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jeudi 29 septembre 2011

Who's Afraid of the Big Bad Book?

Par Lauren Child, Hyperion Books for Children

«Herb never imagined the dangers when he decided to scribble on and cut up his book of fairy tales. Drawing mustaches on the characters, pasting telephones into the rooms, and cutting out Prince Charming and the royal thrones had seemed like good fun. But then Herb never imagined he'd fall into the book one night. After contending with a petulant Goldilocks, a very angry wicked stepmother, and a disappointed Cinderella, all Herb wants to do is find his way off the page. If only he can escape the book, he can make everything happily ever after again, sort of.»

Un délice délirant au coeur du merveilleux; des contes de fées comme vous ne les avez jamais vus! La plume joyeusement espiègle de Lauren Child croque avec habileté et humour le plongeon chaotique et hors du commun de Herb dans les pages de son gros livre d'histoires. Tout est sublime dans cet album: le rythme, les clins d'oeil moqueurs aux clichés des contes pour enfants, la mise en page tourbillonnante et interactive, et l'univers visuel ébouriffé. Un trésor savoureux à découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

Le livre de grand-papa

Par Francine Labrie, illustré par Marc Mongeau, Bayard Canada, Raton Laveur

«À quatre ans, Charles adorait se rendre dans la ferme de ses grands-parents à Saint-Ours. C’était une occasion unique de se faire conter des histoires peuplées d’êtres divers. Il y était question de marins et de cultivateurs, mais aussi de fées et de lutins. Le petit garçon était toutefois surpris que certains détails changent parfois et que le seul livre de son grand-père soit une source inépuisable de récits. En grandissant, il apprendra son secret et comprendra combien l’imagination est un don formidable.»

Une histoire toute simple au sujet d'une réalité qui ne l'est pas toujours: l'analphabétisme. La plume de Francine Labrie, chaleureuse et amusante, fait vibrer le lecteur au diapason du bonheur de Charles et surtout, le plonge dans celui de son grand-père, le conteur à l'imagination débordante; un moment réconfortant et émouvant mené de «main de maîtresse», bien que j'aurais préféré que l'histoire ne se termine pas sur une note aussi pédagogico-moralisatrice. Cela dit, ne serait-ce que pour le superbe et riche univers visuel de Marc Mongeau, dont le style n'est pas sans rappeler celui de Philippe Beha, cet album vaut le détour!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

La malédiction

Par Alain M. Bergeron, Soulières, Ma petite vache a mal aux pattes, Dominic

«"Attention tout le monde! Une fois que tu as commencé à lire ce message, tu dois continuer et le lire au complet… Tu n’as plus le choix. La malédiction de Lamti Rocher est déjà sur toi. Je suis fâché contre moi et contre Xavier Beaulieu. Je sais que je n’aurais pas dû ouvrir ce message et que mon ami n’aurait pas dû me l’acheminer. (…) J’ai vingt-quatre heures pour expédier ce fichu message à vingt-sept personnes ou plus."»

Une sympathique (bien qu'un poil trop pédagogique!) incursion dans le monde de l'hameçonnage par courriel. La plume d'Alain M. Bergeron est cocasse, comme à son habitude, et le personnage de Dominic, avec sa candeur et ses mille et unes inquiétudes, est toujours aussi craquant. Si l'idée d'aborder ce thème délicat de l'hameçonnage est lumineuse, étant donné la crédulité des jeunes internautes (et des moins jeunes, si je me fie au nombre de chaînes de courriels qui aboutissent encore dans ma boîte de réception!), j'ai été un brin déçue par le ton ostensiblement éducatif de ce roman, ou plutôt, j'ai eu l'impression que l'on tentait de tromper les jeunes lecteurs en camouflant maladroitement une leçon de cyber-flânage sous la fiction pourtant si amusante d'Alain M. Bergeron. En ce qui me concerne, lorsqu'il est question d'aborder une problématique avec les jeunes lecteurs, je suis plutôt pour la franchise; soit on choisit l'approche clairement documentaire ou alors, on y va avec le deuxième degré à travers le ludique et la fiction. Je trouve que trop souvent, une approche pédagogique mal déguisée en fiction manque de respect pour l'intelligence du lecteur. Cela dit, dans ce cas-ci, j'imagine que si le roman est ouvertement présenté aux lecteurs comme une façon rigolote d'apprendre les comportements sécuritaires à adopter en naviguant sur internet, les jeunes lecteurs risquent d'accepter avec plus d'enthousiasme de vivre avec Dominic cette drôle d'aventure. Un joli opuscule donc, mais dont la dimension didactique doit être abordée franchement, sans sous-estimer la perspicacité des jeunes lecteurs...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 27 septembre 2011

Vrai de vrai, Papi?

