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vendredi 29 avril 2011

Moi, le loup et les vacances avec pépé

Par Delphine Perret, Thierry Magnier

«Partir avec pépé en vacances au bord de la mer, c’est bien. Partir avec pépé et un loup en vacances, c’est beaucoup plus compliqué. Surtout quand le loup est susceptible et pépé un peu largué.»

Trop excellent! Le scénario est drôle et efficace, et la plume finement humoristique; impossible de ne pas sourire en dévorant les aventures de ce trio saugrenu! J'aime aussi beaucoup les traits épurés de la mise en images... et surtout, l'éloquente opacité de la représentation du Grand Méchant Loup. Un délice à lire encore et encore...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

Le Palais des Mille et Une Souris

Par Bernard Villiot, illustré par Joanna Boillat, Toucan, Toucan jeunesse

«Que deviennent les dents de lait que chaque nuit la petite souris échange contre une pièce de monnaie? Loin des regards indiscrets se cache le Palais des 1001 souris. Seules les souris blanches peuvent y pénétrer...»

Oh! La charmante explication à la question que tout enfant se pose: mais où la souris des dents peut-elle bien cacher toutes ces dents qu'elle collectionne... et qu'en fait-elle? L'histoire est habilement menée et les illustrations attachantes avec tous ces menus détails à découvrir à chaque page. À découvrir en famille, tant et aussi longtemps que la souris des dents vient fouiner sous l'oreiller.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Bonjour les hirondelles

Par Hélène Suzzoni, illustré par Isabelle Arsenault, Casterman, Les albums Casterman

«Cette journée d’automne-là pourrait être une journée comme les autres. Pourtant, pour le très sérieux Monsieur Dubout, ce sera un jour extraordinaire : sur le chemin de son bureau, le magnifique spectacle des hirondelles rassemblées pour leur grand départ vers le sud va réveiller chez lui le souvenir enfui de sa propre enfance, et finir par provoquer son propre envol, droit vers le ciel. Là-haut, en compagnie de ses amies les hirondelles, il va vivre des aventures incroyables. Et lorsqu’il reprendra finalement pied sur la terre ferme, ce sera pour mettre en pratique, une fois pour toutes, cette vérité très simple : il n’est jamais trop tard pour savourer la vie et ses surprises, sans attendre et sans réserves!»

Une histoire remplie de fantaisie, qui fait planer l'imaginaire du lecteur entre ciel et la réalité. J'aime bien ces histoires où le rêve se déploie et change à tout jamais une vision morne d'un quotidien trop ronronnant! Les yeux plongés dans les illustrations sensibles, aux textures impressionnantes, j'ai voyagé avec délice avec M. Dubout et ses hirondelles!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 26 avril 2011

Le mystère Tour Eiffel

Par Armand Guérin, illustré par Fabien Lacaf, Glénat
Résumé de l'éditeur:
«En 1906, Antoine Vigier va montrer à sa femme et son fils "son" chantier : la Tour Eiffel, toujours à sa place alors qu’elle ne devait rester que dix ans après l’Exposition Universelle de 1889. C’était un simple ouvrier métallurgiste, mais il a joué un rôle clé pour l’érection de ce monument qui symbolise Paris, la France et le progrès dans le monde entier! C’est l’histoire de sa construction que vous raconte cet album, depuis l’appel d’offre en passant par l’élaboration de ce projet ambitieux, la cabale des artistes contre la construction, et la tentative d’attentat. Découvrez surtout, au travers du symbole de toute une époque, l’avènement des "Temps nouveaux".»

Bon petit policier historique qui entraîne le lecteur dans la part d'ombre de la construction d'un des grands monuments du monde. Le scénario se lit bien, malgré une quantité impressionante de personnages pouvant parfois compliquer la compréhension de l'intrigue. La mise en images, quant à elle, est plutôt conventionnelle et touffue, débordant de détails parfois encombrants, gênant la fluidité du déroulement de l'action. Bref, une BD sympathique mais sans plus.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

Louis la lune

Par Alban Guillemois, Albin Michel

«Le Jeune Louis Verne découvre que sont Ancêtre avait percé Le Secret de La vie Lunaire. C'est le début d'une extraordinaire aventure...»

J'ai tout adoré de cette BD! Tout d'abord, j'ai craqué pour l'habile scénario historico-futuriste, basé sur l'hypothèse (pas si farfelue que ça, après tout!) concernant l'identité du premier «vrai» homme sur la Lune, à savoir Jules Verne, et sur les rencontres singulières qu'il y fit; rencontres influant au passage un sombre et lointain futur. Puis, la part de science-fiction si délicieusement ancrée dans un possible réel m'a fait sourire. Et enfin, j'ai été envoûtée, rien de moins, par l'étrange et attachant univers visuel, à l'ambiance Tim-Burtonesque, à la fois tendre et déroutant. Une réussite, vraiment, à savourer sans jamais se lasser.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

lundi 25 avril 2011

Barzoon Circus - Le jour de la citrouille

Par Jean-Michel Darlot, illustré par Johan Pilet, Glénat, Treize étrange, Barzoon Circus 1

«"Approchez, Mesdames et Messieurs, soyez les bienvenus au Barzoon Circus!" L’Amérique des années 30, ravagée par la Dépression. Le Barzoon Circus, petit cirque itinérant formé de personnalités hétéroclites réunies par Archibald Crimp, promène son spectacle foutraque de ville en ville. Mais le Barzoon Circus n’est pas seulement un cirque : c’est un groupe d’action secret, au service d’un mystérieux organe de renseignements apparemment rattaché à la Maison Blanche. Sous couvert de tournée foraine, la troupe explore le pays de fond en comble, résout d’effrayants mystères ayant attiré l’attention de ses employeurs : et pour commencer, le voici aux prises avec un mystérieux culte de la citrouille dans une petite ville d’Alabama où disparaissent des enfants...»

