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dimanche 16 juillet 2017

L'histoire extraordinaire d'Adam. R. : le nain qui devint géant


Par Didier Lévy, illustré par Tiziana Romanin, chez Sarbacane.
Résumé de l'éditeur:
«Voici l’histoire véridique du seul nain qui, devenu adulte, se remit soudain à grandir et devint un géant de 2 m 34. Elle nous est contée ici par son voisin : à 4 ans, il fait la même taille qu’Adam, qu’il prend pour un enfant comme lui, puis il grandit et dépasse Adam, toujours nain. Avant d’assister à sa métamorphose incroyable, unique au monde : Adam, soudain, ne s’arrête plus de grandir…»

La différence est un étrange clin d’oeil de l’ordre des choses. La différence rend unique. La différence rend extraordinaire. Mais la différence rend, parfois, aussi, seul. Seul au beau milieu d’un monde à oeillères à qui l’inexplicable donne le vertige. Heureusement, certains savent voir autrement. Certains savent distinguer le précieux et le vrai à travers les brumes mensongères du regard des autres. Certains savent aimer en dehors des sentiers battus. Sur la pointe des mots, Didier Lévy chuchote au lecteur l’histoire incroyable et irrésistible des entourloupes de la coquine génétique de ce fameux Adam R. qui rendit l’impropable possible. Bercé par l’univers visuel tout en tendre finesse de Tiziana Romanin, à la palette feutrée et aux textures éloquentes, racontant l’indicible en multipliant les détails évocateurs, ce touchant opuscule sait dire l’amitié inconditionnelle, celle qui ne s’enfarge pas dans les conventions d’une société que le singulier déstabilise. Sublime!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

vendredi 9 juin 2017

The Tin Forest

Par Helen Ward, illustré par Wayne Anderson, chez Dutton Books.
Quatrième de couverture:
«There was once a wide, windswept place… but where there is a dream, hope can grow.»

Il était une fois, au coeur des rebuts du monde, un homme qui rêvait d’un Ailleurs luxuriant, pour faire fleurir la grisaille de son existence. Et si, à force de s’imaginer le réel, le rêve pouvait devenir réalité? D’une plume tout en finesse, portée par le foisonnant imaginaire visuel de Wayne Anderson, Helen Ward raconte avec sensibilité la force tranquille de l’humain qui ose voir par-delà les possibles. Émouvante ode à l’improbable, et clin d’oeil à cette nature qui est de plus en plus en voie d’extinction, cet opuscule sait dire avec justesse qu’à rêve vaillant, rien d’impossible.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 26 mai 2017

Je suis là, je suis là

Par Marie-Francince Hébert, illustré par Mathilde Cinq-Mars, collection Motif(s), chez Druide.
Résumé de l'éditeur:
«Un appartement coquet, mais modeste. Une cuisine, un salon, la chambre des trois enfants, et la chambre des parents. La mère qui rentre fourbue du travail. Un repas chaud l’accueille, celui préparé par sa propre mère. Les enfants dorment, sauf le plus vieux qui fait semblant, comme d’habitude, et qui attend son bisou. Mais ce soir, ça ne se passe pas comme d’habitude…»

Il y a, dans le quotidien de l’enfance, de ces rituels ronronnants. De ces moments précieux qui font sourire l’ordinaire. Or, malgré toute la bonne volonté du monde, le réel prend parfois toute la place, devient ce monstre inquiétant dans le placard. Et s’il suffisait alors d’une bouffée de douceur pour faire basculer le cours des choses…? D’une plume tout en sensibilité et en finesse, Marie-Francine Hébert raconte la vie et ses aléas, à hauteur d’enfance et d’amour inconditionnel. Bercé par la palette tendre et enveloppante de Mathilde Cinq-Mars, cet opuscule sait souffler l’importance du tissé serré et de la complicité des coeurs, afin d’éviter les naufrages. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 19 mai 2017

La véritable histoire du petit chaperon rouge et de son chat Marcel

Par Benjamin Perrier, illustré par Jules, série La véritable histoire, chez Gautier Languereau.
Quatrième de couverture:
«Connais-tu l’histoire du Petit Chaperon rouge? Oui, bien sûr! Sais-tu en revanche que cette petite fille espiègle a un chat nommé Marcel? Un bon gros chat qui passe son temps à ne rien faire! Mais entre toit et moi, pour être tout à fait franc, c’est LUI le vrai héros du conte!»

