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samedi 5 novembre 2016

Même pas vrai


Par Larry Tremblay, illustré par Guillaume Perreault, chez La Bagnole.
Quatrième de couverture:
«Si vous demandez à ma mère ce qu'elle pense de moi, elle vous répondra que j'exagère tout le temps. Si vous demandez à mon père, il dira la même chose. Et si ma petite soeur parlait, je suis presque sûr que ce serait pareil. Tout ça parce que je parle dans un micro imaginaire. Ça m'amuse, moi, de transformer ma vie en reportage. Pourquoi c'est un problème?»

Dans le monde de Marco, il y a toujours de la poussière sur les montres. Les extra-terrestres sont faits de bonbons, et ils avalent des pilules de connaissance, plutôt que d'aller à l'école. Dans le monde de Marco, on enterre les fleurs qui ont rendu l'âme, avec leur pot, et on fait des reportages dans un micro invisible plutôt que de céder au sommeil. Dans le monde de Marco, les chiens changent de nom chaque jour, et il y a tout plein d'histoires dessinées sur les murs. Dans le monde de Marco, il y a Gina. Dans le monde de Marco, «même quand il ne se passe rien, il arrive quelque chose»*. D'une plume à la candeur désarmante et à la justesse cocasse, Larry Tremblay raconte avec sensibilité et humour, la vie, à hauteur d'enfants. Roman graphique farfelu se déployant en courts (et savoureux) épisodes, et s'épanouissant tout en fine simplicité sous le crayon de Guillaume Perreault, cet opus singulier et irrésistible sait dire avec un tendre aplomb le foisonnant imaginaire de l'enfance, ses moments de grâce et ses dérives inévitables. À dévorer sans tarder!

*La citation entre guillemets est tirée du livre.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 5 septembre 2016

L'enfant seule


Scénario et dessins de Guojing, chez Comme des géants.
Résumé de l'éditeur:
«Une petite fille s’éloigne de chez elle et se perd. Elle rencontre un mystérieux cerf qui l’entraîne dans la forêt profonde, au cœur d’un monde étrange et merveilleux. Mais, au bout d’un moment, la fillette s'ennuie et veut rentrer. Retrouvera-t-elle le chemin de sa maison?»
La solitude, à hauteur d’enfant, c’est habité. Idées qui fusent, personnages qui jaillissent, l’imaginaire bouillonne sans limites. Or, parfois, malgré le foisonnement intérieur, l’ennui s’installe et la soif d’un ailleurs devient irrépressible. Et c’est à ce moment que, trépignant d’impatience, sans regarder en arrière, l’aventure commence. Maniant avec finesse une sensible narration visuelle, Guojing entraîne le lecteur dans un univers où tout est possible, et où seul l’essentiel compte: ce lien inconditionnel entre deux êtres vivants, celui qui permet de retrouver la lumière quand la route s’assombrit. S’épanouissant au coeur d’un univers singulier et feutré, tout en demi-teintes et en nuances (qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Shaun Tan), cet opus troublant sait faire parler avec justesse le silence d'un autre temps, celui où l'enfance poussait parfois seule et sauvage, sans tuteurs ni carcans pour lui encadrer l'initiative. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 30 mai 2016

Le Château des Étoiles (en deux tomes)


Scénario et dessins d'Alex Alice, chez Rue de Sèvres, série Le Château des Étoiles, tomes 1 et 2.
Quatrième de couverture:
«Au XIXe siècle, d'intrépides explorateurs repoussent sans cesse les limites de l'inconnu. Avides de nouvelles découvertes, ils tournent leurs regards vers les étoiles...»

Et si les étoiles et leurs mystères avaient été à portée de main bien avant les premiers pas officiels sur la Lune? Et si le XIXe siècle et sa révolution industrielle n’avait pas que nourri le progrès sur Terre, mais élargi aussi les horizons en dehors de notre atmosphère? Et si Jules Verne n’avait pas tout imaginé, que la réalité était finalement bien plus près de sa fiction qu’on aurait pu le croire? D’une plume juste et foisonnante, Alex Alice retricote le passé, faisant naviguer le lecteur en eaux délicieusement troubles, le plongeant malicieusement dans un monde tracé avec audace à la fine frontière du possible et de l’improbable. Porté par une narration enlevante, à mi-chemin entre le carnet de bord scientifique et le roman d’aventure, et mis en images avec éloquence par un visuel feutré et chimérique, cette captivante série en deux tomes se dévore d’un trait, l’imaginaire joyeusement ébouriffé par l’éther interstellaire et ses promesses d’un fascinant ailleurs. Un petit bonheur d’un autre temps à savourer sans tarder.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 25 mai 2016

Zita la fille de l'espace, tomes 1 et 2

Scénario et dessins de Ben Hatke, chez Rue de Sèvres, série Zita, tomes 1 et 2.
Résumés de l'éditeur:

«Tome 1
Zita et Joseph jouent dans les bois quand ils trouvent un étrange appareil qui projette Joseph dans la galaxie. Pas le choix, Zita ne peut que suivre le même chemin pour tenter de sauver son ami. Elle se retrouve sur Scriptorius, étrange planète peuplée d'espèces multiformes, menacée de destruction par un astéroïde géant. Zita n'a que trois jours pour mener à bien sa mission : retrouver Joseph et rentrer sur Terre!
Tome 2
Zita est désormais une véritable star internationale de la galaxie. Les récits de ses exploits lors du sauvetage de Scriptorius la précèdent sur les planètes que la petite bande visite. Fatiguée de ces bains de foule, elle laisse un robot imitateur déguisé en Zita prendre sa place le temps d’une escapade. Erreur! Le robot prend goût à la célébrité et remplace Zita pour de bon… Comment Zita retrouvera-t-elle son identité et sa place dans son cercle d’amis? Parviendra-t-elle enfin à reprendre le chemin qui la ramènera sur Terre?»

Et si, pour voyager dans l’espace, il suffisait d’appuyer candidement sur un gros bouton rouge? Et si, en voulant sauver son meilleur ami retenu de force sur une autre planète, on voyait ses chances de revenir sur Terre réduites à néant? Et s’il fallait, pour survivre, ne pas se fier aux apparences et tenter de se faire des alliés? D’une plume enlevante, à l’imaginaire hyperactif, Ben Hatke tricote une aventure ébouriffante, faisant se succéder à un rythme inouï les revirements et autres coups du sort, et s’épanouir une jeune héroïne n'ayant décidément pas froid aux yeux. Une série captivante et rocambolesque, aux personnages délicieusement singuliers et à la narration palpitante, qu’on dévore fébrilement, sans prendre le temps de revenir sur Terre entre deux chapitres…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 16 mai 2016

Le facteur de l'espace


Scénario et dessins de Guillaume Perreault, chez La Pastèque.
Quatrième de couverture:
«Bob aime bien sa petite routine et adore son travail: pour lui, la poste, c'est très important! À bord de son vaisseau, il distribue des lettres et des colis à un tas de gens, partout dans la galaxie. Du moins, la partie de la galaxie qu'il connait. Par contre, ce matin, il y a un pépin au bureau de poste.»

Il y a, bien sûr, le rassurant bien-être du ronronnant quotidien qui fait fuir l’Inconnu à grands coups de prévisible. Mais il y a aussi ces moments où la vie semble tester notre goût de l’aventure en nous secouant les repères sans ménagement. Et si les surprises ouvraient de nouveaux horizons sans crier gare? Et si, finalement, on ne pouvait plus se passer de cette enivrante exploration au hasard la chance? Avec son imaginaire bouillonnant, Guillaume Perreault tricote un périple impromptu à travers une galaxie pas comme les autres, multipliant joyeusement les péripéties rocambolesques et osant dérouter le lecteur sans vergogne. Un sympathique opus interstellaire qui donne le goût de sortir des ornières…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 11 mai 2016

Le Club des Baby-Sitters, tomes 1, 2 et 3


Scénario et dessins de Raina Telgemeier, adapté des romans d'Ann M. Martin, chez Scholastic, série Le Club des Baby-Sitters.

Résumé de l'éditeur:
«Peu importe la situation, on peut toujours compter sur Kristy, Mary Anne, Claudia et Stacey, co-fondatrices du Club des Baby-Sitters et grandes amies. Qu'il s'agisse de bambins malcommodes, de chiens énormes, de voisins étranges ou de parents trop sévères, rien n'est à leur épreuve lorsqu'il est question de garder des enfants!»


Le gardiennage: véritable casse-tête parental et incontournable gagne-pain du début de l’adolescence. Et si, en s’alliant entre amies, il était possible de simplifier le processus pour les parents? Et si, avantage non négligeable, on pouvait se partager du même coup trucs, astuces, grincements de dents et incontrôlables fous rires? Revisitant la populaire série de romans écrits initialement par Ann M. Martin à la fin des années 1980, Raina Telgemeier propose une heureuse migration vers le roman graphique, tout en simplicité et en fraîcheur. Fidèle à l’esprit bon enfant (et, il faut bien l’admettre, un brin trop dégoulinant de bonnes intentions) de la série originale, Telgemeier parvient avec son habile scénarisation, ses traits dynamiques et sa palette colorée, à offrir un attrayant second souffle à l’inimitable bande de Kristy et cie. Une sympathique adaptation à découvrir (ou à redécouvrir!) sans tarder!






Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩










Pour les lire en version originale

jeudi 28 avril 2016

Les carnets de Cerise 4 - La déesse sans visage


Scénario de Joris Chamblain, dessins d'Aurélie Neyret, chez Soleil, collection Métamorphose, Série Carnets de Cerise t.4.

