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lundi 31 décembre 2012

Pas pu résister...

Eh oui, après la mise en ligne de mes incontournables de l'année, j'ai trébuché (et heureusement!) sur trois livres absolument sublimes, fraîchement découverts et qui ne pouvaient pas être exclus de mes bijoux de bibliothèque 2012.

Voici donc une petite entourloupe: trois nouveaux titres qui vont rejoindre leurs inoubliables comparses.


Bonne lecture!

Jane, le renard & moi


Par Fanny Britt, illustré par Isabelle Arsenault, La Pastèque

«Hélène est victime de harcèlement et d'intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë...»

Une incursion douce et grave dans l'univers sombre de l'adolescence, à travers le regard souvent dur et cruel de l'autre. Fanny Britt et Isabelle Arsenault tricotent de concert, avec une finesse et une sensibilité peu communes, l'univers d'Hélène, rempli de zones d'ombres et de tempêtes de l'âme. Naviguant en eaux troubles, la narration réussit le tour de force de ne pas verser dans la tragédie grecque, nuançant plutôt avec justesse et simplicité une réalité bigarrée où l'espoir est encore permis; nuances que les illustrations délicieusement hors du temps, aux traits éloquents, viennent souligner avec sagacité. Un incontournable chamboulant à lire absolument.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

Quelque chose de grand


Par Sylvie Neeman, illustré par Ingrid Godon, La Joie de Lire

«Une grande question pour un petit enfant...»

Un délice tendre et juste, d'une douceur infinie. Sylvie Neeman brode délicatement une histoire toute simple, celle d'un enfant à l'âme sage; bercée par l'univers visuel d'Ingrid Godon aux traits naïfs, ébouriffés et à la transparence éloquente, sa plume agile sait dire avec finesse la candeur et l'authenticité. Un opuscule émouvant, ode à l'enfance et à sa clairvoyante spontanéité. Délectable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

vendredi 28 décembre 2012

Histoires du loup qui habite dans ma chambre


Par Hervé Walbecq, École des Loisirs, Neuf

« ''Il neige dans ma chambre. Autour de moi tout est blanc. On ne voit plus mes jouets, on ne voit plus ma couette. Mon lit est une montagne de neige. Le vent est entré par la fenêtre un matin de printemps, il a pris place dans ma couette et n'a plus voulu repartir. Au loin un loup m'appelle. Ce n'est pas un loup méchant, c'est un loup triste. Il n'en peut plus d'être seul. Il me demande de venir vivre avec moi. Sans plus attendre, je prends mon sac à dos, un bonnet dans l'armoire, et je traverse une grande forêt de sapins. Ma vie est décidément pleine de surprises.'' »

Un petit bijou de livre, à mi-chemin entre le rêve et la vérité. Hervé Walbecq tricote avec une finesse inouïe l'histoire d'une chambre pas comme les autres à travers les mots en dentelle de l'imaginaire bouillonnant de l'enfance. Petit à petit, d'historiette en opuscule, se dessine le portrait échevelé de la vie aux mille possibles d'un enfant au regard tendre, et candide, et juste, et vrai. Une brise de délicieusement improbable et de joyeusement farfelu dont vous vous délecterez à coup sûr...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mardi 25 décembre 2012

Les incontournables de l'année, selon Lili...

Eh oui! Le temps des réjouissances où on fait bombance est de retour une fois de plus... et avec lui, celui des bilans, des rétrospectives.

Après une année complète de lectures à tous vents, je vous propose mes 15 incontournables de 2012.




Régalez-vous!... et pour ceux qui voudront se les procurer, courez-donc chez un libraire indépendant, question de faire un pied-de-nez du temps de Fêtes aux grandes surfaces!

Petit lapin et Doudou-bleu



Écrit et illustré par Tatyana Feeney, Scholastic

«Petit lapin est inquiet. Sa maman veut laver Doudou-bleu. Mais après, sera-t-il aussi doux? Sera-t-il aussi bleu? Pour Petit lapin, l’avenir de son doudou, c’est du sérieux!»

Une fraîche bouffée d'enfance ou quand la vie sans doudou était inconcevable (vous vous souvenez?)... Tatyana Feeney chuchote une tendre histoire, toute simple et évocatrice, plongeant habilement le lecteur au coeur d'une grande angoisse de petit. Un coup de coeur pour l'univers visuel aux traits épurés et doux qui raconte avec éloquence et sensibilité. Un classique à découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

vendredi 14 décembre 2012

Cheveux rester


Par Lewis Trondheim, illustré par Guillaume Bianco, Dupuis, ZiZi Chauve-Souris 1

«Et si la meilleure amie des petites filles n'était ni un poney rose, ni une licorne blanche...»

Hybride exquis entre Mafalda et Tim Burton, le personnage de ZiZi est l'anti-héroïne parfaite: un peu bravache, délicieusement indomptable et évoluant dans un univers joyeusement étrange. Lewis Trondheim, de concert avec l'univers visuel ébouriffé de Guillaume Bianco, tricote une aventure hilarante, où l'inattendu déroute avec bonheur. Une série prometteuse qui fait un audacieux pied-de-nez aux certitudes et dont vous ne pourrez que vous délecter.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 12 décembre 2012

C'est pour mieux te manger!


Écrit et illustré par Françoise Rogier, Atelier du poisson soluble

«Il était encore une fois un Petit Chaperon rouge qui s'en allait porter une galette et un pot de saindoux chez sa mère-grand...»