Étrange BD à mi-chemin entre l'horreur et l'aventure... Il flotte, autant dans le scénario que dans la mise en images, un parfum de Tim Burton, sans, peut-être, la finesse et l'éloquence. Une série sympathique que je m'amuserai probablement à suivre...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

jeudi 21 avril 2011

Amour & Libertinage par les trentenaires d'aujourd'hui

Par un collectif d'auteurs, Les 400 coups

«Les trentenaires d'aujourd'hui sont libres de mener leurs amours comme bon leur semble, affranchis du joug de la morale qui, jadis, contrôlait la conduite amoureuse et réglait les mariages. Cette liberté acquise après plusieurs révolutions de l'amour est-elle aussi devenue un piège pour ceux qui risquent de se perdre dans l'étendue des possibilités? L'amoureux contemporain est souvent montré dans les oeuvres de fiction comme un être cynique, désinvesti, voire désabusé par l'amour. En lisant les textes de ceux à qui nous donnons la parole ici, force est de croire qu'il existe un autre pan à notre imaginaire amoureux. Quinze auteurs nés dans les années 1970 livrent ici leur vision de l'amour non dénuée d'humour noir et d'autodérision, mais aussi nourrie de rêves et d'idéaux propres à leur temps.»

Étrange, ce recueil au titre si prometteur. Je m'attendais à des frôlements et des élans du coeur, mais il s'agit plutôt d'un traité très sérieux, profond, élitiste à la limite, qui étale dans toute sa complexité le mal-être d'une génération à la dérive; les trentenaires ont l'amour sombre si on se fie à ce livre aux mille têtes. Sorti peu de temps après un recueil de nouvelles qui semblait nager dans les mêmes eaux, Cherchez la femme, dirigé par India Desjardins, on constate vite que si on lisait Cherchez la femme avec le coeur, on lit Amour & Libertinage avec la tête. Tout, de la présentation graphique (couverture s'apparentant à une publication universitaire, mise en page très conservatrice, sans artifice) à la préface en forme d'introduction de mémoire de maîtrise, plonge le lecteur dans un univers froid et sans âme, hermétique, aride, mené par des plumes au style grinçant, laborieux même, parfois... Au fil des nouvelles, on ressent, à travers leurs mots, la tristesse, la désillusion, le désespoir des auteures au féminin et, toujours dans le négatif, mais exprimé autrement, le défaitisme et le dépit de leurs collègues masculins. Si les styles sont variés, malgré la noirceur commune qui enrobe tout, toutes les nouvelles ne touchent pas leur but avec autant d'adresse. Certaines plumes, trop fournies, sont difficiles à déchiffrer, tandis que d'autres, nous laissent sur notre faim. À noter les nouvelles de Sophie Cadieux, Jean-Simon Desrochers, Matthieu Simard et l'étrange érotisme de Stéphane Dompierre en guise de conclusion. Un recueil déroutant donc, inégal, qui signe avec un brin de prétention le sort d'une génération, la condamnant au malheur, sans autre forme de procès...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

Le Jardin Voyageur

Écrit et illustré par Peter Brown, chez NordSud.

Quatrième de couverture:
«Dans une ville triste et grise, sans un brin de verdure, vivait un petit garçon nommé Liam. Un jour, il fit une surprenante découverte : un îlot de fleurs sauvages! Hélas, elles avaient mauvaise mine, il fallait à tout prix les aider à pousser. Voilà comment Liam s'improvisa jardinier, sans se douter que son jardin aurait bientôt des envies de voyage...»

Savoureux conte écologique, à la plume absolument divine et garni d'illustrations qui font rêver de verdure bruissante. J'ai suivi avec délice les pérégrinations du petit Liam et de ses courageuses petites pousses vertes. Une histoire qui enchante et qui souffle une brise rafraîchissante d'espoir et de vie. J'ai presque envie de sortir mes gants, ma bêche et ma brouette à la recherche de la fleur perdue...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    


Pour le lire en version originale

La princesse Cornélia veut aller à l'école!

Par Nathalie Dargent, illustré par Nancy Peña, Milan jeunesse

«Les parents de Cornélia ne veulent, à aucun prix, laisser leur princesse préférée aller à l'école. C'est inutile et beaucoup trop dangereux pour une petite merveille de sa condition! Seulement voilà, Cornélia ne voit pas du tout les choses comme ça...»

