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lundi 31 octobre 2011

L'homme à l'envers

Par Fred Vargas, Viviane Hamy, Inspecteur Adamsberg 2

«Le mardi, il y eut quatre brebis égorgées à Ventebrune, dans les Alpes. Et le jeudi, neuf à Pierrefort. Un loup solitaire ? Roué, cruel, avec son cul bas sur ses pattes grises? La Bête du Mercantour. Mais au village de Saint-Victor-du-Mont, tous n’y croient pas, à la Bête. Ce n’est pas une Bête. C’est un homme. Un loup-garou. À Paris, devant son écran, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles du Mercantour. Il ferme les yeux. Son enfance pyrénéenne, la voix des vieux… "Comme des tisons, mon gars, comme des tisons ça fait, les yeux du loup, la nuit."»

Un polar montagneux et frissonnant. La plume de Fred Vargas construit l'intrigue doucement, tout doucement, au rythme des bergers du Mercantour, resserant l'étau de la peur autour du lecteur, de sa poésie policière incomparable. Les personnages sont délectables (surtout cet improbable trio d'enquêteurs amateurs en cavale dans la bétaillère) et la chute, déroutante à souhait. Décidément, ce noir opus ne peut qu'envoûter...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 25 octobre 2011

Le monstre qui faisait tic-tac

Par Jean-Pierre Davidts, illustré par Isabelle Malenfant, Les 400 coups, Grimace

«L'histoire se déroule en Souitche un minuscule pays voisin de la Suisse. Là-bas, tout le monde est horloger, fromager ou chocolatier. Malheureusement, le chocolat souitche n'a pas vraiment le même goût que le chocolat suisse, il y a trop de trous dans le fromage souitche et les montres souitches ne font pas tic tac, mais tac tic! Frank Kaytein, un horloger, mais aussi un grand amateur de choucroute, rêve depuis toujours de remédier à la situation et de fabriquer la première montre souitche qui fait tic tac. À son grand désarroi, cette montre lui apportera plusieurs ennuis... mais il aura aussi trouvé un ami pour la vie!»

Un album bigarré, sombre et drôle, revisitant l'histoire de Frankenstein. On y retrouve la plume de Jean-Pierre Davidts, finement humoristique et jouant habilement avec les mots ainsi que l'univers visuel aux traits léchés et épurés d'Isabelle Malenfant. Malheureusement, aussi talentueux ces deux artistes puissent-ils être, on trébuche sur quelques petites ratés au passage, ce qui a plutôt pour effet de briser la magie; par exemple, la savoureuse plume de Davidts éparpille un brin l'histoire vers la fin, ou alors les illustrations de Malenfant, si épurées, sombrent dans la froideur et l'inertie par moment. Plutôt banal comme album si on le compare à deux de leurs bijoux respectifs, Triste Sort ou l'hurluberlu de Morneville (Texte: Jean-Pierre Davidts; Illustrations: Manon Gauthier) et Confisqué! (Texte: Carole Tremblay; Illustrations: Isabelle Malenfant)... et c'est dommage.


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ABC de la trouille

Par Albert Lemant, L'Atelier du poisson soluble

«Un abécédaire courageux, humoristique et illustré autour du thème de la peur...»

Un frissonnant abécédaire pour les grands... Albert Lemant, virtuose du rapidographe et bidouilleur amoureux des mots, entraîne le lecteur du côté sombre du dictionnaire, pour une visite du musée des horreurs qui en met plein la vue! S'éloignant de la conception graphique linéaire habituelle pour un abécédaire, les illustrations échevelées de Lemant interagissent entre elles, s'entortillant joyeusement autour des termes qu'elles représentent. Et pour couronner le tout, on a droit à un improbable et délicieux cauchemar, narré à la toute fin, et qui parvient à utiliser, dans un tour de force terrifiant, l'intégralité de cet alphabet de l'ombre. Un déroutant lexique donc, parfait pour les ados et les adultes qui aiment avoir froid dans le dos...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 23 octobre 2011

L'enfant

Par Colas Gutman, École des Loisirs, Mouche

«– Pardon, mais t’es quoi, toi? 
– Comment ça, je suis quoi?
– Ben oui, t’es quoi comme animal?
J’ai pensé : « Houlala, je dois être dans la campagne profonde dont m’a parlé maman, pauvre mouton, il n’a jamais vu d’enfant de sa vie ! »
– Je ne suis pas un animal, j’ai dit, je suis Léonard.
– C’est comme un léopard? m’a demandé le mouton.
– Non, c’est mon prénom. Toi, par exemple, tu t’appelles comment?
– Mouton.
– Je vois. 
C’est alors que le mouton m’a reniflé et m’a posé une drôle de question :

– Et tu sers à quoi?»

