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mercredi 2 août 2017

Au revoir, Lili...

Illustration d'Arthur Rackham
(tirée d'«Alice's Adventures in Wonderland»)
Source: Wikimedia Commons

Depuis bientôt 8 ans, Lili lit. Elle lit tout ce qui lui passe sous la main, tout ce qui lui caresse le coeur. Elle farfouine dans les rayonnages. Elle se laisse inspirer par son entourage. Elle accepte les défis. Elle laisse le hasard décider. Elle plonge sans hésiter. Elle découvre, elle s'émerveille, elle rit souvent comme une gamine, elle fronce parfois les sourcils. Et elle écrit. Des mots à elle, pour donner des ailes à ceux des autres. 

Mais à force de tourbillonner d’un imaginaire à l’autre, sans prendre le temps de défaire ses valises, Lili s’est épuisée la pétillance du regard. S’est usée les virgules. À n’en plus trop savoir quoi lire. À s'en rendre la plume muette. À ne plus trop désirer, même, traverser de l’autre côté des miroirs. 

Lili a donc besoin de se poser un moment. Sans destination précise. Dans son réel bien à elle. À tenter de se cultiver de nouveau les envies littéraires. À essayer timidement de faire s'épanouir la sienne, de plume. Lili part en quête de son pays des merveilles...

Il y aura donc silence radio. Le temps qu’il faudra. En espérant, peut-être, un retour inespéré dans ce joyeux capharnaüm…

Merci à tous et toutes d’avoir lu et cru en Lili.


Au plaisir de vous recroiser, peut-être, entre les lignes...

dimanche 16 juillet 2017

L'histoire extraordinaire d'Adam. R. : le nain qui devint géant


Par Didier Lévy, illustré par Tiziana Romanin, chez Sarbacane.
Résumé de l'éditeur:
«Voici l’histoire véridique du seul nain qui, devenu adulte, se remit soudain à grandir et devint un géant de 2 m 34. Elle nous est contée ici par son voisin : à 4 ans, il fait la même taille qu’Adam, qu’il prend pour un enfant comme lui, puis il grandit et dépasse Adam, toujours nain. Avant d’assister à sa métamorphose incroyable, unique au monde : Adam, soudain, ne s’arrête plus de grandir…»

La différence est un étrange clin d’oeil de l’ordre des choses. La différence rend unique. La différence rend extraordinaire. Mais la différence rend, parfois, aussi, seul. Seul au beau milieu d’un monde à oeillères à qui l’inexplicable donne le vertige. Heureusement, certains savent voir autrement. Certains savent distinguer le précieux et le vrai à travers les brumes mensongères du regard des autres. Certains savent aimer en dehors des sentiers battus. Sur la pointe des mots, Didier Lévy chuchote au lecteur l’histoire incroyable et irrésistible des entourloupes de la coquine génétique de ce fameux Adam R. qui rendit l’impropable possible. Bercé par l’univers visuel tout en tendre finesse de Tiziana Romanin, à la palette feutrée et aux textures éloquentes, racontant l’indicible en multipliant les détails évocateurs, ce touchant opuscule sait dire l’amitié inconditionnelle, celle qui ne s’enfarge pas dans les conventions d’une société que le singulier déstabilise. Sublime!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

dimanche 2 juillet 2017

La légèreté


Scénario et dessins de Catherine Meurisse, chez Dargaud.
Résumé de l'éditeur:
«Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté. Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté. Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.»

