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lundi 23 novembre 2015

Le grand méchant renard


Scénario et dessins de Benjamin Renner, Delcourt, Shampooing

Quatrième de couverture:
« Face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place en tant que grand prédateur. Devant l'absence d'efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution : voler des oeufs, élever les poussins, les effrayer et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel. »

Il était une fois un renard un brin maladroit qui rêvait de devenir le Roi de la forêt: ce toujours craint, cet incontournable, ce terrifiant Grand Méchant Renard. Mais ne devient pas méchant et fin stratège qui veut, surtout quand l'amour vient tout chambouler les plans. Benjamin Renner tricote d'une plume à l'humour irrésistible, un scénario tout en finesse, à l'ironie coquine et aux rebondissements malicieux. On rigole tout haut, on retient son souffle, on s’inquiète, puis on sourit béatement. Une ode astucieuse et drolatique à l’inattendu et au contre-emploi, comme quoi, il faut savoir parfois se laisser bercer par l’improbable si on veut pouvoir savourer l’authenticité.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 13 novembre 2015

Missed Connections: Love, Lost & Found


Illustré par Sophie Blackall, inspiré de textes anonymes publiés en ligne, Workman Publishing

Quatrième de couverture:
«Like a message in a bottle, a “missed connection" classified (usually posted on a website) is an attempt however far-fetched, by one stranger to reach another on the strength of a remembered glance, smile, or blue hat. The anonymous messages are hopeful and hopeless, funny and sad. […] Missed Connections is a collection of illustrated love stories. […] Each is told in the shorthand of a “missed connection,” and then illustrated in Chinese ink and watercolor. […] Each brings the voyeuristic pleasure of watching love at first sight, and the pleasure of watching an artist discover a fresh new way to tell a story. And not all the connections are missed. Hidden in the book are three pieces that conjure up the magic of love found.»

La vie foisonne d'opportunités. Celles qu'on attendait, celles qu'on n'espérait plus, mais surtout, les impromptues, les surprenantes, celles portées par un momentum vertigineux, à saisir au vol. Or, plus souvent qu'autrement, on laisse filer les heureux hasards. Par timidité, par sagesse, par peur de plonger dans l'inconnu. S'ensuit parfois le regret de n'avoir pas chatouillé le Destin; regrets qui, résignés ou encore bien remplis d'espoir, viennent peupler les Missed Connections, Spotted et autres babillards de la dernière chance. Né d'une curiosité créative, ce recueil singulier s’épanouit audacieusement à travers le regard tendre de Sophie Blackall, porté par ses traits au romantisme échevelé, à la sensibilité coquine, et voguant sur les mots de ces fascinants rendez-vous manqués. Avec finesse et justesse, Sophie Blackall rebondit de prémisses en péripéties, racontant avec éloquence, en quelques magiques coups de crayon, ces histoires sans fin, et évoquant habilement leurs possibles. Un opus sublime qui titille malicieusement la soif inextinguible du lecteur pour cette suite des choses qui, parfois, comme le prince charmant, tarde à venir.

« You had a guitar. I had a blue hat.
We exchanged glances and smiles on the subway platform. I pretended to read my New Yorker but I couldn't concentrate. You got on the Q and I stayed on to wait for the B. You were lovely. »


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 9 novembre 2015

Le jour où ma mère a flashé sur le plombier/ Le jour où un tétard a failli mettre le bazar (Un toit pour 13)


Par Ingrid Chabbert, illustré par Carine Hinder, Frimousse, Un toit pour 13, tomes 1 et 2

Quatrième de couverture:
« Je suis Romuald mais on me surnomme Romu. J'ai 8 ans et je vis avec ma mère et mes quatre frères et soeurs. Tout allait bien. Jusqu'au jour où il y a eu cette fuite. "Il faut appeler un plombier" a crié ma mère. Et c'est là que ça s'est gâté! Moins d'une heure plus tard, il est arrivé, le plombier. Il a souri à maman, il a réparé la fuite, il a encore souri à maman... »

Être le presque aîné d’une joyeuse fratrie de cinq génère son lot de grincements de dents et de petits bonheurs, mais quand la famille menace de passer de nombreuse à gargantuesque, Romuald en a assez: il lui faut impérativement tout faire pour éviter le surpeuplement. Avec l’improbable mais précieuse complicité de Joséphine, sa «nouvelle soeur» et acolyte de complot-contre-une-alliance-des-deux-tribus, rien ne semble impossible, mais à quel prix…? Tricotant malicieusement une cocasse saga familiale, Ingrid Chabbert sait dire le sympathique chaos des familles populeuses, ce mélange singulier de connivence filiale, de bataille pour conserver son unicité dans le brouhaha bruyant du clan, et d’amour inconditionnel pouvant braver les pires tempêtes. Portée par une irrésistible brochette de personnages, et relancée astucieusement par l’univers visuel à la palette franche et expressive de Carine Hinder, cette série hors normes s’annonce délicieusement rocambolesque et fera rigoler à coup sûr toute la famille, nombreuse ou non.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

dimanche 1 novembre 2015

Le printemps de l'espoir


Par Johan Heliot, Gulf Stream, C.I.E.L. tome 2

Quatrième de couverture:
«L'hiver s'achevait, un hiver rude pendant lequel l'intelligence artificielle avait révélé ses intentions : supprimer l'humanité pour sauver la planète. Les hommes étaient traqués, capturés, emprisonnés, exploités, déportés... Avec le printemps naissaient pourtant de nouveaux espoirs portés par des hommes et des femmes qui ne se résignaient pas. Mais défier les machines avait un prix, et tous ceux qui en prenaient le risque ne devaient pas oublier l'injonction de l'ennemi : "Collaborez ou disparaissez!"»

Après un hiver accablant sous la coupe d'un implacable C.I.E.L. reprogrammant de force l'équilibre fragile de l'écosystème terrestre à grands coups de mesures draconiennes et d'éradication systématique des libertés et des droits, la société a basculé de l'autre côté du miroir: les humains sont désormais des exécutants remplaçables et sans valeur, au service de la dictature écologique et de la logique cartésienne de l'Intelligence Artificielle. Si, pour la plupart, courber l'échine et attendre la lente mais inexorable extinction de leur espèce semble la seule avenue envisageable, le printemps qui point à l'horizon chatouille l'espoir anéanti et fait heureusement gronder la révolte chez quelques irréductibles. D’une plume toujours aussi juste, Johan Heliot tricote une suite effrénée à ce terrifiant futur pas si lointain, faisant valser habilement le probable avec le possible dans un grinçant ballet, et triompher avec audace et adresse les dérives potentielles d’une intelligence technologique nourrie à même les aspirations les plus radicales de humanité. Un opus on ne peut plus troublant qui porte un regard pénétrant et adroit sur l’humain, ses failles, sa résilience, et sur ce qui devrait toujours continuer à le distinguer des machines: sa précieuse intelligence émotionnelle. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