère de Davide Cali construit joyeusement autour de la charmante quête amoureuse de la petite Emma. Et quelles savoureuses réponses obtient-elle de sa famille: farfelues à souhait, et si mystérieuses pour Emma... comme quoi, les adultes ont vraiment le don de tout embrouiller parfois! Et oh! les illustrations hors normes, si touchantes et éloquentes d'Anne Laura Cantone; un délice visuel qui saupoudre l'histoire du brin de magie qui en fait un classique. Une réussite tout aussi envoûtante, pour ce duo auteur-illustrateur, que leur charmant Papa sur mesure...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Princesse Libellule cherche prince désespérément

Par Alexandre Arlène, mis en images par Stéphanie Bellat, La Boîte à bulles, La Malle aux images

«Dans un conte de fée, quand une princesse est enfermée dans une tour, on ne raconte généralement que la fin : lorsque le prince charmant arrive, qu’il brave tous les dangers, qu’il escalade la tour, etc. Curieusement, personne ne parle jamais de l’interminable attente qui précède ce si court évènement. Princesse Libellule est une de ces princesses qui attendent qu’un prince fasse son boulot… Mais, comme les princes compétents, ça ne court visiblement pas les chemins, il faut bien s’occuper en attendant… Alors, elle passe un temps fou à la fenêtre, à guetter le moindre mouvement et à inventer toutes sortes de raisons au retard de son chevalier. Et elle parle avec ses oiseaux, car pour être une princesse idéale comme on en rencontre dans les contes, il faut être en harmonie avec la nature et les animaux. Même si, Princesse Libellule, l’harmonie, c'est pas son fort !»

Sympathique BD qui fait réaliser aux lecteurs idéalistes (j'en suis!) l'envers des princesses languissantes! Le scénario et les dialogues d'Alexandre Arlène sont fins et cocasses, piétinant chaque fois que c'est possible le mythe de la princesse délicate et patiente des contes de fée. Quant à la mise en images de Stéphanie Bellat, bien qu'elle manque d'émotions (sûrement dû à son fini trop net de dessins par ordinateur), elle supporte tout de même l'action avec une certaine éloquence. Dans l'ensemble, il s'agit d"une BD amusante et divertissante, mais sans plus...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 14 mars 2011

Câlin express

Par Émile Jadoul, École des Loisirs, Pastel

«Mon papa, c’est un PGV: un Papa à Grande Vitesse. Le matin, c’est câlinexpresssssàcesoir… Le soir, c’est câlinsuperexpressscarjedoisdécrocher… Tous les jours, c’est pareil. Moi, ce que je veux, c’est un câlin d’enfer!»

Regard tendre et lucide sur le rythme effréné de nos vies. Il n'y a rien comme un enfant pour ouvrir nos yeux d'adultes-toujours-trop-pressés... L'histoire est simple et attachante, et fait écho au quotidien de plusieurs enfants qui reçoivent leur affection sur le pouce. Les illustrations naïves, aux crayons de bois, vibrent d'une émouvante aura d'enfance. Un album en forme de câlin pour nous rappeler qu'il faut parfois savoir s'arrêter le temps d'un bisou...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Les trois Chemins - Sous les mers

Par Lewis Trondheim, illustré par Sergio Garcia, École des Loisirs, Mille Bulles

«Un marin découvre un homme-poisson échoué sur le rivage. Un petit poulpe froussard tente de retrouver sa mère. Un scaphandrier explore les fonds marins. Sur la mer comme sous la mer, les chemins des uns et des autres vont se croiser et se recroiser. Le jeune poulpe déniche un trésor qui pourrait bien intéresser le scaphandrier. Le marin se découvre capable de respirer sous l’eau. Le scaphandrier sauve le petit poulpe des dents d’un requin… et le petit poulpe le libère à son tour des tentacules de sa maman. Quant à l’homme-poisson, il n’est autre que le gardien de la cité d’Atlantis, venu annoncer au petit poulpe que sa maman va mourir et qu’il a été choisi pour la remplacer. Il va devenir l’être le plus puissant de l’océan… Ce qui l’inquiète beaucoup: est-il possible d’être à la fois puissant, peureux et gentil? Cette BD hors du commun se lit aussi bien de gauche à droite que de haut en bas!»