Il était une fois, un petit chaperon rouge, qui n’aimait pas du tout porter son chaperon. Elle avait un chat indolent, la quintessence de l’inaction, qui aimait bien se promener avec elle (ou plutôt dans ses bras). Ensemble, ils formaient un improbable duo alliant vivacité d’esprit et lucidité… à un appétit insatiable, et un flair pas trop moche. Et si au fond, ces atouts singuliers étaient suffisants pour déjouer le vilain Loup? Et si, en fait, on racontait le conte de travers depuis des lustres? Avec une verve malicieuse, Benjamin Perrier retricote habilement l’indémodable Petit Chaperon rouge, secouant les conventions, et sortant délicieusement des ornières éculées de la tradition. Porté par l’univers visuel ébouriffé de Jules, tout en simple et taquine éloquence, et relancé par une narration interpellant directement (et audacieusement) le lecteur, cet opus décoiffant fait rigoler sans vergogne et souffle une irrésistible bouffée de fraîcheur sur les séculaires histoires du soir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

jeudi 18 mai 2017

Bonne nuit?

Par Coralie Saudo, illustré par Kris Di Giacomo, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Cette nuit, Petit Elephant est bien décidé à passer une bonne nuit dans le lit de Grand Elephant... Mais est-ce vraiment une bonne idée?»

La nuit, c’est si long. Seul. Dans un grand lit. Et ça pourrait être si chouette en bonne compagnie! Alors, pourquoi ne pas, habilement, se faufiler entre les ombres et défier l’interdit? Avec un aplomb adorable et une candeur irrésistible, Coralie Saudo raconte l’enfance qui explore, infatigable, les limites de l’Autre, et qui découvre, au passage, les siennes. Porté par la palette tendre, et les traits évocateurs de l’univers visuel de Kris Di Giacomo, cet opuscule rigolo souligne, avec fraîcheur et simplicité, qu’il fait parfois bon respecter le besoin d’espace de ceux qu’on aime… si on veut passer une bonne nuit!

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮


ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue à la mi-juin 2017.

mardi 9 mai 2017

L'oiseau de Colette

Écrit et illustré par Isabelle Arsenault, série La bande du Mile-End, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Pauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire!»

Quand le grand branle-bas survient, avec tous ces souvenirs en boîtes, et ces racines qui se cherchent un nouveau terreau d’accueil, l’enfance a parfois la solitude vertigineuse. Sans compter que les premiers pas vers de possibles complicités sont toujours terriblement angoissants. Mais avec un ami, même un peu inventé, à ses côtés, tout peut soudain sembler plus léger… Et s’il suffisait d’un soupçon d’imaginaire pour s’ouvrir les horizons? Tout en finesse et en sensibilité, Isabelle Arsenault raconte l’extraordinaire quête de tous les instants d’une enfance qui se réinvente le quotidien. Faisant s’épanouir sous nos yeux ravis, à travers un univers visuel à la palette tendre et à la composition éloquente, les rocambolesques péripéties de cette irrésistible bande d’amis, ce délectable opuscule sait souffler avec justesse que l’essentiel, dans la quête du bonheur, c’est de savoir se l’imaginer.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

dimanche 7 mai 2017

La Mésaventure

Écrit et illustré par Iwona Chmielewska, chez Format.
Quatrième de couverture:
«Une jeune fille repasse la nappe préférée de sa maman, un souvenir précieux brodé par la grand-mère. Mais voilà, elle se perd dans ses pensées et le fer à repasser laisse une trace indélébile sur le joli tissu! Quelle mésaventure! Que dira maman à son retour?»

La réalité a parfois une malicieuse façon de rappeler à l’ordre les rêveurs de tous les instants : après tout, un accident est si vite arrivé.  Or, cette fois, la jeune fille le sait, sa dérive de l’imaginaire a engendré un impardonnable faux pas. Un pour les annales. Un qui ne disparaîtra pas de sitôt du regard de sa mère. Et si elle parvenait à trouver une entourloupe pour éviter la tempête? Et si elle réussissait à disparaître sans crier gare avant le cataclysme? Et si, au fond, tout n’était pas si terrible? Tout en éloquente simplicité, Iwona Chmielewska ose raconter entre les lignes le sournois pouvoir de la peur du jugement de l’autre. Misant audacieusement sur un univers visuel dépouillé mais évocateur, qui réinvente habilement les possibles d’une même forme, suivant l’évolution des pensées du personnage principal, cet opuscule singulier sait faire parler le silence avec justesse et sensibilité, secouant malicieusement, au passage, les conventions narratives.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 5 mai 2017

