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dimanche 16 juillet 2017

L'histoire extraordinaire d'Adam. R. : le nain qui devint géant


Par Didier Lévy, illustré par Tiziana Romanin, chez Sarbacane.
Résumé de l'éditeur:
«Voici l’histoire véridique du seul nain qui, devenu adulte, se remit soudain à grandir et devint un géant de 2 m 34. Elle nous est contée ici par son voisin : à 4 ans, il fait la même taille qu’Adam, qu’il prend pour un enfant comme lui, puis il grandit et dépasse Adam, toujours nain. Avant d’assister à sa métamorphose incroyable, unique au monde : Adam, soudain, ne s’arrête plus de grandir…»

La différence est un étrange clin d’oeil de l’ordre des choses. La différence rend unique. La différence rend extraordinaire. Mais la différence rend, parfois, aussi, seul. Seul au beau milieu d’un monde à oeillères à qui l’inexplicable donne le vertige. Heureusement, certains savent voir autrement. Certains savent distinguer le précieux et le vrai à travers les brumes mensongères du regard des autres. Certains savent aimer en dehors des sentiers battus. Sur la pointe des mots, Didier Lévy chuchote au lecteur l’histoire incroyable et irrésistible des entourloupes de la coquine génétique de ce fameux Adam R. qui rendit l’impropable possible. Bercé par l’univers visuel tout en tendre finesse de Tiziana Romanin, à la palette feutrée et aux textures éloquentes, racontant l’indicible en multipliant les détails évocateurs, ce touchant opuscule sait dire l’amitié inconditionnelle, celle qui ne s’enfarge pas dans les conventions d’une société que le singulier déstabilise. Sublime!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

dimanche 2 juillet 2017

La légèreté


Scénario et dessins de Catherine Meurisse, chez Dargaud.
Résumé de l'éditeur:
«Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté. Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté. Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.»

Il y a de ces moments où le temps s’arrête net. Figé. Tétanisé. Forcé de freiner au vol son sablier inéluctable, sous le choc de l’innommable. De ces moments qui font disparaître l’horizon, et tomber l’insouciance en miettes. Des moments qui font entrer le sable de l’horreur et du doute dans l’engrenage autrement bien huilé de l’existence. Qui réécrivent les règles et redessinent l’avenir. Des moments desquels on peut se sortir vivants, mais qui obligent à réapprendre à vivre. Tout en simplicité, Catherine Meurisse raconte à sa manière comment cette tragédie lui a fait perdre pied, chamboulant ses repères sans ménagement, la coupant du réel, qui poursuivait inexorablement son cours sans se soucier de son âme en morceaux, et lui volant sa capacité à voir autrement, à être sensible à l’imperceptible beauté tapie entre les bêtises de l’Homme. À travers un univers visuel à l’éloquence ébouriffée et à la palette évocatrice, cet opus sait dire l'insaisissable et le déroutant tout en nuances, avec justesse et authenticité. Une bouffée de sublime et de remuant qui dévoile l'insoutenable sous un jour troublant d'humanité, et jaillir l’espoir là où on l’y attend le moins.  

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 23 juin 2017

Les luttes fécondes : libérer le désir en amour et en politique

Par Catherine Dorion, collection Documents, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture (extrait):
«En politique comme en amour, nos énergies sont, la plupart du temps, soigneusement contenues à l’intérieur de cadres qui «organisent» les liens qui nous unissent, et qui empêchent les révolutions de prendre pied. Le couple. Nos institutions politiques. Les élections. Ce livre parle du désir qui cherche à s’exprimer entre deux (ou cent-mille) personnes, et de ce qui a été mis en place pour le garder emprisonné. Ce livre est un plan d’évasion.»

