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mardi 31 janvier 2012

Le Câlin Volé


Par Nick Bland, illustré par Freya BlackWood, Scholastic

«"— Maman , dit Lucie, je peux avoir un câlin avant d’aller au lit? Je te le rendrai, c’est promis." Lucie partage le câlin avec toute sa famille. Le voilà plus doux, plus endormi, plus grand, et même, parfumé au beurre d’arachide. Mais quand le câlin disparaît, Lucie découvre qu’il est difficile de le récupérer.»

Une histoire toute en douceur et en tendresse. Nick Bland souffle au lecteur une poétique petite quête enfantine, remplie d'amour et de candeur. S'ajoute à cela le sublime univers visuel de Freya Blackwood qui m'a chaviré le coeur au premier coup d'oeil. Avec ses traits échevelés et ses teintes délicates, l'illustatrice fait naître sous nos yeux une famille totalement attachante, évoluant dans une maison joyeusement bordélique comme l'est celle de toute bonne famille nombreuse. Et sa Lucie-la-câline est tout simplement à croquer! Un bijou d'album, pas du tout dans le style habituel des éditions Scholastic, qui ne peut que devenir un classique!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 


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vendredi 27 janvier 2012

Les histoires de Donald


Par Peter F. Neumeyer, illustré par Edward Gorey, Attila

«Deux récits placides et silencieux qui se rapprochent esthétiquement du cinéma muet. Deux histoires banales en apparence : Donald apprivoisant un ver domestique, Donald se faisant une écharde en "poussant" un arbre... deux contes d'évasion par le rêve, telle que la pratiquait leurs auteurs, Peter F. Neumeyer et Edward Gorey.»

Un opuscule singulier qui souffle une bouffée de passé au lecteur, d'une voix étrangement contemporaine. La plume de Peter F. Neumeyer croque avec désinvolture (et un rythme délicieusement déroutant) le quotidien de Donald; une narration qui souligne à sa façon la poésie de la routine. Puis, le petit monde visuel d'Edward Gorey, d'une simplicité éloquente et alliant avec charme le rapidographe et le crayon doré, fait découvrir au lecteur la justesse et la sensibilité d'un univers audacieusement vieillot. Un album hors norme à découvrir absolument!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  


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Les boutiques d'Angélique

Par Alice Melvin, Albin Michel jeunesse

«Angélique s'en va faire les boutiques. Voici sa liste de commissions : une rose jaune, un tuyau d'arrosage, une grappe de raisin, des patins à roulettes, un cacatoès, un mirliton siffleur, un tapis d'Orient, un pichet rayé, une tartelette aux cerises, une sucette en forme de coeur. Trouvera-t-elle tout ce qu'il lui faut? Pour le savoir, soulève les rabats...»

Une joyeuse balade sur la rue principale avec Angélique, à la recherche d'une flopée d'objets singuliers. Alice Melvin narre cette épopée à l'aide d'une judicieuse structure répétitive qui captera habilement l'attention des plus jeunes. Puis, elle plonge littéralement le lecteur au coeur de son univers visuel riche, aux mille détails, en lui permettant, à chaque nouvelle boutique, d'en découvrir l'intérieur grâce à des rabats savoureux. Un album fascinant qui ravira tous les petits curieux.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   


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Le petit théâtre de Rébecca



Par Rébecca Dautremer, Gautier Languereau

«Toute l'œuvre de Rébecca Dautremer rassemblé dans un ouvrage hors-norme de 192 pages, entièrement découpées.»

Entrer dans Le petit théâtre de Rébecca, c'est comme rentrer à la maison... Il y a tous ces personnages connus et adorés qui fourmillent, et qui interpellent le lecteur de leur citation bien choisie. On se sent ronronnant, douillet et choyé de partager un moment avec cette inénarrable bande joyeusement colorée. Mais... il y a tout un bémol: le format. 192 pages finement découpées afin de créer un effet de perspective théatrale, c'est un projet exquis, mais concrètement, cela produit un livre aux pages indiscutablement fragiles, que le lecteur est terrorisé de tourner, de peur de les abîmer irrémédiablement. Cela crée aussi l'effet «objet de collection intouchable» dans les librairies, puisqu'étant donné sa fragilité (et son prix plutôt important), il est impossible de laisser un exemplaire non scellé à feuilleter, à la disposition des clients potentiels. Un projet ambitieux donc, à la conception fabuleuse, mais au support utopique qui fera de ce livre un objet à mettre sous verre, plutôt qu'une invitation à plonger dans le monde sublime et fascinant de Rébecca Dautremer. Tellement dommage!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 24 janvier 2012

Le livre abominable


Par Noé Carlain, illustré par Ronan Badel, Sarbacane

«Il y a bien des occasions, dans la vie d’un petit garçon, d’éprouver une impression terriblement abominable... Par exemple, quand son chien le lèche juste après avoir mangé sa pâtée. Quand sur la plage, il doit tenir la serviette pendant que son père met son maillot. Quand sa mère l'appelle "mon trésor" devant ses potes de l'école... Et plein d’autres encore, réunies ici!»

