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jeudi 13 avril 2017

Comme un roman

Par Daniel Pennac, illustré par Quentin Blake, édition anniversaire, chez D'Eux.
Résumé de l'éditeur:
«Enseignant, auteur, père et lecteur, Daniel Pennac livre ici ses réflexions et ses observations sur la lecture et sur la place des livres dans notre vie.»

Les mots peuvent distiller les possibles, évoquer l’inénarrable, faire sourire le prévisible, mais ils peuvent aussi, si on n’y prend pas garde, devenir des épées de Damoclès dogmatiques menaçant sournoisement le plaisir de lire. À nous de nous assurer qu’ils demeurent, aux yeux de tous, des complices de tous les instants, et non pas des ennemis de l’ombre. Dans cet essai incontournable sur le lecteur et la lecture, Daniel Pennac raconte les mots comme on souffle une histoire aux oreilles ébahies de l’enfance. Secouant avec justesse et humour les certitudes (ô ces certitudes du bien-pensant!) d’une société qui semble édifier la lecture au rang de devoir oubliant au passage son essence même,  Daniel Pennac ose clamer, d’une plume à la verve délicieuse, que si l’amour des mots est l’affaire de tous, il importe de le faire naître à l’image de chacun. Un opuscule indispensable dont le Temps n’use pas la pertinence, réédité dans de sublimes atours, et qui, surtout, fait pétiller le regard et rêver entre les lignes. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mercredi 5 avril 2017

Space Dumplins

Scénario et dessins de Craig Thompson, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur:
«For Violet Marlocke, family is the most important thing in the whole galaxy. So when her father goes missing while on a hazardous job, she can't just sit around and do nothing. To get him back, Violet throws caution to the stars and sets out with a group of misfit friends on a quest to find him. But space is big and dangerous, and she soon discovers that her dad has been swallowed by a giant, planet-eating whale. With her father's life on the line, nothing is going to stop Violet from trying to rescue him and keep her family together.»

Dans un futur pas si lointain, où la Terre ne semble plus en être une d’accueil, et où l’humanité est devenue une minorité migrante intergalactique, la société s’organise et se désorganise au gré du plus offrant, calquant le déséquilibre séculaire des privilèges. Au centre de tout ça, Violet (et sa candide détermination) ose prendre sa place dans le chaos ambiant. Et s’il suffisait de se laisser parler le coeur et vrombir l’amitié pour accomplir l’impensable? D’une plume à l’imaginaire foisonnant et à la verve cocasse, Craig Thompson plonge le lecteur dans un space opéra déjanté, aux personnages délicieusement singuliers et aux rebondissements joyeusement ébouriffants. Voguant au coeur d’un visuel touffu et coloré, et usant habilement de références malicieuses à divers univers fictifs et événements réels, cet opus improbable fera rigoler sans vergogne.

Attention toutefois! À cause des nombreux référents et coquins jeux de mots, il est fortement suggéré de lire ce roman graphique en version originale anglaise pour en apprécier pleinement les subtilités: la traduction française ne parvient malheureusement pas à transmettre la finesse du ton original de Thompson.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩


Pour le lire en version française
(peu recommandé!)

dimanche 2 avril 2017

Colère de loup

Par Louison Nielman, illustré par Nathalie Janer, chez Gautier-Languereau.
Quatrième de couverture:
«Un loup en colère surgit dans la cuisine de Maminette... Comment réussir à le calmer?»

Maminette est la reine de sa cuisine (entre autres!). Elle y concocte joyeusement des petits à bonheur à dévorer. Pour tous les appétits (et surtout, les faims de loup!). Or, voilà que cogne à sa porte un vrai de vrai loup. Renfrogné et de mauvais poil. Et pas de Petit Chaperon Rouge en vue. D’abord un brin étonnée, Maminette sent rapidement qu’il y a colère sous museau, et décide de prendre les choses en mains. Tricotant astucieusement entre les mailles des conventions, Louison Nielman réinvente le rôle de Mère-Grand et de son Petit Chaperon Rouge, proposant malicieusement son fin mot de l’histoire, et bousculant sans vergogne le mythe persistant du terrible Loup. S’épanouissant sous la palette ébouriffée de Nathalie Janer, aux tendres et éloquents délavés, cet album sait dire avec justesse et humour cette tempête qui se tapit sournoisement en chacun de nous, défiant la naissance du sourire, et menaçant d'assombrir notre journée sans crier gare.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

samedi 1 avril 2017

Le bois dormait

Écrit et illustré par Rebecca Dautremer, chez Sarbacane.
Quatrième de couverture:
«Dormir, dormir, d'accord! Mais 100 ans?!... C'est un peu long, non?»

Il était deux fois, un Bois qui dormait. Un hameau dont le cours des choses était suspendu aux lèvres d’un Prince qui se faisait attendre. Une histoire de coups du sort et de malchance ensommeillée, jusqu’au bonheur culminant de la tombée des rideaux. Cette histoire se murmure depuis la nuit des Temps. Et bien sûr, tout le monde la connaît. Tous. Petits et grands. Princes passés, et ceux en devenir. Et pourtant, lorsqu’il y mettra réellement les pieds, le Prince, dans ce Bois au sablier figé, il le verra comme si c’était la toute première fois. Avec le regard émerveillé de celui qui se risque à penser qu’il peut, peut-être, s’il l’ose, être l’étincelle coquine qui chatouillera les existences engourdies. D’une plume tout en finesse et en humour, bercée par la palette riche et évocatrice de son univers visuel, Rebecca Dautremer détricote astucieusement les conventions de ce conte usé par des années d’enfance avide d’un imaginaire traditionnel. Jonglant malicieusement entre les dialogues coquins de narrateurs qui ne se laissent pas avoir par le premier mythe venu, et l’éloquence muette d’illustrations à la composition tendre et émouvante, ce sublime opuscule chamboule délicieusement l’ordre établi, chuchotant in petto d’inénarrables possibles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

vendredi 31 mars 2017

Marie-Antoinette : la jeunesse d'une reine.

Scénario et dessins de Fuyumi Soryo, collection Seinen manga, chez Glénat.
Résumé de l'éditeur:
«Marie-Antoinette est l'une des personnalités historiques les plus adaptées en fiction. Sophia Coppola, Chantal Thomas ou Riyoko Ikeda… de nombreux créateurs ont donné naissance à un personnage en adéquation avec leurs idéaux. Cependant, quand Fuyumi Soryo s'attaque au mythe, ce n'est pas pour reproduire une énième icône malmenée par la vision trop partiale de Stephan Zweig, mais pour restituer dans la réalité historique une jeune fille dénuée de tout artifice.  Avec la précision qu'on lui connaît déjà sur Cesare et grâce au soutien du Château de Versailles, ce n'est plus un simple manga, mais une plongée virtuelle au cœur de la cour au XVIIIe siècle que l'auteur vous offre.»

