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vendredi 23 juin 2017

Les luttes fécondes : libérer le désir en amour et en politique

Par Catherine Dorion, collection Documents, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture (extrait):
«En politique comme en amour, nos énergies sont, la plupart du temps, soigneusement contenues à l’intérieur de cadres qui «organisent» les liens qui nous unissent, et qui empêchent les révolutions de prendre pied. Le couple. Nos institutions politiques. Les élections. Ce livre parle du désir qui cherche à s’exprimer entre deux (ou cent-mille) personnes, et de ce qui a été mis en place pour le garder emprisonné. Ce livre est un plan d’évasion.»

Dans nos sociétés bien organisées, l’humain tend à vouloir encadrer tout ce qui veut sortir des ornières : les idées, les pulsions, les initiatives, le démesuré, le spontané, l’irrésistible. L’humain veut encadrer le sublime pour l’empêcher de chambouler les certitudes sans vergogne, pour éviter qu’il fasse tomber les œillères du quotidien sans crier gare. Il s’empresse donc, trop souvent, de lui construire une cage dorée, tout de rationnel et d’obligations vêtue. L’humain a soif de liberté et d’authenticité, et les enferme pourtant à doubles tours derrière des normes asphyxiantes. L’humain est un inénarrable paradoxe sur deux pattes. De sa plume échevelée, à la verve décidée et à l’esprit délicieusement indomptable, Catherine Dorion souffle avec audace une ode au désir dans tout ce qu’il a de plus fructueux, dérangeant, et inspirant. Un opuscule ébouriffant et nécessaire, qui sait ébranler le pouvoir hypnotisant de la peur de l’éphémère, réveillant le peuple engourdi par trop d’années à sommeiller au bois dormant et lui insufflant une salutaire bouffée de rébellion contre ce plomb qu’il se met lui-même dans l’aile du rêve.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

jeudi 15 décembre 2016

Un présent infini - Notes sur la mémoire et l'oubli


Par Rafaële Germain, collection Documents no 10, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture (extrait):
«Et si nous avions oublié les vertus de l'oubli? L'histoire de l'humanité, jusqu'à très récemment, a été une vaste entreprise d'archivage - une lutte contre la faillibilité de la mémoire humaine et les mâchoires oblitératrices de l'Histoire. Or, depuis quelques décennies, nous nous sommes dotés de technologies nous permettant de ne plus jamais oublier, voire de ne plus pouvoir oublier. Il y a de quoi se réjouir et c'est bien ce que nous faisons, en nous rendant plus inoubliables que jamais sur les réseaux sociaux et dans nos vies quotidiennes de plus en plus numérisées. Pourtant notre mémoire collective semble de plus en plus dispersée, de moins en moins enracinée. Et si nous avions perdu quelque chose en route?

En ces temps où l’information fourmille, sauvage, sans répit, étourdissante, nourrie de toute part par le frénétique désir généralisé de faire entendre sa voix et de ne rien manquer, l’humain peine à prendre son souffle, à prendre le temps d’exister. Sitôt vécu (ou avant même de le vivre), le présent est immortalisé et catapulté dans le virtuel, où il feint de disparaître dans le déroulement d’un fil d’actualités. Bien vite, les jours, les semaines, les mois se fondent dans un passé déjà désuet. Peut-on, en tant que société, se construire sans plus jamais regarder en arrière? Avec une coquine lucidité, Rafaële Germain s’interroge sur l’insouciance candide de notre ère numérique. Tout en simplicité et en finesse, sans tomber dans le pontifiant ou le passéisme buté, elle ose secouer les nouvelles certitudes et questionner l’aura scintillant d’une technologie qui évolue bien rapidement pour ses créateurs. Un petit bijou d’humour et de justesse à découvrir (et à faire découvrir!) sans tarder… avant que les oeillères ne soient trop confortablement ajustées à notre vision du futur.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

mercredi 2 novembre 2016

Les tranchées : maternité, ambigüité et féminisme, en fragments


Par Fanny Britt, collection Documents, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture:
«Les images de la maternité naissent dans les clichés (Communion! Souffrance! Délivrance!), vivent de clichés (Main sur un front fiévreux! Claque en arrière de la tête!) et meurent sur un cliché (Elle ne m’a jamais dit qu’elle m’aimait!). Pour les contourner, il faut avancer prudemment, faire confiance aux histoires qui émergent et espérer qu’elles forment, au bout du compte, un tout cohérent. Fanny Britt se risque ici à une sorte de plaidoyer pour une maternité ambigüe, à coups de souvenirs, de récits, de conversations avec des mères et des non-mères, d’impressions de lecture et de sagesse trouvée dans les paroles de chansons.»

La maternité, cette genèse de l'humanité, ce cycle perpétuel assurant la prolifération de la vie. Ayant fait son indispensable entrée en scène suivant la fameuse pomme d'Ève, elle roule rondement sa bosse depuis. Universelle, elle se rit des frontières géographiques, des fossés socio-économiques et parfois, implacable mécanique biologique qu'elle est, de la volonté même de celle qui la vit. La maternité donc. Vieille comme le monde. À la glorification omniprésente en ces temps de partage en temps réel, mais à l'essentiel pourtant si souvent tu. Quelle est-elle, cette maternité moderne? Une joie? Un frein? Un acte de foi en l'avenir? Un renoncement à sa liberté individuelle? Et comment la vit-on? Doit-on la vivre? D'une voix toute en finesse, en simplicité et en authenticité, Fanny Britt s'interroge sur le sens de la maternité. Sans tomber dans le piège de la définition unilatérale, elle butine humblement dans l'enchevêtrement inextricable des idées reçues, se posant au hasard des rencontres, s'abreuvant des perceptions multiples et tricotant ainsi un honnête tour d'horizon. Cet opus en est un indispensable. À la fois tendre, drôle, juste et lucide, il sait dire l'ineffable et secouer le confort aveugle des certitudes. 




Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮






Le mois de novembre
de mon Défi littéraire 2016