Une délicieuse découverte que cette BD nouveau genre qui part dans tous les sens! Une rencontre inoubliable entre la plume cocasse et fine de Lewis Trondheim et le génie coloré des illustrations joyeusement touffues de Sergio Garcia. Le concept de l'interaction entre les trois niveaux de l'image est tout neuf pour moi, et je dois dire que ça me plaît énormément! Si cette BD est de prime abord destinée aux enfants, les adultes y trouveront leur compte également, grâce à l'humour savoureux des dialogues de Trondheim! Publié dans le passé chez Delcourt, cet album est maintenant offert en format poche, à un prix très abordable, chez l'École des Loisirs. Alors, il n'y a aucune excuse qui puisse tenir: vous devez le lire!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

dimanche 13 mars 2011

Lulu and the Brontosaurus

Par Judith Viorsth, illustré par Lane Smith, Atheneum Books

«It's Lulu's birthday and she's decided she'd like a pet brontosaurus as a present. When Lulu's parents tell her that's not possible, Lulu gets very upset. She does not like it when things don't go her way. So she takes matters into her own hands and storms off into the forest to find herself a new pet, all the way singing: "I'm gonna, I'm gonna, I'm gonna, gonna, get a bronto-bronto-bronto-bronto-saurus for a pet!" In the forest Lulu encounters a number of animals; a snake, a tiger, a bear, all of whom don't particularly impress her. And then she finds him...a beautiful, long-necked, gentle, graceful brontosaurus. And he completely agrees with Lulu that having a pet would be a wonderful thing, indeed! Lulu thinks she's gotten her birthday wish at last. Until she realizes that Mr. Brontosaurus thinks that she would make an ideal pet for him! How will Lulu ever get out of this sticky situation without throwing a fit (Mr. B does not respond well to those), or using force (Mr. B is much to tall to bonk on the head with her suitcase), or smushing her pickle sandwich?»

Une aventure savoureuse au coeur d'un imaginaire déjanté! L'histoire est menée de plume de maître par Judith Viorst, qui interagit avec le lecteur, devance ses doutes et ses jugements, et l'entraîne habilement, et avec un humour désopilant, dans le monde de Lulu où tout semble possible. Une version définitivement rafraîchissante de l'arroseur arrosé! Et Lulu, quel personnage principal délicieusement haïssable! Quant à l'univers graphique de cette épopée saugrenue, je l'ai adoré. Les traits simples et sobres que propose Lane Smith vibrent d'une sensible et éloquente intensité. Un petit bijou de collaboration auteur-ilustrateur... 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

jeudi 10 mars 2011

Cherchez la femme

Collectif, dirigé par India Desjardins, Québec Amérique

«Originales, drôles, tendres et mordantes, les nouvelles qui composent le recueil Cherchez la femme croquent des moments de la vie empreints de féminin. Une fille, une femme, un fils, un mari... Du mythe d’Adam et Ève revisité à l’invention d’un monde sans femmes, en passant par un concours de beauté pour enfants ou par les astuces d’un fin stratège pour un shower réussi; le quotidien côtoie l’extraordinaire dans ces récits de mœurs éclectiques.»

Un recueil de nouvelles fort intéressant, aux styles variés et qui m'a plu presque en entier! Bien sûr, il y en a pour tous les goûts, et si certaines nouvelles se lancent dans le connu (romance déçue de trentenaires célibataires), la majeure partie du recueil explore différents horizons, au grand plaisir des lecteurs. Étrangement (puisqu'il s'agit d'un recueil mettant en vedette la femme), presque tous mes coups de coeur sont issus des plumes masculines du collectif: la romance à la Michel Vézina, l'inquiétant petit morceau de réflexion de Martin Perizzolo, la déroutante aventure de Matthieu Simard et le délicieusement troublante réalité de Patrick Sénécal. À savourer également, le terrifiant moment maternelle de Sonia Sarfati, l'épopée campagnarde de Marie-Hélène Poitras et la génèse façon India Desjardins. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 7 mars 2011

Qu'est-ce que tu vois?