Elle avait 14 ans, et une famille adorée. Elle quittait, sans crier gare, une cage dorée pour une autre, plus rutilante et complexe encore. Elle rêvait encore d’amour, sans pouvoir espérer tricoter le sien à sa guise. Elle n’était pas la maîtresse de ses actions, de ses paroles, ni même de ses pensées. Elle était, malgré elle, un bel objet qu’on offrait en échange de l’aspiration stratégique à un peu plus de pouvoir. Elle ne pouvait s’affirmer une existence. Et pourtant, malgré les carcans, les manigances et la solitude, elle osa prendre sa place dans l’échiquier de la Cour de Versailles. Au risque de déplaire. Froissant candidement les certitudes. Dans un rapide survol (un brin trop concis à mon goût de curieuse!), Fuyumi Soryo fait revivre les premiers pas vertigineux de l’archiduchesse d’Autriche dans sa nouvelle vie d’«adulte». Avec finesse et sensibilité, Soryo plonge le lecteur de l’autre côté du miroir, là où il y a plus de questions que de réponses, plus de jugement que de bienveillance, plus d’ennemis que de complices, mais où l’espoir sait poindre là où on l’y attend le moins. Un bref (trop bref) opus qui présente l’Histoire sans les majuscules, et qui soulignent habilement que derrière les personnages publics se cache toujours, envers et contre tout, l'humanité dans toute sa faillibilité.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

dimanche 26 mars 2017

Aaah! Bécédaire

Par Élaine Turgeon, illustré par Martin Laliberté, collection Motif(s), chez Druide.
Résumé de l'éditeur:
«Qu’arrive-t-il lorsque deux créateurs se saisissent d’une banque d’interjections, qu’ils les classent dans l’ordre alphabétique, et qu’ils imaginent des situations les convoquant dans un univers où les humains cohabitent avec les monstres? Et qu’advient-il, lorsqu’en prime, ils lancent le défi au lecteur de découvrir le lien caché qui unit certaines situations entre elles? Ça donne Aaah!bécédaire, un abécédaire d’interjections monstrueusement déjanté!»

L’alphabet est un coquin. Il se faufile partout. Dans les mots de tous les jours. Dans les mots endimanchés. Dans les mots qui enquiquinent. Dans les mots qui turlupinent. Dans les mots qui balbutient. Dans les mots qui osent aussi. L’alphabet sait épeler sans s’enfarger tout ce que vous pouvez imaginer. Alliant candeur taquine et délicieuse irrévérence, Élaine Turgeon tricote au lecteur un abécédaire surprenant et ébouriffé, multipliant les entourloupes, et faisant un pied-de-nez à l’ordinaire. Porté par l’univers visuel farfelu de Martin Laliberté, cet opuscule ose s’aventurer joyeusement hors des sentiers battus, bousculant la ronronnante routine et soufflant les possibles entre les lignes.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 25 mars 2017

Nous avons trouvé un chapeau

Écrit et illustré par Jon Klassen, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur:
«Les ecteurs friands des livres de Jon Klassen comme Rendez-moi mon chapeau! et Ce n'est pas mon chapeau se délecteront de voir deux tortues convoiter le même chapeau. L'une des tortues voudrait-elle le chapeau pour elle seule? Bien sûr que non! Les tortues de cette histoire n'oseraient jamais... trouveront-elles un moyen d'avoir chacune leur chapeau?»

L’humain est une drôle de bête. Il épie le cours des choses, observant ceci, découvrant cela. Toujours à s’assurer qu’il est le premier à explorer une terre sauvage. Toujours à s’approprier sans tarder le moindre coin de paysage. Or, parfois, lorsque l’amitié le lie à l’Autre, il se tricote une conscience, il ose cultiver sa patience. Et si, au fond, le plaisir de se délecter des possibles était une aventure qu’il fait bon vivre à deux? De sa plume simple et espiègle, Jon Klassen raconte la cohabitation pleine de rebondissements de l’envie et de l’amitié. Narré habilement en courtes phrases évocatrices, et relancé astucieusement par un univers visuel sobre, au trait éloquent, cet album sait dire tout en finesse et en humour la délicieuse inconséquence de l’âme humaine.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 23 mars 2017

Adulthood is a myth (Sarah's Scribbles no 1)


Scénarios et dessins de Sarah Andersen, série Sarah's Scribbles, tome 1, chez Andrew McMeel Publishing.
Quatrième de couverture:
«Are you a special snowflake? Do you enjoy networking to advance your career? Is adulthood an exciting new challenge for which you feel fully prepared? Ugh. Please go away. This book is for the rest of us. These comics document the wasting of entire beautiful weekends on the internet, the unbearable agony of holding hands on the street with a gorgeous guy, dreaming all day of getting home and back into pajamas, and wondering when, exactly, this adulthood thing begins. In other words, the horrors and awkwardnesses of young modern life.»

Devenir adulte est un concept plutôt abstrait. En effet, si pour certain, l’âge adulte est une suite logique et chronologique évidente de l’adolescence, pour d’autres, il s’agit plutôt d’un passage mythique, dont on martèle l’avènement inéluctable à une jeunesse terrifiée, ébranlant sournoisement candeur et insouciance devant l’absence d’instructions claires à suivre pour «survivre» à la transition et éviter les dérapages. De son coup de crayon au trait joyeusement ébouriffé, relancé par une verve désopilante, Sarah Andersen croque sur le vif le quotidien rocambolesque et hilarant de cette jeunesse qui se cherche une place dans la société, et qui, en même temps, voudrait tant se fondre silencieusement dans le paysage et ne jamais devoir faire partie des «sages adultes qui prennent de sages décisions». Donnant la parole avec simplicité, justesse et aplomb à une génération en quête de sens, cet opuscule drôlatique souligne habilement cette valse-hésitation si délicieusement humaine des premiers pas de la jeunesse dans un futur en construction.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 20 mars 2017

Olga and the Smelly Thing from Nowhere

Écrit et illustré par Elise Gravel, chez Harper Collins.
Quatrième de couverture:
«I love animals. I get along with them JUST FINE. HUMANS? That’s another story. I’ll be an animal scientist soon—you’ll see. All the newspapers will talk about Olga, the amazing child scientist—especially after people meet the weird creature I just discovered.»
Pour Olga, rien n’est plus fascinant que les animaux. Qu’ils soient poilus, ventrus, gluants ou odorants, Olga les observent tous attentivement. Plus ils sont saugrenus, plus le mystère de leur existence est touffu, plus son insatiable curiosité piaffe d’impatience. C’est une pro des espèces singulières, une infatigable limière. Jusqu’au jour où surgit, sans crier gare, une énigmatique créature venue de nulle part, qui, entre deux borborygmes, bouscule tous ses repères. De sa plume à la verve coquine et délicieusement irrévérencieuse, Elise Gravel entraîne le lecteur dans une rocambolesque quête de vérité animalière. Multipliant malicieusement les rebondissements, son univers visuel échevelé relançant habilement la narration de mille et un détails cocasses, cet inimitable opus sait raconter l’enfance dans toute son irrésistible candeur et son inextinguible capacité d’émerveillement. Une épopée joyeusement insolite qui donne le goût d’oser apprivoiser l’étrange et découvrir le déroutant.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



Pour le lire en version française

samedi 18 mars 2017

A Room of One's Own

Par Virginia Woolf, chez Mariner Books.
Quatrième de couverture:
«In A Room of One's Own, Virginia Woolf imagines that Shakespeare had a sister—a sister equal to Shakespeare in talent, and equal in genius, but whose legacy is radically different. This imaginary woman never writes a word and dies by her own hand, her genius unexpressed. If only she had found the means to create, argues Woolf, she would have reached the same heights as her immortal sibling. In this classic essay, she takes on the establishment, using her gift of language to dissect the world around her and give voice to those who are without. Her message is a simple one: women must have a fixed income and a room of their own in order to have the freedom to create.»

