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samedi 12 novembre 2016

Louis parmi les spectres


Par Fanny Britt, illustré par Isabelle Arsenault, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprendra la vraie définition du courage.»
Pour Louis, l'amour est une mer indomptable. Une mer à la houle perpétuelle. Une mer dans laquelle se déversent les larmes éthyliques de son père qui n'a pas le pied marin, et les larmes muettes de sa mère tentant de résister aux courants l'entraînant vers le large. Pour Louis, l'amour n'est que le grondant silence d'un tumulte à venir. L'amour n'a pas de mots, que des embruns. Mais, par chance, il y a la fascinante Billy. Et s'il suffisait de s'accrocher vaillamment à la barre pour apprendre à apprivoiser les flots? Et si, pour Louis, Billy était l'Étoile du Nord, un lumineux point de repère pour le coeur quand la timidité fait frémir la raison? Tout en douce authenticité, Fanny Britt sait dire le vertige des sentiments plus grands que tout, d’un amour (le premier, le tout plein d’espoir!) qu’on voudrait éternel, et de cette valse-hésitation des premiers pas dont il faut inventer jusqu’à l’impulsion première. S'épanouissant tout en fine éloquence à travers la palette feutrée et sensible d'Isabelle Arsenault, ce remuant opus ose aborder avec justesse la grisaille de l’âme qui vacille et célébrer la candeur courageuse qui sème l’espoir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mercredi 2 novembre 2016

Les tranchées : maternité, ambigüité et féminisme, en fragments


Par Fanny Britt, collection Documents, chez Atelier 10.
Quatrième de couverture:
«Les images de la maternité naissent dans les clichés (Communion! Souffrance! Délivrance!), vivent de clichés (Main sur un front fiévreux! Claque en arrière de la tête!) et meurent sur un cliché (Elle ne m’a jamais dit qu’elle m’aimait!). Pour les contourner, il faut avancer prudemment, faire confiance aux histoires qui émergent et espérer qu’elles forment, au bout du compte, un tout cohérent. Fanny Britt se risque ici à une sorte de plaidoyer pour une maternité ambigüe, à coups de souvenirs, de récits, de conversations avec des mères et des non-mères, d’impressions de lecture et de sagesse trouvée dans les paroles de chansons.»

La maternité, cette genèse de l'humanité, ce cycle perpétuel assurant la prolifération de la vie. Ayant fait son indispensable entrée en scène suivant la fameuse pomme d'Ève, elle roule rondement sa bosse depuis. Universelle, elle se rit des frontières géographiques, des fossés socio-économiques et parfois, implacable mécanique biologique qu'elle est, de la volonté même de celle qui la vit. La maternité donc. Vieille comme le monde. À la glorification omniprésente en ces temps de partage en temps réel, mais à l'essentiel pourtant si souvent tu. Quelle est-elle, cette maternité moderne? Une joie? Un frein? Un acte de foi en l'avenir? Un renoncement à sa liberté individuelle? Et comment la vit-on? Doit-on la vivre? D'une voix toute en finesse, en simplicité et en authenticité, Fanny Britt s'interroge sur le sens de la maternité. Sans tomber dans le piège de la définition unilatérale, elle butine humblement dans l'enchevêtrement inextricable des idées reçues, se posant au hasard des rencontres, s'abreuvant des perceptions multiples et tricotant ainsi un honnête tour d'horizon. Cet opus en est un indispensable. À la fois tendre, drôle, juste et lucide, il sait dire l'ineffable et secouer le confort aveugle des certitudes. 




Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮






Le mois de novembre
de mon Défi littéraire 2016


mercredi 2 décembre 2015

Les maisons

Par Fanny Britt, Le cheval d'août

Quatrième de couverture:
«Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour qui n’a jamais guéri. Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, des cabines d’essayage, des cours de natation, des ponts en bâtons de popsicle à livrer à l’expo-sciences de l’école, des étreintes dans la nuit, des deuils, des rappels de l’enfance, des fantômes, et la peur de vieillir dans l’amertume. Cesse-t-on un jour de désirer ce qu’on a désiré à vingt ans?»

Quand la vie ronronne, on oublie parfois la part d'ombre qui dort en chacun de nous; cette frénésie rayonnante du quotidien comme rempart contre le spleen. Or, quand le passé ressurgit sans crier gare, ça chamboule le château de cartes, ça secoue l'immuable. D'une plume simple et juste, Fanny Britt raconte, tout en douceur et en authenticité, ce vertige de l'adulte quand la jeunesse d'hier vient titiller la sage trentaine d'aujourd'hui de ses détresses d'autrefois.  Un opus audacieux qui sait dire la valse-hésitation de l'âme fragile sans tomber dans le drame, qui sait faire grincer le sourire et s'émouvoir le regard, qui sait faire à la fois espérer l'inéluctable et triompher le réel. Bref, une sublime incursion dans la logique bigarrée d'une vie qui est tout sauf prévisible.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 31 décembre 2012

Jane, le renard & moi


Par Fanny Britt, illustré par Isabelle Arsenault, La Pastèque

«Hélène est victime de harcèlement et d'intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë...»

Une incursion douce et grave dans l'univers sombre de l'adolescence, à travers le regard souvent dur et cruel de l'autre. Fanny Britt et Isabelle Arsenault tricotent de concert, avec une finesse et une sensibilité peu communes, l'univers d'Hélène, rempli de zones d'ombres et de tempêtes de l'âme. Naviguant en eaux troubles, la narration réussit le tour de force de ne pas verser dans la tragédie grecque, nuançant plutôt avec justesse et simplicité une réalité bigarrée où l'espoir est encore permis; nuances que les illustrations délicieusement hors du temps, aux traits éloquents, viennent souligner avec sagacité. Un incontournable chamboulant à lire absolument.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

vendredi 16 avril 2010

Félicien et les baleines

Par Fanny Britt, illustré par Marianne Dubuc, La Courte Échelle, Première Lecture, Félicien 1

«Félicien a plein de projets. Le plus fabuleux, est le voyage sur la Côte-Nord. C’est là que vivent les baleines. Le voyage en voiture est long, mais Félicien est prêt pour l’aventure.»

Encore une délicieuse aventure de Félicien le voyageur... Illustrations toujours aussi attachantes et personnages savoureux. Une collection décidément bien pensée par La Courte Échelle. Tout y est: le plaisir, le soupçon d'intention éducative, et même un lien vers le web. Belle série à découvrir!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Félicien et la grosse pomme

Par Fanny Britt, illustré par Marianne Dubuc, La Courte Échelle, Premières Lectures, Félicien 2

«Félicien part en voyage à New York avec ses parents. Félicien n’est pas au bout de ses surprises. Une grande statue, un parc géant et un musée rempli de vrais dinosaures l’attendent…»

Une sympathique histoire aux illustrations naïves mais très dynamiques et riches en détails. On voudrait suivre Félicien partout, partout avec sa famille de voyageurs invétérés! Très belle illustration lors du retour de Félicien à la maison, lorsque tout ce qu'il a vu envahit sa chambre... Une belle réussite que cette collection de La Courte Échelle: la mise en page est parfaite pour les lecteurs débutants, sans être trop infantilisante, et elle inclut la présentation des personnages, un mini-lexique et des activités interactives à poursuivre sur le web. Une série simple, habile et savoureuse!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