Une aventure champêtre pas comme les autres... La plume de Colas Gutman donne à ce fameux enfant une pointe de douce ironie et de candeur incertaine; c'est tout simplement savoureux. Une réflexion philosophico-rigolote, pas moralisatrice pour deux sous, qui se lit tout d'un coup, le sourire aux lèvres.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

Quand le loup a faim

Par Christine Naumann-Villemin, illustré par Kris Di Giacomo, Kaleidoscope

«Edmond Bigtarin a faim. Très très faim. Et il a envie de manger du lapin. Du bon gros lapin citadin... Mais qui dit citadin dit aussi voisins... et c'est ce que va découvrir Edmond Bigtarin!»

Eh oui, même le Grand Méchant Loup peut se retrouver dans le pétrin, parfois... C'est ce que narre avec justesse et humour la plume de Christine Naumann-Villemin. Évoluant dans l'univers visuel déjanté et foisonnant de détails de Kris Di Giacomo, cette cocasse épopée culinaire remplie d'écueils permet de réaliser, et ce sans faire la morale, qu'à quelque chose malheur est bon. Vous ne regarderez plus jamais votre voisin de palier du même oeil!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Verte

Par Marie Desplechin, École des Loisirs, Neuf

«A onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu'elle voit mijoter un brouet destiné : empoisonner le chien des Voisins. Sa mère Ursule, est consternée. C'est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte, puisqu'elles ont l'air de si bien s'entendre.Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu'ils dépassent les espérances d'Ursule. Un peu trop, peut-être.»

À lire un jour...

Marcellin Caillou

Par Sempé, Gallimard, Folio junior

«Marcellin Caillou aurait pu être un enfant très heureux comme beaucoup d'autres enfants. Mais il était affligé d'une maladie bizarre : il rougissait sans aucune raison et au moment où il s'y attendait le moins... Un jour qu'il rentrait chez lui en rougissant de temps en temps, il entendit dans l'escalier un bruit d'éternuement. C'était René Rateau, son nouveau voisin. Il était affligé d'une maladie curieuse : il éternuait souvent, sans jamais avoir été enrhumé...»

À lire un jour...

jeudi 20 octobre 2011

Le petit chevalier qui n'aimait pas la pluie

Par Gilles Tibo, illustré par Geneviève Després, Imagine

«Dans un curieux royaume construit au sommet d'une forêt vivait un petit chevalier. Il aimait les chats et les gâteaux au chocolat. Il ne craignait ni la nuit ni les souris, mais il avait terriblement peur de la pluie! Un jour, un orage énorme s'abattit sur le village. Le petit chevalier courut se réfugier dans sa forteresse. Il y resta enfermé longtemps, très longtemps, jusqu'au jour où il dut quitter son refuge pour affronter ses peurs.»

Histoire rigolote et tout simplement délicieuse! La plume de Gilles Tibo mène le bal avec humour, multipliant les commentaires cocasses au sujet de l'entourage du petit chevalier, et créant par le fait même un intéressant dialogue avec l'univers visuel de l'album. Les illustrations de Geneviève Després sont délectables, croquées finement et joyeusement coquines. On ajoute à cela une infographie un poil éclatée, on ne peut plus appropriée. Un album stimulant et réussi pour tous les petits chevaliers craintifs de ce monde!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

De la ville, il ne me reste que toi


Par Jennifer Tremblay, illustré par Normand Cousineau, La Bagnole, Modèles uniques

«L'illustrateur Normand Cousineau est un globetrotter. Il a accumulé, dans une gigantesque valise ancienne, des centaines de dessins à l'aquarelle, réalisés sur le vif lors de ses voyages aux quatre coins du monde. Aussi a-t-il eu la curieuse idée de se poster ces dessins au fil des jours, afin que chaque oeuvre soit timbrée et oblitérée, gardant ainsi le sceau officiel du lieu et du moment qui l'ont inspirée. Jennifer Tremblay, fascinée par cette production, s'est laissée prendre au jeu proposé par Normand : imaginer les textes poétiques qui auraient pu se trouver au verso de ces cartes.»