Il y a de ces moments où le temps s’arrête net. Figé. Tétanisé. Forcé de freiner au vol son sablier inéluctable, sous le choc de l’innommable. De ces moments qui font disparaître l’horizon, et tomber l’insouciance en miettes. Des moments qui font entrer le sable de l’horreur et du doute dans l’engrenage autrement bien huilé de l’existence. Qui réécrivent les règles et redessinent l’avenir. Des moments desquels on peut se sortir vivants, mais qui obligent à réapprendre à vivre. Tout en simplicité, Catherine Meurisse raconte à sa manière comment cette tragédie lui a fait perdre pied, chamboulant ses repères sans ménagement, la coupant du réel, qui poursuivait inexorablement son cours sans se soucier de son âme en morceaux, et lui volant sa capacité à voir autrement, à être sensible à l’imperceptible beauté tapie entre les bêtises de l’Homme. À travers un univers visuel à l’éloquence ébouriffée et à la palette évocatrice, cet opus sait dire l'insaisissable et le déroutant tout en nuances, avec justesse et authenticité. Une bouffée de sublime et de remuant qui dévoile l'insoutenable sous un jour troublant d'humanité, et jaillir l’espoir là où on l’y attend le moins.  

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 23 juin 2017

Les luttes fécondes : libérer le désir en amour et en politique

Par Catherine Dorion, collection Documents, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture (extrait):
«En politique comme en amour, nos énergies sont, la plupart du temps, soigneusement contenues à l’intérieur de cadres qui «organisent» les liens qui nous unissent, et qui empêchent les révolutions de prendre pied. Le couple. Nos institutions politiques. Les élections. Ce livre parle du désir qui cherche à s’exprimer entre deux (ou cent-mille) personnes, et de ce qui a été mis en place pour le garder emprisonné. Ce livre est un plan d’évasion.»

Dans nos sociétés bien organisées, l’humain tend à vouloir encadrer tout ce qui veut sortir des ornières : les idées, les pulsions, les initiatives, le démesuré, le spontané, l’irrésistible. L’humain veut encadrer le sublime pour l’empêcher de chambouler les certitudes sans vergogne, pour éviter qu’il fasse tomber les œillères du quotidien sans crier gare. Il s’empresse donc, trop souvent, de lui construire une cage dorée, tout de rationnel et d’obligations vêtue. L’humain a soif de liberté et d’authenticité, et les enferme pourtant à doubles tours derrière des normes asphyxiantes. L’humain est un inénarrable paradoxe sur deux pattes. De sa plume échevelée, à la verve décidée et à l’esprit délicieusement indomptable, Catherine Dorion souffle avec audace une ode au désir dans tout ce qu’il a de plus fructueux, dérangeant, et inspirant. Un opuscule ébouriffant et nécessaire, qui sait ébranler le pouvoir hypnotisant de la peur de l’éphémère, réveillant le peuple engourdi par trop d’années à sommeiller au bois dormant et lui insufflant une salutaire bouffée de rébellion contre ce plomb qu’il se met lui-même dans l’aile du rêve.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 9 juin 2017

The Tin Forest

Par Helen Ward, illustré par Wayne Anderson, chez Dutton Books.
Quatrième de couverture:
«There was once a wide, windswept place… but where there is a dream, hope can grow.»

Il était une fois, au coeur des rebuts du monde, un homme qui rêvait d’un Ailleurs luxuriant, pour faire fleurir la grisaille de son existence. Et si, à force de s’imaginer le réel, le rêve pouvait devenir réalité? D’une plume tout en finesse, portée par le foisonnant imaginaire visuel de Wayne Anderson, Helen Ward raconte avec sensibilité la force tranquille de l’humain qui ose voir par-delà les possibles. Émouvante ode à l’improbable, et clin d’oeil à cette nature qui est de plus en plus en voie d’extinction, cet opuscule sait dire avec justesse qu’à rêve vaillant, rien d’impossible.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 7 juin 2017

