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jeudi 3 mars 2016

L'été de la révolte et L'automne du renouveau

Par Johan Heliot, chez Gulf Stream, C.I.E.L. tomes 3 et 4.
Quatrièmes de couverture:
L'été de la révolte :
«Depuis le CIEL, l'intelligence artificielle avait pris le pouvoir sur Terre. Elle avait trié les humains, rationnalisé leur activité, rationné leurs besoins. Sans parvenir à éteindre les ferments de révolte, attisés par l'été caniculaire. Pour étouffer la Résistance qui partout s'organisait, l'IA s'apprêtait à dévoiler une dernière surprise : l'avenir de l'espèce humaine. Au nom de quoi les résistants priveraient-ils leurs proches des bienfaits qu'elle leur promettrait?»
L'automne du renouveau :
«L’Intelligence Artificielle qui, en un hiver, avait dompté l’humanité est sur le déclin. Retranchée dans un ancien château dans les contreforts vosgiens, elle observe ses partisans affronter les résistants, toujours mieux organisés. Dans cette atmosphère de confrontation où la joie des victoires est entachée par l’amertume des représailles, les cinq Keller, ballotés par les événements, convergent vers les Vosges et le chalet de Tomi. Celui-ci aura-t-il l’occasion de voir sa famille réunie avant que le cancer ou la guerre ne l’emporte? Et quel sera le prix à payer pour que les hommes se libèrent du joug écologiste de l’IA?»

Et s'il fallait contraindre l'humain à laisser sa place pour le bien-être d'une planète à bout de souffle? Et s'il fallait tout faire pour empêcher l'inéluctable fin de la Vie? Pendant que continue de régner l'implacable intelligence artificielle du C.I.E.L. sur le Monde, répétant sans fléchir les horreurs d'autrefois dont l'Histoire soulignait pourtant la bêtise cruelle, et réduisant l'Homo Sapiens à une espèce faiblarde, nuisible, en voie programmée d'extinction, l'humanité, bafouée, écartelée, poussée aux dernières extrémités, n'a pas encore dit son dernier mot. Opposant l’instinct et l’intuition, à l'inflexible et cartésienne logique de leur «bienveillant» tyran, les humains se débattront avec l'énergie du désespoir, n'ayant plus rien à perdre, et tout à sauver. D'une plume toujours aussi troublante de justesse, Johan Heliot poursuit sa terrifiante réflexion, plongeant le lecteur au coeur de déchirants et on ne peut plus actuels dilemmes éthiques: la Vie et le libre-arbitre sont-ils des droits inaliénables? Comment déterminer ce qui doit prévaloir entre la survie de la planète, ou celle de ses habitants, aussi imparfaits, avides et insouciants utilisateurs de ses ressources épuisables soient-ils? Doit-on forcer la prise de conscience par l’extrémisme? Doit-on infléchir le cours des choses, sans égard aux moyens, avant qu’il ne soit trop tard? Deux opus chamboulants, à la réalité vertigineusement près d’un possible pas si improbable, suite et fin d’une tétralogie fascinante et indiscutablement incontournable, à l’intelligence fine et à la pertinence indéniable. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

dimanche 1 novembre 2015

Le printemps de l'espoir


Par Johan Heliot, Gulf Stream, C.I.E.L. tome 2

Quatrième de couverture:
«L'hiver s'achevait, un hiver rude pendant lequel l'intelligence artificielle avait révélé ses intentions : supprimer l'humanité pour sauver la planète. Les hommes étaient traqués, capturés, emprisonnés, exploités, déportés... Avec le printemps naissaient pourtant de nouveaux espoirs portés par des hommes et des femmes qui ne se résignaient pas. Mais défier les machines avait un prix, et tous ceux qui en prenaient le risque ne devaient pas oublier l'injonction de l'ennemi : "Collaborez ou disparaissez!"»

Après un hiver accablant sous la coupe d'un implacable C.I.E.L. reprogrammant de force l'équilibre fragile de l'écosystème terrestre à grands coups de mesures draconiennes et d'éradication systématique des libertés et des droits, la société a basculé de l'autre côté du miroir: les humains sont désormais des exécutants remplaçables et sans valeur, au service de la dictature écologique et de la logique cartésienne de l'Intelligence Artificielle. Si, pour la plupart, courber l'échine et attendre la lente mais inexorable extinction de leur espèce semble la seule avenue envisageable, le printemps qui point à l'horizon chatouille l'espoir anéanti et fait heureusement gronder la révolte chez quelques irréductibles. D’une plume toujours aussi juste, Johan Heliot tricote une suite effrénée à ce terrifiant futur pas si lointain, faisant valser habilement le probable avec le possible dans un grinçant ballet, et triompher avec audace et adresse les dérives potentielles d’une intelligence technologique nourrie à même les aspirations les plus radicales de humanité. Un opus on ne peut plus troublant qui porte un regard pénétrant et adroit sur l’humain, ses failles, sa résilience, et sur ce qui devrait toujours continuer à le distinguer des machines: sa précieuse intelligence émotionnelle. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mardi 17 février 2015

L'hiver des machines


Par Johan Heliot, Gulf Stream, C.I.E.L. 1.0

«Pendant les premiers mois de son existence, l’intelligence artificielle s’acquitta parfaitement de sa tâche, obéissante, servile. Dans le même temps, elle observait, analysait, tirait des conclusions. Ordinateurs et téléphones portables lui ouvraient des yeux et des oreilles aux quatre coins du monde. Elle finit par hiérarchiser de nouvelles priorités. Puis elle passa à l’action. Ceci est son histoire et celle des hommes et des femmes qui ont connu l’hiver des machines.»

Est-ce que la fin justifie vraiment les moyens, même les plus drastiques? Et si les erreurs du passé tendaient à se répéter? Et si l’humanité perdait son libre arbitre, du jour au lendemain? Et si, finalement, la fiction devenait réalité? Dans un avenir pas si lointain, Johan Heliot fomente un possible on ne peut plus dérangeant de sa plume vive et juste, tricotant l’inénarrable dans une haletante trame à plusieurs voix, et bousculant sans ménagement les repères du lecteur à grands coups d’impitoyables revers. Le C.I.E.L., cette extraordinaire et terrible entité, habile hybride entre HAL 9000 («2001, l’odyssée de l’espace» de Clarke), Big Brother («1984» d’Orwell) et le si inhumain Adolf Hitler de notre ère, rivalise d’ingéniosité et d’astuce pour déstabiliser l’humanité sous sa coupe, annihilant la rébellion sous le poids de ses machines, et tuant l’espoir à la racine. Premier tome explosif d’une prometteuse tétralogie, cet opus adroit sait évoluer avec audace sur la fine ligne séparant l’improbable de l’impossible, car si ce chamboulement planétaire fictif peut sembler un brin alarmiste, la dérive à la base de sa prémisse n’en demeure pas moins absolument probable, et c’est précisément ce qui le rend terrifiant. Un roman saisissant qui ébranle indiscutablement notre perception du progrès technologique, secouant nos consciences endormies par la berceuse des données échangées et aveuglées par l’aura du rétroéclairage. J’en frémis encore… Vivement la suite!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