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vendredi 5 mai 2017

Souffler dans la cassette

Par Jonathan Bécotte, chez Leméac.
Quatrième de couverture (extrait):
«Souffler dans la cassette est un roman poétique qui dépeint l’amitié entre deux garçons du primaire. Leurs jeux, leurs aventures formeront les racines des hommes qu’ils deviendront.»

L’amitié. La vraie. La grande. Celle qui illumine le regard et fait sourire l’âme en secret. Celle qui fait poindre le soleil entre les averses du quotidien. Celle qui tisse, finement, la trame d’un avenir à l’unisson. Celle qui vibre d’intensité. Celle qui aussi, parfois, s’avère être un amour qui n’ose pas prendre sa place. Celle-là. Celle-là même. Qui crée le vide en s’évaporant sans crier gare. D’une plume à la poésie quotidienne, tendre et évocatrice, Jonathan Bécotte chuchote au lecteur l’amour dans toute sa vertigineuse simplicité et sa fracassante vulnérabilité. Un opuscule, comme une ode au sacré, qui sait dire avec la juste lucidité de l’enfance, ce lien, si fort, qui souffre en silence de n’être pas nommé.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mercredi 26 avril 2017

Le plus petit baiser jamais recensé

Par Mathias Malzieu, chez Flammarion.
Quatrième de couverture:
«Un inventeur - dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de coeur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire?»

L’amour, cet insaisissable, ce coquin de charmeur à la fougue imprévisible. Cet empêcheur de vivre en rond. Ce bourlingueur sournois des coeurs en déroute. Ce cavaleur impénitent des Destins tranquilles. Oui, cet amour en majuscules, qui chamboule tout, sans crier gare. Cet amour qui euphémise le réel, ou le lance en hyperbole. Cet amour responsable de bien des grands maux, et de tant d’autres mots. Cet amour… D’une plume tout en douce finesse et en malicieuse lucidité, Mathias Malzieu raconte la plus grande aventure qui soit: l’universel combat de l'humain contre lui-même, son incurable peur de ces failles dans la carapace, qui, pourtant, font partie du charme d'exister. Faisant valser avec justesse le possible avec le délicieusement improbable, cet opuscule sait nourrir le rêve et virevolter l’imaginaire, déjouant habilement le prévisible, et jonglant avec les mots avec une irrésistible virtuosité. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

vendredi 3 février 2017

Le cas Malaussène, t.1 - Ils m'ont menti


Par Daniel Pennac, collection Blanche, chez Gallimard.
Résumé de l'éditeur:
«"Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde. Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle." 
Benjamin Malaussène.»

Dans le monde selon les Malaussène, les esprits sont vifs et ouverts, la créativité bouillonne, et les coeurs sont plus grands que la prudence. Et toujours, centrale, narguant le prévisible, cette malicieuse pierre angulaire de leur (tout sauf ennuyante) existence: la candeur sensible de Benjamin Malaussène et sa légendaire propension à se retrouver emmêlé bien malgré lui dans d’inextricables manigances bien intentionnées. Bouc-émissaire un jour, bouc-émissaire toujours, donc, malgré les années qui filent et les nouvelles générations qui se lancent toute jeunesse dehors dans le grand merdier de la vie en société. Dans cette suite («La suite, bon Dieu, la suite!…») tant attendue et réclamée par les lecteurs avides et fidèles de la saga Malaussène première génération, Daniel Pennac raconte avec cette finesse coquine qui lui est propre la vie qui s’émiette l’avenir sans crier gare, ce passage du temps, obligé, et pourtant déroutant comme au premier jour, et l’inévitable prise de conscience qu’on récolte ce que l’on sème, socialement, au sein même du calme parfois trompeur de la jeunesse qui s’éveille. Replongeant habilement dans l’univers irrésistible de Benjamin et de sa délectable smala, après des années de dormance, cet habile opus, cocasse et chamboulant comme on les aime, sait chuchoter l’essentiel avec justesse à travers le tonitruant tourbillon d’un quotidien délicieusement rocambolesque.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 14 janvier 2017