Idée de base intéressante que celle d'une princesse qui rêve d'aller à l'école alors que ses parents s'y refusent; une savoureuse et cocasse inversion des rôles qui donne lieu à d'amusantes péripéties. La princesse Cornélia est très attachante, avec sa détermination coquine et ses tactiques de fine stratège visant à contourner l'interdit! Les illustrations sont un brin ternes pour la clientèle visée, en excluant toutefois la vie émanant de la petite silhouette joyeusement ébouriffée de la princesse Cornélia; une contradiction visuelle qui vient, dans un certain sens, souligner la différence de convictions entre les générations. Une petite histoire agréable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Par une nuit très très sombre

Par Simon Prescott, Minedition

«Dans un bois très très sombre, il y avait un chemin très très sombre. Et au bout de ce chemin très très sombre, il y avait une ville très très sombre... Lorsque la souris galope sur ses courtes pattes, sous la pâle lumière de la lune, à travers la ville, vers une grande maison sombre, il y a tout autour d'elle des formes et des ombres étranges prêtes à lui sauter dessus. En se laissant emporter par l'atmosphère particulière de cette comptine, on parvient jusqu'à la surprise finale avec un vrai bonheur.»

Quelques petits mots savamment alignés, comme une comptine à faire frissonner de peur... mais cette fois, la magie de l'histoire opère presque entièrement grâce à l'univers visuel sombre et inquiétant que doit affronter la courageuse petite souris. Comme quoi, pas besoin d'un texte interminable pour plonger le lecteur dans une fiction convaincante!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Le Petit Prinche

Par Alice Brière-Haquet, illustré par Camille Jourdy, Glénat, P'tit Glénat

«Il était une fois... un roi et une reine qui s’aimaient très fort et accueillirent avec émotion la naissance de leur petit garçon. Ce prince chéri grandit, avec tout pour plaire : plutôt joli, plutôt intelligent et même plutôt poli! Mais il fallut se rendre à l’évidence que quelque chose clochait dès qu’il ouvrait la bouche : il transformait tous les ‘s’ en ‘ch’! Qu’à cela ne tienne! Ses parents décidèrent de faire de ce petit défaut une règle… Nécessité fait loi ! Aussi, tous ceux qui ne diraient pas ‘ch’ à la place de ‘s’ seraient punis sur-le-champ!Ignorant de sa différenche, tout allait bien pour le jeune prinche, juchqu’au jour où il tomba amoureux d’une princhèche étrangère qui ne savait pas prononcer les ‘ch’…»

Une petite histoire savoureuse et humoristique qui mène le lecteur vers une fin coquine à souhait. J'adore la plume d'Alice Brière-Haquet! Elle est fine et originale, envisageant les contes classiques sous un angle nouveau, à mon grand bonheur. Cette fois, par contre, les illustrations plutôt conventionnelles, vieillottes, éteignent un peu la vivacité et la spontanéité de l'histoire; un choix visuel discutable. Cela dit, il s'agit d'un album qui vaut définitivement le détour!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Death Cloud

Par Andrew Lane, Macmillan Children's, Young Sherlock Holmes 1

«The world’s most famous detective. The most brilliant mind in fiction. But before he became the great detective, who was young Sherlock Holmes? The year is 1868, and Sherlock Holmes is fourteen. His life is that of a perfectly ordinary army officer’s son: boarding school, good manners, a classical education – the backbone of the British Empire. But all that is about to change. With his father suddenly posted to India, and his mother mysteriously ‘unwell’, Sherlock is sent to stay with his eccentric uncle and aunt in their vast house in Hampshire. So begins a summer that leads Sherlock to uncover his first murder, a kidnap, corruption and a brilliantly sinister villain of exquisitely malign intent...»

À lire un jour...


Pour le lire en version française

J'aime pas les bisous

Par Nadine Monfils, illustré par Claude K. Dubois, Mijade

«Ma maman, elle adore me faire des bisous. Moi, j'aime pas ça du tout! Je lui ai expliqué, mais ça n'a pas marché : ma maman, elle a besoin de faire des bisous. Alors, qui en veut?»

Petit album tendre et doux... L'histoire de Nadine Monfils porte le lecteur, de sa plume affectueuse, à travers les tribulations cocasses d'une charmante petite fille anti-bisous et de sa maman câline. Et que dire des illustrations de ce cher Claude K. Dubois? Elles sont délicieusement échevelées et touchantes, comme on les aime. Charmant!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 20 avril 2011

Les lettres de Mortimer - Ma sorcière m'exaspère!

Par Hiawyn Oram, illustré par Sarah Warburton, Gründ, Lettres de Mortimer

«Mortimer est l'assistant d'une sorcière qui voudrait être une princesse. Mortimer a du pain sur la planche!»