Dans nos sociétés bien organisées, l’humain tend à vouloir encadrer tout ce qui veut sortir des ornières : les idées, les pulsions, les initiatives, le démesuré, le spontané, l’irrésistible. L’humain veut encadrer le sublime pour l’empêcher de chambouler les certitudes sans vergogne, pour éviter qu’il fasse tomber les œillères du quotidien sans crier gare. Il s’empresse donc, trop souvent, de lui construire une cage dorée, tout de rationnel et d’obligations vêtue. L’humain a soif de liberté et d’authenticité, et les enferme pourtant à doubles tours derrière des normes asphyxiantes. L’humain est un inénarrable paradoxe sur deux pattes. De sa plume échevelée, à la verve décidée et à l’esprit délicieusement indomptable, Catherine Dorion souffle avec audace une ode au désir dans tout ce qu’il a de plus fructueux, dérangeant, et inspirant. Un opuscule ébouriffant et nécessaire, qui sait ébranler le pouvoir hypnotisant de la peur de l’éphémère, réveillant le peuple engourdi par trop d’années à sommeiller au bois dormant et lui insufflant une salutaire bouffée de rébellion contre ce plomb qu’il se met lui-même dans l’aile du rêve.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 9 juin 2017

The Tin Forest

Par Helen Ward, illustré par Wayne Anderson, chez Dutton Books.
Quatrième de couverture:
«There was once a wide, windswept place… but where there is a dream, hope can grow.»

Il était une fois, au coeur des rebuts du monde, un homme qui rêvait d’un Ailleurs luxuriant, pour faire fleurir la grisaille de son existence. Et si, à force de s’imaginer le réel, le rêve pouvait devenir réalité? D’une plume tout en finesse, portée par le foisonnant imaginaire visuel de Wayne Anderson, Helen Ward raconte avec sensibilité la force tranquille de l’humain qui ose voir par-delà les possibles. Émouvante ode à l’improbable, et clin d’oeil à cette nature qui est de plus en plus en voie d’extinction, cet opuscule sait dire avec justesse qu’à rêve vaillant, rien d’impossible.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 7 juin 2017

Furiously Happy

Par Jenny Lawson, chez Flatiron Books.
Résumé de l'éditeur (extrait):
In Furiously Happy, #1 New York Times bestselling author Jenny Lawson explores her lifelong battle with mental illness. A hysterical, ridiculous book about crippling depression and anxiety? That sounds like a terrible idea. But terrible ideas are what Jenny does best. 
As Jenny says: "Some people might think that being 'furiously happy' is just an excuse to be stupid and irresponsible and invite a herd of kangaroos over to your house without telling your husband first because you suspect he would say no since he's never particularly liked kangaroos. And that would be ridiculous because no one would invite a herd of kangaroos into their house. Two is the limit. I speak from personal experience. My husband says that none is the new limit. I say he should have been clearer about that before I rented all those kangaroos."
"Most of my favorite people are dangerously fucked-up but you'd never guess because we've learned to bare it so honestly that it becomes the new normal. Like John Hughes wrote in The Breakfast Club, 'We're all pretty bizarre. Some of us are just better at hiding it.' Except go back and cross out the word 'hiding.'"
Furiously Happy is about "taking those moments when things are fine and making them amazing, because those moments are what make us who we are, and they're the same moments we take into battle with us when our brains declare war on our very existence. It's the difference between "surviving life" and "living life". It's the difference between "taking a shower" and "teaching your monkey butler how to shampoo your hair." It's the difference between being "sane" and being "furiously happy."

Il y a de ces maux qui font basculer le quotidien. Qui forcent à plonger de l’autre côté du miroir. Qui brouillent les antennes et effacent les pistes. Et pourtant, ce sont les maux que personnes n’osent mettre en mots. Les maux qu’on subit tout bas, en se condamnant d’avance de ne pas savoir comment les affronter. Ce sont les maux qui prolifèrent, sournois et malins, dans l’antichambre silencieux de la honte. Dans les limbes vertigineuses de la dégringolade des repères. Ce sont les maux qui grugent le quotidien et assombrissent les arcs-en-ciels. Et si on prenait le temps de les mettre en mots? Et si, même, on se donnait le droit de sourire un brin devant leur irréductible et malicieuse créativité? D’une plume tout en humour et en authenticité, Jenny Lawson raconte avec un irrésistible aplomb la maladie mentale et ses tentaculaires implications. Sans tomber dans l’apitoiement, ou la leçon pontifiante, elle secoue joyeusement les préjugés, bouleverse les certitudes et sème un rafraîchissant espoir dans ces eaux habituellement si troubles. Un opus déjanté, hilarant et indispensable, à semer à tout vent, pour faire tomber les oeillères de l'ignorance, et celles de la solitude.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