A Banquet of Consequences


Par Elizabeth George, série Inspecteur Linley et Sergent Havers, tome 19, chez Penguin Books.
Quatrième de couverture
«The unspoken secrets and buried lies of one family rise to the surface in Elizabeth George’s newest novel of crime, passion, and tragic history. As Inspector Thomas Lynley investigates the London angle of an ever more darkly disturbing case, his partner, Barbara Havers, is looking behind the peaceful façade of country life to discover a twisted world of desire and deceit. The suicide of William Goldacre is devastating to those left behind who will have to deal with its unintended consequences—could there be a link between the young man’s leap from a Dorset cliff and a horrific poisoning in Cambridge? After various issues with her department, Barbara Havers is desperate to redeem herself. So when a past encounter gives her a connection to the unsolved Cambridge murder, Barbara begs Thomas Lynley to let her pursue the crime, knowing one mistake could mean the end of her career.»
L’âme humaine a de ces détours inexplicables, de ces incohérences déconcertantes, de ces brouillards permanents qui dissimulent des failles abyssales. Et pourtant, la vie se tricote et se détricote malgré les errances. Des cœurs s’enflamment, des amitiés se forment, des complicités se tissent, défiant l’insondable. Et si, au fond, l’essentiel ne se trouvait pas tant dans un passé qui semble déterminer l’identité, mais plutôt dans ce qu’on parvient à en faire pour se construire un présent? Elizabeth George ourdit une fois de plus une intrigue touffue, plongeant sans vergogne dans les méandres troublants de la souffrance humaine. D’une plume juste et impitoyable, elle secoue les repères, brouille les pistes, taquine le Destin, faisant s’entrelacer le Bien et le Mal, le vrai et le faux, le futile et le crucial dans un remuant ballet de la grisaille ordinaire. Un opus saisissant, qui ose bousculer l’ordre convenu et questionner l’inébranlable, tout en faisant poindre, au cœur de la tempête, la salutaire perspective d’une éclaircie.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Pour le lire en version française

mercredi 21 décembre 2016

vi


Par Kim Thuy, lu par Kim Thuy, chez Alexandre Stanké.
Résumé de l'éditeur:
«Mon prénom, Bào Vi, illustrait l'intention de mes parents de "protéger la plus petite". Si l'on traduit littéralement, je suis "Précieuse minuscule microscopique". Comme dans la plupart des cas au Vietnam, je n'ai pas su être à l'image de mon nom. Souvent, les filles qui s'appellent "Blanche" ou "Neige" ont le teint très foncé, et les garçons nommés "Puissance" ou "Fort" craignent les grandes épreuves. Quant à moi, je grandissais sans cesse, dépassant de loin la moyenne et, du même élan, me projetant en dehors des normes.»

Il y a toutes sortes de fuites. La fuite sur un coup de tête. La fuite au long cours, de ceux qui y prennent goût. La fuite qu’on ne choisit pas, dictée par l’innommable de la guerre. La fuite qui déchire. La fuite parce qu’on a peur. La fuite parce qu’on aime trop, parce qu’on aime mal. La fuite impardonnable. La fuite de soi. La fuite qu’on voudrait fuir. Or, au-delà de la fuite, il y a, parfois, si on sait le saisir au vol, un petit bonheur qu’on n’attendait plus. De son verbe délicat et juste, tout en finesse et en sensibilité, Kim Thuy raconte comme on chuchote un secret, brodant avec agilité le fil fragile et étonnant de ces vies qui ont tout laissé derrière pour tenter de se reconstruire des racines ailleurs. Faisant se côtoyer avec aisance l’horreur indicible et l’amour, l’espoir déçu et le bonheur pur, la complicité toute simple et le silence qui divise, elle évoque habilement entre les lignes une histoire muette, celle qu’on devine à tâtons, celle qui fait naviguer en eaux troubles. Un opuscule inoubliable qui fait voyager dans le monde aux mille possibles des âmes égarées.

P.-S. Ces mots, mes yeux ne les ont pas lus. Ce sont mes oreilles qui les ont entendus. Racontés tout doucement par la voix chantante et irrésistible de leur auteure, Kim Thuy. Comme si ces mots, elle me les soufflait à l’orée de l’âme. C’était une première pour moi. Un premier pas dans l’audio-livre. Et je ne fus pas déçue…



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Le mois de décembre
de mon Défi littéraire 2016

lundi 5 décembre 2016

Sweet Caress


Par William Boyd, chez Harper Collins.
Résumé de l'éditeur:
«Amory Clay's first memory is of her father doing a handstand – but it is his absences that she chiefly remembers. Her Uncle Greville, a photographer, gives her both the affection she needs and a camera, which unleashes a passion that irrevocably shapes her future. She begins an apprenticeship with him in London, photographing socialites for magazines. But Amory is hungry for more and her search for life, love and artistic expression will take her to the demi-monde of 1920s Berlin, New York in the 1930s, the Blackshirt riots in London, and France during the Second World War, where she becomes one of the first women war photographers. In this enthralling story of a life fully lived, William Boyd has created a sweeping panorama of the twentieth century, told through the camera lens of one unforgettable woman.»