Qu’y a-t-il à dire au sujet des femmes et de la fiction? Occupent-elles une place dans l’espace littéraire? Si oui, laquelle? Y sont-elles des sujets muets, englués dans des stéréotypes de genre, ou y ont-elles aussi une voix? Est-ce de même dans la société en général? Ont-elles toujours l’opportunité et les moyens de faire résonner leur voix haut et fort? La créativité au féminin est-elle un mythe? Et si, au fond, le genre du créateur importait peu? Et s’il était surtout indispensable de déterminer ce qui favorise l’épanouissement créatif, et ce qui lui fait battre de l’aile? Virginia Woolf ose prendre position à ce sujet en proposant une réflexion audacieuse et fondamentale interrogeant la place historique des femmes dans l’espace créatif littéraire, et soulignant le lien existant entre cette place encore à construire, et les conditions de vie des femmes à travers les siècles. Abordant ce vaste champ de recherche avec simplicité et détermination, Virginia Woolf plonge le lecteur dans le tourbillon de ses questionnements, l’interpellant malicieusement, le faisant progresser à ses côtés, au fil des interrogations et des indignations qui jonchent son exploration. Un opuscule puissant, indispensable, pertinent même près d’un siècle après sa publication, et qu’il fait bon lire et relire pour se secouer la résignation, pour se titiller l’audace, et pour ne jamais oublier que malgré les inégalités de genre et de conditions socioéconomiques qui perdurent, il n’en tient finalement qu’au créateur, femme ou homme, de se trouver une «chambre à soi» pour laisser s’exprimer sa voix.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



Pour le lire en version française


mardi 14 mars 2017

Écumes


Scénario d'Ingrid Chabbert, dessins de Carole Maurel, chez Steinkis.
Quatrième de couverture:
«Elles s'aiment et après des années d'attente, d'espoir et de désespoir, un bébé est annoncé. Mais la grossesse est compliquée et le pire arrive. Elles vont devoir se reconstruire et lutter contre la douleur. L'amour, l'évasion sur les terres de leur enfant disparu et les carnets qui se remplissent vont les aider à sortir la tête hors de l'eau, loin des Ecumes.»

Quand une vie toute neuve se fait attendre, insaisissable, incertaine, usant l’impatience et fragilisant les rêves, le bonheur est souvent bigarré lorsqu’elle s’annonce enfin le bout des chromosomes: il est à la fois sublime et terrifiant, plus grand que tout et hésitant. Or, lorsque ce doux possible retourne vers ses étoiles, avant même d’avoir pu débuter son existence, c’est un océan de tristesse qui fait basculer le fragile équilibre des choses. Et si, malgré la houle, le retour à bon port était imaginable, un mot à la fois? Tout en délicatesse et en simplicité, Ingrid Chabbert ose souffler au lecteur ce qui se hurle en silence lorsque le Destin balaie de son inexplicable revers la vie tant désirée d’un enfant à naître. Porté par les dessins de Carole Maurel, à la palette feutrée et au découpage éloquent, cet opus chamboulant sait raconter avec justesse, évoquant l’indicible avec sobriété, et laissant poindre au large, tel une bouée salutaire, l’espoir d’un peu de soleil pour apprivoiser la grisaille. Un petit bijou tendre et émouvant à découvrir sans tarder.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 13 mars 2017

Carnet du Pérou : sur la route de Guzco

Scénario et dessins de FabCaro, chez 6 pieds sous terre.
Résumé de l'éditeur:
En décembre 2011, lors d'un atelier en pays Cathare, il croise la route d'une jeune plasticienne en résidence, originaire de Cuzco, qui, selon lui, « dégageait une énergie qu'on sentait jaillie de cette terre lointaine dont je ne savais rien ». Entre eux va naître une forte complicité artistique et humaine. Dès lors, il n'a qu'une obsession : se rendre dans ce pays. Ce qu'il finira par faire en juillet 2012, s'engageant dans un périple qu'il souhaite le moins préparé possible afin d'en conserver toute l'authenticité, la virginité du voyageur qui a tout à découvrir, refusant d'être parasité par les clichés et les préjugés. Il va alors s'immerger dans un univers fascinant dont il découvre jour après jour la richesse et la diversité des mythes, rites et croyances. Il va croiser des destins, s'émouvoir, tisser des liens forts mais aussi approfondir une culture indigène dont les détails pittoresques le feront plonger dans une altérité salvatrice. Il en reviendra profondément transformé. Néanmoins, s'agissant de Fabcaro, il faut quand même s'attendre à tout.

Quand la créativité ronronne au quotidien, rassurante, s’épanouissant sans faire de vagues, et que le temps file trop vite dans le sablier de l’existence, une soif d’aventures vertigineuses peut s’installer insidieusement. Sournoise. Arrogante. Quoi de mieux, alors, qu’un classique dépaysement culturel, un voyage au bout de soi pour se secouer les certitudes, pour se recartographier les repères? Et pourquoi ne pas saisir au vol l’occasion de se recenser les impressions de globe-trotter du réel? Mais, finalement, l'ailleurs existe-t-il vraiment?… Osant réinventer le carnet de voyage, en froissant les conventions au passage, FabCaro se lance dans un périple déjanté et cocasse comme lui seul sait les provoquer. Porté par un imaginaire ébouriffé, à l’ironie toujours aussi acérée, et à l’autodérision délicieusement hilarante, cet opus saugrenu refuse de s'enfermer dans les ornières du convenu, et fera, malicieusement, sourire la routine.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 10 mars 2017

À la tombée de la nuit : conseils utiles pour une cohabitation pacifique entre les espèces

Écrit et illustré par Enrique Quevedo, chez La Courte Échelle.
Quatrième de couverture:
«Depuis la nuit des temps, les enfants et les monstres éprouvent de la difficulté à vivre en harmonie. Le savant Enrique Quevedo est pourtant convaincu qu’une cohabitation pacifique est possible entre ces deux espèces. Voilà pourquoi il a rédigé ce manuel pratique, destiné autant aux petits humains qu’aux créatures étranges. Cet ouvrage magnifiquement illustré permettra enfin aux enfants de savoir comment réagir quand un être terrifiant surgit au moment où ils s’apprêtent à entrer dans la baignoire. Les monstres, quant à eux, y découvriront la meilleure façon de se faire des amis chez les humains, malgré leur apparence physique parfois rebutante.»

À la tombée de la nuit, quand le sommeil alourdit les paupières et que les peurs s’allongent sans crier gare, faisant rouspéter la tranquillité moelleuse de la maison silencieuse, toutes les rencontres sont possibles: les inusitées comme les improbables, les surprenantes comme les vertigineuses. Or, devant cet envahissant Inconnu, mieux vaut parfois pouvoir compter sur de sages conseils, afin d’avoir une chance de survivre à l’imprévisible. D’une plume coquine, à l’humour grinçant, Enrique Quevedo ose tenter l’impossible réconciliation de deux espèces ennemies depuis toujours, devant pourtant se côtoyer au plus sombre de l’imaginaire: les enfants et les monstres. Relancé par un univers visuel tout en fine et inquiétante éloquence, clin d’oeil au maître du troublant, Edward Gorey, cet opuscule fascine et dérange à la fois, flattant la frousse dans le sens du poil et chatouillant bravement l’épouvante sous cape. Petit bémol, toutefois: le choix d’une impression sur papier glacé nuit malheureusement à l’appréciation de l’inquiétant univers visuel de Quevedo, en minant la précision de son potentiel évocateur. Cela dit, il s’agit d’un album singulier, irrésistible, ébouriffant, à découvrir sans attendre… en gardant la lumière allumée, juste au cas.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 6 mars 2017

Le demi-dieu aux bas blancs (Escouade Fiasco, t.1)


Par Julie Champagne, série L'Escouade Fiasco, t.1, chez La courte échelle.
Quatrième de couverture:
«Émilie reconnaît l’homme de sa vie en Thomas Saint-Louis. Le hic? Il ignore même qu’elle existe. Pire, dès qu’il apparaît, elle perd tous ses moyens et devient aussi loquace qu’un géranium. Pour remédier à ces incidents botaniques, sa meilleure amie Marisol multiplie les stratégies. Camouflage, interrogatoire musclé et hypnose seront-ils suffisants pour aider Émilie à conquérir Thomas?»

