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vendredi 9 juin 2017

The Tin Forest

Par Helen Ward, illustré par Wayne Anderson, chez Dutton Books.
Quatrième de couverture:
«There was once a wide, windswept place… but where there is a dream, hope can grow.»

Il était une fois, au coeur des rebuts du monde, un homme qui rêvait d’un Ailleurs luxuriant, pour faire fleurir la grisaille de son existence. Et si, à force de s’imaginer le réel, le rêve pouvait devenir réalité? D’une plume tout en finesse, portée par le foisonnant imaginaire visuel de Wayne Anderson, Helen Ward raconte avec sensibilité la force tranquille de l’humain qui ose voir par-delà les possibles. Émouvante ode à l’improbable, et clin d’oeil à cette nature qui est de plus en plus en voie d’extinction, cet opuscule sait dire avec justesse qu’à rêve vaillant, rien d’impossible.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 7 juin 2017

Furiously Happy

Par Jenny Lawson, chez Flatiron Books.
Résumé de l'éditeur (extrait):
In Furiously Happy, #1 New York Times bestselling author Jenny Lawson explores her lifelong battle with mental illness. A hysterical, ridiculous book about crippling depression and anxiety? That sounds like a terrible idea. But terrible ideas are what Jenny does best. 
As Jenny says: "Some people might think that being 'furiously happy' is just an excuse to be stupid and irresponsible and invite a herd of kangaroos over to your house without telling your husband first because you suspect he would say no since he's never particularly liked kangaroos. And that would be ridiculous because no one would invite a herd of kangaroos into their house. Two is the limit. I speak from personal experience. My husband says that none is the new limit. I say he should have been clearer about that before I rented all those kangaroos."
"Most of my favorite people are dangerously fucked-up but you'd never guess because we've learned to bare it so honestly that it becomes the new normal. Like John Hughes wrote in The Breakfast Club, 'We're all pretty bizarre. Some of us are just better at hiding it.' Except go back and cross out the word 'hiding.'"
Furiously Happy is about "taking those moments when things are fine and making them amazing, because those moments are what make us who we are, and they're the same moments we take into battle with us when our brains declare war on our very existence. It's the difference between "surviving life" and "living life". It's the difference between "taking a shower" and "teaching your monkey butler how to shampoo your hair." It's the difference between being "sane" and being "furiously happy."

Il y a de ces maux qui font basculer le quotidien. Qui forcent à plonger de l’autre côté du miroir. Qui brouillent les antennes et effacent les pistes. Et pourtant, ce sont les maux que personnes n’osent mettre en mots. Les maux qu’on subit tout bas, en se condamnant d’avance de ne pas savoir comment les affronter. Ce sont les maux qui prolifèrent, sournois et malins, dans l’antichambre silencieux de la honte. Dans les limbes vertigineuses de la dégringolade des repères. Ce sont les maux qui grugent le quotidien et assombrissent les arcs-en-ciels. Et si on prenait le temps de les mettre en mots? Et si, même, on se donnait le droit de sourire un brin devant leur irréductible et malicieuse créativité? D’une plume tout en humour et en authenticité, Jenny Lawson raconte avec un irrésistible aplomb la maladie mentale et ses tentaculaires implications. Sans tomber dans l’apitoiement, ou la leçon pontifiante, elle secoue joyeusement les préjugés, bouleverse les certitudes et sème un rafraîchissant espoir dans ces eaux habituellement si troubles. Un opus déjanté, hilarant et indispensable, à semer à tout vent, pour faire tomber les oeillères de l'ignorance, et celles de la solitude.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

lundi 29 mai 2017

Le Port des marins perdus

Scénario de Teresa Radice, dessins de Stefano Turconi, collection Treize étrange, chez Glénat.
Résumé de l'éditeur:
«Automne 1807. Un navire de Sa Majesté récupère au large du Siam un jeune naufragé qui ne se rappelle que de son prénom : Abel. Le garçon se lie rapidement d’amitié avec le premier officier, capitaine du navire depuis que le commandant s’est enfui avec le trésor du bord. Abel retourne ensuite en Angleterre où il loge dans l’auberge tenue par les trois filles déchues du fuyard. Alors que la mémoire lui revient peu à peu, il découvre quelque chose de profondément troublant sur lui-même, et la véritable nature des personnes qui l’ont aidé...»