Par Émilie Rivard, illustré par Anne-Claire Delisle, Bayard, Raton laveur

«Quand il était petit, Louis aimait écouter les histoires farfelues de son grand-papa et son inimitable devise : "Vrai de vrai". Malheureusement, son papi finit par tomber malade et ne reconnaît plus son petit-fils. Pour renouer le contact avec lui, Louis puisera dans son imagination et fera revivre une galerie de personnages.»

Un bijou d'album abordant habilement un sujet pourtant tristounet et déstabilisant: la maladie d'Alzheimer. La plume d'Émilie Rivard sait virevolter et faire filer l'imaginaire du lecteur à vive allure, se posant ici et là au coeur de la réalité parfois déroutante de ce petit Louis au grand-père éparpillé. On sent bien une fine brise éducative poindre à la fin de l'histoire, mais rien de trop lourd heureusement. Pour couronner le tout, l'univers visuel coquin et attachant d'Anne-Claire Delisle, avec ses illustrations riches et généreuses, renchérit joyeusement en parallèle de l'histoire. Un album qui fait sourire, même quand l'espoir s'effrite...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Sans feu ni lieu

Par Fred Vargas, J'ai Lu

«- C'est un crétin ou quoi, ce type? Louis Kehlweiler s'énerve. Cette histoire ne tient pas debout! Il ne fait de doute pour personne que Clément Vauquer est bel et bien coupable des deux meurtres dont on l'accuse. En outre, la police possède son signalement, il ne restera pas longtemps en cavale. Oui, mais Clément, l'accordéoniste demeuré, est un protégé de la vieille Marthe... Cela suffit pour que Kehlweiler demande à Marc, Lucien et Mathias de cacher le fugitif quelques jours. Personne n'ira le chercher dans la baraque pourrie qu'ils habitent, au fin fond du 18e arrondissement. Le temps d'aller à Nevers, là où tout a commencé...»

J'ai retrouvé avec bonheur les Évangélistes et le parrain, leur "baraque pourrie", leur différents, leur café inimitable, leur gratin mémorable et surtout leur compassion pour l'âme humaine. La plume de Fred Vargas est toujours aussi fine, agile et noire. Semant la poésie à coup de miettes d'humanité, elle accueille le lecteur à bras ouverts et le plonge sans arrière-pensée au coeur de la tourmente, chevauchant impunément la mince ligne entre le Bien et le Mal, entre l'honorable et l'impardonnable. Mélange savoureux d'amour et de folie, j'ai adoré cette intrigue, me sentant à la fois troublée par tant de malice et de mal-être, et réconfortée par la joyeuse bande d'hurluberlus de la "baraque pourrie". Un polar dans lequel on s'enroule en ronronnant et que l'on quitte avec regret... 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

vendredi 23 septembre 2011

La fée Chaussette

Par Sophie Rondeau, illustré par Fil et Julie, Imagine, Mes premières histoires

«Tu connais sûrement la fée des Dents, la fée Clochette et la fée des Étoiles. Mais connais-tu la fée Chaussette? Contrairement à ses sœurs, Chausette n’a pas trouvé sa vocation et, pour chasser son ennui, elle invente mille plaisanteries. Mais ça ne peut plus durer, il faut lui changer les idées! Justement, la petite fée découvrira bientôt une occupation… digne de son nom!»

Enfin la vérité sur les chaussettes qui disparaissent! Lovée dans l'univers visuel toujours aussi fascinant, chaleureux et coloré de Fil et Julie s'épanouit la délicieuse histoire de Sophie Rondeau. Au coeur d'une joyeuse bande de fées bien connues, la fée Chaussette rend le lecteur complice de ses mille et unes entourloupettes... et lui dévoile son secret à la toute fin, élucidant du même coup le mystère des bas solitaires et des bas globe-trotter. Une histoire rigolote et malicieuse qui deviendra bien vite un classique!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

jeudi 22 septembre 2011

Le rêve d'Émily

Par Jade Bérubé, Les Intouchables, Nikki Pop 1

«Émily Faubert a une seule obsession : écouter de la musique et chanter, debout sur son lit. Mais le faire sur une scène? Brrr! Surtout pas devant les élèves milliardaires et snobs du pensionnat Saint-Preux, où elle fait cette année son entrée au secondaire. Mais lorsqu’elle rencontre Jérémie Granger, vedette du petit écran qui fréquente son école, Émily commence à changer d’idée…»