Joli morceau d'humour rempli de bouffées d'enfance. Noé Carlain plonge le lecteur au coeur même d'une panoplie de petits et grands drames d'enfants, narrant avec un aplomb cocasse les «terribles» péripéties affligeant un charmant petit garçon dont les parents ne semblent là que pour l'embarrasser. L'univers visuel de Ronan Badel, délicieusement brouillon et décoiffé, ajoute une touche de fraîcheur et d'authenticité à cet inventaire rigolo. Un petit opus coloré à découvrir en famille... et qui pourra peut-être faire enfin comprendre aux parents les «outrages» qu'ils font subir à leur progéniture! 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mercredi 18 janvier 2012

Rouge-Babine, vampire détective

Par Lili Chartrand, La Courte Échelle, Rouge-Babine

«Rouge-Babine habite Brumenoire, un village caché où vivent des vampires et d'autres créatures étranges. Ce mystérieux village est malgré tout très ennuyant pour une jeune vampire. Lors d'une promenade en compagnie de son chien Plakett, elle découvre un tas de cendres où est tracé un V. Un vampire a été assassiné! Rouge-Babine reconnaît la signature du célèbre tueur de vampires et elle ne va pas laisser cet individu s'en tirer. Son intolérance au sang humain, qui l'oblige à boire du sang-dragon, va métamorphoser ses pouvoirs et l'aider à résoudre sa première enquête...»

Mélange astucieux entre une sombre aventure de vampire et un mystère à la Sherlock Holmes. Lili Chartrand parvient à tricoter une intrigue trépidante menée habilement par Rouge-Babine, la jeune vampire la plus sympathique qui soit (et intolérante au sang humain par-dessus le marché! - un trait cocasse faisant d'elle une héroïne délicieusement hors norme). J'ai eu également un petit coup de coeur pour Brumenoire, le village singulier des créatures de la nuit: cette hypothèse bien tissée, concernant la survie des vampires et de leurs comparses en ces temps modernes, m'a totalement réjouie. Un petit opus mystérieux à dévorer tout cru, pour ceux et celles qui n'ont pas froid aux yeux!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

À noter que ce roman n'est désormais disponible que dans Rouge-Babine, un intégral de la série paru récemment chez La Courte Échelle, et rassemblant les titres suivants: «Rouge-Babine, vampire détective», «Mission royale pour Rouge-Babine», «Rouge-Babine l'Opération Jade» et le tout neuf «Cauchemar blanc pour Rouge-Babine».

lundi 16 janvier 2012

Ma tata Thérèse

Par Fabrice Nicolino, illustré par Catherine Meurisse, Sarbacane

«Voici les souvenirs d’enfance drôles et savoureux d’un petit Parisien dans les années 60, façon petit Nicolas, doté d’une tante résolument, formidablement indigne, régnant sur une véritable ménagerie dans un minuscule logement en face du Jardin des Plantes. Un portrait haut en couleur sur un mode de vie disparu et les liens encore quasi ruraux alors, en plein Paris, entre l’homme et l’animal.»

Un bouquet d'aventures (et de mésaventures!) animalières fort rigolotes! Fabrice Nicolino entraîne joyeusement le lecteur dans une narration cocasse où fourmillent les miettes d'une enfance mémorable; quel bonheur que de découvrir le délicieux personnage de Tata Thérèse et son improbable ménagerie! Quant à l'univers visuel de Catherine Meurisse, il est tout simplement savoureux, avec son petit air savamment ébourrifé qui vient ajouter une touche de sublime au chaos généralisé de la fameuse Tata... Un petit bémol concernant la narration toutefois: même si les nombreux épisodes de désordre animalier sont fort sympathiques, ils s'étirent parfois un brin trop en longueur, et ce n'est qu'à la toute fin du roman qu'on comprend finalement la raison de ce loooong et singulier hommage à une tata inoubliable. Un petit travail d'élagage éditorial aurait donc été pertinent afin de conserver un rythme plus propice à la pleine appréciation de l'humour de l'auteur. Cela dit, c'est une lecture qui vaut le détour... et qui vous fera voir les animaux d'un autre oeil!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 13 janvier 2012

