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dimanche 26 mars 2017

Aaah! Bécédaire

Par Élaine Turgeon, illustré par Martin Laliberté, collection Motif(s), chez Druide.
Résumé de l'éditeur:
«Qu’arrive-t-il lorsque deux créateurs se saisissent d’une banque d’interjections, qu’ils les classent dans l’ordre alphabétique, et qu’ils imaginent des situations les convoquant dans un univers où les humains cohabitent avec les monstres? Et qu’advient-il, lorsqu’en prime, ils lancent le défi au lecteur de découvrir le lien caché qui unit certaines situations entre elles? Ça donne Aaah!bécédaire, un abécédaire d’interjections monstrueusement déjanté!»

L’alphabet est un coquin. Il se faufile partout. Dans les mots de tous les jours. Dans les mots endimanchés. Dans les mots qui enquiquinent. Dans les mots qui turlupinent. Dans les mots qui balbutient. Dans les mots qui osent aussi. L’alphabet sait épeler sans s’enfarger tout ce que vous pouvez imaginer. Alliant candeur taquine et délicieuse irrévérence, Élaine Turgeon tricote au lecteur un abécédaire surprenant et ébouriffé, multipliant les entourloupes, et faisant un pied-de-nez à l’ordinaire. Porté par l’univers visuel farfelu de Martin Laliberté, cet opuscule ose s’aventurer joyeusement hors des sentiers battus, bousculant la ronronnante routine et soufflant les possibles entre les lignes.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 25 mars 2017

Nous avons trouvé un chapeau

Écrit et illustré par Jon Klassen, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur:
«Les ecteurs friands des livres de Jon Klassen comme Rendez-moi mon chapeau! et Ce n'est pas mon chapeau se délecteront de voir deux tortues convoiter le même chapeau. L'une des tortues voudrait-elle le chapeau pour elle seule? Bien sûr que non! Les tortues de cette histoire n'oseraient jamais... trouveront-elles un moyen d'avoir chacune leur chapeau?»

L’humain est une drôle de bête. Il épie le cours des choses, observant ceci, découvrant cela. Toujours à s’assurer qu’il est le premier à explorer une terre sauvage. Toujours à s’approprier sans tarder le moindre coin de paysage. Or, parfois, lorsque l’amitié le lie à l’Autre, il se tricote une conscience, il ose cultiver sa patience. Et si, au fond, le plaisir de se délecter des possibles était une aventure qu’il fait bon vivre à deux? De sa plume simple et espiègle, Jon Klassen raconte la cohabitation pleine de rebondissements de l’envie et de l’amitié. Narré habilement en courtes phrases évocatrices, et relancé astucieusement par un univers visuel sobre, au trait éloquent, cet album sait dire tout en finesse et en humour la délicieuse inconséquence de l’âme humaine.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 23 mars 2017

Adulthood is a myth (Sarah's Scribbles no 1)


Scénarios et dessins de Sarah Andersen, série Sarah's Scribbles, tome 1, chez Andrew McMeel Publishing.
Quatrième de couverture:
«Are you a special snowflake? Do you enjoy networking to advance your career? Is adulthood an exciting new challenge for which you feel fully prepared? Ugh. Please go away. This book is for the rest of us. These comics document the wasting of entire beautiful weekends on the internet, the unbearable agony of holding hands on the street with a gorgeous guy, dreaming all day of getting home and back into pajamas, and wondering when, exactly, this adulthood thing begins. In other words, the horrors and awkwardnesses of young modern life.»

Devenir adulte est un concept plutôt abstrait. En effet, si pour certain, l’âge adulte est une suite logique et chronologique évidente de l’adolescence, pour d’autres, il s’agit plutôt d’un passage mythique, dont on martèle l’avènement inéluctable à une jeunesse terrifiée, ébranlant sournoisement candeur et insouciance devant l’absence d’instructions claires à suivre pour «survivre» à la transition et éviter les dérapages. De son coup de crayon au trait joyeusement ébouriffé, relancé par une verve désopilante, Sarah Andersen croque sur le vif le quotidien rocambolesque et hilarant de cette jeunesse qui se cherche une place dans la société, et qui, en même temps, voudrait tant se fondre silencieusement dans le paysage et ne jamais devoir faire partie des «sages adultes qui prennent de sages décisions». Donnant la parole avec simplicité, justesse et aplomb à une génération en quête de sens, cet opuscule drôlatique souligne habilement cette valse-hésitation si délicieusement humaine des premiers pas de la jeunesse dans un futur en construction.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 20 mars 2017

