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vendredi 24 mai 2013

Un après-midi chez Jules


Écrit et illustré par Valérie Boivin, Les 400 coups

«"Il n'y a pas si longtemps, Jules habitait dans une toute petite maison. La cuisine était dans le salon, le lit dans la bibliothèque, le bain dans la cuisine..."
Jules et ses parents étaient si à l'étroit, qu'ils ont déménagé. Maintenant, ils habitent une grande maison. Il y a tant de pièces que Jules n'a pas assez de doigts pour toutes les compter. Mais Jules s'ennuie : plus rien ne l'amuse, pas même sa collection de moustaches. Jusqu'au jour où la simple confection d'un avion en papier lui permet de rencontrer tous les gens du voisinage dont une petite fille de son âge.»

Un petit morceau de poésie tendre et émouvant sur fond de grand branle-bas. Valérie Boivin envoûte le lecteur dès les premières pages, tricotant finement une douce histoire de sa plume sensible et inventive, puis l'invitant en toute simplicité dans le monde de Jules à travers un bijou d'univers visuel, aux teintes feutrées et à l'éloquence astucieuse. Si on trébuche un brin sur la fin un peu trop «dirigée» (en fait, la dernière illustration, sans sa surenchère narrative, aurait été une fin ouverte parfaite!), cela n'affecte en rien le vibrant bonheur de lecture que cet album nous offre. Un opuscule sublime, tout en nuances et en suggestions, à déguster encore et encore.

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mercredi 22 mai 2013

La Révolution des crabes


Par Arthur De Pins, Soleil Production, Noctambule, La marche du crabe 3

«Sur les bords de l’estuaire de la Gironde, une variété de crabes – le Cancer Simplicimus Vulgaris ou crabe carré – est victime d’un caprice de l’évolution : elle ne peut changer de direction, et est condamnée à marcher toute sa vie selon une même ligne droite! Mais un jour... trois d’entre eux – Soleil, Bateau et Guitare – vont réaliser qu’ils peuvent modifier le cours des choses et... tourner! Ainsi naissent deux clans : les rigides (qui marchent tout droit) et les tourneurs (qui changent de direction). L’issue de cette bataille ne laisserait aucun doute quant à la victoire idéologique et stratégique des tourneurs, si le clan des rigides ne bénéficiait pas du soutien des autres espèces de la faune maritime qui se sentent menacées. Une tragédie qui se déroule sous la caméra de deux reporters – Dominique et Raymond – encore loin d’imaginer ce qui les attend...»

Tant et tant attendue, cette conclusion d'un lever de bouclier sans précédents dans le monde des crabes. Eh bien, la barre était peut-être un poil trop haute à la suite des deux premiers volets de la trilogie: au fil des pages, mon enthousiasme s'est malheureusement ratatiné un brin, à ma grande déception. Pourtant, à première vue, tout y est. L'intrigue est relancée habilement dès le début du tome, s'épanouissant dans un mélange astucieux de lucidité, de philosophie et d'humour, et l'univers visuel singulier de Arthur de Pins souligne finement et avec éloquence cette saga hors du commun. Or, malgré ce colossal travail de maître, il manque un je-ne-sais-quoi... et la magie n'opère pas, ou si peu. Dommage. Tellement dommage. Cela dit, ce petit bémol n'entache en rien la qualité exceptionnelle de cette trilogie rafraîchissante, secouant joyeusement les repères, avec verve et intelligence. 

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mardi 21 mai 2013

L'ours de Val-David


Par Gérald Gagnon, Boréal, Inter

«À Val-David, il y a un ours qui tue. Et l'ONU, ces quatre camarades, vont y passer leurs vacances des Fêtes. Des vacances un peu spéciales, certes, où la peur et l'intelligence s'affrontent.»

Une sympathique intrigue nordique à saveur scandinave. Gérald Gagnon entraîne le lecteur au coeur du mystère par le biais de sa savoureuse galerie de personnages (les quatre membres de l'ONU sont particulièrement délectables!) et d'une plume distillant avec adresse connaissances, suspense et humour. Un agréable petit polar à déguster lorsque le vent siffle en tempête et que les ombres s'allongent à l'extérieur...

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dimanche 19 mai 2013

The Lady of Shalott


Par Alfred, Lord Tennyson, illustré par Geneviève Côté, Kids Can Press, Visions of Poetry

«She knows not what the curse may be,  
And so she weaveth steadily,  
And little other care hath she,  
          The Lady of Shalott.»

Tendre et audacieuse, cette relecture de la Lady of Shalott de Tennyson par Geneviève Côté bouleverse les repères, faisant s'entrechoquer les époques avec adresse. Son univers visuel aux teintes délavées, baignant dans un brouillard émouvant, provoque le lecteur, le relance avec une éloquente candeur. Et le mystère persiste et signe, à travers les voix de ce duo de créateurs étonnant et anachronique: Tennyson chuchotant la mélancolie de sa Lady, et Geneviève Côté lui donnant des ailes...

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The Total Tragedy of a Girl Named Hamlet



Par Erin Dionne, Puffin

«All Hamlet Kennedy wants is to be a normal eighth grader. But with parents like hers - Shakespearean scholars who actually dress in Elizabethan regalia... in public! - it's not that easy. As if they weren't strange enough, her genius seven-year-old sister will be attending her middle school, and is named the new math tutor. Even though she wants to be average, Hamlet can no longer hide from the fact that she- like her family - is anything but ordinary.»


