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mercredi 15 juin 2016

LoveStar


Par Andri Snær Magnason, chez Alto.
Résumé de l'éditeur:

«Le génial et énigmatique LoveStar, fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité de l’emprise de l’électronique : l’homme sans fil est né ! Il développe au passage quelques applications favorisant le bonheur humain, dont inLove, système aussi redoutable qu’efficace qui identifie les âmes sœurs par simple calcul. Quand Indriði et Sigríður se retrouvent ainsi calculés, ils tombent des nues : leur « seul et unique » est ailleurs. Ces Roméo et Juliette postmo­dernes sont rapidement projetés dans une quête improbable, portant sur leurs épaules l’espoir de meilleurs lendemains.»


À lire un jour...


dimanche 16 août 2015

Griffintown


Par Marie-Hélène Poitras, Alto, Coda

«Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance. Hommes et chevaux reprennent le chemin de l’écurie. L’hiver a eu raison de quelques-uns. Certains, comme John, reprennent le collier comme on renoue avec une mauvaise habitude. Pour d’autres, qui traînent plusieurs vies derrière eux, il s’agit souvent du cabaret de la dernière chance. Marie, la Rose au cou cassé, cherche quant à elle un boulot qui la rapprochera des chevaux. Elle ignore ce que lui réserve l’été, le dernier de Griffintown. Car tandis qu’une procession de désespérés défile vers le Far Ouest à la recherche d’une maigre pitance, la Mouche ourdit sa vengeance. Histoire de meurtre, d’amour et d’envie dans un décor où tous les coups sont permis, Griffintown expose au grand jour l’intimité des cochers du Vieux-Montréal, ces cow-boys dans la ville.»

Le Far West… qu’en retient-on? Ses duels épiques, ses cavalcades folles à travers le désert, ses saloons aux pianos égrenant un rythme endiablé, les Bons, les Méchants, la Cavalerie… Ce qu’on oublie, c’est la solitude du cow-boy, du pianiste, de la prostituée qui étale sa vulnérabilité au balcon. Les démons aussi. Ceux qui hantent sans répit. Ceux qui s’enroulent autour de l’âme et font préférer la poussière. Et les chevaux. Leur vie utile, et l’autre, celle qui commence quand ils semblent de ne plus pouvoir l’être. Et si l’Ouest n’était pas si loin, finalement? Et si Griffintown était le dernier retranchement de ces irréductibles déchus, de ces oubliés du monde, de ces battants de la dernière chance? Et si, les Méchants, c’était en fait «Ceux de la Ville», ceux qui veulent tout faire disparaître sous un désert de condos aveugles et stériles, ceux qui veulent effacer l’Histoire pour en construire une en carton-pâte, ceux pour qui la fin justifie tous les moyens? D’une plume fine et juste, Marie-Hélène Poitras raconte cette vie dans les limbes, ce «château de tôle» rapiécé où piaffent les chevaux de la dernière heure, ce combat de chaque instant des cochers, de leur race de survivants, ce mélange explosif de bravoure et de détresse qui les fait se relever chaque fois que le Destin les enfarge. C’est une histoire au souffle âpre, à la sensibilité qu’on camoufle dans ses bottes, à la joie rauque et éparse, à l’orgueil qu’on méprend parfois pour de la résilience. Un opus chamboulant, ébouriffé, à l’analogie audacieuse, qui sait dire avec une lucide simplicité l’humanité et les chevaux, dans tout ce qu’ils ont de farouchement indomptables.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

dimanche 19 juillet 2009

Tarmac

Par Nicolas Dickner, Alto

«Pauvre Hope Randall : elle est née dans une famille où chaque membre reçoit sa propre vision de la fin du monde, accompagnée d’une date précise, différente pour chacun. De quoi alimenter plus d’un manuel d’histoire de la psychiatrie. Prévenue que l’apocalypse aurait lieu à l’été 1989, sa mère a cherché à fuir son destin en Lada, pour échouer à 1200 kilomètres de Yarmouth. Parties pour l’Ouest, mère et fille n’ont d’autre choix que d’attendre l’inévitable dans le bas
du fleuve.
Entre en scène Michel Bauermann, ou Mickey, rejeton d’un clan qui produit du béton depuis plusieurs générations, passionnément irradié par les taches de rousseur et les 195 points de Q.I. de la belle. Hope trouvera un certain réconfort dans les longues soirées en sa compagnie au bunker familial, à l’abri des obsessions maternelles. Mais on ne peut rien prédire lorsqu’on est une Randall et qu’on a rendez-vous avec l’apocalypse.»

Intéressant tourbillon fantaisiste et déroutant où l'amour croise le faussement inéluctable. À relire, je crois, pour en extraire la saveur...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 2 avril 2008

Nikolski

Par Nicolas Dickner, Alto

«Canada, printemps 1989. Trois personnages à l'aube de leurs vingt ans ont quitté leur lieu d'origine pour entamer une longue migration. Né quelque part au Manitoba, Noah Riel a appris à lire avec les cartes routières. Après dix-huit ans d'errance dans les Prairies, il tente de s'installer à Montréal. Joyce Doucet, elle, a vu le jour à Tête-à-la-Baleine, et caresse des rêves de flibustier moderne. Quant au narrateur, il quitte le bungalow maternel pour voyager dans les livres, qu'il vend dans une bouquinerie de Montréal. Il ne se sépare jamais d'un compas-boussole déréglé qui s'obstine à pointer la direction de l'îlot Nikolski, dans le Pacifique nord. Au terme d'une migration réelle ou symbolique qui s'achève en décembre 1999, «quelques heures avant la fin du monde», les membres de cette étrange trinité auront tant bien que mal compris ce qui les rassemble. Au passage, ils auront rencontré serpents de mer et archéologues, scaphandriers analphabètes et victimes du mal de terre.»

...étrange et déroutant... et époustouflant... et réconfortant... un petit bijou sorti d'un tiroir bien caché...

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