«Bon, la nouvelle Aurélie Laflamme», que je me suis dit, quand j'ai vu Nikki Pop arriver sur les rayons: même éditeur, même clientèle-cible, l'héroïne fréquente une école privée, hop! on reprend la même recette qui a si bien fonctionné. <Soupir>... Or, j'ai rapidement (et heureusement) révisé ma position; il y a bien une aura d'Aurélie Laflamme qui plane, étant donné la maladresse occasionnelle (ou plutôt devrais-je dire les hésitations adolescentes typiques) d'Émily, le personnage principal... mais là s'arrête la comparaison, et c'est tant mieux. Jade Bérubé a bel et bien trouvé sa plume à elle, habile, fine et virevoltante, croquant à pleines dents dans l'adolescence avec sensibilité. J'avoue avoir eu des doutes toutefois concernant l'emphase mise sur les classes sociales, au début du roman; tout commence par une situation initiale un poil condescendante, à trop vouloir paraître ouverte d'esprit, où Émily-la-jeune-fille-riche-et-abandonnée-par-sa-mère-qui-travaille-trop devient amie avec Emma-la-tronche-désargentée-à-la-famille-accueillante-habitant-un-HLM-dans-un-quartier-multicuturel. Mais peu à peu, on délaisse les archétypes hollywoodiens pour plonger dans l'essentiel: l'adolescence, ses défis, ses tourments, ses exaltations et ses grands drames. Et puis, la musique commence à prendre l'avant-scène, jusqu'à devenir presque un personnage principal, au plus grand plaisir du lecteur. Et... je me suis laissée emportée par le tourbillon, je me suis laissée toucher par Émily, et Emma, et Alain, et Mme Gentilly, jusqu'à ne plus vouloir les quitter. Jade Bérubé a donc réussi à faire naître (et avec brio!) une nouvelle série pour ado dans la période post-Aurélie-Laflamme; une série fraîche et musicale, à la plume authentique, et qui fera vibrer les jeunes lectrices!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mercredi 21 septembre 2011

Lapin-Chagrin et les jours d'Elko

Par Sylvie Nicolas, illustré par Marion Arbona, Trampoline, Trouvailles

«Tata et Mama, avec leurs enfants Nerko et Elko, doivent faire face à la guerre. À la recherche d’un endroit plus sécuritaire, ils sont forcés de laisser derrière eux leur maison, leur jardin et leurs chiens. Heureusement, l’amour qu’ils se portent, l’entraide et la générosité des habitants du pays, et la présence de Lapin-Chagrin pour Nerko, apaisent leur malheur. Inspirée du récit de l’enfance mouvementée de Nermin Grbic pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, une histoire tout en douceur, en tendresse et en poésie, pour atténuer la tristesse du sujet.»

Une habile histoire; mélange astucieux et tendre, à mi-chemin entre poésie et récit de guerre. La plume douce et fleurie de Sylvie Nicolas sait trouver les mots pour dire le bouleversement et la tristesse, mais aussi les miettes de joie et l'espoir. Assaisonné d'un soupçon de visée éducative, cet album est un délicieux hybride entre le ludique, l'artistique et le pédagogique; une trouvaille relativement rare dans l'univers de l'album pour la jeunesse. Si l'histoire est touchante, l'univers visuel créé par Marion Arbona est tout simplement sublime! La sensibilité de son trait et l'éloquence de son travail de couleurs (toute la douceur des teintes délavées s'opposant à la noirceur de l'incertitude) fait vibrer avec justesse la poésie de Sylvie Nicolas. Un bijou émouvant à feuilleter tout doucement...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

La malédiction Shakespeare

Par Anne Ferrier et Régine Joséphine, Oskar jeunesse, Chroniques étranges des enfants Trotter 1

«Quand leurs parents sont envoyés en urgence à l'autre bout du monde, Victor et Albane doivent rejoindre leur fantasque tante Agatha, qu'ils connaissent à peine. Celle-ci les entraîne à Stratford-upon-Avon au festival de Shakespeare. Mais ces vacances inespérées se transforment en cauchemar...»