Olga and the Smelly Thing from Nowhere

Écrit et illustré par Elise Gravel, chez Harper Collins.
Quatrième de couverture:
«I love animals. I get along with them JUST FINE. HUMANS? That’s another story. I’ll be an animal scientist soon—you’ll see. All the newspapers will talk about Olga, the amazing child scientist—especially after people meet the weird creature I just discovered.»
Pour Olga, rien n’est plus fascinant que les animaux. Qu’ils soient poilus, ventrus, gluants ou odorants, Olga les observent tous attentivement. Plus ils sont saugrenus, plus le mystère de leur existence est touffu, plus son insatiable curiosité piaffe d’impatience. C’est une pro des espèces singulières, une infatigable limière. Jusqu’au jour où surgit, sans crier gare, une énigmatique créature venue de nulle part, qui, entre deux borborygmes, bouscule tous ses repères. De sa plume à la verve coquine et délicieusement irrévérencieuse, Elise Gravel entraîne le lecteur dans une rocambolesque quête de vérité animalière. Multipliant malicieusement les rebondissements, son univers visuel échevelé relançant habilement la narration de mille et un détails cocasses, cet inimitable opus sait raconter l’enfance dans toute son irrésistible candeur et son inextinguible capacité d’émerveillement. Une épopée joyeusement insolite qui donne le goût d’oser apprivoiser l’étrange et découvrir le déroutant.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



Pour le lire en version française

samedi 18 mars 2017

A Room of One's Own

Par Virginia Woolf, chez Mariner Books.
Quatrième de couverture:
«In A Room of One's Own, Virginia Woolf imagines that Shakespeare had a sister—a sister equal to Shakespeare in talent, and equal in genius, but whose legacy is radically different. This imaginary woman never writes a word and dies by her own hand, her genius unexpressed. If only she had found the means to create, argues Woolf, she would have reached the same heights as her immortal sibling. In this classic essay, she takes on the establishment, using her gift of language to dissect the world around her and give voice to those who are without. Her message is a simple one: women must have a fixed income and a room of their own in order to have the freedom to create.»

Qu’y a-t-il à dire au sujet des femmes et de la fiction? Occupent-elles une place dans l’espace littéraire? Si oui, laquelle? Y sont-elles des sujets muets, englués dans des stéréotypes de genre, ou y ont-elles aussi une voix? Est-ce de même dans la société en général? Ont-elles toujours l’opportunité et les moyens de faire résonner leur voix haut et fort? La créativité au féminin est-elle un mythe? Et si, au fond, le genre du créateur importait peu? Et s’il était surtout indispensable de déterminer ce qui favorise l’épanouissement créatif, et ce qui lui fait battre de l’aile? Virginia Woolf ose prendre position à ce sujet en proposant une réflexion audacieuse et fondamentale interrogeant la place historique des femmes dans l’espace créatif littéraire, et soulignant le lien existant entre cette place encore à construire, et les conditions de vie des femmes à travers les siècles. Abordant ce vaste champ de recherche avec simplicité et détermination, Virginia Woolf plonge le lecteur dans le tourbillon de ses questionnements, l’interpellant malicieusement, le faisant progresser à ses côtés, au fil des interrogations et des indignations qui jonchent son exploration. Un opuscule puissant, indispensable, pertinent même près d’un siècle après sa publication, et qu’il fait bon lire et relire pour se secouer la résignation, pour se titiller l’audace, et pour ne jamais oublier que malgré les inégalités de genre et de conditions socioéconomiques qui perdurent, il n’en tient finalement qu’au créateur, femme ou homme, de se trouver une «chambre à soi» pour laisser s’exprimer sa voix.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



Pour le lire en version française


mardi 14 mars 2017

Écumes


Scénario d'Ingrid Chabbert, dessins de Carole Maurel, chez Steinkis.
Quatrième de couverture:
«Elles s'aiment et après des années d'attente, d'espoir et de désespoir, un bébé est annoncé. Mais la grossesse est compliquée et le pire arrive. Elles vont devoir se reconstruire et lutter contre la douleur. L'amour, l'évasion sur les terres de leur enfant disparu et les carnets qui se remplissent vont les aider à sortir la tête hors de l'eau, loin des Ecumes.»

