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lundi 20 juin 2016

La bulle


Par Timothée de Fombelle, illustré par Eloïse Scherrer, chez Gallimard Jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Misha ne savait pas quand c'était apparu. Depuis qu'elle était toute petite, ça ne l'avait jamais quittée. C'était là. Et personne ne s'en rendait compte...»
Parfois, la grisaille se cache dans le regard ensoleillé de l’enfance. Elle s’y terre. Sournoise. Insaisissable. Pesant de toute sa noirceur sur la légèreté candide du quotidien. Comment dénouer l’inextricable? Comment défaire ce muet et invincible ennemi? De sa plume tout en finesse et en fantaisie, Timothée de Fombelle raconte l’odyssée mémorable de Misha et de sa part d’ombre. Entraînant le lecteur de l’autre côté du réel, au coeur d’un imaginaire touffu, grinçant et merveilleux, il sait dire la terrible et inévitable bataille contre soi-même quand le marasme s’enracine envers et contre tout. Porté par l’univers visuel inventif et troublant d’Eloïse Scherrer, cet album bouleverse et envoûte, soulignant avec justesse que l’espoir peut être semé à tout vent, même en terres arides, si on a le courage d’y croire.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 15 juin 2016

Suçons et réglisse rouge


Par Marie Dupuis, chez Tire-Veille, collection Haïkusie.
Quatrième de couverture:
«Invitation, évocation, souvenir...? Tout cela à la fois. L'énigme de l'écriture redonne au haïku une ouverture insoupçonnée. Aux lecteurs et lectrices de s'approprier les images, les mots, les couleurs et de les laisser résonner en eux. - Micheline Beaudry»

La poésie est partout. Surtout là on ne la soupçonnait pas. Dans les bribes d’un quotidien bigarré. Dans les mouvances d’une âme à la dérive. Dans la coquine gymnastique des mots complices. Suffit d’ouvrir l’oeil, et le bon. D’une plume tout en simplicité, Marie Dupuis jongle avec l’ordinaire pour en faire jaillir des petites merveilles impromptues. Maniant habilement le verbe, elle entraîne avec un aisance délicieuse le lecteur vers mille possibles. Ses haïkus à l’allure sage racontent in petto ce que l’oeil n’a pas saisi à première vue. Ils ont la narration concise et la chute éloquente. Ils savent dire l’essentiel, trois vers à la fois. Un opuscule étonnant et savoureux pour ceux qui aiment se laisser surprendre entre les lignes.


Et un petit extrait pour apprendre à voguer (p.28):
« relire sa lettre
sous mes larmes
une aquarelle »


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




Mon mois de juin
du Défi littéraire 2016

LoveStar


Par Andri Snær Magnason, chez Alto.
Résumé de l'éditeur:

«Le génial et énigmatique LoveStar, fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité de l’emprise de l’électronique : l’homme sans fil est né ! Il développe au passage quelques applications favorisant le bonheur humain, dont inLove, système aussi redoutable qu’efficace qui identifie les âmes sœurs par simple calcul. Quand Indriði et Sigríður se retrouvent ainsi calculés, ils tombent des nues : leur « seul et unique » est ailleurs. Ces Roméo et Juliette postmo­dernes sont rapidement projetés dans une quête improbable, portant sur leurs épaules l’espoir de meilleurs lendemains.»


À lire un jour...


lundi 13 juin 2016

Les mystères de Larispem - Le sang jamais n'oublie


Par Lucie Pierrat-Pajot, chez Gallimard, série Les mystères de Larispem t.1.
Quatrième de couverture:
«1899, Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d'un régime populiste, trois destins se croisent... Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l'apprentie louchébem et Nathanaël, l'orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l'ombre d'une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution?»

À lire un jour...

mercredi 8 juin 2016

Le grand méchant Graou


Par Ingrid Chabbert, illustré par Guridi, chez Samir Éditeur.
Quatrième de couverture:

«Graou aime être seul et faire des siestes au soleil... jusqu'au jour où une rencontre change sa vie!»
Être un «terrifiant» Grand Méchant Graou a ses charmes. Du temps à soi. De l’espace à n’en plus savoir qu’en faire. Pas d’énergie perdue en politesse et autres pirouettes forcées par la vie en société. Juste la paix. Un paix terrible. Une paix de Méchant Graou. La vraie paix, quoi. Enfin, jusqu’à ce qu’une intrépide intruse, tout de rouge capuchonnée, fasse irruption sans crier gare dans son sanctuaire… D’une plume tout en simplicité et en humour, Ingrid Chabbert tricote avec justesse un conte à rebrousse-poil, secouant malicieusement les conventions et faisant rebondir habilement l’action à travers d’irrésistibles dialogues. Sortant joyeusement des sentiers battus grâce à l’éloquente composition visuelle de Guridi, à la palette sobre et aux traits ébouriffés, cet opuscule surprenant sait judicieusement louvoyer entre les certitudes, faisant rigoler sans vergogne, pour le plus grand plaisir du lecteur.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

jeudi 2 juin 2016

J'veux pas y aller!


