Vous cherchez sur Lili?

jeudi 27 juin 2013

Les hirondelles


Par Anne-Fleur Drillon, illustré par Thibault Prugne, Bilboquet, Les Messagers

«Il y avait bien Martine, une hirondelle avec qui Barnabé s'était lié d'amitié, mais celle-ci disparaissait parfois des jours entiers, le laissant à sa solitude, la tête dans les nuages. Si Martine avait pu parler, elle lui aurait dit ce qu'il se passait en dessous...»


Deux solitudes. Deux immensités désertes et pourtant habitées. Une rencontre improbable et émouvante. Anne-Fleur Drillon fait dans la dentelle narrative, tricotant finement, brodant avec sensibilité le fil ténu liant ces deux «Robinson Crusoé». Si l'univers visuel tendre, onirique et doux de Thibault Prugne ressemble un peu trop, par moment, à celui de Kunio Katô (voir la couverture de La Maison en petits cubes), il plonge tout de même fort habilement le lecteur au coeur de ce périple délicieusement saugrenu. Quête initiatique ou rêve éveillé? Peu importe puisqu'on s'y love avec bonheur, les pieds dans l'eau et la tête dans les nuages...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 23 juin 2013

Mystères et pierres précieuses


Par Andreas Steinhöfel, Gallimard Jeunesse, Rico et Oscar 3

«À mon tour de dormir chez Oscar. Maman s'est envolée pour le Sri Lanka avec son amoureux, juste après l'enterrement de Fitzke. Dans son testament, il me léguait sa collection de pierres! Et moi qui croyais qu'il m'avait toujours détesté. Mais voilà. Quelqu'un est entré dans son appartement pour dérober sa pierre la plus précieuse. Avec Oscar, on tient une piste. Direction la mer Baltique, et pas pour la baignade!»

Une autre épopée singulière et attachante pour l'improbable duo d'enquêteurs du 93, rue Dieffenbach! Andreas Steinhöfel tricote une fois de plus une narration toute en douceur et en simplicité, voguant au rythme lent et charmant de ce Rico aux idées en désordre, à la logique en pagaille, mais à l'intelligence du coeur vive et juste. Une intrigue bien roulée, riche en rebondissements et en émotions, où la candeur et l'authenticité se révèlent finalement les meilleures armes contre le chaos. Touchant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 22 juin 2013

Un point c'est tout


Par Bénédicte Rivière, illustré par Anne Hemstege, Sarbacane

«Bonjour, je suis un point! Tu sais ce que c'est? Non? Tu vas voir : je vais te raconter...»

Un opuscule étonnant qui explique simplement, avec humour et justesse, les méandres de la ponctuation. Bénédicte Rivière fait évoluer, sous nos yeux ébahis, un petit point de rien du tout, aux mille visages, qui se frayera vaillamment un chemin parmi les virgule, guillemets, point d'exclamation et autres membres au caractère bien planté (!) de la grande famille de la langue française. Soutenu habilement par l'univers visuel éloquent d'Anne Hemstege, cet album singulier, humanise avec candeur et finesse les caprices d'une langue riche qui paraît trop souvent inaccessible aux néophytes : un «cours de français» officieux et cocasse à dévorer en rigolant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

mercredi 19 juin 2013

The Evolution of Calpurnia Tate


Par Jacqueline Kelly, Henry Holt and Cie

«Calpurnia Virginia Tate is eleven years old in 1899 when she wonders why the yellow grasshoppers in her Texas backyard are so much bigger than the green ones.With a little help from her notoriously cantankerous grandfather, an avid naturalist, she figures out that the green grasshoppers are easier to see against the yellow grass, so they are eaten before they can get any larger. As Callie explores the natural world around her, she develops a close relationship with her grandfather, navigates the dangers of living with six brothers, and comes up against just what it means to be a girl at the turn of the century.»