Totalement croquable, cette version sans dessus dessous du vénérable Petit Chaperon rouge! Françoise Rogier tricote à rebours et sans vergogne une entourloupette exquise, maintenant le lecteur en haleine jusqu'à la toute dernière page, le surprenant joyeusement au détour d'un sentier. Ébouriffé et grinçant, l'univers visuel fait délicieusement frissonner, sans trop effaroucher. Un petit opuscule malicieux et déroutant qu'il fera bon dévorer en famille!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

lundi 10 décembre 2012

Olivia, reine des princesses


Par Ian Falconer, Seuil jeunesse, Olivia

«Une petite truie (rose, bien sûr) dans une robe rose, ça ferait une jolie princesse. Mais notre Olivia ne se voit pas en rose, et pas vraiment en princesse non plus, d'ailleurs.»

Humour savoureux, personnage craquant, dialogues délicieusement hors normes: enfin, une petite héroïne qui secoue les préjugés! Dans cette aventure rafraîchissante de l'inénarrable Olivia, Ian Falconer prouve au lecteur avec finesse et une touchante verve que ce ne sont heureusement pas toutes les petites filles qui rêvent de rose bonbon et de fins édulcorées. Un sublime remède contre le conformisme qui rappelle gentiment que même les plus petits savent prendre position...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



Pour le lire en version originale

dimanche 9 décembre 2012

L'âge de cristal


Scénario et dessins par Julien Neel, collection Tchô, Série Lou tome 6, chez Glénat.
Résumé de l'éditeur 
«Un beau jour, de grands cristaux roses transpercent anarchiquement le cœur de la ville. Depuis, Lou partage son temps entre un programme de collecte de données scientifiques pour le gouvernement, la garde d'un petit frère obnubilé par les dinosaures et les sorties en boîte de nuit. Elle se dit quand même que c'est un peu n'importe quoi, mais pas désagréable. Cette sensation ouateuse, ce flottement incertain... Est-ce que c'est ça, devenir adulte?»
Un sixième tome tant attendu, que je viens tout juste de lire, tout neuf, tout beau, tout fraîchement débarqué de France dans ma boîte aux lettres parce que je n'avais pas la patience d'attendre janvier pour le dévorer...  et j'ai été déçue. Vraiment. Déçue par le changement radical de style dans la mise en image; la fraîcheur, la candeur du trait d'avant laisse place à un style plus épuré, mais aussi plus brouillon (comme si l'illustration était restée suspendue au stade de l'esquisse), et tellement moins éloquent et sensible. Si au moins l'histoire était enlevante... Mais honnêtement, même si je comprends le concept de mise en abyme que Julien Neel a tenté de développer, le résultat n'est pas des plus heureux; la scénarisation semble chaotique, bancale même, ficelée avec une désolante maladresse par endroit, et sans les «explications» des pages du journal de Lou à l'intérieur des rabats de la couverture, on n'y comprendrait absolument rien. À des lieux de ce à quoi l'auteur nous avait pourtant habitué: terminéee la scénarisation habile et hilarante, envolé le délicieux cynisme adolescent de Lou, disparue la cocasse désinvolture de sa mère. À la place, le lecteur est plongé dans le fameux flou de cet «âge de cristal», un flou qui malheureusement n'a rien d'artistique. Malgré les pressions des inconditionnels de la série Lou, un tel sixième tome n'était peut-être pas nécessaire, si l'auteur n'en avait apparemment pas envie...


Lili lui donne: ★ ★ ☆ ☆ ☆

jeudi 6 décembre 2012

La Punaise


Par Thierry Dedieu, illustré par Frédéric Marais, Sarbacane/Amnesty International

«Par mégarde, un écolier envoie la punaise qui se trouvait sur sa table, sur la chaise du maître. Les conséquences sont terribles: le monde s'arrête de tourner. Toute la population se réfugie dans un bunker et, pendant ce temps, les enfants écoutent la Terre respirer.»

Un petit bijou tout en finesse et en subtilité. Thierry Dedieu évoque en quelques mots justes la bêtise de l'Homme et stimule la réflexion en proposant une fin délicieusement orchestrée qui laisse la porte grande ouverte au débat. Soutenue par l'univers visuel audacieux de Frédéric Marais, tout en silhouettes,  proposant au lecteur l'ombre d'un monde qui semble familier, cette histoire toute simple bouleverse judicieusement les repères, faisant confiance au lecteur pour la suite des choses. Sublime et incontournable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  


lundi 3 décembre 2012

Émile veut un plâtre


Par Vincent Cuvellier, illustré par Ronan Badel, Gallimard Jeunesse Giboulées, Émile 4

«Émile veut un plâtre. C'est comme ça et pas autrement!»

Une autre hilarante aventure de cet inimitable Émile. Cette fois encore, la collaboration Cuvellier-Badel est irrésistible: la narration délicieusement rythmée de Cuvellier, et son Émile pour qui la vie est sans compromis, est relancée par l'humour visuel exquis de Ronan Badel, dont l'éloquence de composition des illustrations fait vivre avec justesse une enfance joyeusement déjantée. Un petit album cocasse qui en fera sourire plus d'un...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 1 décembre 2012

L'étrange réveillon


Par Bertrand Santini, illustré par Lionel Richerand, Grasset Jeunesse, Lecteurs en herbe

«"Arthur était
Un orphelin
De sept ans
En disparaissant,
Ses parents lui avait légué
Une fortune immense
Et un chagrin
D'égale importance
Son malheur 
L'avait rendu riche,
Si riche,
Que tous ses voeux
Pouvaient être exaucés
Pourtant,
L'enfant s'ennuyait."»