Par Ghislaine Roman, illustré par Csil, chez Frimousse.
Quatrième de couverture:
«Il paraît qu’on n’a pas pied. Tu veux quoi là? Me noyer?»
L’enfance collectionne les petites et les grandes peurs comme d’autres collectionnent les papillons. Des peurs infimes, des peurs infâmes. Des insidieuses, des tapageuses. Des peurs solo, des peurs chorales. Et si, finalement, il suffisait de plonger avec ou sans bouée pour découvrir, au détour de l’insurmontable, de petits bonheurs bien cachés? D’une plume à la fraîche candeur, Ghislaine Roman laisse la peur de l’eau se raconter sans détour, dans tout ce qu’elle a de délicieusement cocasse et d’irrésistiblement authentique. S’épanouissant à travers l’univers visuel dépouillé de Csil, au trait simple et évocateur, cette histoire universelle fera rigoler l’anxiété sous les casques de bain. Un petit bijou tout en justesse et en légèreté qui donne le goût de plonger sans tarder.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




lundi 30 mai 2016

Le Château des Étoiles (en deux tomes)


Scénario et dessins d'Alex Alice, chez Rue de Sèvres, série Le Château des Étoiles, tomes 1 et 2.
Quatrième de couverture:
«Au XIXe siècle, d'intrépides explorateurs repoussent sans cesse les limites de l'inconnu. Avides de nouvelles découvertes, ils tournent leurs regards vers les étoiles...»

Et si les étoiles et leurs mystères avaient été à portée de main bien avant les premiers pas officiels sur la Lune? Et si le XIXe siècle et sa révolution industrielle n’avait pas que nourri le progrès sur Terre, mais élargi aussi les horizons en dehors de notre atmosphère? Et si Jules Verne n’avait pas tout imaginé, que la réalité était finalement bien plus près de sa fiction qu’on aurait pu le croire? D’une plume juste et foisonnante, Alex Alice retricote le passé, faisant naviguer le lecteur en eaux délicieusement troubles, le plongeant malicieusement dans un monde tracé avec audace à la fine frontière du possible et de l’improbable. Porté par une narration enlevante, à mi-chemin entre le carnet de bord scientifique et le roman d’aventure, et mis en images avec éloquence par un visuel feutré et chimérique, cette captivante série en deux tomes se dévore d’un trait, l’imaginaire joyeusement ébouriffé par l’éther interstellaire et ses promesses d’un fascinant ailleurs. Un petit bonheur d’un autre temps à savourer sans tarder.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 27 mai 2016

La femme aux cartes postales


Scénario de Claude Paiement, dessins de Jean-Paul Eid, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«1957. Rose quitte sa Gaspésie natale en laissant, derrière elle, une lettre sur son oreiller. Elle n’a qu’un rêve en tête: briller sur les scènes des prestigieux cabarets de la métropole. À cette époque, Montréal est un haut lieu de la vie nocturne et l’une des escales obligées des plus grands jazzmen. Les nightclubs brillent de tous leurs feux et la mafia fait des affaires d’or. Mais l’arrivée du rock’n’roll, l’engouement pour la télévision et l’élection du jeune et incorruptible maire Jean Drapeau va sonner le glas de cet âge d’or.
2002. En Gaspésie, un étranger vient d’acquérir une maison abandonnée mise aux enchères; photos aux murs, vieux piano désaccordé et au fond d’un garde robe, un terrible secret de famille...»