L'Histoire. Avec un grand H. Celle qui ne fait pas dans les contes de fées. Celle qui tricote le Destin des uns, et détricote celui des autres, sautant parfois des mailles, omettant volontairement (ou non) de nouer les extrémités d'une écharpe sans fin. Cette Histoire qui bouscule, qui se répète, en boucle, oscillant sans cesse du prévisible à l'inconcevable. L'Histoire d'un siècle. L'Histoire d'une vie. Qui file malicieusement entre les mailles du socialement acceptable. De sa plume toute en tranquille finesse, William Boyd plonge une fois de plus le lecteur au coeur d'un vingtième siècle croulant sous les grands dérangements, à travers la voix singulière et le parcours ébouriffé d'un baroudeuse inarrêtable. Mené avec détermination par la soif de liberté et l'urgence de s'affirmer de la bouleversante Amory Clay, cet opus dérangeant sait dire avec une juste lucidité l'humain et ses secrètes failles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩


Pour le lire en version française

mercredi 23 novembre 2016

Conversations avec un enfant curieux


Par Michel Tremblay, chez Leméac/Actes Sud.
Extrait de la quatrième de couverture:

«Momaaan…
- Toi, quand tu me parles comme ça, c’est parce que tu veux avoir quequ’chose…
- C’est juste une question que je veux te poser…
- La réponse a besoin d’être courte, parce qu’y faut que je prépare la pâte pour les pâtés à’ viande.
- C’est au sujet de la crèche.
- Qu’est-ce qu’elle a, la crèche, tu la trouves pas belle, ma crèche?»

L’enfance a souvent la langue bien pendue et le raisonnement en ébullition. La soif de comprendre insatiable. La candeur attachante. La curiosité infatigable. De sa plume au long cours, Michel Tremblay brode une sympathique courte-pointe de souvenirs, farfouillant joyeusement dans le passé afin de souffler une bouffée de fraîcheur coquine dans notre présent à vive allure. Sans réinventer le genre, cet opuscule sait dire avec aplomb et humour, faisant sourire sans crier gare, et soulignant avec justesse les manigances un brin arrogantes d’une époque révolue (quoi que…) où le mensonge de masse abreuvait l’ignorance d’un peuple qui n’avait d’autres choix que de se soumettre aveuglément au dogme.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 29 octobre 2016

Volkswagen Blues


Par Jacques Poulin, chez Leméac/Actes Sud, collection Babel.

Quatrième de couverture:
«En compagnie d’une jeune métisse surnommée la Grande Sauterelle, un écrivain part à la recherche de son frère Théo dont il est sans nouvelles depuis plusieurs années. Amorcé à Gaspé, au Québec, son voyage le conduira jusqu’à San Francisco, non sans un détour du côté de l’Amérique profonde, par la route des pionniers.»

Partir. À la recherche d'un temps révolu. D'un visage enfoui dans les replis de la mémoire. Partir sans rime ni raison. Partir parce que. Et croiser, par hasard (mais le hasard existe-t-il vraiment?), l'Inconnu. Une inconnue. À l'errance complice. À la présence indispensable. Pour rallumer la détermination vacillante. Pour faire un pied-de-nez à l'insurmontable. Pour partager une odyssée en quête de sens. D'une plume feutrée, Jacques Poulin raconte, sans se presser, les vagabondages de l'âme, les grincements du coeur et les impardonnables bêtises de l'Histoire. D’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord, cahotant vaillamment, toujours un peu plus à l’ouest, sur la route poussiéreuse de ceux qui ont jadis tous laissé derrière pour la promesse d’une richesse à saisir, cet opus fait revivre un passé qui s’était tu, et dont le silence grondait pourtant d’éloquence sous la surface d’un présent sans histoire. Une épopée tendre, et douce, et triste, qui souligne avec justesse que, comme souvent, la destination n'est qu'un point de départ, et que c’est du voyage en lui-même qu’on revient métamorphosé.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩








Le mois d'octobre
de mon Défi littéraire 2016

mardi 20 septembre 2016

Synapses


Par Simon Brousseau, chez Cheval d'Août.
Quatrième de couverture:
«Tu es sur le point de dire ton premier mot, tu n’en as pas conscience et pourtant tu t’apprêtes à parler, à participer au malentendu qui te liera désormais aux autres, ta bouche encore engourdie remue, pleine de bave, tu fais l’effort d’articuler une sensation, une pensée, la joie n’est rien sans mots pour la nommer mais, toi, tu sais, tu commences à entrevoir l’étendue de ta joie, tu gazouilles et tu fais des bulles, c’est ton rire que tu transformes en langage sous le regard ému de ta mère qui, étonnée par la simplicité des miracles, ne peut retenir ses larmes, des larmes que tu comprends avec l’intuition de l’enfant baigné d’amour et qui vient de balbutier ma, mama, mamaman.»

La vie est cousue de mille et une petites choses: événements marquants, ronronnante routine, épiphanie du moment, et rêverie utopique. Et chacun de ces petits morceaux d’existence se cherchent un sens, vagabondant d’une perception à l’autre, se métamorphosant à travers le filtre d’une réalité multiple. Et si, au fond, il n’y avait pas de «vraie» vie? Et si, finalement, elle se réinventait à chaque instant, entre les lignes d’un Destin malicieux à la personnalité changeante? D’une plume fine et agile, Simon Brousseau raconte habilement l’humain, à travers un audacieux foisonnement des points de vue. Véritable prouesse stylistique, déroutant fourmillement d’histoires narrées d’un seul souffle en une seule et éloquente phrase, ce singulier opuscule sait dire l’essentiel, valsant astucieusement entre l’incontournable et l’anodin, le dérangeant et le cocasse. Un petit bonheur surprenant de justesse à déguster sans se presser, pour se laisser imprégner de la richesse des possibles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 28 juillet 2016

Snjór


Par Ragnar Jónasson, chez La Martinière.
Résumé de l'éditeur:
«Snjór. La neige, en islandais. Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l’Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, est envoyé dans cette ville où il ne se passe jamais rien pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé. Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige et un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local... Ari Thor se retrouve plongé au cœur d’une petite communauté où chacun tient l’autre par ses mensonges et ses secrets. Une avalanche et des tempêtes de neige incessantes ferment temporairement l’accès du tunnel, tandis que la nuit polaire ne réserve plus une seule minute de jour… Un effroyable sentiment de claustrophobie submerge peu à peu Ari, que viennent également tourmenter des résurgences de son passé. L’étau se resserre autour du policier, aveuglé par la neige et les faux-semblants, sombrant dans sa propre noirceur.»
Froidure, neige et vent: le quotidien hivernal d’un petit village reculé. Si l’isolement géographique et météorologique peut être un adversaire redoutable, le pire ennemi se cache souvent ailleurs, au tréfonds de soi. Dans cette communauté tissée serrée, où tout le monde semble connaître l’autre, personne n'est à l’abri de la solitude. Cette solitude insidieuse des secrets trop bien gardés… D’une voix feutrée, Ragnar Jónasson raconte la vie dans tout ce qu’elle a de bigarrée, faisant s’entrelacer la grisaille et les éclaircies salutaires, dans une valse lancinante et mélancolique. Installant lentement l’intrigue, au rythme enneigé du Nord, cet opus troublant bouscule sournoisement la tranquillité, révélant l’envers du paisible, cette obscurité de l’âme. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 11 juillet 2016

Jane and the Waterloo Map


Par Stephanie Barron, série Jane Austen t.13, chez Soho Press.
Résumé de l'éditeur:
«November, 1815. The Battle of Waterloo has come and gone, leaving the British economy in shreds; Henry Austen, high-flying banker, is about to declare bankruptcy—dragging several of his brothers down with him. The crisis destroys Henry’s health, and Jane flies to his London bedside, believing him to be dying. While she’s there, the chaplain to His Royal Highness the Prince Regent invites Jane to tour Carlton House, the Prince’s fabulous London home. The chaplain is a fan of Jane’s books, and during the tour he suggests she dedicate her next novel—Emma—to HRH, whom she despises. However, before she can speak to HRH, Jane stumbles upon a body—sprawled on the carpet in the Regent’s library. The dying man, Colonel MacFarland, was a cavalry hero and a friend of Wellington’s. He utters a single failing phrase: "Waterloo map"… and Jane is on the hunt for a treasure of incalculable value and a killer of considerable cunning.»