Suzanne est à la hauteur

Par Fred L., Talents Hauts, Papareils

«Toute petite, Suzanne était déjà grande : impossible de faire du vélo, de caser ses jambes sous un bureau ou d’entrer dans le cadre de la photo de classe ! Lasse d’être la risée de tous, elle s’enfuit avec son ami musicien, Django. Ils sillonnent les États-Unis avant qu’une tornade ne les sépare. Recueillie par une troupe de cirque, Suzanne monte un numéro avec la girafe. Puis elle part à New York où ses longues jambes font d’elle la plus grande des livreuses de pizzas. C’est là qu’elle va retrouver son Django...»

Un autre opus rigolo de l'incontournable série des Papareils! Peut-être un brin moins audacieuse qu'Edmond, un homme très attirant, cette histoire s'épanouit toutefois fort agréablement et ce, dès l'arrivée de Django dans l'entourage de Suzanne: en effet, sans Django, pas de plans pour s'enfuir vers New-York, et sans New-York, l'incroyable utilisation des jambes interminables de Suzanne ne pourrait prendre place et faire rêver le lecteur. La plume de Fred L. évite toujours aussi judicieusement le ton moralisateur et exploite plutôt l'imaginaire pour aborder habilement la différence. À découvrir donc...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Edmond, un homme très attirant

Par Fred L., Talents Hauts, Papareils

«Edmond a hérité de son grand-père Mangefer une particularité gênante : il attire à lui tout ce qui contient du métal. Cela lui joue bien des tours : il est happé par l’arrière des bus, capte moult boîtes de conserve et outils, reste collé au râtelier de sa petite copine. Mais une telle différence peut être utile dans certains cas…»

Quelle délicieuse façon d'aborder la différence que cette série hors norme des Papareils! Dans cet excellent opus, Fred L. mise audacieusement sur le farfelu avec Edmond, l'homme magnétique, et c'est une joyeuse réussite. J'adore littéralement ce livre! Son histoire rocambolesque, sa plume taquine et son sublime univers visuel un poil vieillot m'ont séduite d'emblée. Sans jamais tomber dans le pontifiant, Fred L. concocte une histoire rigolote qui respecte l'intelligence du lecteur et le laisse libre d'en tirer des conclusions ou non. Une lecture totalement désopilante qui ne peut laisser indifférent!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 11 janvier 2012

La rue qui ne se traverse pas

Par Henri Meunier, illustré par Régis Lejonc, Notari, L'oiseau sur le rhino

«Elle habitait au coeur de la rue qui ne se traverse pas, fenêtre sur rue. Lui vivait juste en face, fenêtre sur elle. Entre eux deux, il y avait le vide. Entre eux deux, il y avait le royaume délicieux et gai des moineaux.»

Étrange et douce fable sur l'amour et ses vertiges. La plume d'Henri Meunier brode une prose chantante et juste, racontant la naissance de l'amour, ses attentes fébriles, ses premiers balbutiements hésitants, ses doutes, ses joies fulgurantes et ses montagnes insurmontables. Voguant au coeur de l'univers visuel sensible et tendre de Régis Lejonc, cette singulière histoire oscille finement entre allégorie et fiction. Un album pour les plus grands au coeur tendre...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

mardi 10 janvier 2012

Baby's in Black

Par Arne Bellstorf, Sarbacane

«Lorsque Stuart Sutcliffe rencontre Astrid Kircherr à Hambourg en octobre 1960, les Beatles ne sont que de tout jeunes musiciens de rock encore inconnus. Il en est le cinquième membre. Inconnus, les garçons ne vont pas le rester longtemps, électrisant dès leurs premiers concerts les nuits du quartier chaud d'Hambourg, Saint Pauli. On suit en parallèle, tout au long du récit, l'histoire de l'amour naissant entre Stuart et Astrid et la gloire émergente du plus grand groupe de rock ayant jamais existé, prémisses de la "beatlemania". Aux feux de la gloire et du rock, et malgré l'insistance de son meilleur ami John Lenon, Stuart préférera ceux, plus feutrés, de l'amour d'Astrid et de la peinture, sa première passion. Amours frémissants et brûlants, qui se finiront comme dans les plus belles tragédies antiques, dans la fureur et la mort.»

