Vous cherchez?

Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles

vendredi 5 mai 2017

Souffler dans la cassette

Par Jonathan Bécotte, chez Leméac.
Quatrième de couverture (extrait):
«Souffler dans la cassette est un roman poétique qui dépeint l’amitié entre deux garçons du primaire. Leurs jeux, leurs aventures formeront les racines des hommes qu’ils deviendront.»

L’amitié. La vraie. La grande. Celle qui illumine le regard et fait sourire l’âme en secret. Celle qui fait poindre le soleil entre les averses du quotidien. Celle qui tisse, finement, la trame d’un avenir à l’unisson. Celle qui vibre d’intensité. Celle qui aussi, parfois, s’avère être un amour qui n’ose pas prendre sa place. Celle-là. Celle-là même. Qui crée le vide en s’évaporant sans crier gare. D’une plume à la poésie quotidienne, tendre et évocatrice, Jonathan Bécotte chuchote au lecteur l’amour dans toute sa vertigineuse simplicité et sa fracassante vulnérabilité. Un opuscule, comme une ode au sacré, qui sait dire avec la juste lucidité de l’enfance, ce lien, si fort, qui souffre en silence de n’être pas nommé.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mercredi 20 juillet 2016

Love that dog - Hate that cat


Par Sharon Creech, série Jack tomes 1 et 2, chez Harper Collins.
Extraits des quatrièmes de couverture des tomes 1 et 2:
«"JACK
ROOM 105 - MISS STRETCHBERRY
SEPTEMBER 13
 
I don’t want to
because boys
don’t write poetry.
Girls do." 
 
"This is the story of
Jack
words
sounds
silence
teacher
and cat."»
C’est l’histoire d’un ami canin parti trop vite. D’un ennemi félin à l’ingratitude griffue. D’une maman à l’éloquence silencieuse, à la voix au bout des doigts. Mais surtout des mots qu’il faut apprendre à laisser dire les frissons de l’âme, sans les tenir en laisse. D’une plume toute simple, à la candeur rafraîchissante, Sharon Creek raconte le quotidien de l’enfance, ses euphories et ses fissures. Tissant audacieusement leur trame narrative au gré des vers libres de la poésie ébouriffée et franche de Jack, ces deux singuliers opuscules osent sortir des sentiers battus pour tendre, sans prétention aucune, vers l’essentiel. Un petit bijou de série à la tendresse bouleversante et à la verve coquine. 



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Pour  lire le t.1 en version française

mercredi 15 juin 2016

Suçons et réglisse rouge


Par Marie Dupuis, chez Tire-Veille, collection Haïkusie.
Quatrième de couverture:
«Invitation, évocation, souvenir...? Tout cela à la fois. L'énigme de l'écriture redonne au haïku une ouverture insoupçonnée. Aux lecteurs et lectrices de s'approprier les images, les mots, les couleurs et de les laisser résonner en eux. - Micheline Beaudry»

La poésie est partout. Surtout là on ne la soupçonnait pas. Dans les bribes d’un quotidien bigarré. Dans les mouvances d’une âme à la dérive. Dans la coquine gymnastique des mots complices. Suffit d’ouvrir l’oeil, et le bon. D’une plume tout en simplicité, Marie Dupuis jongle avec l’ordinaire pour en faire jaillir des petites merveilles impromptues. Maniant habilement le verbe, elle entraîne avec un aisance délicieuse le lecteur vers mille possibles. Ses haïkus à l’allure sage racontent in petto ce que l’oeil n’a pas saisi à première vue. Ils ont la narration concise et la chute éloquente. Ils savent dire l’essentiel, trois vers à la fois. Un opuscule étonnant et savoureux pour ceux qui aiment se laisser surprendre entre les lignes.


Et un petit extrait pour apprendre à voguer (p.28):
« relire sa lettre
sous mes larmes
une aquarelle »


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




Mon mois de juin
du Défi littéraire 2016

jeudi 21 avril 2016

Les poèmes ne me font pas peur


Par Laurent Theillet, chez Boréal, collection Boréal Inter.