lundi 29 mai 2017

Le Port des marins perdus

Scénario de Teresa Radice, dessins de Stefano Turconi, collection Treize étrange, chez Glénat.
Résumé de l'éditeur:
«Automne 1807. Un navire de Sa Majesté récupère au large du Siam un jeune naufragé qui ne se rappelle que de son prénom : Abel. Le garçon se lie rapidement d’amitié avec le premier officier, capitaine du navire depuis que le commandant s’est enfui avec le trésor du bord. Abel retourne ensuite en Angleterre où il loge dans l’auberge tenue par les trois filles déchues du fuyard. Alors que la mémoire lui revient peu à peu, il découvre quelque chose de profondément troublant sur lui-même, et la véritable nature des personnes qui l’ont aidé...»

L’appel de la mer est fort et inexplicable. Il est vif, et insaisissable. Il chamboule tout: la raison et les élans du coeur. Et les marins, ballottés entre deux mondes, naviguent vaillamment, au mieux, entre le large et la terre ferme, entre le Bien et le Mal. Et s’il existait un Ailleurs qui retricote les Destins? Et si les secondes chances existaient vraiment? Misant sur une narration bercée par les mots, (les littéraires, les spontanés, les irrépressibles, et ceux qu’on ne dit pas) et soufflée avec une finesse inouïe par un univers visuel tout en tendresse ébouriffée et évocatrice, le duo Radice-Turconi raconte une épopée douce et triste, tissée de rencontres délicieusement improbables, et qui fleure bon l’air du large. On en ressort bouleversé, l’âme tout ébaubie, le coeur à l’étroit, l’esprit frémissant d’un bonheur doux-amer et le regard voguant entre le réel et le possible. Un voyage étrange et lancinant, sublime et terrible, qu’on lit jusqu'à la dernière goutte d'eau de mer, pour ne rien oublier de ces mots qui envoûtent, et qui secouent sans vergogne les horizons.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 19 mai 2017

La véritable histoire du petit chaperon rouge et de son chat Marcel

Par Benjamin Perrier, illustré par Jules, série La véritable histoire, chez Gautier Languereau.
Quatrième de couverture:
«Connais-tu l’histoire du Petit Chaperon rouge? Oui, bien sûr! Sais-tu en revanche que cette petite fille espiègle a un chat nommé Marcel? Un bon gros chat qui passe son temps à ne rien faire! Mais entre toit et moi, pour être tout à fait franc, c’est LUI le vrai héros du conte!»

Il était une fois, un petit chaperon rouge, qui n’aimait pas du tout porter son chaperon. Elle avait un chat indolent, la quintessence de l’inaction, qui aimait bien se promener avec elle (ou plutôt dans ses bras). Ensemble, ils formaient un improbable duo alliant vivacité d’esprit et lucidité… à un appétit insatiable, et un flair pas trop moche. Et si au fond, ces atouts singuliers étaient suffisants pour déjouer le vilain Loup? Et si, en fait, on racontait le conte de travers depuis des lustres? Avec une verve malicieuse, Benjamin Perrier retricote habilement l’indémodable Petit Chaperon rouge, secouant les conventions, et sortant délicieusement des ornières éculées de la tradition. Porté par l’univers visuel ébouriffé de Jules, tout en simple et taquine éloquence, et relancé par une narration interpellant directement (et audacieusement) le lecteur, cet opus décoiffant fait rigoler sans vergogne et souffle une irrésistible bouffée de fraîcheur sur les séculaires histoires du soir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 18 mai 2017

Bonne nuit?

Par Coralie Saudo, illustré par Kris Di Giacomo, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Cette nuit, Petit Elephant est bien décidé à passer une bonne nuit dans le lit de Grand Elephant... Mais est-ce vraiment une bonne idée?»

La nuit, c’est si long. Seul. Dans un grand lit. Et ça pourrait être si chouette en bonne compagnie! Alors, pourquoi ne pas, habilement, se faufiler entre les ombres et défier l’interdit? Avec un aplomb adorable et une candeur irrésistible, Coralie Saudo raconte l’enfance qui explore, infatigable, les limites de l’Autre, et qui découvre, au passage, les siennes. Porté par la palette tendre, et les traits évocateurs de l’univers visuel de Kris Di Giacomo, cet opuscule rigolo souligne, avec fraîcheur et simplicité, qu’il fait parfois bon respecter le besoin d’espace de ceux qu’on aime… si on veut passer une bonne nuit!