Un magnifique voyage au coeur de l'âme humaine. La plume langoureuse et fine de Jennifer Tremblay souffle au lecteur un périple tout en émotions, en hésitations et en intensité, se nourissant des fameuses «cartes postales maison» de Normand Cousineau, fascinantes, sensibles et envoûtantes. Le défi était grand pour Jennifer Tremblay; il ne fallait surtout pas que cela ressemble à une visite commentée de musée. Or, elle réussit tout à fait son pari, plongeant dans l'univers de Cousineau pour le faire sien. Elle y parvient si habilement qu'on pourrait croire que sa plume a réellement suivi Cousineau dans ses pérégrinations. Un bijou de livre, tout en douceur, dont j'ai dégusté les mots et les dessins avec bonheur. À découvrir, à lire, à offrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 19 octobre 2011

Le monde de Théo

Par Louis Émond, illustré par Philippe Beha, HMH

«Théo vivait seul. Seul dans sa maison. Seul au milieu de son potager, entre le poirier et le pommier. Seul sur sa montagne. Seul dans son coin de pays. Seul sur la Terre. Que s'était-il passé?»

Une histoire sublime sur l'après-apocalypse! La plume de Louis Émond, charmeuse et douce, raconte une histoire vieille comme le monde; celle de la bêtise humaine, et de l'espoir qui finit toujours par poindre lorsqu'on s'y attend le moins. Dialoguant habilement avec les mots de Louis Émond, Philippe Beha offre au lecteur des bijoux d'illustrations, tendres, sensibles, qui font rêver les yeux ouverts. C'est un album somptueux et touchant qui deviendra certainement un classique, en ces temps où la Terre proteste contre l'inconscience séculaire de ses habitants.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

La question qui tue

Par Audren, École des Loisirs, Neuf

«Depuis que la maîtresse lui a reproché de poser des questions absurdes et perturbantes pour la classe, Wendy a décidé de ne plus ouvrir la bouche. Pendant plus d'une semaine, elle a réussi à garder ses questions pour elle. Mais jeudi, à la fin de la leçon de sciences, Wendy ne pouvait plus retenir les mots qui se bousculaient dans sa tête. Elle a levé la main et demandé d'une voix claire :
- Est-ce que les fleurs sont des soupirs ?
Madame Laroumette a regardé le plafond, l'air ahuri et furieux, et s'est exclamée :
- Alors là, c'est la question qui tue !
Le lendemain, la maîtresse était morte.»

Une petite intrigue délicieusement absurde et tendre. La plume d'Audren, fine et virevoltante, fait planer le doute quant au pouvoir des mots: seraient-ils parfois assez dérangeants, assez puissants pour tuer? À travers le sentiment de culpabilité de Wendy, qui se meut bientôt en quête identitaire, l'auteure nous convie à un plongeon dans l'essentiel, sur les chemins peu fréquentés d'une amitié singulière. Wendy est tout simplement charmante, avec ses questions déroutantes et poétiques, et son inénarrable Tobias à l'esprit simple et pur. Un périple étonnant qui frôle le délice de Bobin...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Sam

Par Jérôme Noirez, illustré par Aurélien Police, Gulf Stream

«Sam a (deux cent) douze ans et a le pouvoir de donner vie à des créatures qu'elle découpe dans de la peau de nuit. Accablée par la solitude, elle décide un jour de se façonner une petie soeur mais elle rate son coup de ciseaux et donne naissance à Ca, une ombre malveillante et envahissante.»

Récit d'épouvante, frisonnant à souhait! La plume habilement sombre de Jérôme Noirez plante un décor inquiétant dans lequel s'épanouit une intrigue bien ficelée. Soutenu par l'univers visuel étrange et éloquent d'Aurélien Police, cet opus singulier est parfait pour les soirées venteuses d'octobre, tout en grincements et en lamentations. Froussards et âmes sensibles s'abstenir!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Requin-Baleine ou comment naissent les petits frères, les petites soeurs et les étoiles filantes

Par Alex Cousseau, illustré par Aurélia Grandin, Oskar jeunesse, Trimestre

«Un soir d'été, sous un ciel étoilé, un petit frère ou une petite soeur tente de faire son entrée dans la vie d'une petite fille qui ne le sait pas encore, tout absorbée qu'elle est dans sa discussion avec sa grand-mère autour d'un feu.»

C'est l'histoire de Maud qui attend la venue de son petit frère ou de sa petite soeur, en voguant sur les eaux mystérieuses de l'infiniment grand. La plume songeuse et poétique d'Alex Cousseau guide tout doucement le lecteur dans une réflexion sur nos origines et notre place dans l'univers, à hauteur d'enfant, à travers des inquiétudes parfois paradoxales mais incontestablement humaines. Évoluant au coeur du concept visuel d'Aurélia Grandin, collage texturé à gros traits (peut-être un brin froid et hermétique pour un jeune public), ce roman hors normes secoue habilement les conventions de la fiction pour la jeunesse, mais s'adresse définitivement à de jeunes lecteurs ferrés.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Giroflée Pois-Cassé

Par Marie-Danielle Croteau, illustré par Manon Gauthier, Dominique et cie

«Tout était parfait au royaume des Géragnomes. Vraiment parfait. Mais un jour de l'an trente-douze, se produisit un événement qui allait changer le cours de leur belle histoire. La catastrophe avait deux bras, deux jambes, des lunettes et un gros nez. Elle s'appelait Giroflée Pois-Cassé.»