Un singulier petit pan d'histoire naturelle, à la veille du vingtième siècle, ce siècle des Grands Bouleversements. Jacqueline Kelly fait naître un nouveau genre, hybride astucieux entre fiction historique, carnet de naturaliste et essai féministe. Si on se perd parfois un peu dans les descriptions rigoureuses de cette nature qui fascine tant Calpurnia et son grand-père (le début du roman est lent, très lent), on finit par s'attacher sincèrement à cette nombreuse famille du sud des États-Unis, à ses membres colorés, et surtout à cette fameuse Callie, la curieuse, l'indomptable, qui s'éveille à l'univers en ce début d'été caniculaire et qui refuse ensuite de revenir à ce monde contraignant, à cette vision restreinte de la vie réservée aux femmes de l'époque. Un plongeon irrésistible dans le monde de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, qui souligne au passage l'importance de tous et toutes (oui, oui, les femmes, aussi!) dans l'évolution de l'espèce.

Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française
 

lundi 17 juin 2013

Le voisin lit un livre


Écrit et illustré par Koen Van Biesen, Alice Jeunesse, Histoires comme ça

«Chhhuuut! Silence! Le voisin lit un livre. Mais la petite voisine de l'autre côté du mur, que fait-elle? Chhhuuut...» 

Un joyau d'album, tout simple, sensible et juste. En quelques phrases, Koen Van Biesen lance le bal, laissant le lecteur lire entre les lignes et se plonger dans un univers visuel aux mille textures, dont le métissage astucieux et joyeusement échevelé relate avec éloquence une rencontre délicieusement improbable. Un opuscule qui navigue habilement dans le non-dit, et dont l'humour irrésistible interpelle gaillardement l'intelligence du lecteur... pourquoi s'en passer?


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

dimanche 9 juin 2013

Prune et l'argent de poche


Par Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo, Frimousse, Prune 5

«Dans la tirelire de Prune, c'est la crise. Il lui faut des sous et ... une idée de génie!»

C'est le retour de Prune et de son aplomb irrésistible! Séverine Vidal se lance dans cette nouvelle aventure avec la finesse et l'humour qu'on lui connaît, renouant, au grand bonheur des lecteurs, avec l'esprit vif et ingénieux de son incontournable premier tome: La grosse rumeur. Tout y est pour que la magie opère: une prémisse cocasse, des revirements savoureux et imprévisibles, une verve hilarante et l'univers visuel tendre et joyeusement échevelé de Kris Di Giacomo. Un vrai petit délice littéraire à dévorer sans tarder!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★



vendredi 7 juin 2013

La Déjeunite de madame Mouche et autres tracas pour lesquels elle consulta le docteur Lapin-Wicott


Par Elsa Valentin, illustré par Fabienne Cinquin, L'Atelier du poisson soluble

« L'histoire de madame Mouche qui attrapa la déjeunite de Gloups et s'en alla consulter le docteur Lapin-Wiccot. Un album établit à partir de comptines, de rondes, de formulettes et d'adages du patrimoine oral et enfantin.
"Mal  au ventre? À quelle heure? demande le docteur Lapin-Wicott. Midi moins le quart, Madame Placard."»

Un improbable délice complètement délirant où imaginaire et répliques des classiques de l'enfance s'entremêlent avec virtuosité. Elsa Valentin tricote une intrigue déjantée et désopilante, emberlificotant les références avec finesse et créant une galerie attachante de personnages habilement traficotés. De connivence avec cette narration plutôt hors norme, l'univers visuel singulier de Fabienne Cinquin, tout en teintes éclatantes, nourrit ce métissage en proposant une composition d'image touffue, fleurant bon le psychédélique des années 1960, et multipliant les allusions aux contes et autres histoires tordues de l'enfance. Avec cet audacieux duo de créatrices à la barre, le lecteur est paré pour une aventure sans pareil: de clins d'oeil en citations, de pieds-de-nez en hommages, tout y passe, Monsieur Pouce, le «petit» Poucet, le petit Chaperon rouge croisant le chemin de Madame Mouche sur la rue, la Maman-Chatte bottée tenant son chaton dans sa gueule, dans l'escalier de l'immeuble, le Dr Lapin-Wicot et son discours absurde, tout frais sorti d'Alice au pays des merveilles, Marie-Margot, le «bébé-épuisette», genre d'Ophélie de la marre, et des dizaines d'autres travestissements réussis et savoureux de mémoires communes. Bref, un album aux mille possibles, admirable tour de force littéraire, à dévorer sans retenue, plutôt cinq fois qu'une, question de ne rien rater de son potentiel bourdonnant...

Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

mercredi 5 juin 2013

Juré, craché!