Pour Émilie, rien n’est jamais aussi simple qu’il y paraît. D’abord, il y a sa famille, reconstituée, bourdonnante de vie et de petites trahisons au quotidien. Puis, il y a l’amour qui frappe sans crier gare, avec bas blancs, yeux brillants et tout le bataclan. Et enfin, il y a cette gaucherie chronique, la sienne, celle qui, sournoisement et inéluctablement, mine sa vie sociale et sentimentale. Heureusement, il y a aussi Marisol et ses plans rocambolesques (presque!) infaillibles…! Dans ce premier tome d’une série qui promet d’en faire voir de toutes les couleurs, Julie Champagne raconte l’adolescence, ses élans spontanés, ses coups de gueule, ses coups de foudre et ses ratés. Mené par la verve cocasse et irrésistible d’Émilie, ce charmant opus sait dire avec une audacieuse lucidité et une délicieuse ironie la vie et ses inexplicables détours. Une escouade singulière et inoubliable dont on meurt d’envie de lire les futures (et inévitables) mésaventures!…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 4 mars 2017

Série Simon et moi

Par Simon Boulerice, illustré par Guillaume Perreault, série Simon et moi, tomes 1 à 4, chez Fonfon.
Résumés de l'éditeur (tomes 1 à 4):
«Simon est capable de bien des choses. Et toi, es-tu capable de lire ce livre?
Simon obéit toujours aux règles. Enfin… presque toujours!
Simon rime avec imagination. Toi, quel mot rime avec ton prénom?
Simon a son style bien à lui et il aime le montrer. Place au défilé!»

Dans le monde de Simon, il y a un tas de choses à accomplir (dans la mesure du possible), une foule de règles à suivre (ou pas), une foison de mots aux sonorités complices (et coquines), et une myriade de styles charmants à adopter (si on les ose). Impossible donc de résister à l’envie d’y plonger sans attendre!... Simon Boulerice met cette fois sa prolifique et sensible plume au service des lecteurs tout neufs, en leur proposant ce rafraîchissant bouquet de courtes aventures au quotidien. S’articulant avec une astucieuse simplicité, une délicieuse malice, et s’épanouissant sous les traits taquins de l’univers visuel de Guillaume Perrault, cette série de premières lectures, à la candeur délectable, étonne et fascine, pour le plus grand plaisir des lecteurs en herbe. À découvrir absolument!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 3 mars 2017

Plus gros que le ventre

Par Michaël Escoffier, illustré par Amandine Piu, collection Maxi Boum, chez Frimousse.
Résumé de l'éditeur:
«Attention! N’ouvre pas ce livre! 
DANGER - PRUDENCE
Ce livre contient un monstre avec deux gros yeux énormes. Referme vite, sinon il va te manger. Tu es sûr que tu veux tourner la page? On t’aura prévenu!»

Les monstres ont faim. Toujours faim. Ils n’arrêtent jamais de manger. Tout ce qui croise leur regard. Tout ce qui croise leur chemin. Et si, pour une fois, ce gargantuesque appétit pouvait sauver la vie du lecteur? De son inimitable plume à la verve coquine, Michaël Escoffier raconte le périple culinaire du terrible monstre sévissant dans la forêt. Tricotant une dynamique trame narrative, relancée par l’univers visuel coloré et éloquent d’Amandine Piu, cet album interpelle joyeusement le lecteur, le mettant en garde contre l’inextinguible gourmandise de son monstrueux ennemi et lui offrant une astucieuse chute. Un opuscule rigolo et décoiffant qu’il fait bon lire (et relire!) en famille.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue fin mars 2017.

jeudi 2 mars 2017

Une mère à Brooklyn

Par Ingrid Chabbert, aux Éditions du Mercredi.
Quatrième de couverture:
«Judith a 15 ans. Hantée par le secret qui entoure sa naissance, elle se rebelle contre le monde entier. Comment se construire et aller de l’avant quand on ne connaît que la moitié de son histoire? Un séjour à New York va bouleverser sa vie et lui apporter les réponses qu’elle n’a jamais eues.»

Avoir une mère partie sans regarder en arrière, un père qui se tait, une belle-mère qui tente tant bien que mal de se fondre dans le décor et un torrent de questions qui bouillonnent au fond de l’âme, ça déconstruit insidieusement le bonheur au quotidien. Si, pour couronner le tout, on se voit plongé, sans crier gare, dans un passé qui a refusé de nous inclure dans son futur, c’est le début d’un périlleux parcours avec, pour seul filet, le fil ténu qui donne un sens au présent. D’une plume au vibrant tumulte, Ingrid Chabbert raconte les tourments de l’adolescence qui se cherche par-delà l’abandon. De Paris à Brooklyn, elle fait résonner le silence échevelé d’une jeune vie à l’aile brisée. Un chamboulant opuscule, qu’on aimerait un peu plus loquace, s’aventurant un peu plus loin au creux de ses rebondissements prometteurs, mais qui parvient à émouvoir dès les premières pages.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
la date de parution n'est pas encore annoncée.

lundi 27 février 2017

Super cagoule

Écrit et illustré par Antonin Louchard, chez Seuil Jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Surtout, n’enlève pas ta cagoule, hein? Ça protège ta tête et ça t’empêche d’attraper des otites. C’est pas grave si ça gratte, ça gratte, ça gratte!»

L’enfance. Cette enfance que les adultes veulent protéger des écueils. Contre vents et otites. Et tant pis s’il y a des désagréments: ce qui compte, c’est de ne pas avoir froid, point. Et si, l’esprit vif de l’enfant n’avait pas dit son dernier mot? De sa plume à la verve rigolote, Antonin Louchard revisite, avec un aplomp savoureux et une répartie irrésistible, la fameux mythe du Grand Méchant Loup. Un opuscule habile qui ose souligner qu’il vaut parfois mieux éveiller les esprits et affûter la lucidité, plutôt que d’endormir la vigilance dans un cocon de bonnes intentions. À mettre entre toutes les petites (et grandes!) mains, pour faire un pied-de-nez à l’inquiétude!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