Une histoire farfelue, remplie de potentiel, mais qui malheureusement ne m'a pas envoûtée. Et pourtant, cet album avait tout pour lui: la plume habituellement habile et coquine de Marie-Danielle Croteau, ainsi que la palette généralement fine et sensible de Manon Gauthier. Or, cette fois, la magie n'opère pas. Tout d'abord, l'histoire que raconte Marie-Danielle Croteau est certes joyeusement fantaisiste, mais s'éparpille tranquillement, pour finir plutôt abruptement. Puis, Manon Gauthier propose un univers visuel hybride, mi-délavé, mi-collage, mais qui, dans ce cas-ci, ne rend pas l'univers des Géragnomes vibrant ni attachant; seul son personnage de Giroflée parvient à émouvoir. Dommage pour ce duo auteure/illustratrice pourtant si talentueux... Un album coloré à feuilleter donc, mais qui ne fait pas vraiment voguer l'imaginaire.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 17 octobre 2011

Les baisers de Cornelius

Par Agnès de Lestrade, illustré par Charlotte Cottereau, Balivernes

«Cornélius était un vieux monsieur qui n'avait pas trouvé l'amour. Triste et seul, il inventait : des graines volantes, des râteaux à rater, des fleurs à roulette... Mais un jour, avec un bout de ficelle, des clous et du papier, Cornélius inventa... une machine à fabriquer des baisers!»

Oh! Le beau conte de fées nouveau genre! Qui a dit que la princesse devait être jeune et jolie, et le prince dans la fleur de l'âge? Agnès de Lestrade l'a bien compris en nous concoctant cette histoire toute douce et romantique où les baisers tombent du ciel comme par magie et où les sorcières n'en finissent plus de raconter leur vie, au grand bonheur des enfants. Le tout, bien enrobé dans le chaleureux univers visuel de Charlotte Cottereau; un univers aux mille textures et à la tendresse infinie. Un petit bijou d'album!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

La petite fille et les loups

Par Gilles Tibo, illustré par Marion Arbona, Dominique et cie

«Il y a très longtemps, Léopoldine vivait dans un château en compagnie de son grand-père, le très célèbre Magikollini. Chaque fois que le petite fille exprimait un souhait, le vieux magicien pivotait sur lui-même, puis prononçait la formule magique: «Abracadabra woush tala malapa!» Les moindres désirs de Léopoldine se réalisaient ainsi. Mais vint un jour où la magie cessa d'opérer. Un jour où la petite fille découvrit en elle une autre magie, bien plus forte que tous les grands méchants loups du monde...»

Histoire farfelue et émouvante qui fait redécouvrir l'essentiel au coeur de la frénésie. La plume de Gilles Tibo douce, poétique (mais il faut le dire, un poil moralisatrice) fait voguer l'imaginaire du lecteur, lui ouvrant les portes d'un royaume singulier où rien n'est impossible. On s'attache très vite à cette Léopoldine pleine de ressources et à son grand-père dont la magie commence à s'essoufler. Et si l'histoire envoûte, il en est de même pour les riches illustrations de Marion Arbona. Encore une fois, son univers visuel aux couleurs sombres, pleines fait vibrer la fiction d'une lumineuse sensibilité. Une histoire à feuilleter tout doucement...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Les listes de Wallace

Par Barbara Bottner et Gerald Kruglik, illustré par Olof Landström, Casterman, Les albums Casterman

«Wallace ne peut rien faire si ce n'est pas inscrit sur une liste. Et puis un jour, il rencontre Albert. C'est là que l'aventure commence.»

L'histoire rigolote et touchante d'une amitié singulière; une rencontre entre le Prévu et l'Impromptu. La plume à deux têtes de Barbara Bottner et de Gerald Kruglik croque divinement les personnages inimitables de Wallace et d'Albert, les plongeant dans l'aventure rocambolesque de l'Inconnu et de l'Imprévu. Bien qu'accompagnée par l'univers visuel plutôt conservateur d'Olof Landström, cette histoire savoureuse pourrait presque s'en passer tellement ses mots font fuser les images, stimulent l'imaginaire. Un album parfait pour découvrir le plaisir de saisir les opportunités au vol!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


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Ninon dit non

Par Heather Hartt-Sussman, illustré par Geneviève Côté, Scholastic

«Ninon sait faire beaucoup de choses : nouer ses lacets, réciter l'alphabet à l'envers, et même aller toute seule chez son amie Susie. Mais elle ne sait pas dire non.»