Quatrième de couverture:
«À quinze ans, rien n’est facile, le monde entier est une contradiction. Heureusement, il y a les poèmes. Les poèmes sans virgules d’une adolescente pas tout à fait comme les autres. Sur sa bicyclette, elle file sans regarder en arrière. Elle pense à l’amoureux qu’elle n’a pas, à sa copine Chloé qui a déménagé loin de chez elle, au père qu’elle a perdu et qui lui manque cruellement. Elle songe à sa vie normale, trop normale, faite de larmes et d’éclats de rire. Et quoi qu’il arrive, elle se dit une chose, c’est que " celui qui n’a pas peur des poèmes n’a peur de rien ". »

Écrire comme on respire. Comme on respire quand la grisaille triture l’âme et que le soleil s’enfuit à l’horizon. Quand les émotions prennent toute la place. Des émotions enchevêtrées. Inextricables. Écrire à petites lampées salutaires. Écrire parce qu’on n’a pas peur des mots. Écrire pour s’accrocher a quelque chose. N’importe quoi, sauf le vide. De sa plume d’une simplicité toute audacieuse, Laurent Theillet raconte le chaos de l’adolescence en faisant voguer les mots à leur guise. Il chuchote au lecteur une lancinante poésie échevelée, celle de la vie en kaléidoscope d’une âme qui se cherche. Poème au long souffle, qui déboule comme un roman, cet opus singulier bouleverse et émeut, laissant entrevoir cette irréductible soif de vivre qui se cache souvent, envers et contre tout, sous les remous.


Et un extrait... pour donner le goût de plonger entre les pages.

«Ma prof
un matin
m’avait dit:
écrire
c’est mettre tes mots en ordre
pour ranger le désordre
dans ta tête.

C’est vrai
dans ma tête
c’est le foutoir.
Il va falloir
que j’en fasse
du rangement.
Et pas qu’un peu.

Mon crâne
est un placard
en vrac.»


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mardi 28 juillet 2015

Les inconstances de Constance


Écrit et illustré par Martine Delerm, Seuil Jeunesse

«Constance ne veut pas choisir. Et alors?»



'' Vouloir l’enfance et l’oublier.
Vouloir grandir et regretter.
Se dire tant mieux! Se dire hélas!
C’est Constance et ça agace. ''

Constance est tout sauf constante. Elle est multiple. Elle est sa meilleure amie et sa pire ennemie. Constance tergiverse et signe. Elle est elle-même et son contraire. Et c’est bien ce qui fait son charme. Une fois de plus Martine Delerm brode avec finesse et sensibilité un petit poème d’histoire, hybride habile entre miettes de vie et fantaisie. Porté par un univers visuel tendre et évocateur, ce délicieux petit paradoxe d’album fait sourire et embrasser joyeusement le sympathique et échevelé fouillis de l’âme humaine. À relire sans modération quand l’incertitude nous turlupine les repères…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Un merci tout spécial à La mare aux mots (et à son partenaire Seuil Jeunesse)
qui par son concours m'a permis de découvrir ce nouvel opus de Martine Delerm! 

dimanche 8 février 2015

Quand j'écris avec mon coeur


Écrit et illustré par Mireille Levert, La Bagnole, Modèles Uniques

«Mireille Levert se pose mille et une questions, par exemple: "Qui est-ce qui allume et éteint les étoiles chaque soir?" ou "À quoi rêvent les ours en hibernation?" Un jour, elle s'est posé cette question très intéressante : "Qu'est-ce que la poésie?" Elle a trouvé une réponse en écrivant et en illustrant ces poèmes...»


«La poésie
c’est avoir des yeux
dans le trou des yeux
dans la paume des mains
au bout des doigts
sur le ventre

Mais surtout
dans le coeur»

Et c’est bel et bien avec les yeux du coeur que Mireille Levert souffle au lecteur son amour des mots, de ceux qui virevoltent, de ceux qui savent rire, et de ceux qui savent dire l’inénarrable. Brodant habilement des vers échevelés, simples et justes, sa plume fine fait tomber les oeillères, rabrouant joyeusement la cartésienne et aveugle logique de notre société effrénée, et ouvrant toute grande la porte à cet essentiel qu’on oublie de voir au quotidien. Porté par la palette tendre et les traits évocateurs d’un univers visuel qui ose raconter l’envers du miroir, cet album émouvant est un voyage mémorable au coeur de l’âme de ce poète qui sommeille en chacun de nous. Un opus tout doux qui saura faire fleurir les plumes, des toutes neuves aux plus aguerries…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 17 juillet 2014

Il était une fois...