Cocasse petit album interactif avec de «vraies» lettres et potions à ouvrir et à lire. Portée par des illustrations ébouriffées et touffues, l'histoire nous mène joyeusement de rebondissements en rebondissements, jusqu'à une fin un poil abrupte, mais tout de même plaisante. J'ai vraiment apprécié la finesse du texte de Hiawyn Oram, qui ayant pourtant été écrit en anglais au départ, a la chance d'être traduit avec brio, adaptant les jeux de mots de façon à ne rien perdre de l'aplomb de la version originale. Sympathique et hilarant...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale (rare)

dimanche 17 avril 2011

Accords sensibles

Par Régis Hautière, illustré par Antonio Lapone, Glénat, Treize étrange

«Gabrielle s’ennuie avec le sage Simon et rêve de Lester le coureur. Lester qui songe à se ranger depuis sa séparation d’avec Anna. Anna, dont Gordon le talentueux trompettiste tombe amoureux sur un coup de foudre. Il ne voit même pas Audrey, qui pourtant l’aime en secret…»

Savoureuse BD musicale sur le thème des rendez-vous manqués. Je me suis délectée du scénario à rebours, qui entraîne joyeusement le lecteur dans une direction puis dans l'autre, pour finalement révéler, au tout dernier moment, le fil qui unit toutes ces miettes de vie. La mise en images, épurée, un brin rétro, nous plonge dans l'univers des bars jazzés, et auparavant enfumés, où l'humain vibre de tout son être au son de la musique, valsant d'émotion en émotion, sensible à ce je-ne-sais-quoi de charmant. Une réussite!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Le caveau de famille

Par Katarina Mazetti, Gaïa

«Elle, c'est Désirée, la bibliothécaire, et lui c'est Benny, le paysan. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire "de son plein gré". Pourtant, ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c'est terminé pour toujours. Et si ça marche…»

À lire un jour...

Le mec de la tombe d'à côté

Par Katarina Mazetti, Actes Sud, Babel

Quatrième de couverture«Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’oeil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. »

À lire un jour...

jeudi 14 avril 2011

L'extraordinaire garçon qui dévorait les livres

Par Oliver Jeffers, Kaleidoscope

«Henri adore les livres... Mais cela n’a rien de rassurant, bien au contraire, tant son amour pour les livres se manifeste de façon inquiétante, alarmante même! Il les DÉVORE! Littéralement.»

J'ai tout simplement adoré ce bijou de livre! L'histoire est captivante et cocasse, et le concept graphique tout simplement sublime; Oliver Jeffers fait pénétrer le lecteur dans l'univers des livres par le biais de textures et d'artéfacts à l'allure délicieusement poussiéreuse des vieux bouquins. Le texte est judicieusement éparpillé à travers les illustrations, comme s'il fuyait Henri le gourmand. Un album à croquer avec les yeux seulement (au contraire d'Henri!)... pour pouvoir le relire encore et encore...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 


Pour le lire en version originale

Conventum

Par Pascal Girard, Delcourt, Shampoing

«Pascal mène une petite vie tranquille à Québec jusqu'au jour où il reçoit une invitation pour une soirée de retrouvailles avec ses anciens camarades de classe. L'angoisse monte ! Il se sent gros et vieux, bien loin de l'image de gagnant qu'il aimerait donner. Course à pied, régime, nouvelle garde-robe, Pascal se donne à fond pour être à la hauteur. Mais le jour J semble frappé d'une malédiction...»

Ouais... Bon... La prémisse est accrocheuse... mais 155 pages, c'est beaucoup trop pour ce que Pascal Girard décide d'en faire. L'histoire propose plusieurs rebondissements cocasses, auxquels on s'identifie même (Ah! Ces retrouvailles...), mais après un certain temps, ça piétine, ça tourne en rond... et ça finit en queue de poisson. Si le scénario m'a laissée un brin sur ma faim, j'ai dégusté avec plaisir, comme à l'habitude, la mise en images de Girard, ses traits simples, presques naïfs, et qui en disent mille fois plus longs que les mots... Lecture douce amère donc... Dommage.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mercredi 13 avril 2011

Le secret de Garmann

Par Stian Hole, Albin Michel Jeunesse, Garmann 3

«Johanne et Hanne sont jumelles, elles se ressemblent trait pour trait, tout le monde le dit. Mais Garmann, lui, les trouve différentes. Il sait combien Hanne est brutale et cruelle, combien Johanne est douce et rêveuse. D’ailleurs Johanne a un secret à partager avec Garmann : il y a dans les bois quelque chose, une sorte de capsule spatiale abandonnée qu’elle veut lui montrer. L’endroit devient bientôt leur cachette, le vaisseau secret où ils se retrouvent, à l’abri des regards ironiques de Hanne et des autres…»

J'ai retrouvé, avec bonheur et pour la troisième fois, Garmann et son monde singulier. Cette fois, c'est l'amour qui guette Garmann derrière chaque arbre de la forêt que Johanne lui fait découvrir, avec, dans l'air, un parfum de Genèse... Toute émoustillée de retrouver le style graphique délectable de Stian Hole, hybride entremêlant habilement photographie et dessin, j'ai été un brin, un tout petit brin déçue par le visuel; le saugrenu et l'insolite semblaient peu au rendez-vous dans les illustrations, bouleversant moins les repères qu'à l'habitude, créant une ambiance un peu plus «réaliste». Comme si la magie devait un peu plus opérer à travers les mots désormais... Cela dit, j'ai été séduite par l'histoire, et par cette douce Johanne aux cachettes secrètes et à la jumelle haïssable... Un peu moins délicieusement déstabilisant que les autres, cet album de Garmann, mais ce n'est pas la faute de l'auteur, c'est la faute à l'amour qui dans son tourbillon nous ramène toujours à l'essentiel!

Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 12 avril 2011

Thalie et les âmes d'élite


Par Jean-Pierre Charland, HMH, Les folles années 3

«1925. Thalie a enfin entre les mains son diplôme de médecine. Elle se rend vite compte qu’il s’agissait de l'étape la plus facile. Il lui reste maintenant à se constituer une clientèle, dans un monde où l'idée qu’une femme fasse carrière soulève tous les soupçons, et à affronter la misère humaine. Heureusement, elle peut toujours compter sur l'appui des membres de sa famille, en particulier sur Mathieu, jeune professionnel qui sera bientôt père. À l’époque, l'économie tourne à plein régime, la province de Québec semble se couvrir de chantiers. Des États-Unis vient un vent de modernité, alimenté par la presse à grand tirage, la musique populaire et le cinéma, qui proposent une façon de vivre plus libre, davantage orientée vers les plaisirs. Mais l'Église catholique entend protéger les âmes contre les idées nouvelles. Depuis le titulaire du diocèse jusqu'au dernier prêtre, dont Émile Buteau, curé de la paroisse Saint-Roch, chacun participe à une véritable croisade contre toutes les dangereuses innovations, depuis le vote des femmes et leur accès aux professions jusqu'aux affiches de cinéma. Mais ultiplier les interdits ne suffit pas. Les membres du clergé cherchent des modèles à offrir à la jeunesse. Les âmes sont soigneusement scrutées, à la recherche d'une religiosité précoce. Un candidat à la sainteté de 16 ans, Raymond Lavallée, devient la cause d'un affrontement entre Thalie, qui entend ramener le garçon à des habitudes de vie plus saines, et son oncle, le curé Émile Buteau, qui alimente sa crainte morbide du péché et sa recherche obsessive de moyens de se mortifier.»

Un autre intéressant volet de la série Les Folles Années. La trame est fort accrocheuse, touffue, riche en rebondissements et permet aux gourmandes comme moi de dévorer littéralement la «vie» de Thalie, Mathieu et Marie, sans égard pour les heures de sommeil que l'enthousiasme littéraire grappille. Un sujet singulier à aborder, encoe une fois, que celui du mentorat un peu trop extrême et obtu que le clergé exerçait sur de jeunes âmes à l'époque, les harcelant psychologiquement sans cesse pour leur supposé salut et assouvissant ainsi, de facon peu orthodoxe, leur propre besoin d'expiation. Charland s'y lance toutes voiles dehors, comme précédemment dans l'affaire d'Aurore, en ne ménageant aucune sensibilité, et en faisant vivre au lecteur la détresse d'une de ces «âmes» presque en temps réel. Un brin trop intense, ce chemin de croix, à mon avis. De plus, encore une fois, Charland ne résiste pas à insérer plusieurs faits historiques dans son intrigue, mais maladroitement, ostensiblement, condamnant le lecteur à subir ces «moments d'Histoire» soulignés à grands traits; j'adore les romans historiques dont la recherche est consciencieuse, mais il est sincèrement plus agréable pour le lecteur lorsque l'auteur sait s'approprier ces faits et les fusionner à la trame, ce que Charland a parfois su faire, bien que trop rarement.  Cela dit, malgré ces incidents de parcours, j'ai bien apprécié ce troisième tome, ce qu'il fait découvrir sur la vie des femmes entre autre... et parce que, définitivement, le destin de la famille de Marie Picard, famille hors norme s'il en est, est indubitablement passionnant!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Le géranium

Par Mélanie Tellier, illustré par Melinda Josie, Marchand de feuilles, Bourgeon

«Philippe-Aubert est un grand-père extraordinaire qui a eu une vie haute en couleurs. Son rêve était de devenir millionnaire. Fin collectionneur de porte-clés en forme de pattes de lapin, il a vécu partout dans le monde et a fait tous les métiers. Il est tombé follement amoureux de Santina qui signifie petite sainte en italien. Mais Santina était indifférente à son amour. Pour l'amadouer il lui donnait chaque jour un cadeau. Il lui disait : "N'ayez crainte mademoiselle, je suis une éponge qui absorbe toutes les peurs, avec moi vous connaitrez le bonheur". Mais Santina acceptera-t-elle son amour?»

Biographie tendre d'un grand-père pas comme les autres, teintée d'une savoureuse histoire d'amour à l'ancienne, et présentée à la manière d'un singulier album-photos. L'histoire de Mélanie Tellier, attachante, bien rythmée, s'entremêle habilement avec la surprenante hypothèse visuelle de Melinda Josie. L'illustratrice bouleverse en effet tous les repères du lecteur, proposant des images sensibles, déroutantes, déstabilisant gentiment au détour d'un personnage, d'un paysage.  Un album qui prouve que le sublime en littérature jeunesse passe souvent par un judicieux échange entre auteure et illustratrice; échange qui fait s'évader le lecteur vers de mémorables horizons. À déguster...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

La Princesse au Secret

Par Carl Norac, illustré par Isabelle Chatellard, Gautier Languereau

«Quand Adèle court, on dirait qu'elle danse. Son prénom est doux et léger. Mais personne ne l'appelle ainsi dans ce pays. Les gens du royaume, qui parlent souvent d'elle, la surnomment la Princesse au Secret. Parfois, on les entend murmurer : "Chut! Savez-vous ce qui est arrivé à la Princesse au Secret?"»