Une historiette sympathique pour apprendre à clamer haut et fort ce qu'on pense vraiment. La plume d'Heather Hartt-Sussman (au ton un poil trop ostensiblement pédagogique à mon goût) guide le lecteur au coeur de cette aventure toute simple, qui fait même sourire par moment, malgré le bourbier dans lequel Ninon se plonge tête la première en acquiesçant toujours à tout. Si la trame est un brin prévisible et conventionnelle, l'univers visuel que livre Geneviève Côté est rempli d'une délicieuse fraîcheur et d'une vibrante sensibilité; je ne me lasse définitivement pas de la vision brouillonne et attachante de cette illustratrice hors pair. Un petit album qui ne se laisse pas marcher sur les pieds!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


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samedi 15 octobre 2011

Le petit bois du Dimanche soir

Par Estelle Billon-Spagnol, illustré par Xavier Collette, Chocolat

«Mariette sort de chez elle chaque dimanche soir pour rejoindre un joli bois féerique et intrigant, et rencontrer Lézard noir l'herboriste, Solitaire-Jack à la Cabane sans-Nom, Oie-bel-oeil et les frères Corbeau.»

Une curieuse incursion dans le monde sombre et farfelu de Mariette. L'histoire toute simple d'Estelle Billon-Spagnol chatouille habilement l'imaginaire... d'autant plus que l'univers visuel de Xavier Collette, délicieusement saugrenu, un poil inquiétant (croqué tout  en ombres et en glauques lumières) ouvre la porte sur un monde de possibles que le lecteur déguste avec bonheur. Une ode fine au pouvoir de l'imaginaire et à sa capacité de faire voyager hors du carcan du quotidien... et un savoureux clin d'oeil à Tim Burton qui plonge depuis toujours ses adeptes dans un onirique riche et déroutant à souhait.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Eloise takes a bawth

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 5

«Ever-irrepressible Eloise absolutely loves taking a bawth, and her devotees will absolutely love seeing her "splawsh, splawsh, splawsh" her way through a delightfully disastrous-yet ultimately propitious-time in the tub. "You have to be absolutely careful when you take a bawth in a hotel," announces the famous Plaza-dweller, who ignores her own advice and turns on all of the faucets ("Let that water gush out and slush out into that sweet old tub tub tub and fill it up to the absolutely top of its brim so that it can slip over its rim onto the floor if it wants to").»

On n'en a jamais assez de cette maladroite mais vive Eloise et son chez-soi très spécial... D'autant plus que ce dernier opus n'avait pas été prévu pour la publication, Kay Thompson ayant décidé de le faire attendre dans les tiroirs un brin. Et pourtant, avec Eloise et Eloise in Moscow, c'est une des aventures les plus achevées et délectables de cette coquine d'héroïne. En fait, c'est mon préféré, tout simplement. Alors, allez-y, plongez sans craintes: Eloise veille au grain, et il va y avoir de la tempête!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


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vendredi 14 octobre 2011

Eloise in Moscow

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 4

«With the freezing wind blowing and the snow flying, Eloise, Nanny, and Weenie arrive in Moscow. Eloise in Moscow, first published in 1959 at the height of the Cold War and unavailable for nearly 40 years, resurfaces and lets us tour the Russian capital. In this beautifully produced new edition, with a stunning full-color gatefold, Eloise lives up to our expectations and gives us her darling little sweetnik performance!»

Eloise est de retour!... et elle a beaucoup de choses à voir à Moscou. J'adore l'ambiance d'espionnage et de méfiance qui règne dans cet opus. Bien sûr, quand le célèbre duo Thompson/Knight se rendit à Moscou, vers la fin des années 1950, c'était l'URSS dans tout ce qu'il y avait de plus hermétique. En effet, ce qui peut paraître de nos jours caricatural ne reflétait que la réalité de ce grand pays qui tournait alors le dos au reste du monde. Je ne me lasse donc pas de découvrir ce Moscou mythique à travers la longue vue et les trous de serrure de l'inénarrable Eloise. D'autant plus que grâce à l'excellente maîtrise du dialogue entre la narration et les illustrations (dialogue qui est devenu la marque de commerce du duo Thompson/Knight), cette riche aventure soviétique s'épanouit joyeusement sous nos yeux, multipliant les indiscrétions littéraires et visuelles pour notre plus grand plaisir. À relire au bord d'un feu ronronnant, un verre de vodka à la main!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