Par Agnès Domergue, illustré par Cécile Hudriser, chez Thierry Magnier

«Vouloir raconter un conte en trois lignes, c'est essayer de mettre un kilo d'oranges dans une toute petite fiole! Un pari un peu fou, vingt haïkus illustrés, comme autant de petits mondes merveilleux et énigmatiques qui contiendraient l'essence de chaque conte.»



"Porter à sa bouche
une pomme jalouse
Parfum de poison" 
(Blanche-Neige)

Et si on pouvait chuchoter un conte en quelques mots seulement? Plonger en son coeur et y dénicher l'âme de son histoire séculaire? C'est précisément ce à quoi Agnès Domergue s'est attelée, retricotant finement de sa plume habile et éloquente ces classiques de l'enfance en de fascinants petits bijoux littéraires de haute voltige. Porté par l'univers visuel tout en douceur et en nuances de Cécile Hudrisier, ce recueil singulier titille l'imaginaire et asticote joyeusement les méninges dans un envoûtant tour de force poétique. Une bouffée de plaisir exquis et évocateur à déguster encore et encore.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

vendredi 14 mars 2014

Juste en soi



Par Martine Delerm, Seuil jeunesse


«Juste trouver les couleurs en soi
Sortir de sa coquille juste pour respirer un peu
Juste se dire qu’on aurait pu avoir sept enfants
Être juste un flocon et fondre
Juste confondre les heures et les secondes
Juste se dire qu’on aurait dû aimer les cours de gym
Être juste un silence et crier
Juste en soi trouver l’autre»

«Regarder dehors juste pour se sentir dedans. [...] Juste poser son ombre, légère, sur le sol. [...] Juste préférer le gris de novembre.» D'une miette d'âme à l'autre, Martine Delerm brode un singulier petit carnet de voyage au centre de soi-même. Sa plume, éthérée et toute en simplicité, souffle des mots qui savent dire, des mots qui font voguer les pensées, des mots comme une bouteille à la mer. Nichés au coeur d'un univers visuel tout en douceur, à la palette marine et au crayon tendre, ces mots s'épanouissent, suggérant sans froisser les sensibilités, évoquant le réel sans s'y enfermer, faisant bourlinguer délicieusement le lecteur dans son imaginaire. Une émouvante bulle hors du temps, à déguster sans se presser.


Lili lui donne:  ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 25 février 2014

Once Upon a Northern Night


http://www.lililesmerveilles.com/2014/02/once-upon-northern-night.html
Par Jean E. Pendziwol, illustré par Isabelle Arsenault, Groundwood Books

«"Once upon a northern night while you lay sleeping, wrapped in a downy blanket, I painted you a picture."»

Tendre murmure à l'oreille du dormeur. Jean E. Pendziwol tricote une nuit d'hiver, toute de Nord vêtue, à la neige floconneuse, et à la faune gambadante. Portée par l'univers visuel feutré et évocateur d'Isabelle Arsenault, cette douce brise d'imaginaire fait rêver l'enfance, dans les bras de Morphée, lui ouvrant les yeux sur la vie aux mille possibles qui grouille sous le regard bienveillant d'un ciel piqué d'étoiles. Un album brodé finement, à feuilleter quand l'hiver fait rage, blotti dans la chaleur moelleuse de la couette.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française
http://www.leslibraires.ca/livres/par-une-belle-nuit-hiver-jean-pendziwol-9781443132831.html

dimanche 19 mai 2013

The Lady of Shalott


Par Alfred, Lord Tennyson, illustré par Geneviève Côté, Kids Can Press, Visions of Poetry

«She knows not what the curse may be,  
And so she weaveth steadily,  
And little other care hath she,  
          The Lady of Shalott.»