Oh! la douceur infinie de cet album... Carl Norac nous souffle à l'oreille un secret bien gardé, celui d'Adèle et de ce monde qu'elle dévore, qu'elle ressent, qui la fait vibrer, enfermée dans son mystérieux silence. Sa plume virevoltante et délicate croque amoureusement la vie incessante de la nature, nous guidant à pas prudents dans le confortable cocon d'Adèle, jusqu'à l'éclosion finale, la renaissance tant attendue de ces mots qui décrivent et qui aiment. Filant sur les émouvantes illustrations aux mille textures d'Isabelle Chatellard, l'histoire de cette petite Princesse au Secret envoûte indéniablement.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 11 avril 2011

Un Océan dans les yeux

Par Thierry Dedieu, Seuil jeunesse

«Déjà quarante ans que Georges est le gardien du phare des Roches Grises, le bâtiment le plus en mer jamais construit. Depuis qu'il garde cette lumière, plus aucun bateau n'est venu se briser sur ce rocher maudit. Il en est fier Georges, jamais il n'a voulu le quitter. Alors, quand le ministère de la Mer le somme de quitter son poste, il s'accroche. Au péril de sa vie.»

Quelle étrange aventure, sauvage, bruissante et houleuse... Thierry Dedieu croque l'amour des flots de ses mots pleins d'embruns, de ses croquis sépia tout éparpillés et de ses grandes masses de couleurs sombres et grondantes. Un album curieux et émouvant, sans âge, et pourtant vieux comme l'océan... À découvrir.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Que font les Loups quand ils ne font pas peur aux enfants?

Par Céline Lamour-Crochet, illustré par Olivier Daumas, Bilboquet, Cracontes, Que font 1

«Que font les Loups quand ils ne font pas peur aux enfants? Quand ils ne font pas peur aux enfants, les loups s'entraînent intensivement dans une «École pour Apprentis Méchants Loups», mais ils n'ont guère le temps de s'amuser!»

Hypothèse cocasse et fantaisiste quant à la formation de ces fameux loups de contes de fées. L'histoire que nous souffle Céline Lamour-Crochet est habile et farfelue à souhait; sa plume est bien un poil trop franchouillarde, mais on oublie vite l'argot pour suivre joyeusement les loups et leur singulier apprentissage. Et puis, un petit coup de coeur pour les illustrations d'Olivier Daumas; son style non conventionnel, échevelé et rempli de détails hilarants est tout à fait savoureux! Un album qui fait rire de bon coeur!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 10 avril 2011

Alice au pays des merveilles

Par David Chauvel, illustré par Xavier Collette, Glénat, Drugstore

«Le monde magique que découvre Alice en tombant dans le terrier du Lapin Blanc est sombre, effrayant... délicieusement dangereux. Il a perdu toute logique et, pour qui ne connaît pas les règles, le risque est grand de perdre la tête, au sens propre du terme!»

Elle paraîssait si prometteuse, cette BD, avec son ambiance visuelle un peu glauque et saugrenue... Mais j'ai été un brin déçue par ma lecture. Certes, l'adaptation de l'Alice de Lewis Carroll par David Chauvel est habile et agréable à suivre; la confusion et le bizarre de la version originale demeurent, avec peut-être un accent un poil trop prononcé sur la dimension uniquement onirique du Pays des Merveilles. Je préfère la persistance du doute quant à l'existence réelle de ce monde farfelu que Carroll insuffle dans son texte. Puis, concernant le travail visuel de Xavier Colette, il manque également de cette magie inquiétante promise par sa page couverture. En effet, sa mise en images, pourtant bien portée par un camaïeu sombre, propice à l'épanouissement de l'Inattendu et de l'Imprévu, est contredite par sa façon lichée, au trait très net, à la japonaise presque, de personnifier Alice et tous ces étranges protagonistes qui croisent son chemin, ce qui m'a fait décrocher totalement de l'ambiance délicieuse que ses couleurs créaient pourtant. Un lecture douce-amère donc... Dommage.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

Marie et les choses de la vie

Par Tina Mortier, illustré par Kaatje Vermeire, Le Sorbier

«Une histoire d'amour entre une petite-fille et sa mamie. Marie et sa grand-mère sont inséparables. Elles aiment se promener dans le jardin, manger des gâteaux et se raconter des histoires sous le cerisier. Mais un jour, Mamie sombre dans un profond sommeil. À son réveil, elle a tout oublié, les mots, les histoires et les gâteaux.»

Une histoire qui m'a touchée, émue, par sa simplicité et sa lucide candeur enfantine. Les mots de Tine Mortier, à hauteur d'enfant, suggèrent, insinuent et donnent espoir à travers cette petite Marie franche et déterminée à sauver la magie de sa Mamie à tout prix. Et puis, quelle aventure visuelle! Les illustrations douces, sensibles, parfois farfelues mais toujours envoûtantes de Kaatje Vermeire m'ont enveloppée dès la première page. À lire absolument... et pas seulement si le deuil frappe...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Tales from Outer Suburbia

Par Shaun Tan, Arthur A. Levine Books

«You thought you knew suburbia. Then you meet an exchange student from another world, discover a secret room that lets you escape to a place of perfect beauty, find a neighborhood where brightly painted missiles decorate every yard, and wait for a blind reindeer who demands a very special offering...»

À lire un jour...