Un opuscule délicieusement déroutant qui ose fouiller l'obscurité, s'aventurer dans la part sombre de l'âme, tout en gardant bien vibrant l'espoir d'un bonheur. La plume de Bertrand Santini, fine et juste, tricote tout doucement une histoire étrange et touchante, un petit morceau d'enfance troublée, où l'imaginaire prend une grande place, ouvre les portes sur un monde de possibles. Relançant la narration, l'univers visuel sensible de Lionel Richerand, tout en ombre et en subtilité, secoue les repères du lecteur, lui faisant découvrir que sous l'improbable et le saugrenu se cachent souvent d'authentiques miettes de joie. Un sublime album naviguant habilement en eaux jusque-là peu explorées... 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

jeudi 29 novembre 2012

Allô Vénus


Par Michaël Escoffier, illustré par Matthieu Maudet, Thierry Magnier

«Allô Vénus? Ici la Terre. On a un problème.»

Un savoureux petit morceau d'imaginaire et une fraîche bouffée d'enfance. Michaël Escoffier tricote une aventure tendre et cocasse, où le saugrenu fait sourire, et où les certitudes du lecteur en prennent joyeusement pour leur rhume. Sympathique hybride entre album et BD, cet opuscule hilarant vous fera réaliser habilement que la limite entre fiction et réalité est parfois plus mince qu'on pourrait le croire. 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 26 novembre 2012

Le géant petit cadeau


Par Rémi Courgeon, Flammarion, Père Castor


«Pour mes 8 ans, ma grand-mère m'a offert une bille minuscule. J'étais très déçu, je l'ai jetée par la fenêtre. Depuis, quelque chose grandit dans le jardin...»

 Une aventure délicieusement muette, déjantée à souhait. Rémi Courgeon ose le silence. Un silence coquin et vivant. Il fait taire les mots, laissant la parole aux illustrations; un univers visuel fin et tendre qui, avec une éloquence qui ferait rougir d'envie certaines narrations conventionnelles, plonge le lecteur dans un monde où la nature n'en fait qu'à sa tête. C'est un petit bijou d'album, hybride astucieux, qui sait allier habilement audace et délicatesse, au grand bonheur du lecteur.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

dimanche 25 novembre 2012

L'ours brun qui voulait être blanc


Par Jean Leroy, illustré par Bérengère Delaporte, Les 400 coups

«Un ours brun qui, s'ennuyant dans sa forêt, décide de partir à l'aventure. Au bout de plusieurs jours de marche, il arrive au pôle Nord et découvre un monde inconnu. Un territoire où tout est blanc, même les ours...»

Petite virée sympathique sur fond de banquise. Si la narration de Jean Leroy est trébuchante par moment, semblant errer sans but, l'univers visuel de Bérengère Laporte, tendre, candide, mène habilement le lecteur d'une illustration à l'autre, racontant avec éloquence, proposant mille et un détails, nourrissant l'imaginaire avec sensibilité. De la douceur délicieuse pour les yeux...

Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mardi 20 novembre 2012

Dormir avec une fille


Par Olivier de Solminihac, illustré par Pacal Lemaitre, École des Loisirs, Mouche

«C'est une soirée importante pour maman: elle a invité une amie qu'elle n'a pas revue depuis vingt ans. Stéphane a fait de son mieux pour l'aider. Il a abandonné son dessin d'avion pour ranger sa chambre. Quand les invités ont sonné, il est allé ouvrir. Il a été présenté à Léa, la fille de l'amie de maman, qu'il ne s'attendait pas à trouver si jolie. Après l'apéritif, il s'est occupé de Léa et lui a montré sa chambre. Ils ont joué. Et puis l'heure a tourné. Stéphane s'est inquiété : les invités allaient dormir où? Quand maman lui a expliqué que cette nuit Léa dormirait dans sa chambre avec lui, Stéphane s'est écrié : Quoi?»

Petit morceau d'enfance cocasse et tendre. Olivier de Solminihac propose une bouffée de fraîcheur à hauteur d'enfant, un plongeon au coeur d'une des grandes peurs des plus petits (et de certains grands!): celle de l'Inconnu, de l'Imprévisible. Habilement mené par une plume délicieusement candide, et porté par les traits échevelés d'un univers visuel éloquent, ce coquin opuscule fera rigoler à coup sûr.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

La fille verte


Par Vincent Cuvellier, illustré par Camilla Engman, Gallimard Jeunesse, Giboulées

­" «Une fleur! J'ai fait une fleur! Ma première! Une petite, toute petite, toute blanche, au creux de ma main. C'était d'abord un bouton, comme un bouton de rose, puis une fleur, une vraie, avec des pétales, un pistil et tout et tout. C'est bizarre... je ne savais pas que je pouvais faire une fleur. Une jeune fille, ça ne fait de fleurs.»"

Étrange soliloque, fleuri de mots d'une douceur infinie. Vincent Cuvellier plonge le lecteur au coeur même de l'âme d'une jeune fille, à mi-chemin entre l'enfance et l'adolescence, brodant l'histoire entre les lignes, finement, faisant parler les silences, basculant audacieusement de l'autre côté du miroir, de sa plume aérienne d'une éloquente sensibilité. Voguant dans l'univers visuel tendre de Camilla Engman, cet opus sublime et troublant est un vrai bonheur littéraire. À découvrir sans tarder...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



lundi 19 novembre 2012

De concert avec la nature


Écrit et illustré par Thierry Dedieu, Petite Plume de Carotte, Magnus Philodolphe Pépin 3

«Dans le troisième volet de ses aventures, ce petit bonhomme, haut comme deux pommes, va nous guider au fil de ses balades, de ses expériences, de ses rencontres avec des animaux qui vont lui donner envie de chanter, de composer et d’inventer les instruments de musique les plus fous pour y arriver. Il décide même de devenir chef d’orchestre et de réunir cigale, sauterelle, grillon, pic vert, crapaud, lapin, oie, souris et rossignol pour le plus beau des concerts.»

