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mercredi 2 novembre 2016

J'ai perdu...


Par Robert Soulières, illustré par Geneviève Després, collection Clin d'oeil, chez l'Isatis.

Quatrième de couverture:
«C'est le début de l'hiver. Les enfants perdent toujours tout!»

Quand l'automne commence à sentir les matins givrés, et que les arbres se mettent à nu sans complexe, c'est que l'hiver arrive sur la pointe des pieds. Et avec lui, la ronde colorée et chaotique des mitaines, foulards et tuques à ne pas perdre de vue. Dans cette lutte sans fin pour conserver une garde-robe hivernale relativement complète, l'enfance est plus souvent qu'autrement le bouc-émissaire universel. «Mais où t'avais la tête?» «Regarde dans ton casier avant de partir!» «N'oublie pas.. N'oublie pas... N'oublie pas...» Et si, finalement, la distraction n'était pas uniquement l'apanage de la candeur enfantine? D'une plume rigolote, au rythme joyeusement répétitif, Robert Soulières raconte le quotidien rocambolesque de ceux et celles qui combattent vaillamment l'éparpillement des possessions. Relancé malicieusement par l’univers visuel tendrement ébouriffé de Geneviève Després, cet opuscule fera rigoler à coup sûr, secouant au passage quelques ronronnantes idées reçues.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 9 septembre 2015

Ma plus belle victoire


Par Gilles Tibo, illustré par Geneviève Després, Québec Amérique

Quatrième de couverture:
«J’ai dit à la Peur :
— Je ne veux pas que tu entres chez moi !
Elle m’a accompagné dans le vestibule, dans le corridor, dans le salon. Rendu dans la cuisine, je lui ai dit :
— Va-t’en chez toi !
Elle ne m’a pas écouté.
J’ai bu un immense verre d’eau pour la noyer. Mais la Peur savait très bien nager.»

Quand la Peur s’incruste, s’accroche, s’obstine, assombrissant insidieusement le quotidien, la Vie n’a plus le même goût. Elle devient noirceur. Les petits bonheurs prennent leurs jambes à leurs cous. Ne reste que la fuite. Une fuite de tous les instants. Jusqu’à ce qu’une main se tende pour tenter de faire échec au maelström. Avec une infinie justesse et une touchante sensibilité, Gilles Tibo brode finement l’histoire de Mathieu et de cette Peur avec un grand « P »; celle qui envahit tout, qui bouscule la tranquillité, qui éteint la joie de vivre et qui fait taire la candeur de l’enfance. Portée par l’univers visuel à la palette tendre et à la composition éloquente de Geneviève Després, cette épopée hors norme sait dire la détresse sans tomber dans l’apocalyptique, ose raconter ce combat silencieux digne des plus courageux chevaliers, petits ou grands. Un opuscule émouvant qui, je l’espère, saura être une main tendue dans la tourmente quotidienne de tous les vaillants anxieux de ce monde. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



Thèmes abordés: peur, anxiété

jeudi 6 septembre 2012

La grève du bain


Par Pierrette Dubé, illustré par Geneviève Després, Les 400 coups

«La première fois que je me suis assise dans la nouvelle baignoire, avec mes trois petits jouets pour le bain préférés, je me sentais un peu perdue. C'est là que papa a voulu m'impressionner et qu'il a appuyé sur le bouton "remous". La baignoire s'est mise à s'agiter, à gronder. J'ai eu la peur de ma vie! C'est décidé, je ne vais plus me laver. Je fais la grève du bain!»

Histoire rigolote d'une Grande peur de Petit. Pierrette Dubé tricote une délicieuse petite aventure, d'une plume coquine et habilement fleurie, où l'improbable et l'inattendu viennent joyeusement secouer le quotidien. Puis, coup de coeur, j'ai été totalement charmée par l'univers visuel créé par Geneviève Després; de la sublime composition des images (relançant la narration avec agileté), de l'éloquence des expressions et de l'astucieuse utilisation des textures comme vecteur de sensibilité émanent une inoubliable bouffée de candeur et de fraîcheur. Un album tendre et cocasse qui fait voir l'heure du bain sous un tout autre jour!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆



vendredi 1 juin 2012

Suzy a disparu!

Par Pascal Hérault, illustré par Geneviève Després, Les 400 coups, Grimace

«Monsieur Lapin est de retour dans une toute nouvelle aventure. Mais après s'être fait voler ses oreilles dans "Les oreilles de monsieur Lapin", c'est maintenant Suzy, sa fiancée, qui a disparu. Elle a été enlevée par trois étranges individus déguisés en loups. Déboussolé, le pauvre lapin va chercher l'aide du commissaire Mastiff et ensemble, ils enquêtent sur cette curieuse affaire qui les mène jusque dans les tunnels souterrains de la ville.»