samedi 25 février 2017

La marque


Par Anne Loyer, chez Bulles de savon.
Résumé de l'éditeur:
«Dans un monde où le réchauffement climatique a imposé sa loi, la terre a été dévorée par le soleil. La vie s'est organisée autour de Kyos, cité-oasis qui possède et distribue l'eau, denrée essentielle en ce désert sans fin. Pour en bénéficier, encore faut-il avoir un enfant marqué. La Marque brille au front de Sika. Elle vient d'avoir quinze ans et elle sait qu'elle doit rejoindre Kyos pour permettre aux siens de survivre. Mais sa rencontre avec Rey, qui a refusé d'obéir au diktat de la cité-oasis, va lui ouvrir les yeux. Pourront-ils, ensemble, échapper à l'emprise de Kyos?»
Quand la Terre, desséchée irrémédiablement par l’insouciance passée d’une humanité ne voyant pas plus loin que ses désirs immédiats, tient ses habitants en otage dans une désolation caniculaire, que reste-t-il de la liberté d’exister? Et si un improbable et mystérieux oasis osait faire miroiter l’espoir d’un avenir, la soif justifierait-t-elle tous les moyens? Dans ce futur troublant de vérité, que ne ferait pas l’Homme pour sauver ce qu’il croit essentiel? Cet essentiel qui n'est pas le même pour tous ? Bousculant la tranquillité de notre présent qui joue à l’autruche avec le réchauffement climatique, Anne Loyer entraîne tout doucement le lecteur au cœur d’une dystopie chamboulante, et tricote un possible déroutant, mené à bout de cœur par des personnages forts et fascinants. Toutefois, malgré le charme envoûtant de sa plume, un gros bémol vient brouiller l’expérience de lecture : le rythme inégal de la narration touffue. En effet, si les deux premières parties installent le contexte avec lenteur et minutie, construisant une atmosphère lancinante, à l’image de la chaleur qui pèse sur le peuple des Tentes, tout déboule sans crier gare, dans la dernière partie, frôlant par moment l’invraisemblable. Cette riche prémisse aurait sans doute mérité de s’épanouir en un diptyque, afin de permettre au lecteur d’apprécier à sa juste valeur la plume fine et patiente d’une auteure qui sait dire avec justesse. Un opus dérangeant qui mérite malgré tout qu’on y plonge pour se faire tomber les œillères.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 24 février 2017

Zaï Zaï Zaï Zaï : un road movie de Fabcaro

Scénario et dessins de Fabcaro, collection Monotrème, chez 6 pieds sous terre.
Résumé de l'éditeur:
«Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir. La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.»

Et si l’équilibre d’une société ne tenait qu’à l’assurance de l’utilisation systématique de sa carte fidélité? Et s’il suffisait d’une roulade arrière pour faire trembler le plus dur à cuire des bandits? Et si les faits alternatifs faisaient la nouvelle? Fabcaro tisse habilement l’histoire improbable (mais pas tant!) de la dérive troublante de la société de consommation. Un délice d’absurdité lucide, à l’irrésistible ironie, qui souligne audacieusement la superficialité d’une conscience sociale aveugle et individualiste.  On rit. On grince des dents. On se regarde la bêtise humaine. Et on en redemande. À lire sans tarder!

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mardi 14 février 2017

Louca (la série BD)

Scénario et dessins de Bruno Dequier, série Louca tomes 1, 2, 3 et 4, chez Dupuis.
Résumé de l'éditeur:
«Piètre sportif, mauvais élève, menteur, et maladroit avec les filles, Louca est une catastrophe ambulante. Heureusement, il va recevoir un coup de main de Nathan, beau garçon, super doué au foot, intelligent, drôle... bref, le coach idéal pour permettre à Louca de se reprendre en main et de remporter le match sur le terrain comme dans la vie. À un détail près : Nathan est mort et c'est son fantôme qui va entraîner Louca...»

Dans la vie de Louca, tout va de travers. Ce que lui enseignent les profs refuse obstinément de se fixer dans son cerveau, il trébuche et attire les catastrophes comme on respire, il s’embourbe dans les demi-vérités pour sauver la face, et les filles ne le remarquent que lorsqu’il fait une de ses spectaculaires (et bien involontaires!) chutes au quotidien. Non, vraiment, rien ne va plus. Si au moins, il était populaire et talentueux comme le capitaine de l’équipe de soccer de l’école! Or, voilà qu’inopinément, défiant les possibles, Nathan, le mystérieux, fait irruption dans sa vie, chamboulant toutes ses certitudes au passage… À travers cette série joyeusement improbable, Bruno Dequier raconte avec humour l’adolescence, avec son estime de soi dans le sixième sous-sol et ses montagnes russes d’émotions, mais aussi les modèles impromptus et inspirants, ou alors carrément empoisonnants et vicieux, qui en jonchent le chemin. Bien que s’enfargeant par moment dans des stéréotypes de genre, l’inimitable bande de personnages a tout pour charmer le lecteur, d’autant plus que malgré sa simplicité, la trame de la série plante rapidement les bases d’une intrigue plus inextricable qu’il n’y paraît. Une série qu’il fait bon découvrir, et qui ne manquera pas de faire sourire à tout vent!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 11 février 2017

Les Liszt


Par Kyo Maclear, illustré par Júlia Sardà, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Les Liszt font des listes. Ils font des listes en hiver, au printemps, en été et à l’automne. Ils font des listes tous les jours sauf le dimanche. Mama Liszt, Papa Liszt, Winifred, Edward, Frederick et grand-père font des listes toute la journée. Puis un jour, un visiteur arrive. Comment vont-ils gérer quelque chose d’inattendu? Il n’est pas sur la liste de personne…»

Chez les Liszt, tout est prévu à la liste près. On ne laisse rien au hasard. On organise le Destin. Or, voilà qu’un jour, l’Inconnu s’immisce par la porte entrouverte, et c’est le début d’un nouvel ordre des choses. D’une plume singulière, tout en audacieuse simplicité,  Kyo Maclear aborde la joie potentielle de l’imprévu, à travers une bande de personnages tous plus fascinants les uns que les autres. Porté par l’univers visuel grinçant de Julia Sardà, à la palette chaude et la composition touffue, cet album ose bousculer le confort du prévisible, le ronron du convenu, et faire miroiter le bonheur aux mille possibles de se lancer dans l’existence, sans filet. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 10 février 2017

Nina


Par Alice Brière-Haquet, illustré par Bruno Liance, collection Hors Série Giboulées, chez Gallimard.
Quatrième de couverture:
«"Dream my baby dream…" Nina Simone, grande dame du jazz, avait l’habitude d’endormir sa fille en lui chantant une berceuse. Mais ce soir-là, Lisa ne trouve pas le sommeil. Alors Nina lui raconte une histoire, son histoire.»

Le monde de Nina est comme le clavier d’un piano : un océan de Blancs, sur les eaux agitées desquelles tentent de naviguer de courageux Noirs, tout en demi-tons, ballottés d’une injustice à l’autre sur leurs fragiles esquifs. L’intolérance martèle l’enfance de Nina de ses notes discordantes, et pourtant, Nina s’accroche à la musique. À sa musique. Comme à une bouée. Cette musique qui, elle, résonne en couleurs, envers et contre tous. D’une plume tout en finesse et en poésie, Alice Brière-Haquet raconte Nina Simone, sa lutte, et à travers elle, les luttes d’un siècle pas si lointain. Bercé par l’univers feutré de Bruno Liance, à la palette audacieusement monochrome et aux textures éloquentes, cet opuscule sait dénoncer l’inconcevable, avec justesse et simplicité, et faire sourire l’espoir d’un avenir où la diversité sera une douce musique aux oreilles de la société.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

mercredi 8 février 2017

Le journal d'Aurélie Laflamme (en BD)