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮


ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue à la mi-juin 2017.

mardi 16 mai 2017

Pax

Par Sara Pennypacker, illustré par Jon Klassen, chez Harper Collins.
Résumé de l'éditeur:
«Pax and Peter have been inseparable ever since Peter rescued him as a kit. But one day, the unimaginable happens: Peter's dad enlists in the military and makes him return the fox to the wild. At his grandfather's house, three hundred miles away from home, Peter knows he isn't where he should be—with Pax. He strikes out on his own despite the encroaching war, spurred by love, loyalty, and grief, to be reunited with his fox. Meanwhile Pax, steadfastly waiting for his boy, embarks on adventures and discoveries of his own…»

Il existe parfois, entre deux êtres vivants, une complicité à l’état pur, une connivence qui se rit des différences, comme une fusion de deux existences en une seule âme. Cette unité à deux têtes, cette union singulière (ou ce «oneness» comme l’évoque avec plus de justesse la langue anglaise) semble indestructible, imperméable aux coups du sort d’un Destin parfois sans pitié. Or, lorsque la séparation survient, brutale, sans crier gare, commence alors une quête cruciale: retrouver cette autre partie de soi, coûte que coûte. Tout en finesse et en simplicité, Sara Pennypacker raconte une amitié plus grande que tout, de celles qui bousculent les conventions, sortent joyeusement des ornières, et donnent le courage de braver toutes les tempêtes (même celles qui grondent en soi) afin de ne pas laisser filer le bonheur au loin. Audacieusement porté par une narration à deux voix, cet opus chamboulant sait dire l’essentiel, avec une justesse et une sensibilité qui ne laisseront personne indifférent. Un petit bijou sublime qui ose faire voir par-delà les oeillères du convenu.



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Pour le lire en version française

mardi 9 mai 2017

L'oiseau de Colette

Écrit et illustré par Isabelle Arsenault, série La bande du Mile-End, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Pauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire!»

Quand le grand branle-bas survient, avec tous ces souvenirs en boîtes, et ces racines qui se cherchent un nouveau terreau d’accueil, l’enfance a parfois la solitude vertigineuse. Sans compter que les premiers pas vers de possibles complicités sont toujours terriblement angoissants. Mais avec un ami, même un peu inventé, à ses côtés, tout peut soudain sembler plus léger… Et s’il suffisait d’un soupçon d’imaginaire pour s’ouvrir les horizons? Tout en finesse et en sensibilité, Isabelle Arsenault raconte l’extraordinaire quête de tous les instants d’une enfance qui se réinvente le quotidien. Faisant s’épanouir sous nos yeux ravis, à travers un univers visuel à la palette tendre et à la composition éloquente, les rocambolesques péripéties de cette irrésistible bande d’amis, ce délectable opuscule sait souffler avec justesse que l’essentiel, dans la quête du bonheur, c’est de savoir se l’imaginer.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

dimanche 7 mai 2017

La Mésaventure

Écrit et illustré par Iwona Chmielewska, chez Format.
Quatrième de couverture:
«Une jeune fille repasse la nappe préférée de sa maman, un souvenir précieux brodé par la grand-mère. Mais voilà, elle se perd dans ses pensées et le fer à repasser laisse une trace indélébile sur le joli tissu! Quelle mésaventure! Que dira maman à son retour?»

La réalité a parfois une malicieuse façon de rappeler à l’ordre les rêveurs de tous les instants : après tout, un accident est si vite arrivé.  Or, cette fois, la jeune fille le sait, sa dérive de l’imaginaire a engendré un impardonnable faux pas. Un pour les annales. Un qui ne disparaîtra pas de sitôt du regard de sa mère. Et si elle parvenait à trouver une entourloupe pour éviter la tempête? Et si elle réussissait à disparaître sans crier gare avant le cataclysme? Et si, au fond, tout n’était pas si terrible? Tout en éloquente simplicité, Iwona Chmielewska ose raconter entre les lignes le sournois pouvoir de la peur du jugement de l’autre. Misant audacieusement sur un univers visuel dépouillé mais évocateur, qui réinvente habilement les possibles d’une même forme, suivant l’évolution des pensées du personnage principal, cet opuscule singulier sait faire parler le silence avec justesse et sensibilité, secouant malicieusement, au passage, les conventions narratives.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 5 mai 2017

Souffler dans la cassette

Par Jonathan Bécotte, chez Leméac.
Quatrième de couverture (extrait):
«Souffler dans la cassette est un roman poétique qui dépeint l’amitié entre deux garçons du primaire. Leurs jeux, leurs aventures formeront les racines des hommes qu’ils deviendront.»