Quand une vie toute neuve se fait attendre, insaisissable, incertaine, usant l’impatience et fragilisant les rêves, le bonheur est souvent bigarré lorsqu’elle s’annonce enfin le bout des chromosomes: il est à la fois sublime et terrifiant, plus grand que tout et hésitant. Or, lorsque ce doux possible retourne vers ses étoiles, avant même d’avoir pu débuter son existence, c’est un océan de tristesse qui fait basculer le fragile équilibre des choses. Et si, malgré la houle, le retour à bon port était imaginable, un mot à la fois? Tout en délicatesse et en simplicité, Ingrid Chabbert ose souffler au lecteur ce qui se hurle en silence lorsque le Destin balaie de son inexplicable revers la vie tant désirée d’un enfant à naître. Porté par les dessins de Carole Maurel, à la palette feutrée et au découpage éloquent, cet opus chamboulant sait raconter avec justesse, évoquant l’indicible avec sobriété, et laissant poindre au large, tel une bouée salutaire, l’espoir d’un peu de soleil pour apprivoiser la grisaille. Un petit bijou tendre et émouvant à découvrir sans tarder.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 13 mars 2017

Carnet du Pérou : sur la route de Guzco

Scénario et dessins de FabCaro, chez 6 pieds sous terre.
Résumé de l'éditeur:
En décembre 2011, lors d'un atelier en pays Cathare, il croise la route d'une jeune plasticienne en résidence, originaire de Cuzco, qui, selon lui, « dégageait une énergie qu'on sentait jaillie de cette terre lointaine dont je ne savais rien ». Entre eux va naître une forte complicité artistique et humaine. Dès lors, il n'a qu'une obsession : se rendre dans ce pays. Ce qu'il finira par faire en juillet 2012, s'engageant dans un périple qu'il souhaite le moins préparé possible afin d'en conserver toute l'authenticité, la virginité du voyageur qui a tout à découvrir, refusant d'être parasité par les clichés et les préjugés. Il va alors s'immerger dans un univers fascinant dont il découvre jour après jour la richesse et la diversité des mythes, rites et croyances. Il va croiser des destins, s'émouvoir, tisser des liens forts mais aussi approfondir une culture indigène dont les détails pittoresques le feront plonger dans une altérité salvatrice. Il en reviendra profondément transformé. Néanmoins, s'agissant de Fabcaro, il faut quand même s'attendre à tout.

Quand la créativité ronronne au quotidien, rassurante, s’épanouissant sans faire de vagues, et que le temps file trop vite dans le sablier de l’existence, une soif d’aventures vertigineuses peut s’installer insidieusement. Sournoise. Arrogante. Quoi de mieux, alors, qu’un classique dépaysement culturel, un voyage au bout de soi pour se secouer les certitudes, pour se recartographier les repères? Et pourquoi ne pas saisir au vol l’occasion de se recenser les impressions de globe-trotter du réel? Mais, finalement, l'ailleurs existe-t-il vraiment?… Osant réinventer le carnet de voyage, en froissant les conventions au passage, FabCaro se lance dans un périple déjanté et cocasse comme lui seul sait les provoquer. Porté par un imaginaire ébouriffé, à l’ironie toujours aussi acérée, et à l’autodérision délicieusement hilarante, cet opus saugrenu refuse de s'enfermer dans les ornières du convenu, et fera, malicieusement, sourire la routine.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 10 mars 2017

À la tombée de la nuit : conseils utiles pour une cohabitation pacifique entre les espèces

Écrit et illustré par Enrique Quevedo, chez La Courte Échelle.
Quatrième de couverture:
«Depuis la nuit des temps, les enfants et les monstres éprouvent de la difficulté à vivre en harmonie. Le savant Enrique Quevedo est pourtant convaincu qu’une cohabitation pacifique est possible entre ces deux espèces. Voilà pourquoi il a rédigé ce manuel pratique, destiné autant aux petits humains qu’aux créatures étranges. Cet ouvrage magnifiquement illustré permettra enfin aux enfants de savoir comment réagir quand un être terrifiant surgit au moment où ils s’apprêtent à entrer dans la baignoire. Les monstres, quant à eux, y découvriront la meilleure façon de se faire des amis chez les humains, malgré leur apparence physique parfois rebutante.»