Ah! Cet infatigable Magnus Philodolphe Pépin. Toujours aussi farfelu et déterminé. On le retrouve donc avec bonheur dans cette troisième quête scientifico-rocambolesque, prêt à tout pour parvenir à ses fins. D'idées saugrenues en constructions fantaisistes, il est fidèle à lui-même: délicieusement inventif au grand plaisir du lecteur. Si la narration de cette aventure toute neuve est habile et remplie de rebondissements, la fin m'a toutefois fait grincé des dents: ni vraiment ouverte, ni bien bouclée, elle laisse le lecteur dans la grisaille de l'incompréhension. Tellement dommage pour un album qui, jusqu'à l'avant-dernière page, voguait dans le grandiose et le mémorable... Déçue. Vraiment.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mercredi 14 novembre 2012

Le roman d'Ernest et Célestine


Par Daniel Pennac, d'après Gabrielle Vincent, Casterman

«Ernest, le gros ours clown et musicien qui ne veut pas devenir juge, et Célestine, la petite souris dessinatrice qui ne veut pas devenir dentiste, osent devenir amis et provoquent l'indignation du monde des ours et celui des souris. Ces deux mondes, qui s'évitent mais ne peuvent vivre l'un sans l'autre, vont tenter de les séparer. Une leçon de tolérance et de liberté.»

Enfin, la VRAIE histoire d'Ernest et Célestine. Sans censure (ou presque, parce que bon, il y a bien un moment où... mais je vous ne le dirai pas!). Avec des détails tout plein, et de l'action... de la douceur et des fous rires. Et tout ça mené d'une plume de maître par l'inimitable Daniel Pennac; quoi que «mené» soit un bien grand mot, puisque Ernest et Célestine ont aussi voix au chapitre... et le Lecteur également, tant qu'on y est. Un roman chorale, disons. Un chœur de la Vérité.Un plongeon inoubliable dans un monde délicieux, un monde où il fait bon peindre, dessiner et faire de la musique,... et où le chocolat chaud coule à flot. Une épopée rocambolesque et ricaneuse pour cet improbable, mais incontournable, duo de la littérature jeunesse. À lire sous la couette... et à relire... et à relire...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  





vendredi 9 novembre 2012

La petite vieille du rez-de-chaussée


Par Charlotte Bellière, illustré par Ian De Haes, Alice Jeunesse

«La petite vieille du rez-de-chaussée part tous les jours faire ses courses. Mais elle marche lentement et ne voit plus très bien et doit pourtant traverser le grand carrefour qui lui fait peur. Elle a l'habitude de prendre la main d'un passant pour franchir l'obstacle. Mais un jour, un jeune homme pressé refuse de l'aider.»

Une tendre incursion dans ce que l'humain a de plus pur au coeur de lui: la solidarité. Charlotte Bellière et Ian De Haes tricotent une aventure rocambolesque et émouvante, travaillant de concert, faisant valser mots et illustrations sur la musique douce et lumineuse de cette histoire pas comme les autres. On s'attache tout de suite à cette vieille mamie, chambranlante d'incertitude et à l'improbable faune de cet immeuble singulier; personnages mémorables que le lecteur découvre avec délice, étage par étage, guidé avec sensibilité par un univers visuel aux teintes chaleureuses et utilisant avec éloquence l'ombre et la lumière. Un petit bijou de bibliothèque, à lire et à relire. Inénarrable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



jeudi 8 novembre 2012

The Tooth Mouse


Par Susan Hood, illustré par Janice Nadeau, Kids Can Press

«In many countries around the world, there is no such thing as the Tooth Fairy. Instead, there is the Tooth Mouse! This modern fable, set in Notre Dame Cathedral in Paris, tells how an aging French Tooth Mouse names her successor. Can little Sophie meet the three contest challenges? Can she prove she is the right mouse for the job of La Petite Souris?»

Un délice de l'enfance où on comprend enfin comment s'organise la Souris des dents avec toutes ses quenottes. Susan Hood, à la plume fine et juste, brode une histoire tout en dentelle, multipliant les personnages attachants et les savoureux rebondissements. Et quel univers visuel époustouflant! Janice Nadeau rivalise de douceur et d'éloquence avec ses teintes en sourdine, ce petit look vieillot si tendre et si vrai, et cette vie qu'elle insuffle à la narration, la relançant habilement de ses mille et un détails. C'est un petit bonheur d'album, en voie de devenir un classique, et qui, je l'espère, trouvera vite un éditeur pour la traduction française. Sublime!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

mercredi 7 novembre 2012

La lignée


Par Carole Trébor, Gulf Stream, Nina Volkovitch 1

«Une adolescente, une mission, un destin Envoyée à l'orphelinat de Karakievo parce que ses parents sont considérés comme des "ennemis du peuple", Nina Volkovitch a fait le serment de s'enfuir et de retrouver sa mère, emprisonnée dans un goulag de Sibérie. Mais comment s'enfuir d'un tel lieu quand on a quinze ans, et qu'on en paraît douze? Ce qu'elle ne sait pas, c'est que sa mère a pris soin de dissimuler de précieux indices pour l'aider à s'échapper, mais aussi pour lui révéler les dons particuliers qu'elle possède sans le savoir. Car Nina est la descendante des Volkovitch, une illustre famille qui détient des pouvoirs aussi prodigieux que terrifiants. Et c'est elle, Nina, qui représente le dernier espoir face à un ennemi plus menaçant que la dictature soviétique...»