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Eloise at Christmastime

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 3

«Eloise has always had a rather festive air about her, but when Christmastime rolls around, well, it's "Fa la la la fa la la la lolly ting tingledy here and there," of course. The bunchy-bloused, spindly-legged scamp is speaking in rhyme this time, and in typical Eloise fashion, the verse simply can't be perfectly metered, for what would be the point? She rushes around New York's Plaza Hotel on Christmas Eve, jingling, spreading Christmas cheer, tying tassels on the thermostats, and writing "Merry Christmas" on all the walls. And of course there are gifts to be delivered and wrapped:
- For Weenie a roastbeef bone deluxe
- For Skipperdee raisin milk
- I'm giving the valet a beehive of course
made of safety pins and silk.
Her asides, printed in red, are as priceless as ever: "Sometimes there is so much to do that/ I get sort of a headache around the sides and partially under it." Or in a rare vulnerable moment, "For when you are a child of six/ it's difficult to know/ if you deserve a present or not/ at Christmastime/ or so." But enough of that. "We sang Noel for 506/ Silent Night for 507/ We didn't sing for 509/ at the request of 511."»

Aussi échevelé et cocasse qu'Éloïse peut l'être! L'univers visuel d'Hilary Knight est toujours aussi riche et éloquent, relançant l'histoire de Kay Thompson à chaque coup de crayon. Cela dit, j'ai été un brin moins accrochée par ce tourbillon des Fêtes... Dommage.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


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mercredi 12 octobre 2011

Eloise in Paris

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 2

«Why is Eloise, 6-year-old resident of the Plaza Hotel in New York City, going to Paris? She and Nanny were summoned by a cablegram from Eloise's mother, and, as we all know, "If you are going to Paris France / you have to turn into French and absolutely go wild / and put adhesive tape on you / and fall down a lot and sklathe the window / and stretch into the curtain and..." Ahh, the deliciously mad logic of Eloise. She promptly gets on the phone to tell everyone--including room service--that she is Paris bound. There's so much to do--shots, passport pictures, packing ("Here's what else you have to take / Everything"), and of course the endless good-byes. Fortunately, "Sabena is the only airline / that will allow you to travel with a turtle" so Skipperdee comes along for the ride. At last, ils arrivent!»

Charmante Eloise, comme toujours, mais l'histoire, cette fois, est trop ostentiblement éducative; ce n'est donc pas aussi magique que d'habitude. Bien sûr, il y a quelques savoureux clins d'oeil du duo Thompson/Knight aux célébrités parisiennes de l'époque. Mais cette fois, le carcan du voyage pédagogique (et un brin rempli de clichés, il faut le dire, mais bon, c'était le milieu des années 1950, alors, le concept d'ouverture sur le monde n'était pas encore à son apogée) pèse un peu trop lourd sur la spontanéité d'Eloise. À lire en version originale anglaise absolument, car comme les jeux de mots foisonnent, la version française est plutôt insipide.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆


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Eloise: The Absolutely Essential 50th Anniversary Edition

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 6

«"I am Eloise/I am six." So begins the well-loved story of Eloise, the garrulous little girl who lives at New York's Plaza Hotel. Eyebrow raised defiantly, arm propped on one jutting hip, Eloise is a study in self-confidence. Eloise's personal mandate is "Getting bored is not allowed," so she fills her days to the brim with wild adventures and self-imposed responsibilities. An average Eloise afternoon includes braiding her pet turtle's ears, ordering "one roast-beef bone, one raisin and seven spoons" from room service, and devising innovative methods of torture for her guardians.»

Intéressant d'avoir la chance de voir d'où Eloise vient, comment elle est née... et bien sûr, de relire sa délicieuse première aventure! Un livre pour les amateurs finis!... comme moi!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Eloise

Par Kay Thompson, illustraté par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 1

«"I am Eloise/I am six." So begins the well-loved story of Eloise, the garrulous little girl who lives at New York's Plaza Hotel. Eyebrow raised defiantly, arm propped on one jutting hip, Eloise is a study in self-confidence. Eloise's personal mandate is "Getting bored is not allowed," so she fills her days to the brim with wild adventures and self-imposed responsibilities. An average Eloise afternoon includes braiding her pet turtle's ears, ordering "one roast-beef bone, one raisin and seven spoons" from room service, and devising innovative methods of torture for her guardians.»