Pavor Nocturnus : l'histoire d'un petit garçon un peu trop parfait

Écrit et illustré par Letizia Iannaccone, avec la collaboration de Marilina Cavaliere, chez Seuil jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Pavor est un petit garçon comme les autres, enfin presque… À en croire sa maman, des poux, des chiens méchants ou d’horribles rhumes morveleux sont prêts à se jeter sur lui à chaque coin de rue. Alors Pavor se méfie de tout et de tout le monde. Jusqu’au jour où…»

Pour Pavor Nocturnus, l’enfance est un vrai cauchemar de catastrophes potentielles, et s’aventurer en dehors du cocon (sur)protecteur de la maison est une périlleuse aventure à laquelle il se soumet vaillamment, malgré tous les risques qu’elle recèle, selon sa maman. Or, voilà qu’un jour, même le refuge inébranlable de ses nuits douillettes en zone protégée échoue à contrer les menaces extérieures. Qu’adviendra-t-il, alors, de sa sécurité? D’une plume tout en sensibilité, Letizia Iannaccone raconte avec finesse et humour, les aléas de l’enfance qu’on tient en laisse de peur qu’elle ne se frotte à la vie. Porté par un univers visuel à la palette délicieusement vieillotte et à l’éloquence tendre, cet album ose dire la nécessité de s’ouvrir aux possibles, avec tout ce que cela implique d’imprévisible, si on veut avoir la chance de croiser d’impromptus et d’ébouriffants petits bonheurs sur son chemin.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 4 mai 2017

La vache de la brique de lait

Par Sophie Adriansen, illustré par Mayana Itoïz, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Il y a une vache dans la brique de lait.»

Tout le monde sait d’où vient le lait: de la vache, bien sûr. Mais comment fait la vache pour produire du lait directement dans le carton? Se peut-il qu’elle y loge en permanence? Y trouve-t-elle assez d’espace pour bouger, s’amuser, vivre sa vie heureuse de vache? Et où peut-elle bien aller, ensuite, lorsque tout le lait a été avidement bu? Tout en délicieuse candeur et en verve coquine, Sophie Adriansen cède la parole à l’enfance, à son implacable logique et à son imaginaire foisonnant de possibles improbables. Porté par l’univers visuel de Mayana Itoïz, à la composition éloquente et aux savoureux clins d’oeil à la narration, ce cocasse opuscule démontre avec un aplomb irrésistible que la vérité se cache souvent entre le probable et l'impossible.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩


ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
parution prévue à la fin mai 2017.

dimanche 2 avril 2017

Colère de loup

Par Louison Nielman, illustré par Nathalie Janer, chez Gautier-Languereau.
Quatrième de couverture:
«Un loup en colère surgit dans la cuisine de Maminette... Comment réussir à le calmer?»

Maminette est la reine de sa cuisine (entre autres!). Elle y concocte joyeusement des petits à bonheur à dévorer. Pour tous les appétits (et surtout, les faims de loup!). Or, voilà que cogne à sa porte un vrai de vrai loup. Renfrogné et de mauvais poil. Et pas de Petit Chaperon Rouge en vue. D’abord un brin étonnée, Maminette sent rapidement qu’il y a colère sous museau, et décide de prendre les choses en mains. Tricotant astucieusement entre les mailles des conventions, Louison Nielman réinvente le rôle de Mère-Grand et de son Petit Chaperon Rouge, proposant malicieusement son fin mot de l’histoire, et bousculant sans vergogne le mythe persistant du terrible Loup. S’épanouissant sous la palette ébouriffée de Nathalie Janer, aux tendres et éloquents délavés, cet album sait dire avec justesse et humour cette tempête qui se tapit sournoisement en chacun de nous, défiant la naissance du sourire, et menaçant d'assombrir notre journée sans crier gare.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

samedi 1 avril 2017

Le bois dormait

Écrit et illustré par Rebecca Dautremer, chez Sarbacane.
Quatrième de couverture:
«Dormir, dormir, d'accord! Mais 100 ans?!... C'est un peu long, non?»