L’appel de la mer est fort et inexplicable. Il est vif, et insaisissable. Il chamboule tout: la raison et les élans du coeur. Et les marins, ballottés entre deux mondes, naviguent vaillamment, au mieux, entre le large et la terre ferme, entre le Bien et le Mal. Et s’il existait un Ailleurs qui retricote les Destins? Et si les secondes chances existaient vraiment? Misant sur une narration bercée par les mots, (les littéraires, les spontanés, les irrépressibles, et ceux qu’on ne dit pas) et soufflée avec une finesse inouïe par un univers visuel tout en tendresse ébouriffée et évocatrice, le duo Radice-Turconi raconte une épopée douce et triste, tissée de rencontres délicieusement improbables, et qui fleure bon l’air du large. On en ressort bouleversé, l’âme tout ébaubie, le coeur à l’étroit, l’esprit frémissant d’un bonheur doux-amer et le regard voguant entre le réel et le possible. Un voyage étrange et lancinant, sublime et terrible, qu’on lit jusqu'à la dernière goutte d'eau de mer, pour ne rien oublier de ces mots qui envoûtent, et qui secouent sans vergogne les horizons.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 26 mai 2017

Je suis là, je suis là

Par Marie-Francince Hébert, illustré par Mathilde Cinq-Mars, collection Motif(s), chez Druide.
Résumé de l'éditeur:
«Un appartement coquet, mais modeste. Une cuisine, un salon, la chambre des trois enfants, et la chambre des parents. La mère qui rentre fourbue du travail. Un repas chaud l’accueille, celui préparé par sa propre mère. Les enfants dorment, sauf le plus vieux qui fait semblant, comme d’habitude, et qui attend son bisou. Mais ce soir, ça ne se passe pas comme d’habitude…»

Il y a, dans le quotidien de l’enfance, de ces rituels ronronnants. De ces moments précieux qui font sourire l’ordinaire. Or, malgré toute la bonne volonté du monde, le réel prend parfois toute la place, devient ce monstre inquiétant dans le placard. Et s’il suffisait alors d’une bouffée de douceur pour faire basculer le cours des choses…? D’une plume tout en sensibilité et en finesse, Marie-Francine Hébert raconte la vie et ses aléas, à hauteur d’enfance et d’amour inconditionnel. Bercé par la palette tendre et enveloppante de Mathilde Cinq-Mars, cet opuscule sait souffler l’importance du tissé serré et de la complicité des coeurs, afin d’éviter les naufrages. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 19 mai 2017

La véritable histoire du petit chaperon rouge et de son chat Marcel

Par Benjamin Perrier, illustré par Jules, série La véritable histoire, chez Gautier Languereau.
Quatrième de couverture:
«Connais-tu l’histoire du Petit Chaperon rouge? Oui, bien sûr! Sais-tu en revanche que cette petite fille espiègle a un chat nommé Marcel? Un bon gros chat qui passe son temps à ne rien faire! Mais entre toit et moi, pour être tout à fait franc, c’est LUI le vrai héros du conte!»

Il était une fois, un petit chaperon rouge, qui n’aimait pas du tout porter son chaperon. Elle avait un chat indolent, la quintessence de l’inaction, qui aimait bien se promener avec elle (ou plutôt dans ses bras). Ensemble, ils formaient un improbable duo alliant vivacité d’esprit et lucidité… à un appétit insatiable, et un flair pas trop moche. Et si au fond, ces atouts singuliers étaient suffisants pour déjouer le vilain Loup? Et si, en fait, on racontait le conte de travers depuis des lustres? Avec une verve malicieuse, Benjamin Perrier retricote habilement l’indémodable Petit Chaperon rouge, secouant les conventions, et sortant délicieusement des ornières éculées de la tradition. Porté par l’univers visuel ébouriffé de Jules, tout en simple et taquine éloquence, et relancé par une narration interpellant directement (et audacieusement) le lecteur, cet opus décoiffant fait rigoler sans vergogne et souffle une irrésistible bouffée de fraîcheur sur les séculaires histoires du soir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 18 mai 2017

Bonne nuit?

Par Coralie Saudo, illustré par Kris Di Giacomo, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Cette nuit, Petit Elephant est bien décidé à passer une bonne nuit dans le lit de Grand Elephant... Mais est-ce vraiment une bonne idée?»

La nuit, c’est si long. Seul. Dans un grand lit. Et ça pourrait être si chouette en bonne compagnie! Alors, pourquoi ne pas, habilement, se faufiler entre les ombres et défier l’interdit? Avec un aplomb adorable et une candeur irrésistible, Coralie Saudo raconte l’enfance qui explore, infatigable, les limites de l’Autre, et qui découvre, au passage, les siennes. Porté par la palette tendre, et les traits évocateurs de l’univers visuel de Kris Di Giacomo, cet opuscule rigolo souligne, avec fraîcheur et simplicité, qu’il fait parfois bon respecter le besoin d’espace de ceux qu’on aime… si on veut passer une bonne nuit!

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮


ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue à la mi-juin 2017.

mardi 16 mai 2017

Pax

Par Sara Pennypacker, illustré par Jon Klassen, chez Harper Collins.
Résumé de l'éditeur:
«Pax and Peter have been inseparable ever since Peter rescued him as a kit. But one day, the unimaginable happens: Peter's dad enlists in the military and makes him return the fox to the wild. At his grandfather's house, three hundred miles away from home, Peter knows he isn't where he should be—with Pax. He strikes out on his own despite the encroaching war, spurred by love, loyalty, and grief, to be reunited with his fox. Meanwhile Pax, steadfastly waiting for his boy, embarks on adventures and discoveries of his own…»