Scénario de Véronique Grisseaux, dessins de Laëtitia Aynié, d'après la série originale Le journal d'Aurélie Laflamme d'India Desjardins, chez Jungle/ Michel Lafon.
Résumés de l'éditeur (3 tomes):
«Tome 1:
Lorsqu’on a quatorze ans, des neurones d’écureuil, une meilleure amie obsédée par les garçons et qu’on enchaîne les gaffes, la vie n’est pas facile. Depuis le décès de son père, Aurélie Laflamme se demande d’où elle vient. Aurait-elle été oubliée sur Terre par des extraterrestres ? Pour couronner le tout, sa mère semble sous le charme du directeur de son collège. Pas question pour Aurélie de se laisser elle aussi ramollir le cerveau ! Mais personne n’est à l’abri du coup de foudre... Au milieu de ce tourbillon, Aurélie ne désire qu’une chose : trouver sa place dans l’univers.
Tome 2:
La vie d’Aurélie est sens dessus-dessous. Pour oublier Nicolas qui vient de rompre avec elle, ses échecs scolaires et le fiancé possiblement diabolique de sa mère, elle trouve le moyen de s’échapper pour les vacances, chez sa grand-mère Laflamme. Au programme, écouter gazouiller les moineaux, compter les fourmis, observer la danse nuptiale des vers de terre... Bref déprimant ! Mais Aurélie est loin d’imaginer ce qui l’attend. L’été sera mémorable!
Tome 3:
Depuis qu’Aurélie sort avec le garçon le plus populaire du lycée, sa vie est complètement chamboulée. Adieu la gaffeuse que tout le monde regardait bizarrement : elle devient soudain la fille la plus cool du bahut. Mais elle passe tellement de temps avec ses nouveaux amis qu’elle en oublie presque Kat, sa meilleure copine. Et celle-ci ne se gêne pas pour lui montrer son mécontentement. Par-dessus le marché, on lui rapporte que Nicolas, son ex (qui trotte encore dans ses pensées) serait toujours amoureux d’elle. Alors qu’elle prépare le plus grand chamboulement de sa vie (emménager dans sa nouvelle maison avec l’amoureux de sa mère), Aurélie n’a pas un moment de répit. Entre la fin du lycée, la recherche d’un petit boulot et les cartons à faire, elle n’est pas près de se reposer.»

En général, l’adolescence est une période ébouriffante où petits et grands bouleversements viennent chambouler sans vergogne le quotidien. Or, lorsqu’on s’appelle Aurélie Laflamme, qu’on a un papa qui a quitté la Terre (pour une autre galaxie?), une maman qui redécouvre tout doucement le goût de s’intéresser aux hommes, une meilleure amie qui plonge tête première dans ses premiers amours, qu’on attire les bourdes comme un aimant et qu’en plus, les garçons commencent à nous faire développer des neurones d’écureuil, l’existence s’annonce plutôt rocambolesque… Dans une adaptation pétillante et astucieuse, Véronique Grisseaux propose une relecture rafraîchissante de la populaire série de romans pour la jeunesse d’India Desjardins. Transposée en contexte européen, l’irrésistible Aurélie ne perd rien de son charmant aplomb et de sa langue colorée aux accents du Québec. Une série de BD à découvrir, tant pour les inconditionnels d’Aurélie, que pour ceux qui la rencontreront ainsi pour la première fois.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 3 février 2017

Le jardinier qui cultivait des livres

http://www.lililesmerveilles.com/2017/02/le-jardinier-qui-cultivait-des-livres.html
Par Nadine Poirier, illustré par Claude K. Dubois, chez D'eux.
Quatrième de couverture:
«Nadine Poirier raconte ici, avec des mots tendres et choisis, une rencontre entre un jardinier et une jeune fille. Lui, seul, à cultiver des livres. Elle, seule, sans parents. Leur rencontre changera leur vie à tout jamais. Et d’une certaine façon, la façon de regarder des lecteurs.»

Il était une fois, dans un village pas si lointain, un vieux jardinier amoureux des mots : il aimait les lire, il aimait les dire, il aimait les faire résonner. Malheureusement, dans ce village, les mots dérangeaient. Ils dérangeaient tant et si bien que le jardinier dut s’en aller au loin, afin de faire pousser les mots à sa guise. Or, voilà qu’un matin, une petite fille dévoreuse de mots vint tout bousculer dans les sillons bien rangés du jardin littéraire de son cœur… Tout en douceur et en sensibilité, Nadine Poirier raconte la naissance, parfois inespérée, souvent inattendue, de l’amitié et de la complicité. Bercé par l’univers visuel feutré de Claude K. Dubois, à la palette délicate et évocatrice, ce désarmant opuscule charme et émeut le lecteur. À mettre sans tarder entre toutes les petites (et grandes) mains…!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

Le cas Malaussène, t.1 - Ils m'ont menti


Par Daniel Pennac, collection Blanche, chez Gallimard.
Résumé de l'éditeur:
«"Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde. Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle." 
Benjamin Malaussène.»

Dans le monde selon les Malaussène, les esprits sont vifs et ouverts, la créativité bouillonne, et les coeurs sont plus grands que la prudence. Et toujours, centrale, narguant le prévisible, cette malicieuse pierre angulaire de leur (tout sauf ennuyante) existence: la candeur sensible de Benjamin Malaussène et sa légendaire propension à se retrouver emmêlé bien malgré lui dans d’inextricables manigances bien intentionnées. Bouc-émissaire un jour, bouc-émissaire toujours, donc, malgré les années qui filent et les nouvelles générations qui se lancent toute jeunesse dehors dans le grand merdier de la vie en société. Dans cette suite («La suite, bon Dieu, la suite!…») tant attendue et réclamée par les lecteurs avides et fidèles de la saga Malaussène première génération, Daniel Pennac raconte avec cette finesse coquine qui lui est propre la vie qui s’émiette l’avenir sans crier gare, ce passage du temps, obligé, et pourtant déroutant comme au premier jour, et l’inévitable prise de conscience qu’on récolte ce que l’on sème, socialement, au sein même du calme parfois trompeur de la jeunesse qui s’éveille. Replongeant habilement dans l’univers irrésistible de Benjamin et de sa délectable smala, après des années de dormance, cet habile opus, cocasse et chamboulant comme on les aime, sait chuchoter l’essentiel avec justesse à travers le tonitruant tourbillon d’un quotidien délicieusement rocambolesque.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 30 janvier 2017

L'abri

Par Céline Claire, illustré par Qin Leng, chez Comme des Géants.
Résumé de l'éditeur:
«À travers la brume, sous le vent qui hurle, deux ombres s’avancent au loin. Par la lucarne des maisons, chacun les observe. Qui sont ces étrangers qui bravent la tempête? Que font-ils là et que veulent-ils donc? Nos provisions, nos vêtements, nos maisons?»
Dans la forêt, tout le monde se connaît. On se salue de loin, on rigole entre les branches, on se chuchote les rumeurs. Et, le soir, hop!, chacun se love dans sa petite bulle familiale, bien au chaud. Or, quand la tempête se lève, c’est le chaos. On se barricade à l’intérieur. On frissonne d’inquiétude. On se verrouille le cœur. C’est chacun pour soi, et tant pis pour les étourdis en quête d’un abri! Heureusement, les deux frères ours ont plus d’un tour dans leur sac, et les bras tout grands ouverts… D’une plume tout en simplicité virevoltante, Céline Claire raconte la colère de Mère Nature, sa façon de tout chambouler sans crier gare, même les meilleures intentions, et, surtout, comment elle attise la Peur : la peur de tout, la peur de l’autre, la Peur.  S’épanouissant en sensibilité et en finesse à travers la palette tendre de Qin Leng, cet album sait dire l’essentiel, soulignant avec justesse qu’il fait bon, parfois, faire un pied-de-nez à la panique et à ses œillères paralysantes, et oser se rassembler pour affronter l’indomptable.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✫

samedi 28 janvier 2017

La page blanche


Scénario de Boulet, dessins de Pénélope Bagieu, collection Mirages, chez Delcourt.
Quatrième de couverture
«"Je pleurais… Je venais chercher quelque chose?… Rencontrer quelqu’un?… Pourquoi hier?… Je suis QUI moi?…" Sur un banc, dans Paris, une jeune femme reprend ses esprits. Elle ne se souvient ni de son nom, ni de ce qui l'a amenée là. Son passé a disparu...»