Il était deux fois, un Bois qui dormait. Un hameau dont le cours des choses était suspendu aux lèvres d’un Prince qui se faisait attendre. Une histoire de coups du sort et de malchance ensommeillée, jusqu’au bonheur culminant de la tombée des rideaux. Cette histoire se murmure depuis la nuit des Temps. Et bien sûr, tout le monde la connaît. Tous. Petits et grands. Princes passés, et ceux en devenir. Et pourtant, lorsqu’il y mettra réellement les pieds, le Prince, dans ce Bois au sablier figé, il le verra comme si c’était la toute première fois. Avec le regard émerveillé de celui qui se risque à penser qu’il peut, peut-être, s’il l’ose, être l’étincelle coquine qui chatouillera les existences engourdies. D’une plume tout en finesse et en humour, bercée par la palette riche et évocatrice de son univers visuel, Rebecca Dautremer détricote astucieusement les conventions de ce conte usé par des années d’enfance avide d’un imaginaire traditionnel. Jonglant malicieusement entre les dialogues coquins de narrateurs qui ne se laissent pas avoir par le premier mythe venu, et l’éloquence muette d’illustrations à la composition tendre et émouvante, ce sublime opuscule chamboule délicieusement l’ordre établi, chuchotant in petto d’inénarrables possibles.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

samedi 25 mars 2017

Nous avons trouvé un chapeau

Écrit et illustré par Jon Klassen, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur:
«Les ecteurs friands des livres de Jon Klassen comme Rendez-moi mon chapeau! et Ce n'est pas mon chapeau se délecteront de voir deux tortues convoiter le même chapeau. L'une des tortues voudrait-elle le chapeau pour elle seule? Bien sûr que non! Les tortues de cette histoire n'oseraient jamais... trouveront-elles un moyen d'avoir chacune leur chapeau?»

L’humain est une drôle de bête. Il épie le cours des choses, observant ceci, découvrant cela. Toujours à s’assurer qu’il est le premier à explorer une terre sauvage. Toujours à s’approprier sans tarder le moindre coin de paysage. Or, parfois, lorsque l’amitié le lie à l’Autre, il se tricote une conscience, il ose cultiver sa patience. Et si, au fond, le plaisir de se délecter des possibles était une aventure qu’il fait bon vivre à deux? De sa plume simple et espiègle, Jon Klassen raconte la cohabitation pleine de rebondissements de l’envie et de l’amitié. Narré habilement en courtes phrases évocatrices, et relancé astucieusement par un univers visuel sobre, au trait éloquent, cet album sait dire tout en finesse et en humour la délicieuse inconséquence de l’âme humaine.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

samedi 4 mars 2017

Série Simon et moi

Par Simon Boulerice, illustré par Guillaume Perreault, série Simon et moi, tomes 1 à 4, chez Fonfon.
Résumés de l'éditeur (tomes 1 à 4):
«Simon est capable de bien des choses. Et toi, es-tu capable de lire ce livre?
Simon obéit toujours aux règles. Enfin… presque toujours!
Simon rime avec imagination. Toi, quel mot rime avec ton prénom?
Simon a son style bien à lui et il aime le montrer. Place au défilé!»

Dans le monde de Simon, il y a un tas de choses à accomplir (dans la mesure du possible), une foule de règles à suivre (ou pas), une foison de mots aux sonorités complices (et coquines), et une myriade de styles charmants à adopter (si on les ose). Impossible donc de résister à l’envie d’y plonger sans attendre!... Simon Boulerice met cette fois sa prolifique et sensible plume au service des lecteurs tout neufs, en leur proposant ce rafraîchissant bouquet de courtes aventures au quotidien. S’articulant avec une astucieuse simplicité, une délicieuse malice, et s’épanouissant sous les traits taquins de l’univers visuel de Guillaume Perrault, cette série de premières lectures, à la candeur délectable, étonne et fascine, pour le plus grand plaisir des lecteurs en herbe. À découvrir absolument!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 3 mars 2017

Plus gros que le ventre

Par Michaël Escoffier, illustré par Amandine Piu, collection Maxi Boum, chez Frimousse.
Résumé de l'éditeur:
«Attention! N’ouvre pas ce livre! 
DANGER - PRUDENCE

Ce livre contient un monstre avec deux gros yeux énormes. Referme vite, sinon il va te manger. Tu es sûr que tu veux tourner la page? On t’aura prévenu!»