À la tombée de la nuit, quand le sommeil alourdit les paupières et que les peurs s’allongent sans crier gare, faisant rouspéter la tranquillité moelleuse de la maison silencieuse, toutes les rencontres sont possibles: les inusitées comme les improbables, les surprenantes comme les vertigineuses. Or, devant cet envahissant Inconnu, mieux vaut parfois pouvoir compter sur de sages conseils, afin d’avoir une chance de survivre à l’imprévisible. D’une plume coquine, à l’humour grinçant, Enrique Quevedo ose tenter l’impossible réconciliation de deux espèces ennemies depuis toujours, devant pourtant se côtoyer au plus sombre de l’imaginaire: les enfants et les monstres. Relancé par un univers visuel tout en fine et inquiétante éloquence, clin d’oeil au maître du troublant, Edward Gorey, cet opuscule fascine et dérange à la fois, flattant la frousse dans le sens du poil et chatouillant bravement l’épouvante sous cape. Petit bémol, toutefois: le choix d’une impression sur papier glacé nuit malheureusement à l’appréciation de l’inquiétant univers visuel de Quevedo, en minant la précision de son potentiel évocateur. Cela dit, il s’agit d’un album singulier, irrésistible, ébouriffant, à découvrir sans attendre… en gardant la lumière allumée, juste au cas.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 6 mars 2017

Le demi-dieu aux bas blancs (Escouade Fiasco, t.1)


Par Julie Champagne, série L'Escouade Fiasco, t.1, chez La courte échelle.
Quatrième de couverture:
«Émilie reconnaît l’homme de sa vie en Thomas Saint-Louis. Le hic? Il ignore même qu’elle existe. Pire, dès qu’il apparaît, elle perd tous ses moyens et devient aussi loquace qu’un géranium. Pour remédier à ces incidents botaniques, sa meilleure amie Marisol multiplie les stratégies. Camouflage, interrogatoire musclé et hypnose seront-ils suffisants pour aider Émilie à conquérir Thomas?»

Pour Émilie, rien n’est jamais aussi simple qu’il y paraît. D’abord, il y a sa famille, reconstituée, bourdonnante de vie et de petites trahisons au quotidien. Puis, il y a l’amour qui frappe sans crier gare, avec bas blancs, yeux brillants et tout le bataclan. Et enfin, il y a cette gaucherie chronique, la sienne, celle qui, sournoisement et inéluctablement, mine sa vie sociale et sentimentale. Heureusement, il y a aussi Marisol et ses plans rocambolesques (presque!) infaillibles…! Dans ce premier tome d’une série qui promet d’en faire voir de toutes les couleurs, Julie Champagne raconte l’adolescence, ses élans spontanés, ses coups de gueule, ses coups de foudre et ses ratés. Mené par la verve cocasse et irrésistible d’Émilie, ce charmant opus sait dire avec une audacieuse lucidité et une délicieuse ironie la vie et ses inexplicables détours. Une escouade singulière et inoubliable dont on meurt d’envie de lire les futures (et inévitables) mésaventures!…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 4 mars 2017

Série Simon et moi

Par Simon Boulerice, illustré par Guillaume Perreault, série Simon et moi, tomes 1 à 4, chez Fonfon.
Résumés de l'éditeur (tomes 1 à 4):
«Simon est capable de bien des choses. Et toi, es-tu capable de lire ce livre?
Simon obéit toujours aux règles. Enfin… presque toujours!
Simon rime avec imagination. Toi, quel mot rime avec ton prénom?
Simon a son style bien à lui et il aime le montrer. Place au défilé!»

Dans le monde de Simon, il y a un tas de choses à accomplir (dans la mesure du possible), une foule de règles à suivre (ou pas), une foison de mots aux sonorités complices (et coquines), et une myriade de styles charmants à adopter (si on les ose). Impossible donc de résister à l’envie d’y plonger sans attendre!... Simon Boulerice met cette fois sa prolifique et sensible plume au service des lecteurs tout neufs, en leur proposant ce rafraîchissant bouquet de courtes aventures au quotidien. S’articulant avec une astucieuse simplicité, une délicieuse malice, et s’épanouissant sous les traits taquins de l’univers visuel de Guillaume Perrault, cette série de premières lectures, à la candeur délectable, étonne et fascine, pour le plus grand plaisir des lecteurs en herbe. À découvrir absolument!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