Épopée déroutante au coeur de la mémoire: celle qui peut s'envoler sans crier gare, celle qui garde jalousement notre identité. Dans un scénario troublant, Boulet entraîne le lecteur dans un monde qui paraît sans repères, un monde pourtant familier mais qui force l'anonymat. Puis, habilement, avec une sensibilité et une finesse soutenues par la mise en images éloquente de Pénélope Bagieu, Boulet fait basculer cette «Alice» des temps modernes de l'autre côté d'un miroir qui lui semblait sans reflets, lui ouvrant la porte de tous les possibles. Un opus bouleversant, et rempli d'humour, qui mérite d'être découvert.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

jeudi 26 janvier 2017

Opération Béatrice (Henri et cie, t.1)

Par Patrick Isabelle, illustré par Amélie Côté, série Henri et cie, tome 1, chez FouLire.
Résumé de l'éditeur:
«Je quitte ma feuille mobile des yeux pour lancer un regard vers mes camarades de classe qui m'observent en silence. Ils ont tous l'air sous le choc de mon histoire, à part Élodie, Léo et F.-X. qui sont morts de rire derrière leurs cahiers.»

Dans le chaleureux petit monde d’Henri, la normalité n’a pas la cote. Son entourage, sa famille, ses amis, tous tendent à sortir joyeusement des ornières du prévisible et du socialement acceptable. Or, toute fascinante et riche en rebondissements cette originalité puisse-t-elle être, elle ne rend pas le quotidien d’Henri facile pour autant. Surtout lorsque l’amour se pointe sans crier gare dans son microcosme, chamboulant tous ses repères, et lui monopolisant le coeur et la tranquillité d’esprit. Tout  en authenticité  et en coquine simplicité, Patrick Isabelle raconte l’enfance, aux portes de l’adolescence, dans tout ce qu’elle a de montagnes russes émotives et de prises de conscience. Porté astucieusement par une belle bande de personnages ébouriffant délicieusement les conventions, ce premier tome d’une série, qui s’annonce délectable, sait dire avec justesse et humour ce que la jeunesse pense tout bas.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



lundi 23 janvier 2017

The Marvels


Écrit et illustré par Brian Selznick, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur (extrait):
«The journey begins on a ship at sea in 1766, with a boy named Billy Marvel. After surviving a shipwreck, he finds work in a London theatre. There, his family flourishes for generations as brilliant actors until 1900, when young Leontes Marvel is banished from the stage. Nearly a century later, Joseph Jervis runs away from school and seeks refuge with an uncle in London. Albert Nightingale’s strange, beautiful house, with its mysterious portraits and ghostly presences, captivates Joseph and leads him on a search for clues about the house, his family, and the past. A gripping adventure and an intriguing invitation to decipher how the two narratives connect, The Marvels is a loving tribute to the power of story from an artist at the vanguard of creative innovation.»

Depuis toujours, l’imaginaire est la nourriture de l’âme, et de l’Art. Bouillonnant de possibles, bousculant le réel, il fait rêver, voyager et s’échapper de l’emprise inexorable du Temps. Tissant finement un invitant univers parallèle dans lequel se plonger ou se perdre, il peut faire s’épanouir un potentiel muet, donner une voix à ceux qui ne se sentent pas entendus, et même, parfois, entraîner définitivement dans un ailleurs dont on ne revient jamais. Peu importe son impact, une chose est sûre: l’imaginaire ne laisse personne indifférent. Brodant habilement entre les limites de la temporalité et le dogme de la réalité, Brian Selznick fait, une fois de plus, astucieusement s’entrelacer l’improbable et le possible, dans une envoûtante aventure aux mises en abîme vertigineuses. Usant avec justesse de la désormais célèbre narration hybride de Selznick, qui sait évoquer avec finesse, tantôt par le verbe, tantôt par le silence loquace de ses illustrations, cet opus bien dodu ose chambouler les conventions littéraires, certes, mais surtout sortir le lecteur des ornières aveuglantes de la sacro-sainte «norme sociale». 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✫ 

dimanche 22 janvier 2017

Chroniques post-apocalyptiques d'une enfant sage


Par Annie Bacon, chez Bayard Canada.
Résumé de l'éditeur:
«Astride est une adolescente de treize ans d'un naturel réservé. À la suite d'un cataclysme déclenché par des scientifiques, elle se retrouve seule, sans parents ni amis. La jeune fille se réfugie dans le seul endroit qu'elle juge sécuritaire : la bibliothèque du quartier. Pour combler ses besoins primaires, elle s'approvisionne dans les commerces avoisinants et découvre que d'autres ont survécu et que la nourriture se faisant de plus en plus rare, les actes de violences vont se multiplier.»

En ce début de 21ème siècle troublé, où l’Homme teste sans vergogne les limites de l’Homme, et bousculent hardiment celles de la planète Terre, l’équilibre est on ne peut plus fragile entre l’insouciance et la fatalité. Personne n’est réellement à l’abri de la bêtise des autres. Et si, en un instant, tout basculait? Et si seul l’instinct de survie pouvait rendre possible un avenir improbable? D’une plume fine et juste, Annie Bacon raconte l’essence même de la survivance; celle du corps, bien sûr, mais surtout, celle de l’âme. Misant audacieusement sur une narration tout en concision et en simplicité, ce chamboulant opuscule évoque habilement, sans tomber dans la désespérance sans issue, la solitude vertigineuse de ceux qui doivent se réinventer un futur. Un petit bijou dérangeant qui sait astucieusement semer l’espoir à travers le chaos.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

















samedi 21 janvier 2017

Bleue et Bertille


Écrit et illustré par Kristyna Litten, chez Little Urban.
Quatrième de couverture:
«Pour Bertille, chaque jour est comme le précédent, un perpétuel recommencement. Elle adore sa petite routine. Jusqu'au jour où elle rencontre Bleue. Désormais, plus rien ne sera comme avant...»

Pour Bertille la girafe, le monde est un oasis de stabilité, mené par la mécanique bien huilée d’une routine qui ne déraille jamais. Les jours se suivent. Et se ressemblent. Et c’est bien ainsi. Or, voilà qu’un matin, le ronronnant quotidien  trébuche sans crier gare et l’impensable se produit : Bertille se retrouve seule, sans personne pour lui dire quoi faire ni quand le faire. Heureusement qu’elle a l’improbable Bleue pour lui apprendre à apprivoiser sa liberté toute neuve. D’une plume tout en simplicité, au verbe sonore et expressif, Kristyna Litten raconte habilement l’euphorie vertigineuse des premiers pas vers la spontanéité de tous les instants. Relancé avec éloquence par un univers visuel à la composition évocatrice et à la palette joviale, cet album sait titiller sans vergogne le goût de l’aventure et célébrer le bonheur enivrant d’oser sortir des ornières.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



Pour le lire en version originale

vendredi 20 janvier 2017

La leçon


Par Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo, collection La Question, chez Frimousse.
Résumé de l'éditeur (extrait):
«Une maison, au milieu des bois. Un homme le fusil à la main. Le bête. Elle a encore mangé les poules de l’homme. Cette fois-ci, c’en est trop. Il va lui donner une bonne leçon. Il prend son fusil, décidé à lui faire la peau. Mais la bête reste introuvable. Le chevreuil, la belette, la corneille, personne ne l’a vue. De retour il pose des pièges autour de sa maison. La bête ne lui échappera pas. À la nuit tombée, et la faim au ventre, la bête s’approche. Aux premiers frémissements, l’homme qui veille, attrape son fusil... et tire. Mais il sent le piège se refermer sur sa cheville […].»