Furiously Happy

Par Jenny Lawson, chez Flatiron Books.
Résumé de l'éditeur (extrait):
In Furiously Happy, #1 New York Times bestselling author Jenny Lawson explores her lifelong battle with mental illness. A hysterical, ridiculous book about crippling depression and anxiety? That sounds like a terrible idea. But terrible ideas are what Jenny does best. 
As Jenny says: "Some people might think that being 'furiously happy' is just an excuse to be stupid and irresponsible and invite a herd of kangaroos over to your house without telling your husband first because you suspect he would say no since he's never particularly liked kangaroos. And that would be ridiculous because no one would invite a herd of kangaroos into their house. Two is the limit. I speak from personal experience. My husband says that none is the new limit. I say he should have been clearer about that before I rented all those kangaroos."
"Most of my favorite people are dangerously fucked-up but you'd never guess because we've learned to bare it so honestly that it becomes the new normal. Like John Hughes wrote in The Breakfast Club, 'We're all pretty bizarre. Some of us are just better at hiding it.' Except go back and cross out the word 'hiding.'"
Furiously Happy is about "taking those moments when things are fine and making them amazing, because those moments are what make us who we are, and they're the same moments we take into battle with us when our brains declare war on our very existence. It's the difference between "surviving life" and "living life". It's the difference between "taking a shower" and "teaching your monkey butler how to shampoo your hair." It's the difference between being "sane" and being "furiously happy."

Il y a de ces maux qui font basculer le quotidien. Qui forcent à plonger de l’autre côté du miroir. Qui brouillent les antennes et effacent les pistes. Et pourtant, ce sont les maux que personnes n’osent mettre en mots. Les maux qu’on subit tout bas, en se condamnant d’avance de ne pas savoir comment les affronter. Ce sont les maux qui prolifèrent, sournois et malins, dans l’antichambre silencieux de la honte. Dans les limbes vertigineuses de la dégringolade des repères. Ce sont les maux qui grugent le quotidien et assombrissent les arcs-en-ciels. Et si on prenait le temps de les mettre en mots? Et si, même, on se donnait le droit de sourire un brin devant leur irréductible et malicieuse créativité? D’une plume tout en humour et en authenticité, Jenny Lawson raconte avec un irrésistible aplomb la maladie mentale et ses tentaculaires implications. Sans tomber dans l’apitoiement, ou la leçon pontifiante, elle secoue joyeusement les préjugés, bouleverse les certitudes et sème un rafraîchissant espoir dans ces eaux habituellement si troubles. Un opus déjanté, hilarant et indispensable, à semer à tout vent, pour faire tomber les oeillères de l'ignorance, et celles de la solitude.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

lundi 29 mai 2017

Le Port des marins perdus

Scénario de Teresa Radice, dessins de Stefano Turconi, collection Treize étrange, chez Glénat.
Résumé de l'éditeur:
«Automne 1807. Un navire de Sa Majesté récupère au large du Siam un jeune naufragé qui ne se rappelle que de son prénom : Abel. Le garçon se lie rapidement d’amitié avec le premier officier, capitaine du navire depuis que le commandant s’est enfui avec le trésor du bord. Abel retourne ensuite en Angleterre où il loge dans l’auberge tenue par les trois filles déchues du fuyard. Alors que la mémoire lui revient peu à peu, il découvre quelque chose de profondément troublant sur lui-même, et la véritable nature des personnes qui l’ont aidé...»

L’appel de la mer est fort et inexplicable. Il est vif, et insaisissable. Il chamboule tout: la raison et les élans du coeur. Et les marins, ballottés entre deux mondes, naviguent vaillamment, au mieux, entre le large et la terre ferme, entre le Bien et le Mal. Et s’il existait un Ailleurs qui retricote les Destins? Et si les secondes chances existaient vraiment? Misant sur une narration bercée par les mots, (les littéraires, les spontanés, les irrépressibles, et ceux qu’on ne dit pas) et soufflée avec une finesse inouïe par un univers visuel tout en tendresse ébouriffée et évocatrice, le duo Radice-Turconi raconte une épopée douce et triste, tissée de rencontres délicieusement improbables, et qui fleure bon l’air du large. On en ressort bouleversé, l’âme tout ébaubie, le coeur à l’étroit, l’esprit frémissant d’un bonheur doux-amer et le regard voguant entre le réel et le possible. Un voyage étrange et lancinant, sublime et terrible, qu’on lit jusqu'à la dernière goutte d'eau de mer, pour ne rien oublier de ces mots qui envoûtent, et qui secouent sans vergogne les horizons.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 26 mai 2017