Et si Jane Austen n’était pas seulement une auteure à la prose incontournable? Et si, à l’époque, sa verve malicieuse et son esprit vif l’avait plongée, souvent malgré elle, au coeur de véritables et inextricables intrigues? Et si tout ce silence biographique était présent à dessein, gardant volontairement dans l’ombre son rôle d’enquêteuse ponctuelle? D’une plume toujours aussi fine et juste, Stephanie Barron sort de ses «archives» un autre troublant mystère n’attendant que l’intelligence de Jane Austen pour être résolu, réécrivant ainsi entre les lignes, avec aplomb et rigueur, l’histoire de ce monument de la littérature. Un opus enlevant, faisant habilement s'entrelacer fiction et réalité, valser l'authentique avec le plausible, remettant ainsi en perspective l’apparente tranquillité d’un passé qu’on croyait sans aspérités. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




mercredi 29 juin 2016

Le mystère Henri Pick


Par David Foenkinos, chez Gallimard, collection Blanche.
Quatrième de couverture:
«En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? (Résumé éditeur)»

Les jongleurs de mots, amoureux de la plume et autres satellites essentiels du luxuriant monde du livre se côtoient souvent sans toujours réaliser à quel point leurs destins sont tissés de concert. Et si l’étincelle créatrice de l’auteur, l’intuition éclairée du chasseur de tête éditorial ou l’initiative audacieuse du bibliothécaire étaient autant de rouages d’une même trame? Et s’il suffisait d’une anodine erreur de bonne foi pour faire dérailler la narration jusque-là ronronnante de ces vies entrelacées? D’une voix malicieuse, au verbe toujours aussi juste, David Foenkinos entraîne le lecteur à la poursuite d’une vérité insaisissable. Évoluant avec aisance et humour sur la fine ligne séparant l’improbable du possible, Foenkinos tient habilement en haleine, multipliant joyeusement les pistes jusqu’au dénouement final. Un opus qui prend le temps d’enraciner tout doucement sa prémisse dans l’esprit du lecteur, pour ensuite y faire débouler délicieusement toutes les certitudes semées au passage. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 15 juin 2016

LoveStar


Par Andri Snær Magnason, chez Alto.
Résumé de l'éditeur:

«Le génial et énigmatique LoveStar, fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité de l’emprise de l’électronique : l’homme sans fil est né ! Il développe au passage quelques applications favorisant le bonheur humain, dont inLove, système aussi redoutable qu’efficace qui identifie les âmes sœurs par simple calcul. Quand Indriði et Sigríður se retrouvent ainsi calculés, ils tombent des nues : leur « seul et unique » est ailleurs. Ces Roméo et Juliette postmo­dernes sont rapidement projetés dans une quête improbable, portant sur leurs épaules l’espoir de meilleurs lendemains.»


À lire un jour...


jeudi 31 mars 2016

Hiroshimoi

Par Véronique Grenier, chez Ta Mère.
Quatrième de couverture:
Il y a parfois des ruptures qui ne peuvent pas arriver, mais qui le devraient. Parce que les cœurs se crient après sans arrêt, enterrent tout le reste, s’enterrent eux-mêmes. Ils s’emportent et se débattent et débordent, avec cette certitude qu’ils s’arrêteront le jour final, le jour ultime où, à se heurter sans arrêt, à s’exister de trop près, à s’attendre, un coup de trop les éclatera.»
L'amour. Celui qui fait rêver de douces chevauchées princières et de souliers de verre retrouvés. Celui qui fait sourire la grisaille. Celui qui fait s'épanouir les rêves. Cet amour-là. Le rarissime. Le mythique. L'insaisissable. Et s'il n'était pas aussi lisse que ses princesses de porcelaine? Et s'il confondait, parfois, souvent, le rire et les larmes? Et s'il s'émiettait l'essentiel à tout vent, et se retrouvait, hagard, perdu, désabusé, dans l'ordinaire grinçant de nos quotidiens aux mille visages? D'une plume vibrante, faisant valser avec aplomb la poésie d'un réel à l'aile brisée, Véronique Grenier crachote l'amour-poignard et son inéluctable. De petites phrases abyssales en envolées ébouriffées, elle sait dire l'âme, ses folies jubilatoires, ses errances vicieuses, et surtout, son espoir indestructible. Celui qui persiste et signe. Malgré la houle. Malgré le silence. Malgré l’éphémère. Un opuscule qui grignote la tranquillité avec une authenticité toute simple, et qu'on lit, d'une traite, en se protégeant tant bien que mal le coeur de l’irrémédiable.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Le mois de mars
de mon Défi littéraire 2016

mardi 23 février 2016

Une simple histoire d'amour


Par Angèle Delaunois, chez Soulières Éditeur, collection Graffiti +.