Quatrième de couverture:
«L’heure des vacances a sonné! La visite d’un étrange manoir annonce une nouvelle enquête: chaque pièce est une énigme, chaque objet est un indice. Mais il est des secrets plus anciens qui ne demandent qu’à être dévoilés. Qui est cette déesse sans visage qui trône dans une pièce secrète? Où se cache la partie manquante de ce tableau? Mais surtout, qui tire vraiment les ficelles de ce nouveau mystère? Si Cerise ne résout pas l’énigme à temps, les conséquences risquent d’être terribles…»

L’amour, le vrai, celui qui obnubile, qui fait briller les yeux et sourire l’âme. Celui, aussi, qui parfois dérange, puis, s’échappe sans crier gare, éteignant l’espoir dans sa fuite et faisant déferler les regrets. Un amour, inoubliable, inextinguible, traversant les années et se frayant un chemin de traverse envers et contre tous. Et si Cerise, enquêteuse passionnée à la plume bien pendue, se trouvait emmêlée une fois de plus dans un inextricable écheveau de mystères et de romance déçue? Et si, cette fois, cela remuait un brin trop un passé enfoui, chamboulant le présent au passage, que cela faisait se tarir les mots, si chers à Cerise, ces mots qui savent dire? D’un même souffle, à travers cet hybride entre l’épistolaire et le roman graphique qui est devenu leur signature, l’inimitable duo Chamblain/Neyret tricote habilement un périple enlevant pour Cerise et ses complices de toujours. Fleurant bon l’air du large, et faisant astucieusement s’enchevêtrer des bribes significatifs des intrigues précédentes, cet opus tout en justesse et en sensibilité semble installer discrètement les bases d'un dénouement final; un prochain (et peut-être dernier?) tome qu’on souhaite imminent, bien sûr, espérant (impatiemment!) pouvoir le dévorer sans trop tarder. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 14 décembre 2015

Les carnets de Cerise 3 - Le dernier des cinq trésors

Scénario de Joris Chamblain, et dessins d'Aurélie Neyret, Éditions Soleil, Métamorphose, Carnets de Cerise t.3

Quatrième de couverture:
«Cerise est une petite fille âgée de onze ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d'eux.
Cette fois, elle s'intéresse à Sandra. Son atelier de reliure regorge d'ouvrages anciens. Mais il en est un qu'elle n'a jamais réparé. Pourquoi? Savait-elle seulement qu'il était là? Et quels sont ces cinq trésors liés à la vie de la jeune femme? Cerise, Line et Erica vont suivre ensemble ce jeu de piste, cette enquête à tiroirs, pour tenter de rendre à Sandra ce qu'elle a perdu, il y a tant d'années...»

La mémoire est une drôle de bête: elle engrange les souvenirs, les trie, les classe, les enfouit aux confins de la conscience et les fait ressurgir sans crier gare. Mais parfois, lorsque le réel chamboule tout, elle préfère se taire, laissant de grands blancs dans la ligne du Temps. C’est à ce moment que la vraie quête commence… et qui de mieux pour chasser les trésors ensevelis que la curieuse et sensible Cerise, sa plume bien pendue, et son inimitable bande d’amies! À travers une toujours aussi astucieuse alliance entre l’épistolaire et le roman graphique, le duo Chamblain/Neyret récidive, tout en finesse et en émotions, semant les indices avec agilité et faisant tomber peu à peu les masques, tenant le lecteur en haleine, coeur et âme, jusqu’à la toute dernière page. Un petit délice d’authenticité, dont l’émouvante justesse ne peut laisser indifférent. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

vendredi 2 octobre 2015

Les carnets de Cerise tomes 1 et 2


Par Joris Chamblain, illustré par Aurélie Neyret, Soleil, Métamorphose, Carnets de Cerise t. 1 et 2

Quatrième de couverture:
«Âgée de 11 ans, Cerise rêve de devenir romancière. Pour ce faire, elle observe attentivement les adultes afin de deviner leurs secrets. Elle se lance d’abord dans une enquête sur Michel, un vieillard qui, chaque dimanche, se rend mystérieusement en forêt, muni de pots de peinture, puis, s'intéresse à Elizabeth, une vieille dame qui, depuis vingt ans, emprunte toutes les semaines le même livre à la bibliothèque.»

Coquine, malicieuse, mais surtout infatigable curieuse à la plume bien pendue et au regard pénétrant, Cerise est une jeune fille comme il s’en fait peu. Navigant avec candeur et détermination dans les eaux parfois tumultueuses du journalisme d’enquête, elle sait saisir les opportunités au vol et mobiliser les ressources nécessaires pour parvenir à ses fins, en omettant parfois, il est vrai (et un peu trop souvent au goût de son entourage, d’ailleurs) de révéler ses véritables intentions. Tricoté habilement par le duo Chamblain-Neyret, cet hybride audacieux entre l’épistolaire et le roman graphique sait dire avec humour et finesse l’amour des mots ainsi que la fascinante richesse que recèle l’humanité. Une série truculente à dévorer d’un trait!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