Tendre et audacieuse, cette relecture de la Lady of Shalott de Tennyson par Geneviève Côté bouleverse les repères, faisant s'entrechoquer les époques avec adresse. Son univers visuel aux teintes délavées, baignant dans un brouillard émouvant, provoque le lecteur, le relance avec une éloquente candeur. Et le mystère persiste et signe, à travers les voix de ce duo de créateurs étonnant et anachronique: Tennyson chuchotant la mélancolie de sa Lady, et Geneviève Côté lui donnant des ailes...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


lundi 22 avril 2013

Old Possum's Book of Practical Cats


Par T. S. Eliot, illustré par Edward Gorey, Houghton Mifflin Harcourt

Résumé de l'éditeur:
«Eliot’s famous collection of nonsense verse about cats-the inspiration for the Andrew Lloyd Webber musical Cats. This edition features pen-and-ink drolleries by Edward Gorey throughout.»

La bible suprême pour les amoureux des chats et des mots. J'ai découvert avec plaisir ce petit bonheur d'opus, singulier recueil de "poèmes félins", mais aussi véritable étude de caractères à l'usage des humains avec qui daignent cohabiter (parfois) les chats. La plume de T.S. Eliot, fine, taquine et délicieusement lucide donne le ton, esquissant en quelques vers bien sonnants la personnalité de fameux spécimens de la gent féline. Relançant habilement cette inimitable galerie de portraits littéraires, l'univers visuel d'Edward Gorey, aux traits nets, à la monochromie audacieuse et à l'irrésistible style vieillot, charme indiscutablement le lecteur. Une petite curiosité de bibliothèque, inclassable, délirante et indispensable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 7 octobre 2012

Mingan, mon village


Par des écoliers innus, illustré par Rogé, La Bagnole, Modèles uniques

«Rogé a visité l'école de Mingan, un village innu au nord-est du Québec. Il y a passé quelques jours, histoire de prendre le temps de photographier chacun des écoliers. Rentré chez lui, dans son atelier des Îles-de-la-Madeleine, un pinceau à la main, il a revisité le regard de ces enfants.De ce séjour à Mingan, Rogé a gardé quinze visages, et quinze textes, des poèmes écrits par les jeunes Innus.»

Une touchante bouffée de grands espaces et d'éternité. Ces jeunes Innus savent dire la nature, et la vie, et la mort avec une plume juste et sensible (il y a du Robert Lalonde en devenir chez certains de ces poètes en herbe!); un plongeon privilégié au coeur d'une culture méconnue, offert avec générosité et authenticité. Rogé a fait un travail admirable en construisant cet album, sélectionnant judicieusement les textes, alternant les longs poèmes, avec les courts, ou la prose afin que chacune de ces petites poésies s'épanouisse et bouleverse le lecteur, puis mettant un visage sur chaque plume, de sa palette aux mille textures, aux teintes sourdes et à l'éloquence tendre. Un petit bijou qui chamboule et qui émeut, dont les concepteurs ont su s'effacer humblement, laissant ainsi toute la place aux mots vibrants de cette jeunesse innue. Superbe!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mardi 20 mars 2012

Rendez-vous n'importe où

Par Thomas Scotto, illustré par Ingrid Monchy, Thierry Magnier

«Madam'zelle et monsieur s'écrivent du lundi au dimanche en attendant leur premier rendez-vous.»

Petit bijou épistolaire tout en finesse et en émotions. Thomas Scotto souffle délicatement au lecteur les balbutiements de l'amour, sa fébrilité, sa valse-hésitation et sa démesure à travers une fine et habile prose poétique. Ses mots, vibrants de vie, mènent la narration avec éloquence et justesse. Nichée au coeur de l'univers visuel tendre d'Ingrid Monchy, où les textures, les délavés, et la sensibilité des points de vue font s'épanouir la plume de Thomas Scotto, cette histoire, pourtant vieille comme le monde, ne peut laisser personne indifférent. Un album émouvant qui fait rêver d'un lundi aux mille flocons...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

samedi 3 décembre 2011

Charles à l'école des dragons

Par Alex Cousseau, illustré par Philippe-Henri Turin, Seuil jeunesse

«À l'école des dragons, on apprend à voler et à cracher du feu. Sauf quand on s'appelle Charles et qu'on préfère écrire des poésies.»