Par Linda Urban, École des loisirs, Neuf

«Elle est timide, Mattie, et elle a un peu peur. Elle n'a qu'une semaine pour s'habituer à sa nouvelle école. Parce que dans une semaine, elle entrera en CM2. Et il faudra bien qu'elle se présente devant la classe. Heureusement, son oncle Popote est le gardien de l'école. L'oncle Popote raconte beaucoup d'histoires. Il dit qu'il parle à la Lune, par exemple, et que la Lune lui répond. Et elle aime ça, Mattie, les histoires. Elle en écrit plein dans son carnet, au milieu des "Règles d'or du nettoyage". Mais à qui pourrait-elle les montrer? À une amie, certainement. À une vraie amie. Mais, pour commencer, comment se fait-on des amis?»

Un opus émouvant qui fait parler les silences de l'enfance. Linda Urban tisse avec finesse l'histoire complexe d'une petite fille toute simple; sans tomber dans le psychodrame, l'auteure fait naître sous les yeux du lecteur, par petites touches poétiques d'une authenticité qui va droit au coeur, le monde riche, mais parfois effrayant, de Mattie. C'est l'histoire d'un secret. Et d'une blessure. Et d'une insécurité plus grande que tout, nourrie par trop de retours à la case départ. Mais c'est aussi, et surtout, l'histoire d'une jeune écrivaine en herbe qui, malgré sa timidité et sa peur, ne veut pas perdre sa plume, sa voix, son essentiel, et à qui, dans le processus, l'amitié ouvrira grand les bras. À découvrir, malgré une traduction qui rend la lecture absolument inconfortable (à trop vouloir coller des référents franchouillards à cette histoire américaine, on en perd parfois le fil... et l'humour!)...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Ma mère est partout


Par Nathalie Kuperman, illustré par Aurélie Guillerey, École des loisirs, Mouche

«Un matin pendant la classe, Joseph entend de drôles de bruits dans son cartable. Ça fait cratch, critch et strompf. Serait-ce une souris? un rat? un monstre bizarre qui ne vit que dans les cartables? À la récréation, Joseph décide d'en avoir le coeur net. Il emporte son cartable dans un coin à l'abri des regards, et, très courageusement, il l'ouvre. À l'intérieur, ce n'est pas une souris, ni un rat. Ce n'est pas non plus un monstre. C'est sa mère, qui est là, un peu coincée entre le cahier de textes et le cahier de français.
- Maman, qu'est-ce que tu fais là?
- Je suis venue t'apporter ton goûter. Tu l'avais oublié ce matin en partant.
Non, Joseph n'est pas en train de rêver, et le problème pour lui, c'est que cette histoire ne fait que commencer.»

Un plongeant cocasse dans l'enfance et ses mille possibles. Nathalie Kuperman tricote un petit bijou de fraîcheur, farfelu à souhait, où réel et onirique s'entrelacent joyeusement pour notre plus grand bonheur. Un opuscule habile et délicieusement candide pour les petits protégés des mamans (et papas!) poules...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 4 juin 2013

Affreux, sales et gentils


Par Guillaume Guéraud, illustré par Martin Matje, Nathan, Nathan Poche

«Amaury a été kidnappé. Depuis il n'a jamais été aussi heureux À la sortie du collège, Amaury est enlevé par deux inconnus qui le forcent à monter dans une voiture. Ce n'est pas un hasard, ses parents sont riches, très riches! Après quelques kilomètres, le garçon découvre sa sinistre destination: un terrain vague, où une roulotte abrite une famille d'affreux bien décidés à obtenir une forte rançon. Mais dans cet enfer pousse une jolie fleur prénommée Julie...»

Une savoureuse petite intrigue, déroutante à souhait! Guillaume Guéraud fait dans l'humour grinçant, secouant joyeusement les certitudes et se jouant habilement des notions de Bien et de Mal. Sa plume audacieuse dérange avec finesse, croquant l'essentiel au passage et plongeant le lecteur au coeur d'une histoire d'amour délicieusement impromptue; on s'esclaffe, on s'attendrit, on trépigne et on s'enrage, bref, on s'y croit. Un bouleversant pied-de-nez aux conventions sociales, qui provoque avec aplomb, jusqu'à la toute dernière ligne...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