Au creux de la forêt, là où les animaux règnent en rois et maîtres, la logique humaine n’a que peu de valeur aux yeux de la faune bigarrée. Seules prédominent les lois du cycle de la vie; la loi du plus fort, et celle, dénaturée par l’Homme, de la sélection naturelle. Or, quand il est question de survie, les instincts primitifs se réveillent, et les distinctions entre le Bien et le Mal s’effacent pour laisser place à la grisaille de la relativité. Et si, au fond, il n’existait pas de bonne réponse? Entraînant le lecteur, dès les premiers mots, au coeur d’une rude réalité, Michaël Escoffier raconte habilement et sans pitié, la relation vieille comme le monde entre dominant et dominé, soulignant au passage les failles de l’instinct égocentrique de l’Homme acculé au pied du mur. Porté par l’univers à la palette sombre, remuante et évocatrice de Kris Di Giacomo, cet album chamboule les certitudes, semant le doute et faisant mûrir la réflexion en refusant audacieusement de dicter la voie à suivre. Un petit bijou inquiétant de justesse qui fait tomber les œillères dans un fracas salutaire. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue en février 2017.

mercredi 18 janvier 2017

N'importe quoi!


Écrit et illustré par Elise Gravel, chez Les 400 coups.
Résumé de l'éditeur:
«N’importe quoi! c’est l’occasion rêvée de plonger dans le carnet de dessins et de croquis d’Élise Gravel. La chance de découvrir ce à quoi l’auteure-illustratrice pense ou rêve lorsqu’elle ne travaille pas sur un livre. On y retrouve toutes sortes de personnages ou de courtes histoires amusantes. Dans ce cahier de dessins, tout peut arriver, les idées s’y bousculent, qu’elles soient ridicules, folles ou simplement bizarres.»

Quand Elise Gravel, cette prolifique magicienne du délicieusement hors norme, prend une pause de ses «monstreries» officielles pour gribouiller à tout vent dans son petit carnet secret, ça donne dans le joyeusement déjanté. Entraînant le lecteur à sa suite, entre l’impromptu, le bizarre et le cocasse, Elise Gravel ébouriffe sans vergogne l’imaginaire comme elle seule sait le faire. Faisant tomber avec fracas la peur du ridicule (et celle du «dessin raté»!), son singulier opuscule raconte dans tous les sens, librement, le crayon tout sourire, et invite malicieusement le lecteur à plonger tête première dans la fourmillement des possibles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✫














mardi 17 janvier 2017

Méfiez-vous de ceux qui n'aiment pas les chats


Par Johanne Mercier, illustré par Denis Goulet, série Gangster, t.1, chez FouLire.
Quatrième de couverture:
«Qui est Gangster? Un héros de l’ombre? Un vieux chat de salon? Un fauve féroce grand justicier de la ruelle ou un gros tit minou poupou? Et si Gangster était un peu tout ça?»

Dans le réel rocambolesque des félins, les stimuli fusent de toutes parts, les péripéties surgissent sans crier gare et les humains demeurent le plus grand des mystères. Heureusement, Gangster-le-brave sait jongler habilement avec tout ce que le Destin lui balance entre les pattes. Tout? C’est sans compter l’ingéniosité malicieuse de la Terrible Comtesse Charlène Descôteaux… D’une plume coquine, à l’imaginaire fertile, Johanne Mercier raconte le monde à hauteur de moustaches. Un opuscule à la verve cocasse, premier tome d’une série délicieusement ronronnante, qui fera sourire toute la famille (et même le chat!).


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 14 janvier 2017

A Banquet of Consequences


Par Elizabeth George, série Inspecteur Linley et Sergent Havers, tome 19, chez Penguin Books.
Quatrième de couverture
«The unspoken secrets and buried lies of one family rise to the surface in Elizabeth George’s newest novel of crime, passion, and tragic history. As Inspector Thomas Lynley investigates the London angle of an ever more darkly disturbing case, his partner, Barbara Havers, is looking behind the peaceful façade of country life to discover a twisted world of desire and deceit. The suicide of William Goldacre is devastating to those left behind who will have to deal with its unintended consequences—could there be a link between the young man’s leap from a Dorset cliff and a horrific poisoning in Cambridge? After various issues with her department, Barbara Havers is desperate to redeem herself. So when a past encounter gives her a connection to the unsolved Cambridge murder, Barbara begs Thomas Lynley to let her pursue the crime, knowing one mistake could mean the end of her career.»
L’âme humaine a de ces détours inexplicables, de ces incohérences déconcertantes, de ces brouillards permanents qui dissimulent des failles abyssales. Et pourtant, la vie se tricote et se détricote malgré les errances. Des cœurs s’enflamment, des amitiés se forment, des complicités se tissent, défiant l’insondable. Et si, au fond, l’essentiel ne se trouvait pas tant dans un passé qui semble déterminer l’identité, mais plutôt dans ce qu’on parvient à en faire pour se construire un présent? Elizabeth George ourdit une fois de plus une intrigue touffue, plongeant sans vergogne dans les méandres troublants de la souffrance humaine. D’une plume juste et impitoyable, elle secoue les repères, brouille les pistes, taquine le Destin, faisant s’entrelacer le Bien et le Mal, le vrai et le faux, le futile et le crucial dans un remuant ballet de la grisaille ordinaire. Un opus saisissant, qui ose bousculer l’ordre convenu et questionner l’inébranlable, tout en faisant poindre, au cœur de la tempête, la salutaire perspective d’une éclaircie.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Pour le lire en version française

mercredi 4 janvier 2017

Raymie Nightingale

Par Kate Dicamillo, chez Candlewick Press.
Résumé de l'éditeur:
«Raymie Clarke has come to realize that everything, absolutely everything, depends on her. And she has a plan. If Raymie can win the Little Miss Central Florida Tire competition, then her father, who left town two days ago with a dental hygienist, will see Raymie's picture in the paper and (maybe) come home. To win, not only does Raymie have to do good deeds and learn how to twirl a baton; she also has to contend with the wispy, frequently fainting Louisiana Elefante, who has a show-business background, and the fiery, stubborn Beverly Tapinski, who’s determined to sabotage the contest. But as the competition approaches, loneliness, loss, and unanswerable questions draw the three girls into an unlikely friendship — and challenge each of them to come to the rescue in unexpected ways.»

Pour Raymie, savoir manier le bâton de majorette est la solution à tous les maux, l’unique voie vers un improbable (mais pas impossible!) retour à la normale. Dans son petit monde, plus on veut bien faire, moins c’est évident de savoir comment, les chats ont plus d’un tour dans leur sac et les oiseaux saisissent leur liberté au vol. Et, bien sûr, coquin de sort, tout semble aller de travers, alors que, pourtant, tout finit par se retailler une place dans l’ordre des choses. Laissant audacieusement la parole à l’irrésistible candeur de Raymie, Kate DiCamillo raconte l’enfance qui trébuche et tente vaillamment de faire face à l’impondérable. Porté par une narration tout en rafraîchissante simplicité et en remuante lucidité, cet opus tendre et émouvant sait évoquer avec finesse l’indicible bêtise de l’adulte et l’implacable force de l’amitié à hauteur d’enfant.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮





Pour le lire en version française

mardi 3 janvier 2017

The Snurtch


Par Sean Ferrell, illustré par Charles Santoso, chez Atheneum Books.
Résumé de l'éditeur:
«Some days are Snurtch days. Ruthie is having one of those. Ruthie has a problem at school. It is not the students. It is not the classroom. It is not the reading or the writing or the math. It is something scribbly, scrunchy, grabby, burpy, and rude. It is the Snurtch.»








À lire bientôt j'espère!...