L’amitié. La vraie. La grande. Celle qui illumine le regard et fait sourire l’âme en secret. Celle qui fait poindre le soleil entre les averses du quotidien. Celle qui tisse, finement, la trame d’un avenir à l’unisson. Celle qui vibre d’intensité. Celle qui aussi, parfois, s’avère être un amour qui n’ose pas prendre sa place. Celle-là. Celle-là même. Qui crée le vide en s’évaporant sans crier gare. D’une plume à la poésie quotidienne, tendre et évocatrice, Jonathan Bécotte chuchote au lecteur l’amour dans toute sa vertigineuse simplicité et sa fracassante vulnérabilité. Un opuscule, comme une ode au sacré, qui sait dire avec la juste lucidité de l’enfance, ce lien, si fort, qui souffre en silence de n’être pas nommé.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

lundi 1 mai 2017

Gilles

Écrit et illustré par Mathieu Lavoie, chez Comme des géants.
Quatrième de couverture:
«Et qu’est-ce que le renard fait? Il dort! Chuuuuuuut!»

Et si le renard était fidèle à sa réputation de sournois stratège? Et si le corbeau avait, en fait, plus d’un tour dans son bec? Et si, au fond, tout était la faute de Gilles? Revisitant malicieusement l’intemporelle fable du Renard et du Corbeau, Mathieu Lavoie tricote une irrésistible histoire, cocasse et rythmée, à la structure répétitive nourrissant joyeusement l’expectative, et à la chute délicieusement espiègle. Un coquin et déjanté opuscule, à découvrir en famille, et qui ne laissera personne sur sa faim… sauf peut-être Gilles!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mercredi 26 avril 2017

Le plus petit baiser jamais recensé

Par Mathias Malzieu, chez Flammarion.
Quatrième de couverture:
«Un inventeur - dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de coeur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire?»

L’amour, cet insaisissable, ce coquin de charmeur à la fougue imprévisible. Cet empêcheur de vivre en rond. Ce bourlingueur sournois des coeurs en déroute. Ce cavaleur impénitent des Destins tranquilles. Oui, cet amour en majuscules, qui chamboule tout, sans crier gare. Cet amour qui euphémise le réel, ou le lance en hyperbole. Cet amour responsable de bien des grands maux, et de tant d’autres mots. Cet amour… D’une plume tout en douce finesse et en malicieuse lucidité, Mathias Malzieu raconte la plus grande aventure qui soit: l’universel combat de l'humain contre lui-même, son incurable peur de ces failles dans la carapace, qui, pourtant, font partie du charme d'exister. Faisant valser avec justesse le possible avec le délicieusement improbable, cet opuscule sait nourrir le rêve et virevolter l’imaginaire, déjouant habilement le prévisible, et jonglant avec les mots avec une irrésistible virtuosité. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 13 avril 2017

Comme un roman

Par Daniel Pennac, illustré par Quentin Blake, édition anniversaire, chez D'Eux.
Résumé de l'éditeur:
«Enseignant, auteur, père et lecteur, Daniel Pennac livre ici ses réflexions et ses observations sur la lecture et sur la place des livres dans notre vie.»