Histoire singulière d'un dragon solitaire, poète dans l'âme. Alex Cousseau narre de sa plume fine et douce les premiers pas laborieux de Charles à l'école: sa différence physique et sa passion plutôt marginale pour les mots. Or, si l'histoire est habilement construite, la fin semble nous filer entre les doigts. Tout arrive si vite! Charles change de cap sans crier gare, laisse ses mots derrière lui et s'envole vers l'inconnu. «Et les mots? Et sa poésie?», me suis-je dit, un poil déçue, après avoir refermé le livre. Un petit bémol concernant la fin donc... mais, par contre, quel univers visuel splendide et majestueux que celui de Philippe-Henri Turin! Tout y est: la riche palette, les illustrations fourmillant de petits détails, les expressions éloquentes des personnages, et la sensibilité du trait. Un pur délice pour les yeux! Un album qui vaut donc le détour, et qui mérite tout de même le Prix jeunesse des libraires du Québec qu'il s'est vu décerné, ne serait-ce que pour la narration visuelle inoubliable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 21 novembre 2011

La mélodie de Mélodie

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Bruno Heitz, Seuil jeunesse

«Samedi dernier, un peu après minuit, on a vu passer dans la maison de Mélodie, une ombre. Enfin, c'est ce que certains ont dit. Une ombre qui se déplaçait sans bruit. Et vers minuit et demi, un cri a retenti. Celui de Mélodie. Un cri terrible qui a déchiré la nuit...»

Oh! Quelle déception que ce nouvel opus de la plume habituellement si agile et fine d'Hubert Ben Kemoun! Si ses histoires sont souvent remplies d'une poésie désarmante, cette fois, il martèle les rimes comme un marteau-piqueur, à la manière d'un laborieux exercice de style scolaire. La prémisse était pourtant si prometteuse!... Dommage, très dommage. Toutefois, l'album vaut quand même une petite visite, ne serait-ce que pour découvrir l'univers visuel singulier de Bruno Heitz. En effet, il plonge le lecteur dans un monde tout en ombres et en mystères, narrant l'intrigue avec une éloquence et une fantaisie qui malheureusement font défaut à Ben Kemoun cette fois-ci (on est à malheureusement à des lieux du Ventre de la Chose).


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

jeudi 20 octobre 2011

De la ville, il ne me reste que toi


Par Jennifer Tremblay, illustré par Normand Cousineau, La Bagnole, Modèles uniques

«L'illustrateur Normand Cousineau est un globetrotter. Il a accumulé, dans une gigantesque valise ancienne, des centaines de dessins à l'aquarelle, réalisés sur le vif lors de ses voyages aux quatre coins du monde. Aussi a-t-il eu la curieuse idée de se poster ces dessins au fil des jours, afin que chaque oeuvre soit timbrée et oblitérée, gardant ainsi le sceau officiel du lieu et du moment qui l'ont inspirée. Jennifer Tremblay, fascinée par cette production, s'est laissée prendre au jeu proposé par Normand : imaginer les textes poétiques qui auraient pu se trouver au verso de ces cartes.»

Un magnifique voyage au coeur de l'âme humaine. La plume langoureuse et fine de Jennifer Tremblay souffle au lecteur un périple tout en émotions, en hésitations et en intensité, se nourissant des fameuses «cartes postales maison» de Normand Cousineau, fascinantes, sensibles et envoûtantes. Le défi était grand pour Jennifer Tremblay; il ne fallait surtout pas que cela ressemble à une visite commentée de musée. Or, elle réussit tout à fait son pari, plongeant dans l'univers de Cousineau pour le faire sien. Elle y parvient si habilement qu'on pourrait croire que sa plume a réellement suivi Cousineau dans ses pérégrinations. Un bijou de livre, tout en douceur, dont j'ai dégusté les mots et les dessins avec bonheur. À découvrir, à lire, à offrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

lundi 3 octobre 2011

Boum! Boum! Et autres petits (grands) bruits de la vie

Par Catherine Lafaye-Latteux, illustré par Mam'zelle Rouge, Frimousse

«Psst! Psst! Entends-tu? Non, vraiment? Ils font pourtant grand bruit, ces moments-poème de la vie qui, quand on aime, produisent des: BOUM! BOUM! DRING! DRING! YOUPI! YOUPI! POUET! POUET! MIAM! MIAM! CLING! CLING! TCHIN! TCHIN! HI-HI-HI! SMACK! SMACK! TIC! TAC!...»