Il existe parfois, entre deux êtres vivants, une complicité à l’état pur, une connivence qui se rit des différences, comme une fusion de deux existences en une seule âme. Cette unité à deux têtes, cette union singulière (ou ce «oneness» comme l’évoque avec plus de justesse la langue anglaise) semble indestructible, imperméable aux coups du sort d’un Destin parfois sans pitié. Or, lorsque la séparation survient, brutale, sans crier gare, commence alors une quête cruciale: retrouver cette autre partie de soi, coûte que coûte. Tout en finesse et en simplicité, Sara Pennypacker raconte une amitié plus grande que tout, de celles qui bousculent les conventions, sortent joyeusement des ornières, et donnent le courage de braver toutes les tempêtes (même celles qui grondent en soi) afin de ne pas laisser filer le bonheur au loin. Audacieusement porté par une narration à deux voix, cet opus chamboulant sait dire l’essentiel, avec une justesse et une sensibilité qui ne laisseront personne indifférent. Un petit bijou sublime qui ose faire voir par-delà les oeillères du convenu.



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Pour le lire en version française

mardi 9 mai 2017

L'oiseau de Colette

Écrit et illustré par Isabelle Arsenault, série La bande du Mile-End, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Pauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire!»

Quand le grand branle-bas survient, avec tous ces souvenirs en boîtes, et ces racines qui se cherchent un nouveau terreau d’accueil, l’enfance a parfois la solitude vertigineuse. Sans compter que les premiers pas vers de possibles complicités sont toujours terriblement angoissants. Mais avec un ami, même un peu inventé, à ses côtés, tout peut soudain sembler plus léger… Et s’il suffisait d’un soupçon d’imaginaire pour s’ouvrir les horizons? Tout en finesse et en sensibilité, Isabelle Arsenault raconte l’extraordinaire quête de tous les instants d’une enfance qui se réinvente le quotidien. Faisant s’épanouir sous nos yeux ravis, à travers un univers visuel à la palette tendre et à la composition éloquente, les rocambolesques péripéties de cette irrésistible bande d’amis, ce délectable opuscule sait souffler avec justesse que l’essentiel, dans la quête du bonheur, c’est de savoir se l’imaginer.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

dimanche 7 mai 2017

La Mésaventure

Écrit et illustré par Iwona Chmielewska, chez Format.
Quatrième de couverture:
«Une jeune fille repasse la nappe préférée de sa maman, un souvenir précieux brodé par la grand-mère. Mais voilà, elle se perd dans ses pensées et le fer à repasser laisse une trace indélébile sur le joli tissu! Quelle mésaventure! Que dira maman à son retour?»

La réalité a parfois une malicieuse façon de rappeler à l’ordre les rêveurs de tous les instants : après tout, un accident est si vite arrivé.  Or, cette fois, la jeune fille le sait, sa dérive de l’imaginaire a engendré un impardonnable faux pas. Un pour les annales. Un qui ne disparaîtra pas de sitôt du regard de sa mère. Et si elle parvenait à trouver une entourloupe pour éviter la tempête? Et si elle réussissait à disparaître sans crier gare avant le cataclysme? Et si, au fond, tout n’était pas si terrible? Tout en éloquente simplicité, Iwona Chmielewska ose raconter entre les lignes le sournois pouvoir de la peur du jugement de l’autre. Misant audacieusement sur un univers visuel dépouillé mais évocateur, qui réinvente habilement les possibles d’une même forme, suivant l’évolution des pensées du personnage principal, cet opuscule singulier sait faire parler le silence avec justesse et sensibilité, secouant malicieusement, au passage, les conventions narratives.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 5 mai 2017

Pavor Nocturnus : l'histoire d'un petit garçon un peu trop parfait

Écrit et illustré par Letizia Iannaccone, avec la collaboration de Marilina Cavaliere, chez Seuil jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Pavor est un petit garçon comme les autres, enfin presque… À en croire sa maman, des poux, des chiens méchants ou d’horribles rhumes morveleux sont prêts à se jeter sur lui à chaque coin de rue. Alors Pavor se méfie de tout et de tout le monde. Jusqu’au jour où…»

Pour Pavor Nocturnus, l’enfance est un vrai cauchemar de catastrophes potentielles, et s’aventurer en dehors du cocon (sur)protecteur de la maison est une périlleuse aventure à laquelle il se soumet vaillamment, malgré tous les risques qu’elle recèle, selon sa maman. Or, voilà qu’un jour, même le refuge inébranlable de ses nuits douillettes en zone protégée échoue à contrer les menaces extérieures. Qu’adviendra-t-il, alors, de sa sécurité? D’une plume tout en sensibilité, Letizia Iannaccone raconte avec finesse et humour, les aléas de l’enfance qu’on tient en laisse de peur qu’elle ne se frotte à la vie. Porté par un univers visuel à la palette délicieusement vieillotte et à l’éloquence tendre, cet album ose dire la nécessité de s’ouvrir aux possibles, avec tout ce que cela implique d’imprévisible, si on veut avoir la chance de croiser d’impromptus et d’ébouriffants petits bonheurs sur son chemin.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