Charmante histoire qui rebondit aux quatre coins du fameux Plaza Hotel. Cette Éloïse est si attachante avec ses plans et ses mauvais tours!... Impossible de ne pas vouloir la suivre partout, partout, partout! Et quel univers visuel grandiose et riche proposé par Hilary Knight (à partir d'une palette pourtant si épurée)! On sent la vibrante complicité auteur/illustrateur, l'un proposant une ligne, l'autre répondant par une pirouette à la Éloïse. Un classique à découvrir et à redévorer gaiement pour l'enfant de six ans que nous sommes tous encore, à nos heures...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

mardi 11 octobre 2011

L'Est en West

Par Aurélie et Jean Pierre Girard, Québec Amérique

«Un père, sa fille de huit ans, un golden retriever de 14 mois, une Westfalia et la route à perte de vue, voilà les ingrédients de base de cet ouvrage qui nous fait partager la vie de bohème. Ce recueil reprend une série d’articles parus dans Le Devoir en 2001 alors que l’auteur était invité à livrer ses impressions de voyage au gré des rencontres sous forme de petites tranches de vie réflexives. En compagnie d’Aurélie, sa fille de huit ans, et de Monsieur Savon, un chien ayant un enthousiasme ferroviaire à la vue de tout ce qui bouge, Jean Pierre Girard nous entraîne à sa suite dans une mission de bourlinguage professionnel avec Capucine, la très fidèle Westfalia. Chaque texte est accompagné d’une Perle d’Au. – réflexion spécifique à Aurélie – et d’une section Les Anges de la route qui rend compte d’une rencontre particulière au cours du voyage. Il y a aussi Les derniers mots de Dieu, sorte d’invitation aux lecteurs du Devoir à imaginer quelles pourraient être ses dernières paroles.»

Recueil d'articles initiatiques d'un écrivain globe-trotter qui, le temps d'un été avec sa fille, partage sa vision du monde au hasard des routes et des rencontres. Mais où étais-je donc, en 2001, lorsque ces délectables chroniques furent publiées dans Le Devoir? En 2001, j'avais 21 ans. J'étais probablement trop occupée à vivre ma vie à 100 à l'heure... et pourtant, cette douce ferveur tranquille aurait eu de quoi m'inspirer, me faire voir le coin de ciel bleu entre deux immeubles... Et puis, quelle plume! Fine, juste... et en même temps si spontanée, authentique, sans prétention. Un amoureux des mots, peu importe leur pedigree. Et un souffle vibrant qui ne peut que donner envie de nommer la vie, d'écrire  l'imaginaire. Bon, il y a bien quelques envolées plus ou moins dans mes cordes, mais dont je salue l'intensité. Un petit carnet de curiosités et de miettes de vie à découvrir lentement, et à laisser traîner sur la table de chevet comme une ancre au beau milieu de la frénésie du quotidien.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 10 octobre 2011

L'année des sorcières

Par Pierrette Dubé, illustré par Marion Arbona, Jean-Paul Eid, Philippe Germain et Julie Rocheleau, Imagine

«Fasciné depuis toujours par les sorcières, j’ai entrepris, il y a quelques années, de savantes études en sorciérologie. J’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet, mais beaucoup de mes questions sont demeurées sans réponse. Les sorcières d’aujourd’hui voyagent-elles encore en balai? À quoi occupent-elles leurs journées? Comment communiquent-elles? J’ai eu la chance de rencontrer quatre sorcières en chair et en os : Impétuosa, Trampoline, Ratatouille et Acrimonie. Elles voulaient que j’écrive la « vérité vraie » à leur sujet. J’ai donc sauté sur l’occasion et je les ai suivies, l’une après l’autre, au fil des saisons. Voici L’année des sorcières : printemps, été, automne, hiver. Vous y trouverez la « vérité vraie » sur les sorcières. Mais rappelez-vous que pour une sorcière, la vérité n’est jamais bien éloignée du mensonge…»

Un singulier almanach qui arrive juste à temps pour l'Halloween! Ne lésinant pas sur les détails gluants, le vocabulaire purulent et les anecdotes frissonnantes, Pierrette Dubé propose un tour d'horizon rigolo au coeur de l'univers déjanté et puant des sorcières. Pas toujours d'intérêt égal, certaines saisons sont plus accrocheuses que d'autres: je dois avouer que j'ai eu un petit faible pour les boniments du printemps et de l'été. Et c'est un peu le même topo en ce qui concenre l'univers visuel à quatre voix concocté par Marion Arbona, Jean-Paul Eid, Philippe Germain et Julie Rocheleau; si chaque illustrateur fait s'épanouir une réalité délirante, remplie de pustules, de crapauds et d'une gastronomie bouillonnante, certains crayons ont plus d'éloquence que d'autres, leur style s'adaptant mieux à l'imaginaire échevelé et sans limite de l'auteure. Et étrangement, ce fut également des illustrations du printemps (Julie Rocheleau) et de l'été (Jean-Paul Eid) dont je me suis le plus délectées! Cela dit, et malgré ces légers bémols, c'est un album on ne peut plus stimulant, qui fera s'écrouler de rire tout lecteur qui osera y plonger! À vos balais!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 7 octobre 2011

