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mardi 20 septembre 2016

Synapses


Par Simon Brousseau, chez Cheval d'Août.
Quatrième de couverture:
«Tu es sur le point de dire ton premier mot, tu n’en as pas conscience et pourtant tu t’apprêtes à parler, à participer au malentendu qui te liera désormais aux autres, ta bouche encore engourdie remue, pleine de bave, tu fais l’effort d’articuler une sensation, une pensée, la joie n’est rien sans mots pour la nommer mais, toi, tu sais, tu commences à entrevoir l’étendue de ta joie, tu gazouilles et tu fais des bulles, c’est ton rire que tu transformes en langage sous le regard ému de ta mère qui, étonnée par la simplicité des miracles, ne peut retenir ses larmes, des larmes que tu comprends avec l’intuition de l’enfant baigné d’amour et qui vient de balbutier ma, mama, mamaman.»

La vie est cousue de mille et une petites choses: événements marquants, ronronnante routine, épiphanie du moment, et rêverie utopique. Et chacun de ces petits morceaux d’existence se cherchent un sens, vagabondant d’une perception à l’autre, se métamorphosant à travers le filtre d’une réalité multiple. Et si, au fond, il n’y avait pas de «vraie» vie? Et si, finalement, elle se réinventait à chaque instant, entre les lignes d’un Destin malicieux à la personnalité changeante? D’une plume fine et agile, Simon Brousseau raconte habilement l’humain, à travers un audacieux foisonnement des points de vue. Véritable prouesse stylistique, déroutant fourmillement d’histoires narrées d’un seul souffle en une seule et éloquente phrase, ce singulier opuscule sait dire l’essentiel, valsant astucieusement entre l’incontournable et l’anodin, le dérangeant et le cocasse. Un petit bonheur surprenant de justesse à déguster sans se presser, pour se laisser imprégner de la richesse des possibles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 16 septembre 2016

Les larmes de la maîtresse


Par Véronique Delamarre Bellégo, collection La Vie, chez Oskar Jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Une école, une nouvelle maîtresse, des copains : c'est la rentrée! L'année commence bien pour Marie et ses amis, dans la classe de la merveilleuse Julia Jour. Bonne humeur, joie de vivre, blagues et éclats de rire, comédie musicale, chaperon rouge et méchant loup, jokers, soleil et météo, ce CM1 ne ressemble à aucun autre. Jusqu'au jour où Julia arrive à l'école les joues couvertes de larmes. Son chagrin déteint vite sur ses élèves. Que se passe-t-il? Qui la fait souffrir? Les enfants vont mener l'enquête et voler au secours de leur maîtresse tant aimée.»

La Rentrée, ça fleure bon les fournitures scolaires, les chaussures craquant leur nouveauté, et le bonheur bruyant des récrés à venir. Cela dit, l’enfance a aussi, parfois, la Rentrée paradoxale: un sournois mélange de fébrilité, d’excitation et d’inquiétude. Et si les amis se retrouvaient tous dans une autre classe que la mienne? Et si j’avais la malchance d’avoir ce prof honni, celui qui fait trembler de peur les élèves de génération en génération? Et si je n’arrivais plus à me souvenir des leçons de l’an dernier? Et si…? Et si…? Heureusement, cette fois, il y a Mademoiselle Julia. D’une plume coquine et rafraîchissante, Véronique Delamarre Bellégo raconte la fabuleuse histoire de l’apprentissage au quotidien; l’apprentissage des savoirs théoriques, bien sûr, mais aussi, et surtout, celui de la vie, de la vie avec les autres. Délicieusement mené par une bande de jeunes personnages attachants, animés par la passion sans compromis de l’enfance qui aime inconditionnellement, cette aventure scolaire rigolote - dont la Mademoiselle Julia n’est pas sans joyeusement rappeler la légendaire «Mademoiselle C.» de Dominique Demers - célèbre avec justesse la pédagogie qui ose sortir des sentiers battus, celle qui sait bâtir la confiance pour mieux faire passer les connaissances. Un opuscule tout en tendresse et en finesse qui fera sourire le coeur anxieux des néophytes des pupitres, tout en secouant habilement les certitudes de ceux qui croient encore que l’enseignement est un processus à sens unique. 



