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vendredi 26 février 2010

Jane Austen et la sorcière du Derbyshire

Par Stephanie Barron, Le Masque, Labyrinthes, Jane Austen 5

«C'est dans le Derbyshire, réputé pour la beauté de ses paysages et sa nature sauvage, que Jane Austen, sa soeur Cassandra et leur mère ont décidé de faire halte en cet été 1806, chez leur cousin Edward Cooper. Mais ce décor idyllique devient vite le théâtre d'événements dramatiques: lors d'une promenade, Jane découvre un cadavre mutilé, apparemment celui d'un jeune homme, jusqu'à ce que le médecin du village dévoile l'identité du corps. Il s'agit de la sorcière de la région, Tess Arnold, semble-t-il assassinée selon des rites francs-maçons. Or la grande majorité des notables du Derbyshire s'enorgueillit d'appartenir à une loge maçonnique... Croyances, pouvoir ou manipulation? A mesure que Jane exerce sa sagacité à la résolution de l'enquête, les secrets de la sorcière du Derbyshire lui opposent un silence pesant...»

Un des meilleurs de la série, jusqu'à maintenant. L'intrigue est plus fluide et bien ficelée et la plume toujours aussi incroyablement documentée sur la vie de Austen, ou ce qu'on pense en savoir... Bien sûr, ce n'est pas un polar comme les autres; plutôt un roman noir, un hybride entre un roman anglais à l'ancienne, un Sherlock Holmes et une biographie non autorisée. Plaisant et fascinant à lire (pour les fans finis de Austen comme moi!)... et même en version française, car la traduction est on ne peut plus habile! 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆



Pour le lire en version originale

Silence: on tourne...

Une section toute neuve est en construction dans la colonne de gauche: la section Silence: on tourne ou les livres portés au grand écran.

M'étant toujours considérée comme une dévoreuse de livres incurable n'aimant vraiment pas les adaptations d'oeuvres littéraires au grand écran, je me suis rendue compte récemment que, pour une rebelle, j'en avais vu un grand nombre de ces interprétations cinématographiques!... certaines réussies, d'autres catastrophiques... Hésitant toujours à plonger dans la version 7e art d'un livre que j'ai lu, de peur d'être choquée ou déçue, je me suis dit que je tenterais de faire le compte-rendu et l'humble appréciation de celles que j'ai vues, pour ceux d'entre vous qui me ressemblent et qui n'aiment pas qu'on touche trop à leurs «classiques»...

Mais attention! Je ne considère pas qu'il y ait une approche idéale quant à l'adaptation cinématographique d'oeuvres littéraires... Au contraire... Une adaptation trop «copiée-collée» de l'oeuvre peut être aussi désastreuse qu'un film n'ayant rien conservé du roman original ou presque... L'important, c'est que ça soit vivant!...

Vous êtes donc cordialement invités à farfouiner dans cette section, au petit bonheur...

Pride and Prejudice - Focus Features

Pride and Prejudice (v.f. Orgueil et préjugés)


Avec Keira Knightley, Donald Sutherland, Simon Woods, Kelly Reilly
Réalisé par Joe Wright
Focus Features

«Based on the Jane Austen novel, Pride & Prejudice is a classic tale of love and misunderstanding unfolding in class-conscious England near the close of the 18th century. Starring Keira Knightley as Lizzie, one of the five Bennet sisters, and Matthew Macfayden as Mr. Darcy, the man aiming to win her heart.»


Adapté de Pride and Prejudice, de Jane Austen.


Un classique totalement revisité par Joe Wright! L'histoire est tronquée, les dialogues originaux relégués au grenier et des personnages sont manquants... Les scénaristes ont fait le grand ménage, se sont inspirés de l'essence même des personnages de Austen et, tout en les conservant dans leur contexte historique d'origine (contexte suggéré plus que respecté à la lettre toutefois), ont fait évoluer l'histoire et s'épanouir les protagonistes en enlevant le carcan de retenu dans lequel Austen a vécu et a écrit son oeuvre. Résultat: le film insuffle une pétulance moderne et savoureuse à ce classique littéraire. 
Bien sûr, le film ne respecte absolument pas, ou si peu, le manuscrit original (avis à ceux que cela choque), mais les interactions entre les personnages sont fraîches et vivantes... et le travail de caméra époustouflant.
Seule ombre au tableau: les 10 dernières minutes! En effet, pendant tout le film, Joe Wright nous envoûte avec ses dialogues fusant de toutes parts et sa direction photo savoureuse. Or, voilà qu'à partir de la scène de déclaration d'amour entre Darcy et Elizabeth Bennett (totalement réinventée d'ailleurs, cette scène), la splendeur des images tombe dans l'affreusement quétaine... et le choc est encore pire en écoutant la dernière scène (ajoutée en entier celle-là!)... Elle est mièvre, rose bonbon, trop sucrée, interminable et tellement décevante!... Le truc? Écouter le film jusqu'à ce que M. Bennett donne son consentement au mariage d'Elizabeth puis appuyer sur la touche STOP! Dommage pour Joe Wright qui nous a offert un peu plus tard un habile Atonement, adaptation originale mais respectueuse du rythme de l'auteur Ian McEwan, et à la direction photo fabuleuse...
Mon coup de coeur: l'inteprétation sublime, touchante et drôle de Donald Sutherland dans le rôle de M. Bennett. Un bijou de jeu nuancé. Juste pour lui, le film en vaut la peine!