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vendredi 13 mars 2015

Constance


Par Pierre Le Gall, illustré par Éric Héliot, Hachette Jeunesse, Constance 1 et 2

«Voici Constance... une petite fille douce et sage. Et son adorable chaton, Miniature. Vous allez adorer... les détester !»


Constance, ou comment l’enfance peut joyeusement abriter l’antithèse de la sagesse. Pierre Le Gall et Éric Héliot tricotent de concert une audacieuse trame, usant astucieusement d’une coquine narration littéraire et visuelle qui a plus d’un tour dans son sac, sachant semer adroitement la zizanie dans la tête du lecteur, laissant les mots souffler une vérité que les illustrations s’empressent de contredire aussitôt. Une série exquise, portée par une délicieusement irrévérencieuse ironie qui n’est pas sans rappeler l’humour grinçant d’Edward Gorey, l’étrangeté charmante de Tim Burton et l’aplomb irrésistible de Mercredi, dans La Famille Adams. Un petit bijou de bibliothèque, espiègle et malicieux, à faire découvrir à tout vent.




Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



Attention!
Cette série n'est malheureusement plus disponible
en librairie, en Amérique du Nord;
il faut donc se rabattre sur les bibliothèques.
... mais ça vaut le déplacement!

jeudi 26 février 2015

Lulu's Mysterious Mission


Par Judith Viorst, Atheneum Books For Young Readers, Lulu 3

« As her mom and her dad headed out to the taxi, Lulu heard her mom saying, "If things don’t work out with Lulu…" 
And her dad saying, "… and it’s just possible that they won’t…" 
And her mom saying, "… call us, and we’ll take the next plane home."
To which Ms. Solinsky firmly replied, "When I’m the babysitter, things ALWAYS work out."
"We’ll see about that", Lulu said to herself, preparing for Plan B, which was doing whatever she had to do to get her parents to take the next plane home. Then the door slammed, and Lulu was all alone with Ms. Solinsky, trained professionnal. »

Si Lulu a officiellement passé l’âge des caprices et des crises de larmes, elle sait toujours autant ce qu’elle veut… et comment l’obtenir. Or, cette fois, pas de chance, elle sera confrontée à une adversaire de taille: Mme Sofia Sonia Solinsky, gardienne d’enfants certifiée à l’allure revêche, et définitivement imperméable aux puériles stratégies d’usage. Lulu saura-t-elle vaincre l’«ennemie» malgré les revers? De sa plume coquine et culottée, Judith Viorst tricote pour Lulu une troisième aventure rocambolesque à souhait, multipliant joyeusement les écueils et les supercheries, et s’adressant sans gêne au lecteur avec tout l’aplomb dont peut se vanter son inimitable héroïne. Un opuscule hilarant et délicieusement effronté, habile ode aux apparences trompeuses, à dévorer sans attendre.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



(Ce livre n'est pas disponible en version française pour le moment,
mais les deux premières aventures de Lulu le sont aux éditions Milan)

mardi 17 février 2015

L'hiver des machines


Par Johan Heliot, Gulf Stream, C.I.E.L. 1.0

«Pendant les premiers mois de son existence, l’intelligence artificielle s’acquitta parfaitement de sa tâche, obéissante, servile. Dans le même temps, elle observait, analysait, tirait des conclusions. Ordinateurs et téléphones portables lui ouvraient des yeux et des oreilles aux quatre coins du monde. Elle finit par hiérarchiser de nouvelles priorités. Puis elle passa à l’action. Ceci est son histoire et celle des hommes et des femmes qui ont connu l’hiver des machines.»

Est-ce que la fin justifie vraiment les moyens, même les plus drastiques? Et si les erreurs du passé tendaient à se répéter? Et si l’humanité perdait son libre arbitre, du jour au lendemain? Et si, finalement, la fiction devenait réalité? Dans un avenir pas si lointain, Johan Heliot fomente un possible on ne peut plus dérangeant de sa plume vive et juste, tricotant l’inénarrable dans une haletante trame à plusieurs voix, et bousculant sans ménagement les repères du lecteur à grands coups d’impitoyables revers. Le C.I.E.L., cette extraordinaire et terrible entité, habile hybride entre HAL 9000 («2001, l’odyssée de l’espace» de Clarke), Big Brother («1984» d’Orwell) et le si inhumain Adolf Hitler de notre ère, rivalise d’ingéniosité et d’astuce pour déstabiliser l’humanité sous sa coupe, annihilant la rébellion sous le poids de ses machines, et tuant l’espoir à la racine. Premier tome explosif d’une prometteuse tétralogie, cet opus adroit sait évoluer avec audace sur la fine ligne séparant l’improbable de l’impossible, car si ce chamboulement planétaire fictif peut sembler un brin alarmiste, la dérive à la base de sa prémisse n’en demeure pas moins absolument probable, et c’est précisément ce qui le rend terrifiant. Un roman saisissant qui ébranle indiscutablement notre perception du progrès technologique, secouant nos consciences endormies par la berceuse des données échangées et aveuglées par l’aura du rétroéclairage. J’en frémis encore… Vivement la suite!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

dimanche 8 février 2015

Quand j'écris avec mon coeur


Écrit et illustré par Mireille Levert, La Bagnole, Modèles Uniques

«Mireille Levert se pose mille et une questions, par exemple: "Qui est-ce qui allume et éteint les étoiles chaque soir?" ou "À quoi rêvent les ours en hibernation?" Un jour, elle s'est posé cette question très intéressante : "Qu'est-ce que la poésie?" Elle a trouvé une réponse en écrivant et en illustrant ces poèmes...»