Dans l'obscurantisme d'une société où la conformité est de mise, où il est préférable de taire son unicité pour mieux se fondre dans la masse docile d'un Québec sous la poigne implacable de Duplessis, une femme ose l'inconcevable: suivre son instinct et sa passion. Portée par la musique et le jazz enfumé des cabarets de Montréal, elle chante son émancipation, réécrivant sa vie au fur et à mesure des opportunités. Mais le Destin, cet empêcheur de tourner en rond, vient soudainement brouiller ses cartes postales, muselant son envol, la laissant sans mots. Misant sur une remarquable narration à quatre mains, Claude Paiement et Jean-Paul Eid racontent avec dextérité et finesse l’histoire à rebrousse-temps de la musique qui envoûte et de la Vie qui parfois, bipolaire, sème le rêve et récolte la torpeur. Orchestrée avec brio à travers un scénario jonglant délicieusement avec la musique et l’Histoire, et portée par un univers visuel tout en demi-teintes et en éloquence, cette chronique singulière sait dire avec justesse et sensibilité les remuantes montagnes russes de la passion avec un grand «P». Un sublime voyage aux confins de l’âme humaine, dans tout ce qu’elle a d’authentique et d'indomptable. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Mon mois de mai
du Défi littéraire 2016


mercredi 25 mai 2016

Zita la fille de l'espace, tomes 1 et 2

Scénario et dessins de Ben Hatke, chez Rue de Sèvres, série Zita, tomes 1 et 2.
Résumés de l'éditeur:

«Tome 1
Zita et Joseph jouent dans les bois quand ils trouvent un étrange appareil qui projette Joseph dans la galaxie. Pas le choix, Zita ne peut que suivre le même chemin pour tenter de sauver son ami. Elle se retrouve sur Scriptorius, étrange planète peuplée d'espèces multiformes, menacée de destruction par un astéroïde géant. Zita n'a que trois jours pour mener à bien sa mission : retrouver Joseph et rentrer sur Terre!
Tome 2
Zita est désormais une véritable star internationale de la galaxie. Les récits de ses exploits lors du sauvetage de Scriptorius la précèdent sur les planètes que la petite bande visite. Fatiguée de ces bains de foule, elle laisse un robot imitateur déguisé en Zita prendre sa place le temps d’une escapade. Erreur! Le robot prend goût à la célébrité et remplace Zita pour de bon… Comment Zita retrouvera-t-elle son identité et sa place dans son cercle d’amis? Parviendra-t-elle enfin à reprendre le chemin qui la ramènera sur Terre?»

Et si, pour voyager dans l’espace, il suffisait d’appuyer candidement sur un gros bouton rouge? Et si, en voulant sauver son meilleur ami retenu de force sur une autre planète, on voyait ses chances de revenir sur Terre réduites à néant? Et s’il fallait, pour survivre, ne pas se fier aux apparences et tenter de se faire des alliés? D’une plume enlevante, à l’imaginaire hyperactif, Ben Hatke tricote une aventure ébouriffante, faisant se succéder à un rythme inouï les revirements et autres coups du sort, et s’épanouir une jeune héroïne n'ayant décidément pas froid aux yeux. Une série captivante et rocambolesque, aux personnages délicieusement singuliers et à la narration palpitante, qu’on dévore fébrilement, sans prendre le temps de revenir sur Terre entre deux chapitres…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 20 mai 2016

La Petite Patrie


Scénario de Normand Grégoire, dessins de Julie Rocheleau, d'après Claude Jasmin, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Publié en 1972, La Petite Patrie de Claude Jasmin est un roman autobiographique qui a connu un vif succès. Chronique d’un quartier populaire de Montréal, il nous offre le regard d’un enfant de huit ans sur le monde qui l’entoure à l’aube des années 40 : la guerre, la religion, les jeux de ruelles, l’amour et la mort… Julie Rocheleau et Normand Grégoire nous offre une adaptation du populaire roman de Claude Jasmin, un livre qui nous rappelle notre enfance et l’insouciance qui s’y rattache.»
C'est un Montréal aux ruelles bruyantes, lieux de tous les possibles. Un Montréal grouillant d'une enfance assoiffée de liberté et d'aventures, mais surveillée de près par un clergé qui coupe les ailes à l'imaginaire. Un Montréal qui a le quotidien humble et ouvrier, refusant l'appel de la Deuxième Guerre avec l'énergie du désespoir. Le Montréal de Claude, sa bande et leur Petite Patrie. Revisitant l'oeuvre de Claude Jasmin, Normand Grégoire et Julie Rocheleau laissent habilement parler l'époque, mettant en valeur sa langue colorée, et ne tentant pas de cacher les œillères qui en limitaient alors l'horizon social. S'épanouissant délicieusement par le biais du découpage et de la composition visuelle audacieuse de Julie Rocheleau, univers visuel sachant valser avec éloquence entre l'action et l'introspection, ce roman graphique est une bouffée d'authenticité qui sait raconter tout en simplicité et en fraîcheur ce passé qui a, entre autres, contribué à bâtir notre aujourd'hui.



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




Le mois de mai
de mon Défi littéraire 2016