Pour le lire en version française

vendredi 8 avril 2011

A Red Herring without Mustard

Par Alan Bradley, Doubleday Canada, Flavia de Luce 3

«In the third installment of this bestselling, award-winning, sister-poisoning, bicycle-riding, murder-investigating, mad, merry, and utterly captivating series, Flavia de Luce must clear a woman's name to prevent a grave injustice, while herself trying to avoid an early (and unjust) grave! Flavia de Luce has enraptured critics, scooped up accolades, and enchanted readers the world over... all before her thirteenth birthday! In this wild, wonderful mystery - the third is this madcap series - Flavia comes to the rescue when a gypsy is charged with the abduction of a local child. Flavia must draw upon her encyclopedic knowledge of poisons - and gypsy lore - to prevent a grave miscarriage of justice, and to solve a greater - and far more personal - mystery: What really happened to her long-vanished mother?»

Oui, la magie opère encore une fois! L'inénarrable Flavia de Luce m'a entraînée au coeur de sa bucolique, mais parfois inquiétante, campagne, filant le train à l'assasin à vive allure sur Gladys, la fidèle bicyclette. La plume d'Alan Bradley, fleurie, riche et tordue, comme à l'habitude, m'a menée par le bout de la curiosité tout au long des 400 pages du roman à l'aide d'une intrigue bien ficelée, qui pas un seul instant ne m'a laissée entrevoir son dénouement par mégarde. Un peu plus de sensibilité cette fois dans tout cet écheveau mystérieux, avec une brise du passé et des miettes d'Harriet, la maman disparue trop tôt de la famille de Luce. Pari réussi donc, pour le troisième de cette série singulière et incontournable. 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 6 avril 2011

Les folles journées de Maman

Par Élise Raucy, illustré par Estelle Meens, Mijade

«La maman d'Ernest et Marguerite, elle court, elle file, elle sprinte! Mais quand la vie va trop vite , que tout défile, Maman freine et se pose le temps qu'il faut. Alors, pour toute la famille, c'est la fête!»

Une ode douce et élogieuse à la Maman-aux-mille-tâches des temps modernes! J'ai tout simplement adoré l'histoire d'Élise Raucy, divisée habilement en tableaux étrangement familiers de notre quotidien à grande vitesse; la plume juste et sensible de l'auteure sait si bien dire la vie, telle qu'elle est, avec ses ratés frénétiques et ses bonheurs suspendus. Et puis, il y a les illustrations ébouriffées d'Estelle Meens qui en deux traits de crayons et trois touches de couleurs font tourbillonner le lecteur dans un monde où les minutes dévorent les secondes goulûment. Un opus sublime à offrir à toutes les mamans qui tentent, parfois en vain, de retricoter le Temps qui file...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Les fantômes du Père Lachaise

Par Amélie Sarn, illustré par Laurent Audouin, Le Lézard Noir, Le Petit Lézard, Sacré Coeur 1

«Ce jour-là, au 28 rue du chemin vert, c’est la panique. La petite Lison âgée de six ans, affirme que ses jouets bougent tout seul dans sa chambre. Et si c’était un fantôme? Voilà qui ressemble à une mission pour Sacré-Coeur. Il vient justement de terminer dans son atelier une machine volante équipée d’une "visionneuse spéciale esprits désincarnés". Son enquête mène le garçon jusqu’au cimetière du Père-Lachaise, mais le fantôme qu’il découvre est très différent de ce qu’il attendait.»

Excellent album policier pour la jeunesse! Amélie Sarn nous fait découvrir un pan d'histoire et de mystères à travers l'enquête haletante menée par l'attachant Sacré-Coeur, genre de Gavroche aux mille ressources. L'univers visuel concocté par Laurent Audouin, à mi-chemin entre BD et album jeunesse, est dynamique et fait filer l'intrigue à la vitesse de l'éclair! Et, bonne nouvelle, ce sera un délice à suivre puisque le deuxième tome est déjà sorti en Europe.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

La tortue qui voulait dormir

Par Roberto Aliaga, illustré par Alessandra Cimatoribus, OQO Editora, O

«La tortue est très fatiguée et s'apprête à dormir pour l'hiver. Ses amis viennent un à un se présenter avec des cadeaux pour l'accompagner pendant sa longue période de sommeil hivernale. La tortue est très reconnaissante de toutes ces attentions amicales, mais sa fatigue est telle qu'elle ne désire plus qu'une chose : dormir.»

Conte totalement délicieux et hilarant pour les tout-petits! L'histoire de Roberto Aliaga souligne simplement et avec finesse plusieurs rituels précédant le sommeil à travers l'histoire déjantée de la tortue qui veut hiberner, mais sans succès. Le choix d'une narration répétitive, ronronnante, presque musicale fait en sorte que même la curiosité des plus jeunes sera piquée. J'ai bien apprécié le style coloré et hors normes des illustrations d'Alessandra Cimatoribus; elle a su créer un univers à la fois tordue et réconfortant, ce qui en fera sourire plus d'un!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Il me tarde tant...

Par Moritz Petz, illustré par Quentin Gréban, NordSud, P'tits NordSud

«Edmond, le hérisson, est en voyage, tandis que Sidonie, la souris, est restée à la maison. Mais quand on est tout seul, la vie n'est pas aussi belle qu'à deux alors, ils comptent les jours qui les séparent l'un de l'autre. Or, à l'heure des retrouvailles tant attendues, chacun se retrouve seul sur le quai de la gare...»