Quatrième de couverture:

«À partir de ce moment-là, je n’ai plus eu qu’une seule idée en tête : m’approcher de toi, t’obliger à reconnaître celle que tu avais oubliée, ressusciter notre histoire lointaine et la faire grandir, afin de retrouver cette bulle d’amour qui nous enveloppait et nous protégeait contre le reste du monde quand on était enfants. Jolie utopie!»

Tout d'abord, il y a l'amour, le vrai, celui qui fait vibrer l'âme et disparaître les ornières. Celui qui s'abreuve dans l'essentiel et n'entend plus que les battements d'un coeur à l'unisson. Celui, sans compromis, sans conditions, qui écrit l'Histoire à chaque instant. Puis, il y a le silence. Et les mailles de la mémoire qui s'étirent et se détricotent. Les petits trébuchements et les fossés insurmontables. Or, quand, sans crier gare, l'ineffable devient innommable, tout bascule; c’est la traversée d’un point de non-retour lacérant les espoirs et laissant l'insouciance pour morte. Dans une remuante correspondance de la dernière chance, Angèle Delaunois entrelace le sublime et l'impardonnable, faisant valser audacieusement ses mots avec ceux de Stefan Zweig et sa Lettre d'une inconnue, et entraînant le lecteur dans une chute de l’autre côté du miroir avec une finesse implacable et un aplomb troublant. Un opus bouleversant qui écorche les certitudes et dépucelle les contes de fée; l’intensité de l’amour y valse avec la violence tout court, la pureté des sentiments y côtoie le pire de l’humain. Les mots nous taraudent, les émotions bigarrées nous écartèlent la conscience, on est envoûté, on est déchiré: on ne peut en ressortir indemne. Âmes sensibles, jeunes et candides, s’abstenir, toutefois: ce n’est définitivement pas un opus à aborder sans y être prêt.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




Le mois de février
de mon Défi littéraire 2016


jeudi 17 décembre 2015

La femme qui fuit

Par Anaïs Barbeau-Lavalette, chez Marchand de feuilles
Quatrième de couverture:
«Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder. Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats au sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante... et fantôme. La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes. Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.»

«Être, ou ne pas être?»: question essentielle, fondamentale, humaine. Être soi, exister, ou se fondre, céder sa place. Être, haut et fort, envers et contre tout, envers et contre tous, ou s’éteindre sagement dans le ronronnement aliénant de l’attendu. Mourir comme on prend racine, ou poursuivre, sans regarder en arrière, une liberté insaisissable. C'est l'histoire de Suzanne, et de sa fuite généalogique et artistique: son histoire avec un petit et un grand «H». D’une plume fine et juste, directe, impitoyable, Anaïs Barbeau-Lavalette retricote la vie de cette grand-mère qui a refusé d’en être une, révélant par petites touches, tout en simplicité et en authenticité, un tourbillon d’existence, un chaos de chaque instant. Travestissant habilement le réel en lui faisant donner la parole aux errances d’une âme terrée dans le mouvement perpétuel, narrant sans juger, mais sans pitié, du regard curieux de celle qui cherche à comprendre, elle sait faire parler le mutisme déterminé, révéler l’ineffable. Opus touffu qui chamboule les perceptions, piétine les oeillères, et témoin astucieux d’une époque où bouillonnaient, indomptables, la création à l’état brut, l’art rugueux de la spontanéité, et les semis d’une révolution en devenir, c'est un plongeon de l’autre côté du miroir dont on ne ressort pas indemne, et qui dévoile l’humain comme jamais, dans le vertige terrifiant et l'étrange fascination de ses failles et de ses élans.

«Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m’a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes. Ainsi, tu dois continuer d’exister. Dans ma soif inaltérable d’aimer. Et dans ce besoin d’être libre, comme une nécessité extrême. Mais libre avec eux. Je suis libre ensemble, moi.» (Extrait de «La femme qui fuit»)



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 2 décembre 2015

Les maisons

Par Fanny Britt, Le cheval d'août

Quatrième de couverture:
«Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour qui n’a jamais guéri. Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, des cabines d’essayage, des cours de natation, des ponts en bâtons de popsicle à livrer à l’expo-sciences de l’école, des étreintes dans la nuit, des deuils, des rappels de l’enfance, des fantômes, et la peur de vieillir dans l’amertume. Cesse-t-on un jour de désirer ce qu’on a désiré à vingt ans?»

Quand la vie ronronne, on oublie parfois la part d'ombre qui dort en chacun de nous; cette frénésie rayonnante du quotidien comme rempart contre le spleen. Or, quand le passé ressurgit sans crier gare, ça chamboule le château de cartes, ça secoue l'immuable. D'une plume simple et juste, Fanny Britt raconte, tout en douceur et en authenticité, ce vertige de l'adulte quand la jeunesse d'hier vient titiller la sage trentaine d'aujourd'hui de ses détresses d'autrefois.  Un opus audacieux qui sait dire la valse-hésitation de l'âme fragile sans tomber dans le drame, qui sait faire grincer le sourire et s'émouvoir le regard, qui sait faire à la fois espérer l'inéluctable et triompher le réel. Bref, une sublime incursion dans la logique bigarrée d'une vie qui est tout sauf prévisible.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mardi 23 juin 2015

The Rosie Project


Par Graeme Simsion, Harper Collins

«A first-date dud, socially awkward and overly fond of quick-dry clothes, genetics professor Don Tillman has given up on love, until a chance encounter gives him an idea. He will design a questionnaire-a sixteen-page, scientifically researched questionnaire-to uncover the perfect partner. She will most definitely not be a barmaid, a smoker, a drinker or a late-arriver. Rosie is all these things. She is also fiery and intelligent, strangely beguiling, and looking for her biological father a search that a DNA expert might just be able to help her with.»

Pour Don Tillman, la vie est réglée comme une horloge: efficiente, prévisible, scientifiquement éprouvée. Et l’amour, lui? Eh bien, oui, mais à condition qu’il remplisse des critères «raisonnables et mesurables». Or, même les esprits les plus aiguisés et rigoureux ont une faille. Et si l’improbable pouvait supplanter la logique implacable l’espace d’un instant? Et si chaque personne cachait en lui son propre Big Bang? D’une plume délicieusement décalée, Graeme Simsion raconte l’existence cartésienne à l’excès et cocasse sans vraiment le vouloir de Don Tillman. Sans l’identifier officiellement comme étant une personne vivant avec le syndrome d’Asperger, il sait faire un portrait désarmant et authentique de cette réalité hors norme. Tout en finesse et en humour, ses mots savent secouer les certitudes sans en avoir l’air. Ils font sourire. Rire aux éclats. Rire aux larmes. Et pleurer aussi. Pleurer tout court. Un opus singulier et touchant qui fait découvrir tout ce qu’implique une incontrôlable lucidité de tous les instants.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Pour le lire en version française

mardi 13 janvier 2015

Un jukebox dans ma tête


Par Jacques Poulin, Leméac

«En prenant l'ascenseur, Jack Waterman rencontre Mélodie, une jolie rousse plus jeune que lui. Elle aime ses livres et lui a fait une petite place dans son coeur. Quand ils se revoient, ils sont tout de suite attirés l'un vers l'autre. Alors ils se mettent à raconter des souvenirs. Ils le font à tour de rôle, et c'est par ce moyen qu'ils se rapprochent de plus en plus. Des obstacles, cependant, se dressent devant eux, y compris un bouncer qui travaille dans un bar du Vieux-Québec.»

À lire un jour...

À l'état sauvage


Par Robert Lalonde, Boréal
Résumé de l'éditeur
«Un écrivain vit seul dans sa trop grande maison, encore hantée par la présence de son père, avec qui il y a vécu mais qui est depuis longtemps disparu, et par celle de la femme qui vient de le quitter. Son métier l’appelle sans cesse sur la route et l’amène à croiser des hommes qui, à un moment ou à un autre de sa vie, ont contribué à forger celui qu’il est devenu, ou des enfants, qui lui rappellent l’émerveillement ou la fragilité de celui qu’il a été.»

À lire un jour...