Décevante percée dans le monde austère et implacable de l'ère stalinienne d'après-guerre. Tout semblait pourtant si prometteur, à la lecture de la quatrième de couverture: la fille d'une rebelle injustement emprisonnée sous le régime de Staline, part en quête de sa mère, découvrant au passage des pouvoirs qu'elle ne soupçonnait pas posséder. Or, la narration, malgré l'apport rythmique certain de chapitres courts, évolue à la vitesse d'une tortue. On se traîne tout au long des cent premières pages, subissant une interminable mise en contexte, suivie d'un fin remplie d'action... mais qui n'aide en rien à la compréhension du lecteur. L'intrigue se termine sur les questionnements de l'héroïne concernant son identité et ses pouvoirs (questionnements évoqués dès la quatrième de couverture dois-je le rappeler), laissant le lecteur dans le noir total au sujet de cette fameuse lignée des Volkovitch et de ces mystérieux dons (ou malédictions si on sait lire entre les lignes). Bien sûr, il y aura une suite, prévue au printemps prochain en Europe; prochain tome au cours duquel, il est à souhaiter, le lecteur comprendra enfin une partie de l'histoire. Cela dit, je me suis sentie flouée, en tant que lectrice, j'ai senti qu'on me trimballait allègrement, sous-estimant mon intelligence, supposant que je ne verrais pas l'absence d'évolution dans l'intrigue et que je goberais sagement cette fin si enrageante. Un amère regret donc, que cette lecture.


Lili lui donne: ★ ★ ☆ ☆ ☆

samedi 27 octobre 2012

Prune cherche son style


Par Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo, Frimousse, Prune 4

«Prune cherche son style, et après plusieurs tentatives du type "Rebell’s" ou "Monochrome", elle finira par revenir à l’essentiel et finalement se rendre compte que du style... elle en a!»

Prune un jour, Prune toujours! Un quatrième opuscule déjà pour cette héroïne à l'humour délicieux et au verbe truculent. Cette fois, par contre, la trame manque un brin de ressort. Si la prémisse est intéressante (on se demande bien quels styles étranges séduiront l'inimitable Prune), l'intérêt s'émousse en chemin; à se demander s'il y avait vraiment assez de matière pour une nouvelle aventure prunesque. Toutefois, si l'histoire est un brin maladroite, la verve de l'héroïne fait sourire de bon coeur. Et puis, il y a le chaleureux et cocasse univers de Kris Di Giacomo qui, cette fois, sauve la mise en relançant habilement la narration, multipliant les apartés visuelles, et racontant à sa manière les tribulations rocambolesques de Prune et de sa bande. À feuilleter tout de même, parce que Prune, elle est indémodable!

Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆




vendredi 26 octobre 2012

Dans la nuit blanche et rouge


Par Jean-Michel Payet, Grandes Personnes

«Pétrograd, février 1917. Dans une Russie tsariste épuisée par des années de guerre, où grondent la famine et le mécontentement, la comtesse Tsvetana Kolipova, 17 ans, rêve d'un monde qu'elle voudrait plus juste. Contribuant à une revue clandestine, la jeune fille découvre bientôt un secret familial qui va balayer ses repères et la propulser dans le tourbillon de la Révolution.»

Plongeon haletant dans le tumulte de la Révolution russe de 1917. Jean-Michel Payet détricote avec habileté l'inextricable contexte socio-politique de l'époque, narrant avec précision le destin mouvementé et déchirant d'une galerie de personnages auxquels on s'attache dès les premières lignes. Si les rebondissements sont malheureusement un poil prévisibles, et qu'un resserrement de l'intrigue aurait été profitable (en diminuant le nombre de points de vue différents d'un même événement par exemple), il s'agit malgré tout d'un tour de force littéraire, un cours d'histoire prenant, transmis au lecteur par le biais de judicieux chapitres courts, articulé dans une langue d'une fine simplicité. Et, phénomène rare, la jeune héroïne de 17 ans, Tsvetana Viktorovna Kolipova, fait face à l'improbable et à l'inattendu non pas avec une maturité adulte factice (comme c'est trop souvent le cas en littérature pour la jeunesse), mais bien avec toute la fougue, les doutes, les hésitations et l'insouciance d'une jeune femme venant tout juste de tourner le dos à l'adolescence. Un opus bien dodu, dur, âpre, inflexible comme ont pu l'être toutes les parties impliquées dans la Révolution (les tsaristes, comme les Bolcheviks), mais aussi rafraîchissant de candeur et de sensibilité; un savoureux paradoxe à découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 21 octobre 2012

La légende du chien noir


Par Levi Pinfold, Scholastic

«Un jour, un chien noir vint rôder autour de la maison de la famille Lespérance. Le père fut le premier à l’apercevoir...»

Sublime incursion dans le monde mystérieux et irrationnel de la perception. Levi Pinfold tricote une histoire tout simple, mais si fine, si juste qu'on ne peut que tomber sous son charme. D'autant plus qu'il plonge judicieusement le lecteur dans un univers visuel au charme vieillot, fourmillant de détails savoureux et enrichissant habilement la narration par son imaginaire cocasse et ses propositions alternatives. Un incontournable petit bijou de bibliothèque, pour les petits et les grands, que vous ne pourrez vous empêcher de relire encore et encore. Exquis. Tout simplement.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★




Pour le lire en version originale

lundi 15 octobre 2012

La petite fille dans la tête - où l'on comprend qu'on peut avoir cinq ans toute sa vie


Par Marie-Aude Murail, illustré par Rosa Morel-Flouzat et Benoît Morel, Oskar jeunesse, Trimestre