Un roman graphique singulier qui fait revivre les débuts plutôt cahoteux des Beatles, mais surtout, cette troublante histoire d'amour entre Stuart Sutcliffe et la photographe Astrid Kircherr. La scénarisation d'Arne Bellstorf est fort habile, et son univers visuel monochrome et épuré on ne peut plus éloquent. Un roman au ton juste qui permet de découvrir un pan relativement méconnnu de la naissance des Beatles.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 9 janvier 2012

L'envol du dragon

Par Jeanne-A Debats, Syros, Mini Syros, Soon

«"J'assure mes griffes sur la pierre luisante d'humidité. L'onyx noir est plus glissant qu'une savonnette sous mes écailles."Dès qu'il en a l'occasion, Valentin s'immerge dans le jeu vidéo en ligne WorldOfDragons. Il devient alors Val6, un jeune dragon intrépide qui apprend à voler sous l'égide de Mentor7, un dragon beaucoup plus expérimenté. Dans ces moments-là, Valentin, qui est gravement malade, se sent vivant comme jamais...»

Un petit opus bouleversant qui fait chevaucher la Mort sur les ailes de l'imaginaire. Jeanne-A Debats use d'une plume sensible et grave pour aborder la fin inéluctable, et ouvre les yeux du lecteur sur le pouvoir apaisant de la fiction. Une touchante chimère brodée avec une finesse inouïe et une juste simplicité. Un incontournable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 4 janvier 2012

Des poissons dans la tête

Par Louis Sachar, Bayard jeunesse, Estampille

«Angeline a huit ans, trois ans d'avance à l'école et des poissons plein la tête... Quand ses camarades la traitent de monstre ou de bébé, elle trouve refuge au milieu des immenses aquariums du Musée océanographique. À moins qu'elle ne se console avec un bon livre d'aventures et un grand verre d'eau salée... Angeline aimerait être une petite fille comme les autres. Or elle vit dans un monde à elle, extravagant et fabuleux. Jusqu'au jour où elle sympathise avec Barry, le garçon le plus drôle qu'elle ait jamais rencontré. Il lui présente la merveilleuse Miss Terbone. Deux amis d'un coup. Angeline n'aurait même pas osé en rêver!»

Une histoire douce et bouleversante, à hauteur d'enfant. La plume de Louis Sachar sait faire vivre sous nos yeux le vaste univers aux mille possibles de l'émouvante Angéline. À travers le regard océanique de cette incomparable petite fille, l'auteur fait voguer sa narration d'eaux troubles en oasis, faisant s'entremêler habilement dure réalité et imaginaire débordant. Un singulier opus, déroutant, mélancolique et magique. À lire en version originale anglaise, pour ceux et celles qui le peuvent, car les calembours prennent une grande place au coeur de cette épopée et malheureusement, ils perdent de leur charme et de leur pertinence une fois passés dans le rouleau-compresseur de la traduction!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

L'Affaire du 15 bis

Par Claire Mazard, Oskar jeunesse, Oskar Polar, La commissaire Raczynski 2

«Paris, 16 décembre. Au 15 bis, rue des Gobelins, dans le 13ème arrondissement, un routier à la retraite découvre dans une poubelle, tassé sur lui-même, recroquevillé, statufié par le froid, le cadavre d’une jeune fille. Parallèlement, Alix, jeune lycéenne un peu perdue, passe son temps à tchater sur le net. De même qu’un camarade à elle, Maxence. Tous deux semblent avoir un même interlocuteur, un homme mystérieux qui pourrait avoir un lien avec la victime… Et si tout cela était lié?»

Polar relativement bien roulé, plongeant le lecteur dans la grisaille et les tourments d'une mort suspecte. Claire Mazard jongle habilement avec les nombreux rebondissements, tentant de tromper la vigilance du lecteur, de l'entraîner sur de fausses pistes. Et ça fonctionne presque à tout coup! Oh! On pressent un brin la fin dans le dernier quart de l'intrigue, mais sans que l'intérêt pour le dénouement ne s'essouffle. Petit bémol peut-être: les quelques tentatives maladroites de faire dans l'éducatif concernant les dangers des conversations avec des inconnus sur internet. Je crois que l'intrigue en soit met en lumière assez explicitement ce péril moderne sans qu'on ait besoin de pontifier entre deux péripéties. Parfois, à trop douter de l'intelligence du lectorat, on risque de le perdre... Cela dit, mis à part ce léger dérapage pédagogique, c'est une enquête policière enlevante qui m'a beaucoup plu. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