Les monstres ont faim. Toujours faim. Ils n’arrêtent jamais de manger. Tout ce qui croise leur regard. Tout ce qui croise leur chemin. Et si, pour une fois, ce gargantuesque appétit pouvait sauver la vie du lecteur? De son inimitable plume à la verve coquine, Michaël Escoffier raconte le périple culinaire du terrible monstre sévissant dans la forêt. Tricotant une dynamique trame narrative, relancée par l’univers visuel coloré et éloquent d’Amandine Piu, cet album interpelle joyeusement le lecteur, le mettant en garde contre l’inextinguible gourmandise de son monstrueux ennemi et lui offrant une astucieuse chute. Un opuscule rigolo et décoiffant qu’il fait bon lire (et relire!) en famille.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮


lundi 27 février 2017

Super cagoule

Écrit et illustré par Antonin Louchard, chez Seuil Jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Surtout, n’enlève pas ta cagoule, hein? Ça protège ta tête et ça t’empêche d’attraper des otites. C’est pas grave si ça gratte, ça gratte, ça gratte!»

L’enfance. Cette enfance que les adultes veulent protéger des écueils. Contre vents et otites. Et tant pis s’il y a des désagréments: ce qui compte, c’est de ne pas avoir froid, point. Et si, l’esprit vif de l’enfant n’avait pas dit son dernier mot? De sa plume à la verve rigolote, Antonin Louchard revisite, avec un aplomp savoureux et une répartie irrésistible, la fameux mythe du Grand Méchant Loup. Un opuscule habile qui ose souligner qu’il vaut parfois mieux éveiller les esprits et affûter la lucidité, plutôt que d’endormir la vigilance dans un cocon de bonnes intentions. À mettre entre toutes les petites (et grandes!) mains, pour faire un pied-de-nez à l’inquiétude!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

samedi 11 février 2017

Les Liszt


Par Kyo Maclear, illustré par Júlia Sardà, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Les Liszt font des listes. Ils font des listes en hiver, au printemps, en été et à l’automne. Ils font des listes tous les jours sauf le dimanche. Mama Liszt, Papa Liszt, Winifred, Edward, Frederick et grand-père font des listes toute la journée. Puis un jour, un visiteur arrive. Comment vont-ils gérer quelque chose d’inattendu? Il n’est pas sur la liste de personne…»

Chez les Liszt, tout est prévu à la liste près. On ne laisse rien au hasard. On organise le Destin. Or, voilà qu’un jour, l’Inconnu s’immisce par la porte entrouverte, et c’est le début d’un nouvel ordre des choses. D’une plume singulière, tout en audacieuse simplicité,  Kyo Maclear aborde la joie potentielle de l’imprévu, à travers une bande de personnages tous plus fascinants les uns que les autres. Porté par l’univers visuel grinçant de Julia Sardà, à la palette chaude et la composition touffue, cet album ose bousculer le confort du prévisible, le ronron du convenu, et faire miroiter le bonheur aux mille possibles de se lancer dans l’existence, sans filet. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 10 février 2017

Nina


Par Alice Brière-Haquet, illustré par Bruno Liance, collection Hors Série Giboulées, chez Gallimard.
Quatrième de couverture:
«"Dream my baby dream…" Nina Simone, grande dame du jazz, avait l’habitude d’endormir sa fille en lui chantant une berceuse. Mais ce soir-là, Lisa ne trouve pas le sommeil. Alors Nina lui raconte une histoire, son histoire.»

Le monde de Nina est comme le clavier d’un piano : un océan de Blancs, sur les eaux agitées desquelles tentent de naviguer de courageux Noirs, tout en demi-tons, ballottés d’une injustice à l’autre sur leurs fragiles esquifs. L’intolérance martèle l’enfance de Nina de ses notes discordantes, et pourtant, Nina s’accroche à la musique. À sa musique. Comme à une bouée. Cette musique qui, elle, résonne en couleurs, envers et contre tous. D’une plume tout en finesse et en poésie, Alice Brière-Haquet raconte Nina Simone, sa lutte, et à travers elle, les luttes d’un siècle pas si lointain. Bercé par l’univers feutré de Bruno Liance, à la palette audacieusement monochrome et aux textures éloquentes, cet opuscule sait dénoncer l’inconcevable, avec justesse et simplicité, et faire sourire l’espoir d’un avenir où la diversité sera une douce musique aux oreilles de la société.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮  

vendredi 3 février 2017

Le jardinier qui cultivait des livres

http://www.lililesmerveilles.com/2017/02/le-jardinier-qui-cultivait-des-livres.html
Par Nadine Poirier, illustré par Claude K. Dubois, chez D'eux.
Quatrième de couverture:
«Nadine Poirier raconte ici, avec des mots tendres et choisis, une rencontre entre un jardinier et une jeune fille. Lui, seul, à cultiver des livres. Elle, seule, sans parents. Leur rencontre changera leur vie à tout jamais. Et d’une certaine façon, la façon de regarder des lecteurs.»