«Il y a une petite fille qui vit dans la tête d’une grande personne. Elle a 5 ans, mais elle est beaucoup plus petite qu’une petite fille de cinq ans puisqu’elle tient dans la tête de la grande personne. On ne sait pas si cette petite fille a des parents. Elle, elle pense qu’elle en a, mais qu’ils ont dû faire un long voyage. Son papa est le roi. Sa maman est la reine. Elle est la princesse. Quand elle attend son papa et sa maman, elle s’assoit sur une chaise en paille, toute petite, qui se trouve dans la tête de la grande personne. Il n’y a pas grand-chose à faire dans la tête de la grande personne. Il n’y a pas un seul jouet. Il n’y a pas d’autres enfants. Il n’y a même pas de maîtresse d’école. Il faut dire que c’est vraiment petit dans la tête de la grande personne. »

Voyage troublant au coeur de la vie et de son cycle perpétuel. Marie-Aude Murail murmure au lecteur une histoire douce et mélancolique, escapade juste et tendre dans les méandres de l'âme humaine. L'univers visuel de Benoît Morel, tout simple, à la candeur ébouriffée, souligne avec finesse le déroutant paradoxe de ce texte singulier: la vulnérabilité et la force vive qui semblent être les pierres angulaires de cette fameuse petite fille. Un opuscule remuant à ne pas manquer.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 


Paru en 1993, chez Milan, illustré par Olivier Poncer,
 sous le titre: «Son papa est le Roi»


vendredi 12 octobre 2012

Sans le «A»: anti-abécédaire


Par Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo, Kaléidoscope

«Une seule lettre manque et le sens du mot change complètement. Cet abécédaire humoristique amène l'enfant à réfléchir tout en lui apprenant à lire.»

Un abécédaire délicieusement sournois et saugrenu qui fait travailler joyeusement les méninges et pédaler la machine-à-idées. Michaël Escoffier signe ici un petit bijou littéraire, aux possibilités infinies, soutenu par l'univers visuel cocasse et habilement déjanté de Kris Di Giacomo. Un incontournable à mettre entre les mains de tous les amoureux des mots!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

A Little Princess


Par Frances Hodgson Burnett, Collector's Library

«When young Sara Crewe is brought from India to London by her doting father to join Miss Minchin's school, she can have little idea of the change in circumstances that lie ahead. While at first her life of privilege continues, the tragic death of her father and failure of his business change everything. In a dramatic reversal of the tradition fictional "rags to riches" formula, Sara plunges from privilege to penury in the space of one day. Now she is no longer a princess but a beggar, and must depend on the power of her imagination and optimism and the kindness of strangers to lift her above the misery of her circumstances. She is cast out from the comfort of her rooms as Miss Minchin's 'show pupil' into the chill despair of a lonely garret, and set to endure back-breaking work in the school. But if humility, patience and dignity are virtues to be rewarded, will Sara perhaps experience another reversal in her fortunes?»

Un classique de la littérature jeunesse qu'une de mes collègues, libraire jeunesse, m'a sommée de découvrir. Et elle avait vu juste: j'ai été charmée dès les premières pages... Frances Hodgson Burnett plonge le lecteur au coeur d'une Londres encore victorienne, dans l'univers de Sara, où les personnages archétypaux sont légions et où le Bien triomphe sur le Mal inexorablement. Or, si de prime abord, on se méfie d'une plume potentiellement dégoulinante de bons sentiments, on se laisse rapidement porter par l'histoire qui, bien que convenue, jongle si habilement avec les différents caractères des personnages et l'implacabilité du Destin (entravant les desseins de l'héroïne ou lui donnant un coup de pouce, tour à tour) qu'on ne peut que se laisser envoûter par la finesse de l'intrigue. Frances Hodgson Burnett parvient à tricoter avec justesse et éloquence une histoire délectable et sans âge, menée avec aplomb par Sara, l'héroïne qui se bat pour exister envers et contre tous. Un opus qui ne laissera aucun lecteur indifférent...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  


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mercredi 10 octobre 2012

Parce que


Par Agnès Laroche, illustré par Stéphanie Augusseau, Alice Jeunesse, Histoires comme ça

«Trop de "pourquoi", cela peut vite devenir irritant. Pour Nicodème comme pour ses parents...»

Un deuxième opus pour Nicodème, à la timidité si charmante. Malheureusement, si la plume d'Agnès Laroche tricote habilement un quotidien cocasse pour l'inénarrable Nicodème, la magie n'opère pas cette fois. Le fil de l'histoire est légèrement ténu et la chute, un poil maladroite. Tellement dommage... Par contre, que du bonheur en dévorant les illustrations de Stéphanie Augusseau des yeux! Comme dans Nicodème, elle sait faire vivre avec sensibilité et tendresse ce petit bout d'homme candide et attachant, au coeur d'un univers visuel tout en douceur et émotions. À feuilleter donc... malgré tout.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆



dimanche 7 octobre 2012

Mingan, mon village


Par des écoliers innus, illustré par Rogé, La Bagnole, Modèles uniques

«Rogé a visité l'école de Mingan, un village innu au nord-est du Québec. Il y a passé quelques jours, histoire de prendre le temps de photographier chacun des écoliers. Rentré chez lui, dans son atelier des Îles-de-la-Madeleine, un pinceau à la main, il a revisité le regard de ces enfants.De ce séjour à Mingan, Rogé a gardé quinze visages, et quinze textes, des poèmes écrits par les jeunes Innus.»