Je suis là, je suis là

Par Marie-Francince Hébert, illustré par Mathilde Cinq-Mars, collection Motif(s), chez Druide.
Résumé de l'éditeur:
«Un appartement coquet, mais modeste. Une cuisine, un salon, la chambre des trois enfants, et la chambre des parents. La mère qui rentre fourbue du travail. Un repas chaud l’accueille, celui préparé par sa propre mère. Les enfants dorment, sauf le plus vieux qui fait semblant, comme d’habitude, et qui attend son bisou. Mais ce soir, ça ne se passe pas comme d’habitude…»

Il y a, dans le quotidien de l’enfance, de ces rituels ronronnants. De ces moments précieux qui font sourire l’ordinaire. Or, malgré toute la bonne volonté du monde, le réel prend parfois toute la place, devient ce monstre inquiétant dans le placard. Et s’il suffisait alors d’une bouffée de douceur pour faire basculer le cours des choses…? D’une plume tout en sensibilité et en finesse, Marie-Francine Hébert raconte la vie et ses aléas, à hauteur d’enfance et d’amour inconditionnel. Bercé par la palette tendre et enveloppante de Mathilde Cinq-Mars, cet opuscule sait souffler l’importance du tissé serré et de la complicité des coeurs, afin d’éviter les naufrages. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 19 mai 2017

La véritable histoire du petit chaperon rouge et de son chat Marcel

Par Benjamin Perrier, illustré par Jules, série La véritable histoire, chez Gautier Languereau.
Quatrième de couverture:
«Connais-tu l’histoire du Petit Chaperon rouge? Oui, bien sûr! Sais-tu en revanche que cette petite fille espiègle a un chat nommé Marcel? Un bon gros chat qui passe son temps à ne rien faire! Mais entre toit et moi, pour être tout à fait franc, c’est LUI le vrai héros du conte!»

Il était une fois, un petit chaperon rouge, qui n’aimait pas du tout porter son chaperon. Elle avait un chat indolent, la quintessence de l’inaction, qui aimait bien se promener avec elle (ou plutôt dans ses bras). Ensemble, ils formaient un improbable duo alliant vivacité d’esprit et lucidité… à un appétit insatiable, et un flair pas trop moche. Et si au fond, ces atouts singuliers étaient suffisants pour déjouer le vilain Loup? Et si, en fait, on racontait le conte de travers depuis des lustres? Avec une verve malicieuse, Benjamin Perrier retricote habilement l’indémodable Petit Chaperon rouge, secouant les conventions, et sortant délicieusement des ornières éculées de la tradition. Porté par l’univers visuel ébouriffé de Jules, tout en simple et taquine éloquence, et relancé par une narration interpellant directement (et audacieusement) le lecteur, cet opus décoiffant fait rigoler sans vergogne et souffle une irrésistible bouffée de fraîcheur sur les séculaires histoires du soir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 18 mai 2017

Bonne nuit?

Par Coralie Saudo, illustré par Kris Di Giacomo, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Cette nuit, Petit Elephant est bien décidé à passer une bonne nuit dans le lit de Grand Elephant... Mais est-ce vraiment une bonne idée?»

La nuit, c’est si long. Seul. Dans un grand lit. Et ça pourrait être si chouette en bonne compagnie! Alors, pourquoi ne pas, habilement, se faufiler entre les ombres et défier l’interdit? Avec un aplomb adorable et une candeur irrésistible, Coralie Saudo raconte l’enfance qui explore, infatigable, les limites de l’Autre, et qui découvre, au passage, les siennes. Porté par la palette tendre, et les traits évocateurs de l’univers visuel de Kris Di Giacomo, cet opuscule rigolo souligne, avec fraîcheur et simplicité, qu’il fait parfois bon respecter le besoin d’espace de ceux qu’on aime… si on veut passer une bonne nuit!

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮


ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue à la mi-juin 2017.