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dimanche 27 janvier 2013

Liesl & Po


Par Lauren Oliver, Harper Collins

«Liesl lives in a tiny attic bedroom, locked away by her cruel stepmother. Her only friends are the shadows and the mice - until one night a ghost appears from the darkness. It is Po, who comes from the Other Side. Both Liesl and Po are lonely, but together they are less alone. That same night, an alchemist's apprentice, Will, bungles an important delivery. He accidentally switches a box containing the most powerful magic in the world with one containing something decidedly less remarkable. Will's mistake has tremendous consequences for Liesl and Po, and it draws the three of them together on an extraordinary journey.»

Une quête merveilleuse, délicieusement saugrenue et réconfortante. Lauren Oliver entraîne le lecteur au coeur d'une fable envoûtante, fleurant bon le conte classique, où les riches personnages archétypaux se coltinent une pluie de rebondissements habilement déjantés. Variant judicieusement les angles narratifs en jonglant avec les points de vue diamétralement opposés des deux camps ennemis, les Gentils et les Vilains, l'auteur plonge le lecteur dans l'action dès les premières pages, l'interpellant sans cesse. Résultat: on s'attache immédiatement à tous les protagonistes, bons ou mauvais, et on suit leur rocambolesque aventure avidement, comme s'il en allait de notre vie!... Un opus surprenant, sensible et qui sait dire l'essentiel sans pontifier. Superbe.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



Pour les lire en version française 
 (les trois parties sont publiées séparément en français)

lundi 21 janvier 2013

La dactylographe de Mr James


Par Michiel Heyns, Philippe Rey

«En 1907, Henry James engage une nouvelle secrétaire, Theodora Bosanquet, qui demeurera à son service jusqu'à la mort de l'écrivain. Rebaptisée Frieda Wroth, elle est la voix de cet étonnant roman dont on ne sait plus vraiment qui est l'auteur, tant Michiel Heyns est un virtuose du style jamesien. Combinant faits et fiction, il recrée la petite ville de Rye et la société gravitant autour du Maître : la vie à Lamb House - la grande maison de brique où se croisent et se recroisent les domestiques imperturbables -, les invités bavards et indiscrets, la famille James (le docte professeur William, sa femme et leurs deux enfants), la redoutable meneuse des suffragettes, une medium et ses séances de spiritisme, les jeunes disciples mâles de James, sans oublier Max le chien - tous emportés dans une sorte de tourbillon. Appréciée pour sa compétence, frustrée de n'être guère plus que la dactylographe du grand homme, qui la fascine mais qu'elle observe d'un oeil critique, prise au centre d'une tragi-comique histoire de lettres compromettantes dont les principaux acteurs sont la terrifiante Edith Wharton et le beau Morton Fullerton, les deux amis de coeur de Mr James, Frieda, s'efforce, elle, d'obéir au dictum du Maître : "Profitez de la vie autant que vous le pouvez ; c'est une erreur que de ne pas le faire." Mais vivre a aussi un prix... »

Étrange hybride entre biographie romancée et fiction paranormale. Michiel Heyns tricote une vision inusitée du travail de l'artiste à travers le regard du personnage candide, et (paradoxalement) froidement observatrice, de la dactylographe, Frieda Wroth. Si l'intrigue est sympathique, bien qu'un peu cousue de gros fils, et la plume habile délicieusement rétro, le plongeon dans le spiritisme comme moteur de la narration et, plus tard, genre de Deus Ex Machina, m'a complètement fait décrochée du roman. Ce n'est pas tant le spiritisme lui-même qui, je le sais, était presque de bon goût à cette époque de vénération des curiosités, mais plutôt son rôle dans l'applanissement des difficultés, dans la capitulation des embûches, son rôle de «baguette magique narrative» qui m'a définitivement dérangée. Comme si l'auteur avait vu là une facile porte de sortie à son imbroglio, réduisant au passage le lecteur à une crédulité forcée et inconfortable. Dommage.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆


vendredi 18 janvier 2013

Celui qui manque

Par Agnès de Lestrade, Alice jeunesse, Tertio

«"Qu'est-ce que les pompiers font là, dans le salon? Et les voisins? Pourquoi Romarin pleure dans les bras de Rose? Pourquoi les jumelles sont comme deux chiffons mouillés dans le canapé? Pourquoi grand-mère sanglote au téléphone? Pourquoi grand-père me serre aussi fort contre lui? Et où est Moon? Un pompier s'approche de moi. Il marche au ralenti comme un cosmonaute. Il dit : «Là, ca va aller, ne bougez pas». Je sens une piqûre dans mon bras. Et puis le trou noir."»