«La poésie
c’est avoir des yeux
dans le trou des yeux
dans la paume des mains
au bout des doigts
sur le ventre

Mais surtout
dans le coeur»

Et c’est bel et bien avec les yeux du coeur que Mireille Levert souffle au lecteur son amour des mots, de ceux qui virevoltent, de ceux qui savent rire, et de ceux qui savent dire l’inénarrable. Brodant habilement des vers échevelés, simples et justes, sa plume fine fait tomber les oeillères, rabrouant joyeusement la cartésienne et aveugle logique de notre société effrénée, et ouvrant toute grande la porte à cet essentiel qu’on oublie de voir au quotidien. Porté par la palette tendre et les traits évocateurs d’un univers visuel qui ose raconter l’envers du miroir, cet album émouvant est un voyage mémorable au coeur de l’âme de ce poète qui sommeille en chacun de nous. Un opus tout doux qui saura faire fleurir les plumes, des toutes neuves aux plus aguerries…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 21 janvier 2015

Hiver nucléaire


Scénario et dessins par Cab, Front Froid, série Hiver nucléaire t.1

«Montréal, juin 2028, -30°C. C'est l'hiver nucléaire depuis un terrible accident à la nouvelle centrale nucléaire Gentilly-3, à Pointe-aux Trembles. La neige atteint les balcons des 2e étages, les déplacements se font en motoneige, les souffleuses tournent à plein régime, et des quartiers entiers sont désertés. Au milieu de cette interminable saison froide, Flavie, courrier en ski-doo, doit composer avec les éléments, les retombées radioactives et une faune urbaine, en pleine mutation... littéralement. Une livraison chez le couple le plus "cool" de Montréal la fera sortir de sa zone de confort et la propulsera au milieu d'une quête vers le parfait bagel du Mile-End.»

Et si la bêtise nucléaire venait nous chambouler le baromètre et l’ADN? Et si l’hiver ne desserrait plus son étreinte glaciale? Et si Montréal fourmillait peu à peu d’une inhumanité étrange? C’est au coeur de ce grinçant possible que Cab construit habilement une audacieuse trame post-apocalyptique; d’une plume toute en humour et en justesse, elle ébauche un futur délicieusement déroutant dans lequel s’entrelacent avec adresse rebondissements impromptus et situations cocasses. Astucieux hybride entre la dystopie, le bon vieux film d’action et la comédie romantique, cet opus étonnant, déjanté, à l’imaginaire riche et saugrenu, secoue sans ménagement les certitudes. À dévorer sans tarder!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 19 janvier 2015

Histoire d’un couple


Scénario et dessins: Yeon-sik Hong, Ego comme X

«Yeon-Sik Hong, auteur de manhwas éducatifs, et son enthousiaste compagne So-Mi quittent Séoul et tentent d’effectuer un surprenant « retour à la terre » dans ce pays en ultra-développement qu’est la Corée du Sud. Bientôt locataires d’une maison isolée dans la montagne, avec trois chats, un chien et des poules, ils ont fort à faire pour subvenir à leurs besoins. De plus, Yeon-Sik aura bien du mal à assurer ses accaparants travaux de commandes, et parvenir à conduire le travail d’auteur, dont il rêve depuis des années. Rudes sont les hivers et terribles certaines angoisses, mais l’équilibre reviendra bientôt par l’observation de la nature, la cueillette et le travail du potager. Fort d’une grande variété de détails et d’un beau classicisme formel, cet attachant récit donne une certaine vision de l’auto-subsistance, de la jouissance que procure la vue de beaux paysages, et du réconfort qu’apportent les nuits au coin du poêle.»