Un opus absolument savoureux, où s'épanouit avec humour l'adolescence, ses défis saugrenus, ses heurts et ses tournants imprévisibles. Erin Dionne tricote habilement une intrigue singulière, à la trame et aux personnages déroutants, voire joyeusement improbables par moment, mais dont le tourbillon d'émotions s'avère indiscutablement fin et juste. Une hilarante saga à dévorer toute crue, délice de candeur, d'authenticité et de quiproquos déjantés à souhait. Inoubliable...

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Pour le lire en version française
 (fraîchement traduit et disponible en librairie)

samedi 18 mai 2013

The Great Gatsby


Par Francis Scott Fitzgerald, Pocket

«This exemplary novel of the Jazz Age has been acclaimed by generations of readers. The story of the fabulously wealthy Jay Gatsby and his love for the beautiful Daisy Buchanan, of lavish parties on Long Island at a time when The New York Times noted "gin was the national drink and sex the national obsession," it is an exquisitely crafted tale of America in the 1920s.»

Un portrait remuant des mémorables Années Folles: les extravagances, les excès et cet étrange mélange d'intensité et d'insouciance ayant marqué profondément la société de l'époque. Et on y plonge, dans cet entre-deux guerres américain faste et étourdissant, on y plonge, on y vagabonde, on y erre, on y sombre, sous la plume riche, habile et d'une implacable justesse de Francis Scott Fitzgerald. Sa narration lancinante, tourbillonnant sur elle-même, expose peu à peu l'envers de ce décor baroque de carton-pâte, la mélancolie derrière les cocktails, la tristesse saillant entre les éclats de rire, et cet amour plus vrai que vrai, cet amour trop authentique pour survivre au bling-bling stérile des années 1920. Un joyau littéraire incomparable, une ballade douce-amère sur fond d'âmes troublées.

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Pour le lire en version française

jeudi 16 mai 2013

Il était mille fois


Par Ludovic Flamant, illustré par Delphine Perret, Les Fourmis Rouges

«Les petits et grands bonheurs, les drames du quotidien, des moments de vie de l'enfance capturés et illustrés avec humour et tendresse : la princesse qui a du chewing-gum dans les cheveux, le vieux monsieur dans une caisse de bois, le tout-petit poussant son premier cri, etc.»

Tout d'abord, il y a ce foisonnement de possibles, ce bouquet d'histoires en devenir que Ludovic Flamant propose au lecteur avec candeur et spontanéité. Puis, surtout, surtout, il y a l'univers visuel de Delphine Perret, tout simple, tout tendre, qui relance avec adresse et inventivité les propositions narratives, faisant s'épanouir leur potentiel en multipliant les interprétations, oscillant entre le prévisible, le saugrenu et le sublime. Bref, il y a cet album, véritable mine d'or pour imaginaires en ébullition, petit bijou indispensable pour créateurs tout neufs ou conteurs chevronnés. Exquis.

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lundi 13 mai 2013

La vieille dame toute ratatinée


Par France Quatromme, illustré par Élice, Planète rêvée

«N'allez pas vous imaginer une vieille dame qui prépare sagement des pots de confiture. La vieille dame toute ratatinée n'est pas de ce genre-là. Elle est du genre à cacher ses biscuits en haut de l'armoire quand elle a de la visite, du genre à détester les enfants. Mais ce matin, quand elle se réveille, elle a comme un poids lourd au niveau du coeur...»

Un petit saut bouleversant au coeur de la solitude, cette sournoise qui s'installe sans crier gare et qui ratatine tout sur son passage. France Quatromme tricote avec sensibilité le quotidien tout gris d'une vieille dame que la vie semble avoir rejeté et qui, à son tour, décide de la repousser, fermant la porte aux rencontres possibles, à la chaleur humaine, et s'isolant dans sa hargne, intraitable. Or, grâce à l'univers visuel éloquent, tendre et riche d'Élice, cette vieille dame acariâtre, (celle qui pourrait facilement être la voisine de palier de tout le monde!) on se met à l'aimer avec tous ses travers, son irrévérence et sa vulnérabilité camouflée sous les épines. On l'aime, on s'émeut de sa tristesse maladroite et on espère avec elle quand le Destin décide de venir tout chambouler par le biais d'un délicieusement improbable gentleman-cambrioleur. Un album tout en finesse, au verbe juste, à savourer tout doucement...

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dimanche 12 mai 2013

Avril, le poisson rouge


Écrit et illustré par Marjolaine Leray, Actes Sud junior

«Les états d'âme d'un poisson rouge qui en a assez de tourner en rond dans son bocal et rêve d'évasion...»

Une réflexion loufoque et joyeusement déjantée sur la soif de liberté. Marjolaine Leray concocte au lecteur un petit bijou de narration à la verve fine et cocasse, évoluant au coeur d'un univers visuel au charme échevelé et à l'éloquence hilarante; les tribulations saugrenues d'Avril, inénarrable poisson rouge aux ambitieux projets d'évasion, en feront ricaner plus d'un! Un opus exquis à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes!

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Et si je mangeais ma soupe?


Par Coralie Saudo, illustré par Mélanie Grandgirard, Seuil jeunesse

«Les grands insistent tout le temps pour que je mange ma soupe. Mais pourquoi exactement?»

Un argumentaire délicieusement partial mis en mots par la plume simple et inventive de Coralie Saudo. Si l'évocation des conséquences probables de l'ingestion docile de toute cette soupe peut sembler prévisible, l'auteur parvient pourtant à surprendre le lecteur, affirmant astucieusement que l'impossible peut être vrai, du moins, le temps d'une histoire. Bien que la narration soit savoureuse, l'univers visuel habile et audacieux de Mélanie Grandgirard fait véritablement s'épanouir l'histoire, soulignant avec éloquence la démesure exquise de cette hypothèse toute enfantine, transformant le quotidien en un possible délirant. Un album à découvrir sans tarder!

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