Une touchante bouffée de grands espaces et d'éternité. Ces jeunes Innus savent dire la nature, et la vie, et la mort avec une plume juste et sensible (il y a du Robert Lalonde en devenir chez certains de ces poètes en herbe!); un plongeon privilégié au coeur d'une culture méconnue, offert avec générosité et authenticité. Rogé a fait un travail admirable en construisant cet album, sélectionnant judicieusement les textes, alternant les longs poèmes, avec les courts, ou la prose afin que chacune de ces petites poésies s'épanouisse et bouleverse le lecteur, puis mettant un visage sur chaque plume, de sa palette aux mille textures, aux teintes sourdes et à l'éloquence tendre. Un petit bijou qui chamboule et qui émeut, dont les concepteurs ont su s'effacer humblement, laissant ainsi toute la place aux mots vibrants de cette jeunesse innue. Superbe!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

vendredi 5 octobre 2012

Fall of Giants

Par Ken Follet, Dutton Publishing, The Century Trilogy 1

«Now, Ken Follett takes readers on a new journey in Fall of Giants. This magnificent new historical epic, and the first novel in The Century Trilogy, traces the fortunes of five interrelated families—one American, one English, one Welsh, one Russian, and one German—as they are buffeted by the extraordinary events of World War I, the Russian Revolution, and the women's suffrage movement.»

Je viens tout juste d'émerger, pantelante, de ce spectaculaire plongeon dans l'histoire mondiale du début du vingtième siècle... Quel travail de maître! La plume de Ken Follet trace avec habileté, justesse, et souci d'authenticité historique, un portrait enlevant de la Première Guerre mondiale, des années précédentes (où tout s'est décidé entre une poignée de diplomates et de «grands» de ce monde) et des années suivantes ayant porté le long processus de la signature d'une armistice discutable (et discutée!). Un défi herculéen si on prend pour acquis que le lecteur connaît déjà la «chute historique» de l'intrigue et que Follet parvient tout de même à captiver, sans faillir, jusqu'à la toute dernière page. En ce sens, l'approche morcelée de Follet, invitant à faire connaissance avec cinq familles d'origines diverses et dont le destin se croise pour le meilleur et pour le pire, dynamise la part importante de faits historiques intégré avec brio dans son intrigue; en choisissant de proposer des chapitres relativement courts et en passant d'une famille à l'autre, sans s'éterniser plus que nécessaire, Follet pique la curiosité du lecteur et lui permet d'apprécier le déroulement de l'action, même à travers les yeux d'une famille qui peut lui être moins sympathique. Il s'agit de la leçon d'histoire la plus envoûtante et surtout, la plus intéressante et efficace que j'ai eue, par l'entremise d'un roman. Si j'ai déjà hâte de lire la suite, je tiens à souligner que Follet signe ici un roman complet en soi, qui tout en donnant le goût de poursuivre l'aventure au sein de ce siècle marquant, pourrait très bien se terminer ici, l'auteur n'ayant pas succombé au besoin de laisser le lecteur artificiellement en haleine en proposant une fin incomplète (ce que j'admire énormément et qui est devenu rare). Une réussite absolue!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



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dimanche 30 septembre 2012

Ma soeur veut un zizi


Par Fabrice Boulanger, La Bagnole

«Ma soeur n'a pas de zizi. Alors le mien l'intéresse beaucoup, beaucoup trop. Il va falloir que papa trouve une solution : je ne sais plus où me cacher! Au secours!»

Petit bijou hilarant et délicieux. Fabrice Boulanger tricote une histoire irrésistible où narration et univers visuel se relancent allègrement,  faisant fuser les rires à coup sûr. Si les illustrations manquent parfois de finesse et de sensibilité (surtout lorsque l'arrière-plan de celles-ci est tapissé de beaucoup trop de motifs colorés), l'éloquence des expressions rend les personnages indiscutablement attachants. Un album rafraîchissant pour les éditions La Bagnole qui nous avait habitué à un castrant carcan éditorial; cette fois, la magie opère, au grand plaisir du lecteur!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 29 septembre 2012

Les enfants font d'épouvantables animaux de compagnie


Par Peter Brown, Circonflexe

«Lorsque Lucie, une jeune oursonne vêtue d'un tutu rose, découvre un petit garçon dans la forêt, elle est aux anges et décide de l'adopter. Mais sa maman la met en garde, lui rappelant que «les enfants font d'épouvantables animaux de compagnie». Lucie est déterminée à prouver le contraire, mais elle réalisera qu'il n'est pas si facile de domestiquer des animaux sauvages, encore moins des petits garçons...»

Cocasse aventure sans dessus-dessous, où les oursonnes savent parler et supplient leur maman pour avoir des «humains de compagnie». Peter Brown entraîne le lecteur de l'autre côté du miroir, avec justesse et humour, échangeant joyeusement les rôles établis, ouvrant l'imaginaire à tous les possibles. Au coeur d'un univers visuel tendre, au charme vieillot, cette histoire toute douce fera rigoler toute la famille.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


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jeudi 27 septembre 2012

20 bonnes raisons d'aller à l'école


Par Michaël Escoffier, illustré par Romain Guyard, Frimousse, Maxi Boum, 20 bonnes raisons

«Un album pour rappeler que ne pas aller à l'école comporte des risques : faire enrager sa mère, porter des couches, atterrir sur un bateau de pirates, etc.»

Délire cocasse et savoureux au coeur de l'imaginaire débridé de l'enfance. Michaël Escoffier convie le lecteur à une ronde saugrenue de «Et si...», s'enchaînant et se déchaînant joyeusement, jonglant avec l'improbable, et tissant un déroutant argumentaire tout en candeur. Navigant avec aisance dans le délectable univers visuel de Romain Guyard, aux traits échevelés et à l'éloquence tendre, cette réflexion déjantée sur l'école en décoiffera plus d'un!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

Nouvelle tête pour Lili...