Un roman sombre pour les jeunes qui n'ont pas peur de leur ombre... ou de celle de Shakespeare! Partie d'une bonne prémisse, l'intrigue prometteuse a tout de suite piqué ma curiosité: mystère, aventure et Shakespeare, tout était en place pour un bon roman policier comme je les aime. Au fil des pages, j'ai découvert un style littéraire fluide et agréable, des personnages secondaires singuliers et attachants (comme j'aurais aimé en découvrir encore plus sur les parents-voyageurs et la tante rigolote!), et un duo de héros pas comme les autres (quoique le personnage d'Albane ait été un brin trop caricatural à mon goût). En ce sens, la première moitié du livre m'a totalement captivée. Or, j'ai perdu de l'intérêt dès la deuxième moitié, lorsque l'aventure haletante a versé sérieusement dans le fantastique et l'occulte, en multipliant les péripéties tirées par les cheveux. Si ce n'était qu'une affaire de genre littéraire, j'aurais pu m'y faire, mais j'ai principalement tiqué sur la maladresse des artifices qui jonchaient le corps et la chute du roman, comme si on avait voulu malhabilement paraphraser une tragédie shakespearienne, en y ajoutant un soupçon de Poltergeist. Je n'ai donc pas été convaincue par la fin de cet opus étrange et dérangeant... et même un brin déçue, à mon grand désarroi. Cela dit, il s'agit d'un roman qui pourra sûrement plaire tout de même à de jeunes amateurs d'épouvante...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mardi 20 septembre 2011

Bink and Gollie

Par Kate DiCamillo et Alison McGhee, illustré par Tony Fucile, Candlewick Press

«Meet Bink and Gollie, two precocious little girls — one tiny, one tall, and both utterly irrepressible. Setting out from their super-deluxe tree house and powered by plenty of peanut butter (for Bink) and pancakes (for Gollie), they share three comical adventures involving painfully bright socks, an impromptu trek to the Andes, and a most unlikely marvelous companion. No matter where their roller skates take them, at the end of the day they will always be the very best of friends.»

Trois sympathiques aventures mettant en vedette deux jeunes filles fort singulières, à l'imagination débridée et à l'amitié (presque) inaltérable. Les plumes de Kate DiCamillo et d'Alison McGhee sont légères et simples, croquant en quelques phrases des bouffées d'enfance et saupoudrant leurs histoires, au passage, de ces petits désaccords paraissant si insurmontables parfois,  mais qui pimentent pourtant joyeusement le quotidien des plus jeunes. Si la narration est amusante, bien que parfois un poil simpliste, l'univers visuel au coeur duquel elle évolue est quant à lui tout à fait délicieux; Tony Fucile réussit admirablement à stimuler l'imaginaire du lecteur en faisant vivre sous nos yeux le monde rigolo de Bink et Gollie, héroïnes aux expressions désarmantes et cocasses. Un premier roman généreusement illustré dans lequel les lecteurs débutants se reconnaîtront!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française

dimanche 18 septembre 2011

WonderStruck

Par Brian Selznick, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur
«Ben's story takes place in 1977. Rose's story takes place in 1927. Ever since his mother died, Ben feels lost. At home with her father, Rose feels alone. When Ben finds a mysterious clue hidden in his mother's room, and when a tempting opportunity presents itself to Rose, both children risk everything to find what's missing.»

Époustouflante aventure à travers le temps et le silence. La fameuse narration à deux voix de Brian Selznick est toujours aussi envoûtante et magique, d'autant plus que cette fois, l'utilisation judicieuse de la narration en images pour faire revivre le passé fait s'épanouir avec éloquence la réalité silencieuse d'un des personnages principaux. C'est une histoire enlevante et touchante qui par le biais de la quête identitaire de Ben plonge le lecteur au coeur des musées de New York (une part de l'univers urbain new-yorkais rarement explorée en littérature pour la jeunesse),  tout en lui ouvrant les yeux sur un monde étonnant et riche, celui de la surdité. Un roman habile et émouvant, à lire absolument.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

vendredi 16 septembre 2011

La Mer

Par Marianne Dubuc, La Pastèque, Pamplemousse

«La Mer est une histoire à propos d’un chat et d’un poisson rouge. Un chat qui a faim et un poisson qui ne veut pas servir de repas. Pour échapper à son prédateur, le poisson aura un long chemin à parcourir... La Mer est un récit muet où l’invitation au voyage prend la forme d’une course poursuite des plus inusitées!»

Marianne Dubuc fait s'épanouir, sous son crayon-plume, la fuite inusitée d'un poisson rouge menacé par l'appétit d'un chat. Nul besoin de mots pour narrer cette attachante histoire silencieuse, car les traits simples et agiles de l'illustratrice s'expriment avec éloquence et sensibilité, titillant la curiosité du lecteur et lui offrant une aventure grouillante de vie. J'ai d'ailleurs été totalement fascinée par les pérégrinations célestes du chat (la composition des illustrations est superbe!), et tellement touchée par cette petite trempette frileuse de la patte féline dans la grande mer, juste avant de capituler et de laisser filer sa proie au large... Un album tendre à feuilleter tout doucement.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