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mardi 13 septembre 2016

Lili entre deux nids


Écrit et illustré par Jonna Lund Sørensen, chez D'Eux.

Quatrième de couverture:
«Les parents de Lili se sont disputés. Désormais, Lili a deux nids.»

Pour Lili, la vie est bien remplie, à virevolter joyeusement entre ses deux nids. À chaque soir son aventure. À chaque nid ses petits plaisirs. Et si, forte de son bagage de voyageuse au long cours, Lili était maintenant prête à découvrir le monde? D’une plume toute en simplicité et en candeur, Jonna Lund Sørensen sait raconter l’histoire d’une enfance nomade, aux racines riches et multiples, malgré la dispersion parentale. Un opuscule tendre, cocasse bouffée d’espoir, qui souligne avec justesse qu’il faut de tout, du vertigineux comme du rassurant, pour oser enfin prendre son envol. 



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

lundi 5 septembre 2016

L'enfant seule


Scénario et dessins de Guojing, chez Comme des géants.
Résumé de l'éditeur:
«Une petite fille s’éloigne de chez elle et se perd. Elle rencontre un mystérieux cerf qui l’entraîne dans la forêt profonde, au cœur d’un monde étrange et merveilleux. Mais, au bout d’un moment, la fillette s'ennuie et veut rentrer. Retrouvera-t-elle le chemin de sa maison?»
La solitude, à hauteur d’enfant, c’est habité. Idées qui fusent, personnages qui jaillissent, l’imaginaire bouillonne sans limites. Or, parfois, malgré le foisonnement intérieur, l’ennui s’installe et la soif d’un ailleurs devient irrépressible. Et c’est à ce moment que, trépignant d’impatience, sans regarder en arrière, l’aventure commence. Maniant avec finesse une sensible narration visuelle, Guojing entraîne le lecteur dans un univers où tout est possible, et où seul l’essentiel compte: ce lien inconditionnel entre deux êtres vivants, celui qui permet de retrouver la lumière quand la route s’assombrit. S’épanouissant au coeur d’un univers singulier et feutré, tout en demi-teintes et en nuances (qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Shaun Tan), cet opus troublant sait faire parler avec justesse le silence d'un autre temps, celui où l'enfance poussait parfois seule et sauvage, sans tuteurs ni carcans pour lui encadrer l'initiative. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mardi 30 août 2016

Franz, Dora, la petite fille et sa poupée


Par Didier Lévy, illustré par Tiziana Romanin, chez Sarbacane.
Résumé de l'éditeur:
«Franz – Kafka – se promène au parc avec sa belle fiancée solaire, Dora. L’écrivain est fatigué, désenchanté. Quand il croise Ingrid, une petite fille en pleurs qui a perdu sa poupée. Aussitôt, Franz imagine pour elle une histoire : sa poupée est partie en voyage! D’ailleurs, elle va bientôt lui écrire. Et le soir même, Franz reprend sa plume pour composer, jour après jour, les lettres que la poupée "envoie" à Ingrid. Peu à peu, la fillette retrouve le sourire… et l’écrivain, le goût d’écrire.»
Quand, malgré la douceur ronronnante d’un amour enveloppant, les mots perdent leur magie, les muses s’essoufflent et la grisaille s’immisçant partout annonce la tombée du rideau, le bonheur se fait rare. Et si la candeur attristée de l’enfance pouvait faire renaître, sans crier gare, cette étincelle qui rend la vie pétillante? D’une plume tendre et sensible, Didier Lévy raconte l’histoire des mots qui consolent, des mots qui sauvent, des mots qui font rêver. Porté par la palette rêveuse et le délicat coup de crayon de Tiziana Romanin, cet opuscule tout en finesse sait dire l’essentiel avec justesse et simplicité. Un sublime petit bijou pour faire sourire l'âme qui se cherche.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 29 août 2016