S’isoler pour mieux se retrouver, pour voir clair dans ses rêves, pour réapprendre l’essentiel: un pari risqué pour un couple tout neuf habitué à la frénésie de Séoul. Yeon-sik Hong plonge le lecteur dans une audacieuse migration vers la campagne, où le rude sevrage de l’hyperstimulation et de la relative accessibilité urbaine se transforme bien vite en périlleuse mission de survie. D’une plume toute en délicatesse, portée par une narration visuelle au trait fin et éloquent, cette épopée singulière au souffle authentique dépeint avec justesse le combat de tous les instants de ceux qui choisissent de vivre de leur art; combat contre l’austérité, la faim, le jugement des autres, et surtout, contre la peur de faire fausse route, de n’être pas, au fond, un «vrai» artiste. Un opus touffu, déroutante quête initiatique, qui donne définitivement le goût de tenter l’improbable, de cultiver l’impromptu, de préférer les sentes cachées et les parcours sinueux, de braver les tempêtes, pour enfin oser faire résonner sa «voix» au grand jour.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mardi 13 janvier 2015

Magasin général







Par Loisel et Tripp, Casterman, Magasin général


«L’histoire de Magasin général se déroule dans un village du Québec rural à partir du début des années 20. Elle gravite autour d’un personnage féminin, Marie, veuve avant l’heure et héritière du principal commerce local (le « Magasin général » qui donne son titre au récit), que l’irruption d’un étranger dans la petite communauté va progressivement réconcilier avec le bonheur; bonheur d’aimer, bonheur d’être aimé(e), mais pas exactement de la manière que l’on pourrait imaginer…»

Ode à la vie de village, la vie tricotée serré (trop serré parfois); ces chers petits cocons ruraux où la différence déstabilise l’ordre établi, où la marginalité porteuse de changement fait souvent s’enflammer les grands craintifs et s’organiser les montées aux barricades des nostalgiques de l’immobilisme ronronnant. Loisel et Tripp signent ici une mémorable fresque historique et humaine, faisant résonner habilement l’éveil des consciences des Années folles au coeur de la campagne en dormance du début du XXe siècle. Portée par la sombre justesse et la tendre mélancolie des traits de Loisel et Tripp, cette saga émouvante bouleverse les repères et fait tomber les oeillères, laissant la place à tous les possibles. Une série qu’il fait bon lire en rafale, sans prendre le temps de souffler, pour avoir la douce impression de réellement faire partie, l’espace de neuf tomes, de cette singulière et attachante communauté.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩  

Un jukebox dans ma tête


Par Jacques Poulin, Leméac

«En prenant l'ascenseur, Jack Waterman rencontre Mélodie, une jolie rousse plus jeune que lui. Elle aime ses livres et lui a fait une petite place dans son coeur. Quand ils se revoient, ils sont tout de suite attirés l'un vers l'autre. Alors ils se mettent à raconter des souvenirs. Ils le font à tour de rôle, et c'est par ce moyen qu'ils se rapprochent de plus en plus. Des obstacles, cependant, se dressent devant eux, y compris un bouncer qui travaille dans un bar du Vieux-Québec.»

À lire un jour...

À l'état sauvage


Par Robert Lalonde, Boréal
Résumé de l'éditeur
«Un écrivain vit seul dans sa trop grande maison, encore hantée par la présence de son père, avec qui il y a vécu mais qui est depuis longtemps disparu, et par celle de la femme qui vient de le quitter. Son métier l’appelle sans cesse sur la route et l’amène à croiser des hommes qui, à un moment ou à un autre de sa vie, ont contribué à forger celui qu’il est devenu, ou des enfants, qui lui rappellent l’émerveillement ou la fragilité de celui qu’il a été.»

À lire un jour...


lundi 12 janvier 2015

Le crime de l'Encelade


Par Annie Pietri, Bayard jeunesse, Les bosquets de Versailles 1

«Juillet 1687. Au lendemain d'une fête de nuit au château de Versailles, on découvre un cadavre dans le bosquet d'Encelade. À côte du corps, gît un couteau de cuisine aux armes d'Athénaïs de Montespan, l'ancienne favorite de Louis XIV. Par peur du scandale, le roi refuse une enquête officielle dirigée par le chef de sa police. Il choisit de faire appel à son filleul : Louis Alexandre Bontemps. Au cours du premier interrogatoire, le jeune homme rencontre Adélie, une artiste peintre, aussi douée que ravissante. Entre Versailles et Paris, conjuguant leurs talents, tous deux vont traquer le meurtrier...»

Ne jamais se fier aux apparences. Chercher la vérité avec détermination. Avoir le regard acéré. Savoir débusquer les incohérences. Puis, raisonner, faire des liens… et enfin, voir clair dans les sombres desseins. Rude première mission pour les enquêteurs en herbe de Louis XIV, Louis Alexandre Bontemps, dit Mourlhame Kapell, filleul du Roi et enquêteur officieux, ainsi qu’Adélie, suivante et artiste. Et pourtant, grâce à leur vigilance, leur intuition et leurs nombreux talents cachés, ils parviendront rapidement à déjouer les intrigues sordides des vilains de la Cour. Racontant de sa plume fine le Versailles d’autrefois, et lui retricotant habilement des possibles, Annie Pietri navigue astucieusement dans le dédale des convenances de l’époque, secouant un brin les idées reçues au passage et multipliant les rebondissements, au grand bonheur des lecteurs. Un duo d’enquêteurs singulier et sympathique qu’il fait bon voir se démener contre les injustices. À découvrir.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