Un petit morceau de tristesse doux et lumineux. Agnès de Lestrade chuchote l'indicible d'une plume qui sait dire, qui sait faire parler le vide et le silence, et la rage et l'impuissance... mais aussi, et surtout, l'amour, le grand, le vrai, celui qui fait aimer la vie envers et contre tous. Un opuscule bouleversant, comme un petit poème à l'aile brisée, qui vous fera sourire sous la pluie. Sourire aux larmes...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

mardi 15 janvier 2013

Smut: Two Unseemly Stories


Par Alan Bennett, Faber and Faber

«The Greening of Mrs. Donaldson
Mrs. Donaldson is a conventional middle-class woman beached on the shores of widowhood after a marriage that had been much like many others: happy to begin with, then satisfactory, and finally dull. But when she decides to take in two lodgers, her mundane life becomes much more stimulating... 
The Shielding of Mrs. Forbes -
Graham Forbes is a disappointment to his mother, who thinks that if he must have a wife, he should have done better. True, her own husband isn't all that satisfactory either. Still, this is Alan Bennett, so what is happening in the bedroom (and in lots of other places too) is altogether more startling, perhaps shocking, and ultimately more true to people's predilections.»

Un plongeon espiègle et audacieux dans l'intime et le non-dit. Alan Bennett ose secouer les conventions, faire fuir les illusions et tirer la langue aux convenances en narrant avec humour l'envers des apparences, la face cachée de la supposée normalité. Voguant habilement entre le saugrenu et le délectable, cet opus comico-érotique charme et déroute. Consciences chastes et prudes s'abstenir!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 13 janvier 2013

Le grand mystère de Rosalie


Par Ginette Anfousse, La Courte Échelle, Rosalie 9

«Au magasin Lorenzo Photo, Rosalie découvre une photo d’elle et de ses parents. À part quelques détails, c’est la réplique de celle qui orne le mur de sa chambre! Comment est-ce possible? Rosalie se met à douter du décès de ses parents et son imagination part en vrille. Une chance que sa fidèle amie Julie est là pour lui ramener les pieds sur terre et l’aider à résoudre ce mystère!»

Un émouvant retour pour cette indémodable Rosalie, toujours aussi rafraîchissante et authentique. Ginette Anfousse entraîne le lecteur dans une quête identitaire capable de chambouler toutes les certitudes, relatant de sa plume juste au verbe délicieux la vie, la vraie, celle qui surprend, déstabilise, fait vibrer et parfois serre le coeur. Une mémorable bouffée de cette jeunesse aux mille tourbillons d'émotions. À dévorer sans tarder...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

dimanche 6 janvier 2013

1, 2, 3 L'Effroi...


Par Albert Lemant, L'atelier du poisson soluble

«On racompte qu'une nuit, alors qu'il ne pouvait trouver le sommeil, le comte Calcula, ce grand buveur de cent, fit mander la jeune bergère Multirhâzade afin qu'elle compte avec lui les moutons. Multirhâzade s'assit devant l'affreux calculateur et pour se soustraire à ses ordres se mit à lui débiter un véritable compte à dormir debout plein de chouettes, de mygales et de chiffres tout chiffonnés. "Diviser pour m'araignée!» Tel était le titre de ce conte à rebours...»

Après l'alphabet de l'ombre (voir l'ABC de la trouille), Albert Lemant entraîne le lecteur dans un conte à compter debout. Le «rapidographe» toujours aussi grinçant d'agilité, il construit avec finesse un univers visuel frissonnant et cauchemardesque au coeur duquel la narration habile de cette aventure digestive saugrenue vient s'immiscer sournoisement. Jonglant avec les mots, les travestissant, les faisant sonner, résonner, s'entrelacer dans un tourbillon délicieusement étourdissant et broder avec l'épouvantable, Albert Lemant réussit une fois de plus un indiscutable tour de force littéraire. À dévorer en se cachant (juste un peu) sous la couette...

Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