Rivals in the City


Par Y. S. Lee, série The Agency tome 4, chez Candlewick Press.
Résumé de l'éditeur:
«Mary Quinn has a lot on her mind. James Easton, her longtime love interest, wants to marry her; but despite her feelings, independent-minded Mary hesitates. Meanwhile, the Agency has asked Mary to take on a dangerous case: convicted fraudster Henry Thorold is dying in prison, and Mary must watch for the return of his estranged wife, an accomplished criminal herself who has a potentially deadly grudge against James. Finally, a Chinese prizefighter has arrived in town, and Mary can’t shake a feeling that he is somehow familiar. With the stakes higher than ever, can Mary balance family secrets, conflicting loyalties, and professional expertise to bring a criminal to justice and find her own happiness?»
Quand l’amour doit se faire discret pour ne pas froisser l’époque, que la soif d’indépendance est inextinguible malgré le ronronnant bonheur et que le danger s’invite dans l’équation, titillant la témérité et le désir de prouver sa compétence, c’est que Mary Quinn, l’indomptable, est de nouveau en service. Ajoutant in extremis - ô divine surprise! - un quatrième tome aux savoureuses aventures de la série The Agency, Y. S. Lee parvient une fois de plus à tricoter l’inextricable, concoctant habilement une ultime mission pour le désormais inséparable et singulier duo de détectives. Un opus enlevant et touchant, mené de main de maîtresse par une irrésistible héroïne qui ose braver l’Inconnu en faisant un pied-de-nez aux conventions. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mardi 16 août 2016

Hiver nucléaire, tome 2


Scénario et dessins de Cab, chez Front Froid, série Hiver nucléaire, t.2.
Résumé de l'éditeur:
«Alors que l’hiver atteint son paroxysme, Flavie est encore obligée de sortir de son confortable quotidien pour venir en aide à son ami Marco... De fil en aiguille, la pauvre livreuse à motoneige sera impliquée dans une quête remplie d’ados (nonchalants), de ski-doos (tout-terrain) et... de sirop pour la toux (extra-fort)... mais comme si ce n’était pas assez, elle doit aussi endurer sa petite sœur de retour à Montréal.»
Ce n’est pas parce qu’une froidure post-apocalyptique sévit toujours, sans pitié, paralysant la métropole, que la vie doit s’arrêter. L’humain reste humain, coûte que coûte. Avec ses doutes, ses coups de foudre, ses coups de gueule et surtout, sa détermination inébranlable à survivre contre neige et blizzard. D’une plume habile, à l’humour décapant, Cab persiste et signe la suite de ce délicieusement grinçant regard vers un avenir possible.  Évoluant à un rythme haletant, et ponctué de malicieux clins d'oeil à l'irrésistible illogisme émotionnel de l'homo sapiens, cet opuscule savoureux dérange agréablement les certitudes, naviguant avec justesse entre le cocasse et le troublant. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩





Le mois d'août
de mon Défi littéraire 2016

vendredi 12 août 2016

The Inventor's Secret


Par Andrea Cremer, série Inventor's Secret t.1, chez Philomel Books.
Résumé de l'éditeur:
«In this world, sixteen-year-old Charlotte and her fellow refugees have scraped out an existence on the edge of Britain’s industrial empire. Though they live by the skin of their teeth, they have their health (at least when they can find enough food and avoid the Imperial Labor Gatherers) and each other. When a new exile with no memory of his escape  or even his own name seeks shelter in their camp he brings new dangers with him and secrets about the terrible future that awaits all those who have struggled has to live free of the bonds of the empire’s Machineworks.»
Au coeur d'un possible passé, dans lequel l’Histoire emprunte les dérives totalitaires d’un vingtième siècle encore lointain, et où les machines s’épanouissent en un âge d’or cliquetant, rêveurs et résistants tentent de survivre au déchirement social provoqué par un Empire gourmand de pouvoir. De péripéties en coups du Destin, Andrea Cremer plonge le lecteur dans l’aventure enlevante de Charlotte, Ash et les irréductibles des Catacombes. Toutefois, si les personnages sont forts et attachants, et la prémisse on ne peut plus prometteuse, l’intrigue se traîne un peu les virgules dans le mièvre et le convenu, atermoyant maladroitement le déroulement de l’action et négligeant le développement de la trame principale au profit d’un insipide triangle amoureux dans lequel est inutilement enchevêtrée l’héroïne. Un opus à l’univers fascinant qui laisse malheureusement le lecteur sur sa faim, et qui aurait gagné à assumer plus pleinement la dimension steampunk que sa prémisse laisse si délicieusement présager,  évitant ainsi le piétinement sentimental. Une série au riche potentiel, à découvrir malgré les failles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ 1/2 ✩





Pour le lire en version française




mercredi 3 août 2016

Tiens c'est pour toi


Écrit et illustré par Antonin Louchard, chez Thierry Magnier.
Quatrième de couverture:
«À tous les enfants qui débordent…»
Si le talent n’est pas à la portée de tous, l’estime de soi, oui. Et rien de mieux qu’un plongeon de l’enfance dans les méandres de la création artistique pour apprendre à se construire une confiance, peu importe les obstacles. D’une plume à l’irrésistible authenticité, Antonin Louchard raconte l’aventure ultime: celle de la victoire contre le découragement. Explorant joyeusement les écueils «insurmontables» des petites mains qui s’essaient au dessinm à travers un univers visuel ébouriffé, au trait simple et éloquent, cet opuscule sait dire avec justesse, sans pontifier. Un petit délice rigolo, ode inoubliable à ceux et celles qui ont l’imaginaire débordant, mais le maniement de l’art encore trébuchant.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mardi 2 août 2016

Entre ici et ailleurs


Scénario et dessins de Vanyda, chez Dargaud.
Quatrième de couverture:
«Coralie a 28 ans, un père laotien et une mère française. Elle vient de se séparer de son copain et habite seule pour la première fois de sa vie. Elle a du mal à sortir de chez elle, à part pour le boulot. Heureusement, son frère qui habite Paris passe la voir régulièrement. Quand elle décide de s'inscrire à la capoeira, à la fois par défi et pour se forcer à sortir, elle n'imagine pas que, grâce à ce sport brésilien, elle va en apprendre beaucoup sur ses origines asiatiques...»

Être d’ici, et d’ailleurs, à la fois, ça enrichit l’existence, mais ça complexifie aussi, parfois, la quête de soi. Ça emberlificote le désir de s’enraciner quelque part. Doit-on se fondre dans l’Ici en faisant taire l’Ailleurs en soi? Ou plonger tête première dans l’Ailleurs, en niant les petites pousses plantées Ici? Il n’existe aucune réponse universelle, bien sûr, sauf peut-être celle de se faire confiance. De se permettre de naviguer à l’instinct, dans un océan de possibles…  D’une plume bavarde et ébouriffée, Vanyda met en scène l’épique question de la quête d’idendité: celle qui surgit lorsque la jeunesse tend vers l’âge adulte, mais aussi, bouillonnant toujours au premier plan, celle de l’héritage culturel et de son rôle déterminant (ou non) dans la suite des choses. À travers un visuel tendre, malheureusement un brin alourdi par un tumulte de dialogues en vrac, s’entremêlant pour dire l’essentiel et semant parfois la confusion dans la ligne narrative, cet opus singulier ose aborder avec sensibilité et justesse la bouleversante valse-hésitation de ceux qui ont les racines multiples et sans frontières.  



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