Les mots peuvent distiller les possibles, évoquer l’inénarrable, faire sourire le prévisible, mais ils peuvent aussi, si on n’y prend pas garde, devenir des épées de Damoclès dogmatiques menaçant sournoisement le plaisir de lire. À nous de nous assurer qu’ils demeurent, aux yeux de tous, des complices de tous les instants, et non pas des ennemis de l’ombre. Dans cet essai incontournable sur le lecteur et la lecture, Daniel Pennac raconte les mots comme on souffle une histoire aux oreilles ébahies de l’enfance. Secouant avec justesse et humour les certitudes (ô ces certitudes du bien-pensant!) d’une société qui semble édifier la lecture au rang de devoir oubliant au passage son essence même,  Daniel Pennac ose clamer, d’une plume à la verve délicieuse, que si l’amour des mots est l’affaire de tous, il importe de le faire naître à l’image de chacun. Un opuscule indispensable dont le Temps n’use pas la pertinence, réédité dans de sublimes atours, et qui, surtout, fait pétiller le regard et rêver entre les lignes. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

dimanche 2 avril 2017

Colère de loup

Par Louison Nielman, illustré par Nathalie Janer, chez Gautier-Languereau.
Quatrième de couverture:
«Un loup en colère surgit dans la cuisine de Maminette... Comment réussir à le calmer?»

Maminette est la reine de sa cuisine (entre autres!). Elle y concocte joyeusement des petits à bonheur à dévorer. Pour tous les appétits (et surtout, les faims de loup!). Or, voilà que cogne à sa porte un vrai de vrai loup. Renfrogné et de mauvais poil. Et pas de Petit Chaperon Rouge en vue. D’abord un brin étonnée, Maminette sent rapidement qu’il y a colère sous museau, et décide de prendre les choses en mains. Tricotant astucieusement entre les mailles des conventions, Louison Nielman réinvente le rôle de Mère-Grand et de son Petit Chaperon Rouge, proposant malicieusement son fin mot de l’histoire, et bousculant sans vergogne le mythe persistant du terrible Loup. S’épanouissant sous la palette ébouriffée de Nathalie Janer, aux tendres et éloquents délavés, cet album sait dire avec justesse et humour cette tempête qui se tapit sournoisement en chacun de nous, défiant la naissance du sourire, et menaçant d'assombrir notre journée sans crier gare.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

samedi 1 avril 2017

Le bois dormait

Écrit et illustré par Rebecca Dautremer, chez Sarbacane.
Quatrième de couverture:
«Dormir, dormir, d'accord! Mais 100 ans?!... C'est un peu long, non?»

Il était deux fois, un Bois qui dormait. Un hameau dont le cours des choses était suspendu aux lèvres d’un Prince qui se faisait attendre. Une histoire de coups du sort et de malchance ensommeillée, jusqu’au bonheur culminant de la tombée des rideaux. Cette histoire se murmure depuis la nuit des Temps. Et bien sûr, tout le monde la connaît. Tous. Petits et grands. Princes passés, et ceux en devenir. Et pourtant, lorsqu’il y mettra réellement les pieds, le Prince, dans ce Bois au sablier figé, il le verra comme si c’était la toute première fois. Avec le regard émerveillé de celui qui se risque à penser qu’il peut, peut-être, s’il l’ose, être l’étincelle coquine qui chatouillera les existences engourdies. D’une plume tout en finesse et en humour, bercée par la palette riche et évocatrice de son univers visuel, Rebecca Dautremer détricote astucieusement les conventions de ce conte usé par des années d’enfance avide d’un imaginaire traditionnel. Jonglant malicieusement entre les dialogues coquins de narrateurs qui ne se laissent pas avoir par le premier mythe venu, et l’éloquence muette d’illustrations à la composition tendre et émouvante, ce sublime opuscule chamboule délicieusement l’ordre établi, chuchotant in petto d’inénarrables possibles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

samedi 25 mars 2017

Nous avons trouvé un chapeau

Écrit et illustré par Jon Klassen, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur:
«Les ecteurs friands des livres de Jon Klassen comme Rendez-moi mon chapeau! et Ce n'est pas mon chapeau se délecteront de voir deux tortues convoiter le même chapeau. L'une des tortues voudrait-elle le chapeau pour elle seule? Bien sûr que non! Les tortues de cette histoire n'oseraient jamais... trouveront-elles un moyen d'avoir chacune leur chapeau?»