Il était une fois, dans un village pas si lointain, un vieux jardinier amoureux des mots : il aimait les lire, il aimait les dire, il aimait les faire résonner. Malheureusement, dans ce village, les mots dérangeaient. Ils dérangeaient tant et si bien que le jardinier dut s’en aller au loin, afin de faire pousser les mots à sa guise. Or, voilà qu’un matin, une petite fille dévoreuse de mots vint tout bousculer dans les sillons bien rangés du jardin littéraire de son cœur… Tout en douceur et en sensibilité, Nadine Poirier raconte la naissance, parfois inespérée, souvent inattendue, de l’amitié et de la complicité. Bercé par l’univers visuel feutré de Claude K. Dubois, à la palette délicate et évocatrice, ce désarmant opuscule charme et émeut le lecteur. À mettre sans tarder entre toutes les petites (et grandes) mains…!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 30 janvier 2017

L'abri

Par Céline Claire, illustré par Qin Leng, chez Comme des Géants.
Résumé de l'éditeur:
«À travers la brume, sous le vent qui hurle, deux ombres s’avancent au loin. Par la lucarne des maisons, chacun les observe. Qui sont ces étrangers qui bravent la tempête? Que font-ils là et que veulent-ils donc? Nos provisions, nos vêtements, nos maisons?»
Dans la forêt, tout le monde se connaît. On se salue de loin, on rigole entre les branches, on se chuchote les rumeurs. Et, le soir, hop!, chacun se love dans sa petite bulle familiale, bien au chaud. Or, quand la tempête se lève, c’est le chaos. On se barricade à l’intérieur. On frissonne d’inquiétude. On se verrouille le cœur. C’est chacun pour soi, et tant pis pour les étourdis en quête d’un abri! Heureusement, les deux frères ours ont plus d’un tour dans leur sac, et les bras tout grands ouverts… D’une plume tout en simplicité virevoltante, Céline Claire raconte la colère de Mère Nature, sa façon de tout chambouler sans crier gare, même les meilleures intentions, et, surtout, comment elle attise la Peur : la peur de tout, la peur de l’autre, la Peur.  S’épanouissant en sensibilité et en finesse à travers la palette tendre de Qin Leng, cet album sait dire l’essentiel, soulignant avec justesse qu’il fait bon, parfois, faire un pied-de-nez à la panique et à ses œillères paralysantes, et oser se rassembler pour affronter l’indomptable.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✫

samedi 21 janvier 2017

Bleue et Bertille


Écrit et illustré par Kristyna Litten, chez Little Urban.
Quatrième de couverture:
«Pour Bertille, chaque jour est comme le précédent, un perpétuel recommencement. Elle adore sa petite routine. Jusqu'au jour où elle rencontre Bleue. Désormais, plus rien ne sera comme avant...»

Pour Bertille la girafe, le monde est un oasis de stabilité, mené par la mécanique bien huilée d’une routine qui ne déraille jamais. Les jours se suivent. Et se ressemblent. Et c’est bien ainsi. Or, voilà qu’un matin, le ronronnant quotidien  trébuche sans crier gare et l’impensable se produit : Bertille se retrouve seule, sans personne pour lui dire quoi faire ni quand le faire. Heureusement qu’elle a l’improbable Bleue pour lui apprendre à apprivoiser sa liberté toute neuve. D’une plume tout en simplicité, au verbe sonore et expressif, Kristyna Litten raconte habilement l’euphorie vertigineuse des premiers pas vers la spontanéité de tous les instants. Relancé avec éloquence par un univers visuel à la composition évocatrice et à la palette joviale, cet album sait titiller sans vergogne le goût de l’aventure et célébrer le bonheur enivrant d’oser sortir des ornières.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



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