Histoire attendrissante de deux êtres qui sont indubitablement faits l'un pour l'autre. La narration de Moritz Petz, voguant d'Edmond à Sidonie, faisant vivre au lecteur leurs deux solitudes, évolue dans un style répétitif, saupoudré de poésie, qui est parfait pour un jeune public. Quant aux illustrations de Quentin Gréban, elles sont, comme toujours, fines, tendres et touchantes, laissant parler l'histoire et ses personnages, et ouvrant la porte sur un univers riche en plaisirs visuels! Une petite douceur pour ceux qui se sentent loin de leur autre moitié...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 5 avril 2011

Vilains orteils

Par Ann Bonwill, illustré par Teresa Murfin, Héritage

«Un magnifique livre dans lequel les enfants découvriront les personnages de Joséphine et d'Isabella. Toutes les deux adorent le ballet, mais Joséphine à de vilains orteils! Heureusement que M. Tempo est là pour l'aider à découvrir son talent.»

Sympathiques tribulations de Joséphine aux «vilains» orteils... La plume d'Ann Bonwill, habile, coquine, virevoltante, nous souffle sa délicieuse histoire à travers les mots de l'imparfaite et si attachante Joséphine que les illustrations de Teresa Murfin, colorées et douces, font évoluer dans un monde débordant de vie. Un album qui souligne joyeusement que la différence peut avoir du bon!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

Ernest Bonjour

Par José Campanari, illustré par João Vaz de Carvalho, OQO Editora, O

«Ce dimanche-là, Ernest était invité à goûter chez sa fiancée Henriette ; le rendez-vous était à dix-huit heures, ni une minute avant ni une minute après. Ernest sortit de chez lui par une après-midi ensoleillée, alors qu’Henriette, sa sœur, sa mère, son père et sa grand-mère préparaient le goûter. Une brise se leva, quelques gouttes de pluie tombèrent, il y eut une averse et il fit beaucoup de vent... pendant ce temps, la famille de la fiancée, déconcertée, regardait l’horloge tourner mais Ernest n’arrivait pas.»

Cocasse mésaventure météorologique sur fond de rendez-vous doux. La plume de José Campanari fait valser habilement les personnages dans un ballet à deux visages. Je suis tombée littéralement en amour avec le personnage d'Ernest, éternel optimiste, et ai été immédiatement séduite par la fébrilité contagieuse de la famille d'Henriette, avec leurs routines réglées au quart de tour. En ce qui concerne les illustrations de Joao Vaz de Carvalho, elles sont amusantes et remplies de ces délices de petits détails à découvrir tranquillement. Un album savoureux à déguster lorsque le Temps file trop vite ou que la grisaille menace le moral.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Félix, le collectionneur de peurs

Par Fina Casalderrey, illustré par Teresa Lima, OQO Editora, O

«Félix n’était pas un enfant comme les autres : Félix était l’enfant le plus peureux du monde!»

Petite historiette toute douce pour les peureux de tous âges. Fina Casalderrey propose une intrigue très simple mettant en vedette Félix le craintif, mais surtout, ses peurs parfois plus grandes que lui. À partir de cette modeste proposition littéraire, Teresa Lima crée un riche univers visuel, un brin sombre, sensible et éloquent, qui fait voyager le lecteur au coeur de la peur. À feuilleter sans crainte... un album qui redonnera le sourire à ceux qui possèdent une âme un brin trop impressionnable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Les petites mamies

Par Charo Pita, illustré par Fatima Afonso, OQO Éditora, O

«Suzette et Violette sont deux humbles petites mamies qui partagent tout, même si leur tout n’est presque rien : soupe à l’eau de lundi à samedi et un demi-vermicelle les dimanches. Mais elles sont heureuses parce qu’elles ont la plus grande des richesses : l’affection de l’une envers l’autre.»

Étrange histoire, à mi-chemin entre les Triplettes de Belleville et Jack et le haricot magique. La plume de Charo Pita mène le lecteur par le bout du nez, le bombardant joyeusement de rebondissements inattendus. Quant aux illustrations de Fatima Afonso, elles sont généreuses et tendres. Bref, une aventure saugrenue mais attachante à découvrir absolument!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 1 avril 2011

Marche ou Rêve

Par Laurel, mis en images par Laurel et Elric, Dargaud, Marche ou Rêve 1

«Harold, 17 ans, rend visite à sa grand-mère en Bretagne pendant les vacances. Heureux de s'isoler pour se retrouver, il fait pourtant face à des révélations qui ébranlent ses certitudes.»

Je ne sais trop que penser de cette BD... De prime abord, tout semble prometteur: la prémisse intrigante de Laurel, le touchant univers graphique de Laurel et Elric... et puis, petit à petit, la tristesse s'empare de l'histoire, pour finir dans un mal-être dérangeant. Je ne peux nier que la mise en images est efficace, éloquente, émouvante, et que le scénario est intéressant... mais je crois que pour la lectrice un brin claustrophobe que je suis, il s'agit d'une BD un poil trop sans issue pour que je puisse vraiment en apprécier la lecture.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