Jane and the Canterbury Tale

Par Stephanie Barron, Bantam, Jane Austen 11

«Three years ago, after a night of reckless gaming, Curzon Fiske fled England for an uncertain future in India, leaving scandal and prodigious debts behind him. When news of his death from fever in Ceylon reached his raven-haired wife, Adelaide, she mourned him for a time—then quietly restored her damaged reputation. Now Adelaide is at the altar again, her groom a soldier on the Marquis of Wellington's staff. The prospects seem bright for one of the most notorious women in Kent—until Jane Austen discovers a corpse on the ancient Pilgrim's Way that runs through her brother Edward's estate. Why is the dead stranger dressed as a pilgrim, and who wrote the summons he carries in his pocket? Who is the aristocrat masquerading as a sailor? And why will none of Adelaide's friends reveal Curzon Fiske's final wager, the night he abandoned his wife? As Chief Magistrate for Canterbury, Edward is forced to investigate, with Jane as his unwilling assistant. From the shooting parties and balls of her wellborn neighbors, to the grim and airless cells of Canterbury gaol, Jane leaves no stone unturned. When a second corpse appears beside the ancient Pilgrim's Way, Jane has no choice but to confront a murderer...lest the next corpse be her own....»

Que de plaisir dans ce frissonnant opus victorien! La plume de Stephanie Barron est au sommet de sa maîtrise, s'appropriant habilement le ton paradoxal de Jane Austen (à la fois réservé et audacieux), et entraînant le lecteur au coeur d'une intrigue noire à souhait, saupoudrée d'un brin de romance et pimentée par une fine tragédie. De la vraie bonne littérature policière comme je l'aime!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mardi 4 octobre 2011

L'homme de la Saskatchewan

Par Jacques Poulin, Leméac/Actes Sud

«Jack Waterman a accepté d'écrire au noir l'autobiographie du jeune gardien de but du Grand Club de Hockey de Montréal, Isidore Dumont, issu de la lignée de Gabriel Dumont, chef militaire de Louis Riel. Mais Jack, pris par un nouveau roman, confie le travail à son petit frère Francis, qui s'embarque à son corps défendant dans ce travail d'écrivain fantôme et se fait aider dans ses recherches par la Grande Sauterelle. Mais les longues jambes de cette Montagnaise le troublent de plus en plus. Les petits frères aussi peuvent tomber sous le charme d'une Métisse si libre et si indépendante, et en même temps aussi mystérieuse que le sourire d'un chat.»

Oh! Cette plume de Jacques Poulin... si délicate et juste, et fine... Elle était bien au rendez-vous, cette fois encore, croquant en quelques lignes bien senties les interminables jambes de la Grande Sauterelle, et l'indécision de Francis, et la créativité grognonne de Jack. Mais... mais... il manquait un soupçon de je-ne-sais-quoi, un poil de magie pour que l'histoire s'épanouisse et m'envoûte. Je n'ai pas été transportée et ça me désole... J'ai eu l'impression d'errer dans un bassin de rémininescences de Volkswagen Blues, semées ça et là de miettes un peu décousues d'une intrigue toute neuve. Je me suis accrochée vaillamment aux mots de Francis, et à quelques savoureux moments littéraires, comme cette fin douce-amère, mais malgré toute ma bonne volonté, la trame éparpillée de cet opuscule n'est pas réellement parvenue à me toucher. Tellement dommage!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 3 octobre 2011

Boum! Boum! Et autres petits (grands) bruits de la vie

Par Catherine Lafaye-Latteux, illustré par Mam'zelle Rouge, Frimousse

«Psst! Psst! Entends-tu? Non, vraiment? Ils font pourtant grand bruit, ces moments-poème de la vie qui, quand on aime, produisent des: BOUM! BOUM! DRING! DRING! YOUPI! YOUPI! POUET! POUET! MIAM! MIAM! CLING! CLING! TCHIN! TCHIN! HI-HI-HI! SMACK! SMACK! TIC! TAC!...»

Beau petit morceau de poésie amoureuse et de tendresse visuelle! La plume de Catherine Lafaye-Latteux est toute simple, douce et évocatrice, jouant habilement avec le fait que l'amour n'a pas de sexe ni d'âge; un texte délicat et délicieusement audacieux. Et puis quel univers visuel touchant, tout en demi-teintes et en émotions; j'ai découvert Mam'zelle Rouge avec bonheur!... Un opus savoureux et déroutant, qui se pose sans peur en terrains rarement explorés...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