Eh oui, Lili a profité de la fin de semaine pour se refaire un p'tit look plus dynamique. En espérant que cela vous plaise... et vous donne le goût de flâner à votre guise!

Bon farfouinage!

jeudi 20 septembre 2012

Lulu Walks the Dogs


Par Judith Viorst, illustré par Lane Smith, Atheneums Books for Young Readers, Lulu 2

«The stubbornly hilarious Lulu has decided it's time to buckle down and earn some cash. How else can she save up enough money to buy the very special thing that she is ALWAYS and FOREVER going to want? After some failed attempts at lucrative gigs (baking cookies, spying, reading to old people), dog walking seems like a sensible choice. But Brutus, Pookie, and Cordelia are not interested in making the job easy, and the infuriatingly helpful neighborhood goody-goody, Fleischman, has Lulu at the end of her rope. And with three wild dogs at the other end, Lulu's patience is severely tested. Will she ever make a friend-or the money she needs?»

Une autre aventure délicieusement irrévérencieuse pour cette Lulu au caractère fumant. Judith Viorst pousse encore plus loin cette singulière et joyeusement arrogante communication directe avec le lecteur, introduite dans Lulu and the Brontosaurus, semant ici et là des remarques (et même des préfaces et des chapitres entiers, tiens!) mettant en lumière de sublimes et cocasses invraisemblances dans la narration, et justifiant le tout de sa plume hilarante et coquine. Et puis toujours ce respect pour l'intelligence du lecteur, laissant l'intrigue filer sans assener de morales pontifiantes, sans tenter de réformer Lulu, son insupportable attitude et ses savoureuses réparties politiquement incorrectes. Un bonheur à déguster, encore et encore.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


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lundi 17 septembre 2012

La Délicatesse


Par David Foenkinos, Gallimard

«Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.»

Un délice de roman, tricoté finement et avec tellement de justesse! David Foenkinos plonge le lecteur au coeur de l'Imprévisible: l'existence et ses savoureux clins d'oeil du Destin (tout comme ses inéluctables coups de gueule...), essence même de cette douce mais implacable fragilité de l'humain. Et ce verbe qu'il maîtrise avec tant de fraîcheur, ses mots qui savent dire avec candeur, qui bouleversent, qui font sourire. Un petit bijou littéraire qui vous souffle la Vie à l'oreille, avec une tendre simplicité. Inénarrable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

dimanche 16 septembre 2012

Ferdinand et Joséphine


Par Petr Horáček, Phaidon

«Ferdinand est un ver qui se sent seul. Il vit dans son coin, du côté gauche d'un arbre. Joséphine aussi est un ver qui se sent seul. Elle vit dans son coin, du côté droit de l'arbre. Mais lorsqu'une grosse poire juteuse tombe du ciel, Ferdinand et Joséphine se retrouvent lié l'un à l'autre de plus d'une façon...»

Petit bonheur d'histoire d'amour, version microscopique. Petr Horàcek souffle au lecteur une douce aventure, d'une plume tendre et juste, au coeur d'un sublime univers visuel (qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui d'Éric Carle). Un album tout simple, véritable ode au Destin et à sa charmante part d'imprévisible, à savourer encore et encore.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

jeudi 13 septembre 2012

Au carnaval des animaux


Écrit et illustré par Marianne Dubuc, La Courte Échelle

«C’est carnaval chez les animaux! Tous se préparent à faire la fête. Et qui dit carnaval, dit déguisement. Si certains font preuve de beaucoup d’imagination pour trouver un costume, d’autres optent pour la simplicité. Au carnaval, tout est permis… surtout s’amuser!»

On l'attendait depuis looooongtemps, ce deuxième imagier déjanté de Marianne Dubuc... et voilà qu'il arrive, tout pimpant, à temps pour la rentrée. Et c'est un pur dé-lice. Tout simplement. Après Devant ma maison, Marianne Dubuc réussit (encore une fois!) à réinventer l'imagier, à lui insuffler une vie propre, un imaginaire farfelu et surprenant. Elle fait voyager le lecteur d'une image à l'autre, à cheval sur le fil rigolo de son histoire rocambolesque, repoussant toujours plus loin les limites du conventionnel pour notre plus grand plaisir. Et quelle galerie de personnages! Les animaux, bien sûr, mais aussi, quelques intrus que l'on découvre avec un petit sourire. Un sublime incontournable pour les tout-petits (et les plus grands!).


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

(Pour télécharger un extrait par le biais du site de La Courte Échelle, cliquez ici)

mardi 11 septembre 2012

Mamimouche


Par Christiane Duchesne, illustré par Marion Arbona, Imagine, Mes premières histoires

«Ma grand-mère sait monter dans son pommier sans échelle. Ma grand-mère court très vite, même avec des talons hauts. Ma grand-mère a déjà rencontré le VRAI père Noël. Ma grand-mère s’appelle Mamimouche et… elle n’a pas peur des loups!»

Rafraîchissante variation sur le thème de la grand-mère et du loup, ces ennemis jurés du Petit chaperon rouge. Christiane Duchesne brode habilement une journée bien remplie pour cette Mamimouche hors-norme, bouillonnante de projets, à la répartie bien aiguisée, et qui n'a absolument pas l'intention de se laisser dévorer toute crue. Relançant une audacieuse (bien qu'un brin maladroite par endroit) narration à deux voix, l'univers visuel chaleureux et joyeusement déjanté de Marion Arbona vient nourrir l'imaginaire, semant ici et là de savoureux petits détails à déguster du regard. Un pur bonheur pour les yeux donc, qui fera rigoler les tout-petits à coup sûr.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