jeudi 15 septembre 2011

Fourchon

Par Kyo Maclear, illustré par Isabelle Arsenault, La Pastèque, Pamplemousse

«Sa maman est une cuillère. Son papa est une fourchette. Lui, il est un peu des deux. Voici Fourchon! Fourchon détonne. Dans sa cuisine, les cuillères sont des cuillères et les fourchettes sont des fourchettes. On ne se mêle pas aux autres. Il a beau tenter de passer pour une cuillère, puis pour une fourchette, Fourchon n’est jamais choisi lorsque vient le temps de se mettre à table. Il semble condamné à un destin de tiroir... jusqu’à l’arrivée, un beau jour, d’une chose malpropre qui ne se soucie pas des coutumes de la coutellerie. Fourchon trouvera-t-il enfin sa place à table?»

Un coup de coeur instantané pour cet album cocasse et tendre... J'ai été séduite d'entrée de jeu par la proposition truculente de Kyo Maclear, par sa façon simple et incontestablement amusante de mettre en mots la différence... au coeur d'un tiroir d'ustensiles de cuisine! Mais ce qui m'a charmée, qui a fait de moi une inconditionnelle de cet album, c'est la binette de Fourchon et de sa bande. Quel univers visuel sublime et attachant! Isabelle Arsenault a su allier des teintes tendres à son trait éloquent afin de croquer habilement les émotions, mais elle a aussi fait s'épanouir délicieusement l'histoire en y ajoutant une foule de petits détails de son cru que j'ai savourés en rigolant de plaisir. Un délice à déguster encore et encore, avec ou sans ustensiles!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 


Pour le lire en version originale

mercredi 14 septembre 2011

Stuck


Par Oliver Jeffers, Harper Collins

«Floyd gets his kite stuck up a tree. He throws up his shoe to shift it, but that gets stuck too. So he throws up his other shoe and that gets stuck, along with… a ladder, a pot of paint, the kitchen sink, an orang-utan and a whale, amongst other things! Will Floyd ever get his kite back?»

Une aventure totalement déjantée et hilarante de l'inoubliable Oliver Jeffers. La prémisse est rigolote et chaque nouvelle tentative de Floyd pour déloger son cerf-volant récalcitrant de l'arbre donne lieu à une solution délicieusement farfelue. J'ai tout adoré de cet album: l'univers visuel simple, coloré et éloquent, la typographie ébouriffée, et la plume fine et cocasse. À découvrir absolument!!!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

Ma famille! L'abécédaire de la famille moderne

Par Robert Soulières, illustré par un collectif d'illustrateurs, Soulières

«Un abécédaire rigolo, sur la famille telle qu'on la connaît aujourd'hui, mis en images par un collectif d'illustrateurs.»

Abécédaire singulier et amusant mettant en vedette une famille remplie de surprises. La plume exquise de Robert Soulières mène le lecteur d'un bout à l'autre de l'alphabet, saupoudrant la réalité de ses mots magiques, de son humour littéraire qui en a déridé plus d'un. Et on la découvre avec plaisir, cette famille bigarée, cette famille pas comme les autres, sa «famille» à lui, comme il le souffle tout doucement, à la toute fin de l'album. Et on y plonge, cahin-caha, car si toutes les lettres de l'alphabet ne sont pas aussi savoureuses les unes que les autres, elles ont le mérite d'introduire une belle brochette d'illustrateurs et d'illustratrices (certains rencontrés pour la première fois, d'autres redécouverts). Le texte et l'univers visuel manquent bien d'un brin de magie, par moment, mais c'est un «album de famille» dont j'ai apprécié la prémisse et dont je feuilleterai sûrement la cocasse aventure alphabétique encore plusieurs fois. À découvrir en famille (!)...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 13 septembre 2011

Les pieds sur terre

Par India Desjardins, Les Intouchables, Aurélie Laflamme 8

«L’heure n’est plus à la procrastination pour Aurélie Laflamme! À quelques mois de la fin du secondaire, elle a très peu de temps à consacrer à sa vie personnelle et devra mettre les bouchées doubles pour réussir son année. Elle doit remplir sa demande d’admission au cégep, préciser ses projets de carrière et, par-dessus tout, réussir à se convaincre que ses neurones sont bel et bien fonctionnels. Mais avec un bal de finissants à préparer (difficile, quand on n’a aucun talent pour le stylisme ni pour se dénicher un cavalier), sa concentration risque d’être mise à rude épreuve. D’autres éléments obligent Aurélie à dévier de ses objectifs (il ne faudrait surtout pas croire qu’elle ne pense qu’au bal!). Entre la grossesse de sa mère et les amours compliquées de ses amis, elle est confrontée à ses souvenirs, à ses peurs et à ses blessures. Et avec cette grande étape qui se termine, elle prend conscience du temps qui passe et de ce qui lui reste à accomplir pour trouver sa place dans l’univers. Dans ce tome qui marque la fin de ses rocambolesques et touchantes aventures, Aurélie apprendra que pour devenir la femme qu’elle désire être, elle devra faire la paix avec son passé et s’accepter telle qu’elle est.»