Par Stéphane Sénégas, Kaleidoscope

«Une semaine sans copains, sans télé, sans vélo, sans rien. Rien que mon vieil oncle Horace, une espèce de vieux loup de mer qui vit dans un phare et qui parle aux crabes. Je ne vais jamais pouvoir tenir!»

Un album tout simple, rempli d'embruns, et qui goûte la mer... L'histoire que propose Stéphane Sénégas tient en quelques courtes mais délicieuses lignes, qui laissent la porte grande ouverte à l'imaginaire. Un appel que l'auteur saisit habilement au vol à travers des illustrations aux textures sensibles et aux traits vivants, qui emportent littéralement le lecteur dans cet ailleurs inénarrable qu'est le bord de l'océan. Un album touchant et doux, qui vous soufflera l'âme des vagues à l'oreille...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Dix petits garnements

Par Amélie Callot, Alice Jeunesse

«"Dix petits garnements jouent à la balançoire. L’un d’eux s’est balancé trop haut ; ils ne sont plus que neuf. Mais qu’est-il arrivé au dixième? Neuf petits garnements se racontent des histoires de vampires au coin du feu. L’un d’eux a pris peur ; ils ne sont plus que huit. Mais qu’est-il arrivé au neuvième? Huit petits garnements font de la plongée en eau douce. L’un d’eux a pris un piranha pour un poisson rouge ; ils ne sont plus que sept. Mais qu’est-il arrivé au huitième?" Et ainsi de suite. S’inspirant de la comptine des Dix petits nègres, cet album nous fait vivre les péripéties de dix adorables et espiègles bambins – filles et garçons – qui n’en font qu’à leur tête. Ils dis paraissent l’un après l’autre, chacun à son tour en deux temps, pour des raisons diverses (soit il s’est blessé, soit il s’est endormi, soit il s’est sali, soit il a eu peur, etc.). On a la surprise de découvrir ce qui va arriver au prochain petit garnement et on s’amuse à deviner lequel va partir à son tour, et comment, jusqu’à la surprise finale!»

Version joyeusement remaniée de la comptine enfantine utilisée par Agatha Christie comme trame principale de son célèbre Dix petits nègres. L'approche d'Amélie Callot, d'un point de vue littéraire et surtout graphique, est attrayante et dynamique. Le rythme choisi par l'auteure invite le lecteur à dévorer l'album afin de savoir ce qui arrive à chacun de ces sympathiques garnements, découvrant avec bonheur une fin douce et tendre. Quant aux illustrations, sensibles et éloquentes, elles ajoutent incontestablement un brin de magie à l'expérience. Un album amusant et coquin...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Cherche figurants


Par Michaël Escoffier, illustré par Jean-François Dumont, Kaleidoscope

«Il arrive qu’un auteur se trouve en panne d’idée. Ou en panne d’histoire. Ou en panne de personnage. Alors, quand il se nomme Michaël Escoffier, il placarde quelques affiches à l’orée du bois et le tour est joué. Du moins, c’est ce qu’il espère.»

Album plutôt décevant pour un duo auteur-illustrateur qui habituellement en met plein la vue au lecteur!... La prémisse de l'histoire est certes prometteuse, mais malheureusement la plume de Michaël Escoffier peine à envoûter, traînant de force le lecteur tout au long de l'histoire, ne parvenant pas à rendre les personnages attachants. Quant aux illustrations, malgré un effort marqué de Jean-François Dumont, elles restent du domaine de l'ordinaire. Dommage pour ces deux créateurs talentueux car cette fois, la magie n'opère pas...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