Beau petit morceau de poésie amoureuse et de tendresse visuelle! La plume de Catherine Lafaye-Latteux est toute simple, douce et évocatrice, jouant habilement avec le fait que l'amour n'a pas de sexe ni d'âge; un texte délicat et délicieusement audacieux. Et puis quel univers visuel touchant, tout en demi-teintes et en émotions; j'ai découvert Mam'zelle Rouge avec bonheur!... Un opus savoureux et déroutant, qui se pose sans peur en terrains rarement explorés...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 26 février 2011

Please Bury Me in the Library

Par J. Patrick Lewis, illustré par Kile M. Stone, Houghton Mifflin Harcourt

«There's nothing like curling up with a good book, but you have to be careful. Before you know it, a minute turns into an hour, an hour turns into a day, and a day may turn into . . . eternity. Inspired by the likes of Edward Lear, X. J. Kennedy, and Lewis Carroll, the author of Arithme-Tickle and Scien-Trickery has created a collection of original poems about books and reading that range from sweet to silly to laugh-out-loud funny. Newcomer Kyle M. Stone's clever, witty, and endearing paintings make this the perfect treat for book lovers of all ages.»

Un saut agréable et divertissant dans le monde de la poésie enfantine! La plume de J. Patrick Lewis est habile et coquine, proposant une poésie définitivement ludique. Tous les poèmes ne sont pas amusants, ou intéressants, mais il y a quelques beaux petits bijoux, dont "Great, Good, Bad". Un livre à feuilleter et à déguster en famille, en plongeant dans l'univers réconfortant et chaleureux des illustrations que Kyle M. Stone sème joyeusement au fil des pages...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 18 janvier 2010

Le Temps des collages

Par Yves Perreault, Decourberon, Calligramme

«Le temps des collages est une œuvre littéraire et visuelle de grande qualité. Yves Perreault y présente trente-six collages et autant de poèmes liés entre eux par différentes thématiques qui sont le matériau brut de cet artiste coloré. Avec ses créations aux titres évocateurs tels que L’écrit en vain, Être de différence ou Génération Bof!, Perreault nous conduit dans son univers unique où la société est observée, puis disséquée. Parfois dure, parfois comique, souvent touchante sans jamais être fastidieuse, cette œuvre est bien plus qu’un simple recueil: c’est un vibrant cri artistique qui ne laissera personne indifférent.»

Premier recueil de Perreault, un peu plus sombre et hermétique que son dernier: Un ours sous la jupe. Sa plume est plutôt déconstruite et éparpillée; il s'agit indiscutablement d'un recueil pour les accrocs de poésie, pas tout à fait accessible au grand public. Beaucoup de prises de conscience et de remises en question à travers ces mots qui fusent de partout. Un coup de coeur pour «Un être de différence» et pour toute la troisième partie, «Les naufragés de la chambre à coucher»... À lire à petite dose, en prenant le temps d'en faire rouler et mûrir les mots en soi...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 11 janvier 2010

Rose, derrière le rideau de la folie

Par Élise Turcotte, illustré par Daniel Sylvestre, La Courte Échelle

«On entre ici dans l'intimité, celle de Rose, et dans une expérience, celle de l'internement. Au fil des pages s'entremêlent les questions de Rose, ses mots, ses visages. Rose est à l'hôpital avec d'autres personnalités atypiques. ou anormales, dirait-on; mais où est la norme? Une écriture poétique, sans concession, d'Élise Turcotte qui met en évidence la richesse et la lucidité de l'esprit de Rose. Une création visuelle et littéraire où le sens et l'esthétisme se complètent et se répondent, donnant au lecteur plusieurs portes d'entrée.»

Recueil vibrant, dérangeant, sombre et humain. Un peu intense peut-être pour ceux que le déséquilibre perturbe... un brin trop sombrement envoûtant pour moi! C'est le lever du rideau sur un univers aux mille vérités. Belle complicité auteur/concepteur graphique: les mots s'épanouissent et virevoltent à travers les illustrations. À lire doucement...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★