Une conclusion habilement tricotée, au ton juste et aux péripéties délicieuses! Cette fois, c'est la fin avec un grand F: la fin d'une ère, de l'adolescence et des illusions. Au coeur d'une vie qui roule à cent à l'heure, on retrouve avec plaisir Aurélie, fidèle à elle-même, avec ses angoisses, ses réflexions saugrenues, son indécision légendaire, son attachante maladresse, ses réactions inimitables... et sa joyeuse bande d'amis! Quelques inévitables leçons de vie sont au menu, mais elles sont judicieusement intégrées à la trame du roman, évitant ainsi un ton moralisateur qui aurait pu venir tout gâcher; India Desjardins fait fort heureusement dans l'humain, le sensible et le délectable, au grand bonheur du lecteur. Un dernier opus que j'aurais bien voulu lire tout doucement pour en savourer chaque page, mais que j'ai dévoré tout cru, comme l'affamée déraisonnable que je suis. Je quitte donc avec regret le monde selon Aurélie; un monde au sein duquel je commençais à me sentir presque chez moi...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

dimanche 11 septembre 2011

Pince-toi le nez!

Par Frédérique Loew, illustré par Caroline Hamel, Les 400 coups

«Qu'ont en commun un cochon, un bouc, un yéti, un chien et un dragon? Ils ont tous mauvaise haleine! Frédérique Loew nous propose un album aussi amusant que dégoûtant avec une parcelle de tendresse en prime. Cet album matelassé présente avec un humour décapant les répercussions de la mauvaise haleine d'une dizaine d'animaux. Des rimes rigolotes accompagnées d'illustrations tout aussi craquantes feront rire aux éclats les enfants.»

Une étrange ballade, joyeusement irrévérencieuse, au coeur de l'haleine décoiffante d'une brochette de personnages. Si l'histoire en soi est cocasse, bien qu'un brin simpliste, c'est vraiment l'univers visuel créé par Caroline Hamel qui fait décoller l'imaginaire. Ses illustrations, aux traits naïfs et à la composition audacieuse, racontent, encore plus éloquemment que les mots, ce monde farfelu où les écureuils font exploser les noisettes à l'aide de leur haleine de vieilles chaussettes. Un album singulier qui ose sortir des sentiers battus et qui fait dans l'olfactif déjanté. Des heures de rire garanties...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

À bas les vacances

Par Christine Feret-Fleury, illustré par Jean-Luc Trudel, Les 400 coups

«Qui a dit que les vacances étaient faites pour se reposer? Si maman et papa aiment participer à des ateliers de diététique ou suivre des cours de body-building, notre héros, lui, a hâte de retourner à l'école! Entre les activités artistiques, les cours de natation, l'escalade ou encore le VTT, il n'a jamais le temps de souffler! Pas étonnant qu'il déteste les vacances...»

Un gentil petit manifeste pour une enfance libre! Sous la plume coquine de Christine Féret-Fleury, un singulier récit de vacances anti-idéales prend forme. De prime abord, tout semble mis en place pour un long congé idyllique, rempli à ras bord d'activités diverses. Puis, au fil du compte-rendu étourdissant de l'horaire de «rock star» de l'enfant, le lecteur prend conscience de la valeur inestimable de la liberté et du temps sauvage. Christine Féret-Fleury pointe ainsi, habilement et avec humour, une des tares du 21e siècle: l'obsession de la grille-horaire remplie. Évoluant au coeur d'un univers visuel éloquent, bien que plutôt conventionnel, cette histoire ébranle les certitudes et ramène à l'essentiel. Après tout, l'émancipation passe aussi par le plaisir... et le plaisir a horreur d'être enfermé dans un créneau horaire!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Mère-Grand

Par Tassia Trifiatis, Leméac

«Chaque dimanche, Joseffa nous mène à travers les souvenirs et les démences vasculaires de sa grand-mère: alors que cette femme excentrique est envahie par les tourbillons de la fin de sa vie, sa petite-fille l’accompagne et les conduit sur la route de leur libération.»