Une deuxième petite enquête sympathique pour Monsieur Lapin. Pascal Hérault tricote une intrigue cocasse, bien qu'un brin longuette, et un poil trop ronflante de bons sentiments: les méchants sont punis, la belle est sauvée, et hop!, on relègue aux oubliettes cet incident fâcheux. J'aurais pourtant aimé, par exemple, en apprendre un peu plus sur les conditions de vie difficiles des ravisseurs, ce qui les a décidés à commettre cet enlèvement, pourquoi avoir choisi Suzy, la fiancée de Monsieur Lapin... bref, ouvrir la porte à la réflexion au sujet du Bien et du Mal. Malheureusement, le lecteur a plutôt droit à une fin rose bonbon, un peu maladroite et incompréhensible, qui laisse un goût amer de prétexte pédagogique. Par contre, l'univers visuel de Geneviève Després est tout simplement sublime, comme toujours! Ses textures, l'éloquence de l'expression de ses personnages, la composition de ses illustrations, tout est savoureux et touchant. En fait, l'«histoire visuelle» est plus habile et juste, par moments, que la prévisible narration littéraire. Un album à dévorer des yeux donc...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

jeudi 20 octobre 2011

Le petit chevalier qui n'aimait pas la pluie

Par Gilles Tibo, illustré par Geneviève Després, Imagine

«Dans un curieux royaume construit au sommet d'une forêt vivait un petit chevalier. Il aimait les chats et les gâteaux au chocolat. Il ne craignait ni la nuit ni les souris, mais il avait terriblement peur de la pluie! Un jour, un orage énorme s'abattit sur le village. Le petit chevalier courut se réfugier dans sa forteresse. Il y resta enfermé longtemps, très longtemps, jusqu'au jour où il dut quitter son refuge pour affronter ses peurs.»

Histoire rigolote et tout simplement délicieuse! La plume de Gilles Tibo mène le bal avec humour, multipliant les commentaires cocasses au sujet de l'entourage du petit chevalier, et créant par le fait même un intéressant dialogue avec l'univers visuel de l'album. Les illustrations de Geneviève Després sont délectables, croquées finement et joyeusement coquines. On ajoute à cela une infographie un poil éclatée, on ne peut plus appropriée. Un album stimulant et réussi pour tous les petits chevaliers craintifs de ce monde!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

samedi 8 janvier 2011

Les oreilles de Monsieur Lapin

Par Pascal Hérault, illustré par Geneviève Després, Les 400 coups

«Monsieur Lapin est une vedette de cinéma et le gagnant de nombreux concours de beauté. Un matin en se regardant dans le miroir, il réalise que quelqu'un lui a volé ses oreilles. Privé de ces dernières, Monsieur Lapin ressemble à... À quoi au juste? Monsieur Lapin ne le sait pas. Il n'a jamais vu de lapin sans oreilles.  Affolé, il court au poste de police pour raconter son histoire au commissaire Mastiff. Le policier constate que monsieur Lapin n'est pas le seul dans cette situation. Il y a également un coq à qui l'on a volé sa crête, un paon qui s'est retrouvé sans plumes du jour au lendemain et une chatte angora à qui l'on a dérobé sa superbe queue : ces trois animaux ont tous été récompensés dans des concours de beauté. Mais qui s'amuse à voler ces animaux? Et pourquoi? Voilà un mystère que monsieur Lapin (qui ne ressemble plus à un lapin) et le commissaire Mastiff ne tarderont pas à résoudre.»

Oh la la, quelle catastrophe littéraire que cet album! La plume de Pascal Hérault entraîne le lecteur dans tous les sens, à travers une histoire décousue, pour le laisser, sans ménagement, sur une fin déroutante et incompréhensible. Tellement dommage! L'histoire avait pourtant un tel potentiel, portait une telle promesse de plaisir!... Et que dire de la conception graphique habituellement si impressionnante chez Les 400 coups? Cette fois, le graphisme laisse vraiment à désirer, surtout en ce qui concerne le choix de la fonte utilisée pour le texte: il s'agit d'une fonte lourde, trop grasse et à l'interlignage beaucoup trop serré. On a l'impression que le texte piétine les illustrations et étouffe le lecteur!... Non, vraiment, ma seule consolation au sujet de cet album est l'illustratrice Geneviève Després qui a produit des illustrations fascinantes, chaleureuses, aux textures intéressantes et à l'imaginaire débridé. Je crois que j'aurais préféré lire cette histoire uniquement à travers les illustrations, plutôt que d'avoir à naviguer sans boussole à travers les mots de l'auteur...


Lili lui donne: ★ ★ ☆ ☆ ☆