L’humain est une drôle de bête. Il épie le cours des choses, observant ceci, découvrant cela. Toujours à s’assurer qu’il est le premier à explorer une terre sauvage. Toujours à s’approprier sans tarder le moindre coin de paysage. Or, parfois, lorsque l’amitié le lie à l’Autre, il se tricote une conscience, il ose cultiver sa patience. Et si, au fond, le plaisir de se délecter des possibles était une aventure qu’il fait bon vivre à deux? De sa plume simple et espiègle, Jon Klassen raconte la cohabitation pleine de rebondissements de l’envie et de l’amitié. Narré habilement en courtes phrases évocatrices, et relancé astucieusement par un univers visuel sobre, au trait éloquent, cet album sait dire tout en finesse et en humour la délicieuse inconséquence de l’âme humaine.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

lundi 20 mars 2017

Olga and the Smelly Thing from Nowhere

Écrit et illustré par Elise Gravel, chez Harper Collins.
Quatrième de couverture:
«I love animals. I get along with them JUST FINE. HUMANS? That’s another story. I’ll be an animal scientist soon—you’ll see. All the newspapers will talk about Olga, the amazing child scientist—especially after people meet the weird creature I just discovered.»
Pour Olga, rien n’est plus fascinant que les animaux. Qu’ils soient poilus, ventrus, gluants ou odorants, Olga les observent tous attentivement. Plus ils sont saugrenus, plus le mystère de leur existence est touffu, plus son insatiable curiosité piaffe d’impatience. C’est une pro des espèces singulières, une infatigable limière. Jusqu’au jour où surgit, sans crier gare, une énigmatique créature venue de nulle part, qui, entre deux borborygmes, bouscule tous ses repères. De sa plume à la verve coquine et délicieusement irrévérencieuse, Elise Gravel entraîne le lecteur dans une rocambolesque quête de vérité animalière. Multipliant malicieusement les rebondissements, son univers visuel échevelé relançant habilement la narration de mille et un détails cocasses, cet inimitable opus sait raconter l’enfance dans toute son irrésistible candeur et son inextinguible capacité d’émerveillement. Une épopée joyeusement insolite qui donne le goût d’oser apprivoiser l’étrange et découvrir le déroutant.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



Pour le lire en version française

samedi 18 mars 2017

A Room of One's Own

Par Virginia Woolf, chez Mariner Books.
Quatrième de couverture:
«In A Room of One's Own, Virginia Woolf imagines that Shakespeare had a sister—a sister equal to Shakespeare in talent, and equal in genius, but whose legacy is radically different. This imaginary woman never writes a word and dies by her own hand, her genius unexpressed. If only she had found the means to create, argues Woolf, she would have reached the same heights as her immortal sibling. In this classic essay, she takes on the establishment, using her gift of language to dissect the world around her and give voice to those who are without. Her message is a simple one: women must have a fixed income and a room of their own in order to have the freedom to create.»

Qu’y a-t-il à dire au sujet des femmes et de la fiction? Occupent-elles une place dans l’espace littéraire? Si oui, laquelle? Y sont-elles des sujets muets, englués dans des stéréotypes de genre, ou y ont-elles aussi une voix? Est-ce de même dans la société en général? Ont-elles toujours l’opportunité et les moyens de faire résonner leur voix haut et fort? La créativité au féminin est-elle un mythe? Et si, au fond, le genre du créateur importait peu? Et s’il était surtout indispensable de déterminer ce qui favorise l’épanouissement créatif, et ce qui lui fait battre de l’aile? Virginia Woolf ose prendre position à ce sujet en proposant une réflexion audacieuse et fondamentale interrogeant la place historique des femmes dans l’espace créatif littéraire, et soulignant le lien existant entre cette place encore à construire, et les conditions de vie des femmes à travers les siècles. Abordant ce vaste champ de recherche avec simplicité et détermination, Virginia Woolf plonge le lecteur dans le tourbillon de ses questionnements, l’interpellant malicieusement, le faisant progresser à ses côtés, au fil des interrogations et des indignations qui jonchent son exploration. Un opuscule puissant, indispensable, pertinent même près d’un siècle après sa publication, et qu’il fait bon lire et relire pour se secouer la résignation, pour se titiller l’audace, et pour ne jamais oublier que malgré les inégalités de genre et de conditions socioéconomiques qui perdurent, il n’en tient finalement qu’au créateur, femme ou homme, de se trouver une «chambre à soi» pour laisser s’exprimer sa voix.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



Pour le lire en version française