Dans cette singulière et abyssale «chronique d'une mort annoncée», Tassia Trifiatis plonge dans l'univers de l'involution, de la déchéance de la vie, narrant finement, sans censure, le déclin du corps, mais surtout celui de l'esprit. Naviguant dans les eaux de la vieillesse et de l'attachement filiale, Joseffa accompagne sa grand-mère en pays de désespoir et de renoncement, sombrant presque sans filet avec elle dans la déchéance, au nom de l'amour; un voyage vertigineux et parfois terrifiant dans l'univers de la fin de vie. D'une plume habile et maîtrisée, amoureuse du mot juste à la Christian Bobin, entière et sombre à la Miriam Toews, Tassia Trifiatis mène le lecteur à travers l'engrenage fatale de la démence d'un être cher, faisant se côtoyer le doux et le terrible, implacablement, sans pitié. Un superbe morceau d'écriture, dévastateur, qui écorche les sensibilités et qui tue l'idéalisme. Âmes vulnérables s'abstenir... car vous n'en sortirez pas indemnes. 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 9 septembre 2011

La vitrine des jouets

Par Annie Langlois, illustré par Christine Battuz, Imagine, Les imaginaires

«Quand Clémentine passe devant la boutique de jouets ce jour-là, quelque chose ne tourne pas rond. C’est la pagaille, c’est la folie! Les jouets de filles et les jouets de garçons se disputent la vitrine. Clémentine décide de s’en mêler, mais elle n’appuie aucun des deux clans, car elle aime tous les jouets sans exception, ceux de filles et ceux de garçons! Une histoire tout en rimes pour rire des préjugés!»

Un album à dévorer des yeux,  pour ses illustrations délicieuses et coquines, tout en textures et en nuances. Côté histoire, par contre... J'ai trouvé la prémisse sympathique, mais le déroulement un poil décevant: le ton didactique, la morale ostensible et les rimes un peu forcées ont tristement empêché une piste pourtant judicieuse de s'épanouir, celle du secret bien gardé, à ne pas ébruiter, des jouets qui prennent vie. J'en ai été vraiment désolée. J'aurais également adoré qu'on donne plus la parole aux jouets, qu'ils intéragissent directement avec Clémentine, plutôt que par le biais d'un dialogue de sourds entre celle-ci et l'ignoble Supergonflette, le semeur de zizanie.  Cela dit, malgré tous ces bémols, mais surtout, surtout grâce à l'univers visuel doux, attachant et éloquent, c'est un album que les tout-petits apprécieront sûrement.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mercredi 7 septembre 2011

Rilla of Ingleside

Par Lucy Maud Montgomery, série Anne, tome8, Special Collector's Edition, chez Doubleday Canada.
Résumé de l'éditeur
«Anne's children were almost grown up, except for pretty, high-spirited Rilla. No one could resist her bright hazel eyes and dazzling smile. Rilla, almost fifteen, can't think any further ahead than going to her very first dance at the Four Winds lighthouse and getting her first kiss from handsome Kenneth Ford. But undreamed-of challenges await the irrepressible Rilla when the world of Ingleside becomes endangered by a far-off war. Her brothers go off to fight, and Rilla brings home an orphaned newborn in a soup tureen. She is swept into a drama that tests her courage and leaves her changed forever.»
Aussi enlevant et émouvant que la première fois que je l'ai lu en français. Une autre façon d'apprendre sur la Première Guerre Mondiale: être plongé dans son impact sur un petit village et ses habitants. Plus «Anniesque» que La Vallée Arc-en-Ciel et c'est tant mieux! Nous suivons principalement la charmante Rilla et son bébé de guerre, attendant bravement d'étreindre sa vie matrimoniale avec son Ken, le fils de Leslie, qui est au front. Une conclusion inoubliable pour cette épopée savoureuse!



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★










Pour le lire en version française


dimanche 4 septembre 2011

Jérôme, Amédée & les girafes

Par Nicolas Gouny, L'Atelier du Poisson soluble

«Jérôme est un ours qui ressemble à une girafe. Il n'est accepté ni par les unes ni par les autres. Et voici que Jérôme rencontre Amédée, une girafe qui ressemble à un éléphant, et qu'ils deviennent amis...»

Une fable cocasse sur la différence, ses aléas, mais surtout, sur ses avantages insoupçonnés. J'adore tout de cet album! D'abord, Jérôme, l'ours-girafe, et son ami Amédée l'éléphant-girafe, mais aussi les tribus de girafes et d'ours homogènes qui font dans le pointilleux, côté intégration. Et puis la chute de l'histoire, si savoureuse et satisfaisante (bien fait pour ces girafes snobes, et supposément authentiques!)... Et cette savane colorée, déjantée, chaleureuse au coeur de laquelle Jérôme et Amédée font leur chemin, tant bien que mal, pour enfin se créer un petit éden à leur mesure. Un album délectable qui aborde joyeusement, avec humour et finesse, un des paradoxes les plus humains qui soit: le besoin de se sentir pareil aux autres, de faire partie d'un tout, malgré son unicité.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Rien n'est moins sûr

Par Fabien Soret, L'Atelier du poisson soluble,

«Les réflexions d'une petite fille sur le monde et la réalité : tout n'est peut-être bien qu'une question de point de vue...»

Une drôle de petite ballade dans l'envers du décor, au coeur de la notion de remise en perspective d'une réalité qu'on croit souvent immuable. Une quête identitaire aussi, en quelque sorte. À travers le regard de cette petite fille qui s'interroge, le monde devient un kaleidoscope de possibilités, un foisonnement d'êtres aux masques interchangeables. Fabien Soret fait le pari de faire s'épanouir l'histoire dans un univers visuel aux traits simples, enfantins, mais aussi un poil sombres et inquiétants (attention aux petites âmes impressionnables en ce sens, car l'omniprésence des masques peut peut-être faire un brin peur). Un album, pour public averti (pas vraiment pour les tout-petits), d'une douce étrangeté, à aborder en plongeant tête première, pour en savourer la vertigineuse ouverture sur tous les possibles. 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 2 septembre 2011

The Man in the Moon

Par William Joyce, Simon & Schuster, The Guardians of Childhood 1

«Up there in the sky. Don't you see him? No, not the moon. The Man in the Moon. He wasn't always a man. Nor was he always on the moon. He was once a child. Like you. Until a battle, a shooting star, and a lost balloon sent him on a quest. Meet the very first guardian of childhood. MiM, the Man in the Moon.»

Une fable lunaire farfelue et douce pour les enfants qui ont peur des cauchemars. La plume de William Joyce tricote finement un monde attachant et déjanté, où le bonheur et les rêves des tout-petits sont une raison d'être. Évoluant dans un univers aux personnages touchants (surtout l'incroyable MiM!) et aux couleurs envoûtantes, cette histoire, à l'origine même des contes de fées, a définitivement sa place dans l'imaginaire de l'enfance! À découvrir!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Sans toi!

Par Geneviève Côté, Scholastic

«Le lapin et le cochon sont de bons amis même s'ils sont fort différents. Un jour, une querelle éclate et ils décident de ne plus jouer ensemble. Ils tentent alors de démontrer qu'ils n'ont pas besoin l'un de l'autre pour s'amuser. Ils s'obstinent et rouspètent, mais ils réalisent vite qu'ils ont beaucoup plus de plaisir à deux!»

Oh! la belle historiette pour les tout-petits! Exactement le ton et la trame qu'il faut pour sécher les larmes des premières disputes entre amis. Je préfère, et de loin, ce deuxième opus au premier volet que Geneviève Côté nous avait offert avec Comme toi! Et ses illustrations sont totalement réussies, débordantes de sensibilité et de tendresse... Un petit album tout doux et tout simple qui risque fort de devenir un classique!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

jeudi 1 septembre 2011

The Guns of August

Par Barbara W. Tuchman, Ballantine Books

«Historian and Pulitzer Prize-winning author Barbara Tuchman has brought to life again the people and events that led up to Worl War I. With attention to fascinating detail, and an intense knowledge of her subject and its characters, Ms. Tuchman reveals, for the first time, just how the war started, why, and why it could have been stopped but wasn't. A classic historical survey of a time and a people we all need to know more about, The Guns of August will not be forgotten.»

Jamais au grand jamais je n'aurais pensé tomber en amour avec un essai sur la Première Guerre mondiale! Et pourtant, ce fut le cas; un coup de foudre dès la première ligne. La plume habile et accessible de Barbara Tuchman est parvenue à faire l'impossible: saisir la dimension humaine et faillible de la guerre, à travers des portraits de personnages publics savoureux et une narration haletante. Un travail colossal qui fut pourtant reçu avec septicisme par les historiens de l'époque. Or, la recherche rigoureuse et systématique de l'auteure est tout simplement ahurissante! Si cet essai semble d'abord naître du besoin de mettre en lumière la théorie selon laquelle l'issue de la Première Guerre, ainsi que le cycle de guerres qui a marqué le 20e siècle, s'est décidé par les actions de l'Allemagne et des Alliés durant le mois d'août 1914, la valeur exceptionnelle de cette vulgarisation époustouflante et juste en fait incontestablement un incontournable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★