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jeudi 30 juillet 2015

La petite révolution


Scénario et dessins de Boum, Front Froid, Anticyclone

«Florence est une orpheline qui se bat pour survivre depuis qu’elle est toute petite. Mais viendra un jour où son combat deviendra aussi une lutte pour protéger ses amis, sa famille, un antiquaire qui lui permet d’écouter Boris Vian... et peut-être même son peuple.»

C’est un monde rude et intemporel, évoquant les grandes injustices et les mémorables soulèvements de jadis, mais laissant présager qu'il pourrait bel et bien s'agir d'un sombre et possible futur. Un futur où les abus du passé écraseraient de nouveau le peuple, où l’Homme serait comme toujours le pire ennemi de l’Homme, où l’Histoire se répèterait, inexorable. C’est le monde de Florence. D’Auguste. De Dominique. De ceux qui luttent pour survivre. De ceux qui ne baissent pas les bras, même quand l’espoir ne semble tenir qu’à un fil, qu’à une intrépide désobéissance de plus. De l'enfance qui devient adulte sans avoir eu droit à l'insouciance. D’une plume sobre, juste et efficace, portée par un univers visuel d’une éloquente simplicité, Samantha Leriche-Gionet alias Boum tricote avec habileté et finesse cette touchante chronique révolutionnaire. Un opus bouleversant qui sait secouer les certitudes et semer le doute pour mieux faire pousser la vigilance. À lire sans tarder!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mardi 28 juillet 2015

Les inconstances de Constance


Écrit et illustré par Martine Delerm, Seuil Jeunesse

«Constance ne veut pas choisir. Et alors?»



'' Vouloir l’enfance et l’oublier.
Vouloir grandir et regretter.
Se dire tant mieux! Se dire hélas!
C’est Constance et ça agace. ''

Constance est tout sauf constante. Elle est multiple. Elle est sa meilleure amie et sa pire ennemie. Constance tergiverse et signe. Elle est elle-même et son contraire. Et c’est bien ce qui fait son charme. Une fois de plus Martine Delerm brode avec finesse et sensibilité un petit poème d’histoire, hybride habile entre miettes de vie et fantaisie. Porté par un univers visuel tendre et évocateur, ce délicieux petit paradoxe d’album fait sourire et embrasser joyeusement le sympathique et échevelé fouillis de l’âme humaine. À relire sans modération quand l’incertitude nous turlupine les repères…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Un merci tout spécial à La mare aux mots (et à son partenaire Seuil Jeunesse)
qui par son concours m'a permis de découvrir ce nouvel opus de Martine Delerm! 

samedi 25 juillet 2015

Les ennuis de Lapinette


Écrit et illustré par Cathon, Comme des géants

«Les jours de pluie sont les préférés de Lapinette. Elle adore se balader dans la forêt et sauter dans les flaques. Mais lorsqu'elle veut aider les animaux qu'elle croise sur son chemin ce jour-là, elle ne cesse de se mettre les pieds dans les plats. Pauvre Lapinette!»

Il y a de ces journées où l’on a la bonne volonté enthousiaste et l’altruisme maladroit: Lapinette en sait quelque chose. Pour elle, rien ne va plus… jusqu’à ce que le vent tourne, et que sa remarquable vivacité d’esprit soit enfin appréciée à sa juste valeur. D’une plume toute en simplicité et en candeur, Cathon raconte les mésaventures cocasses de cette attachante Lapinette au coeur si grand. S'épanouissant joyeusement grâce à l'éloquence d'un univers visuel aux traits expressifs et aux détails astucieux, ce délicieux opuscule redonnera le sourire à tous les irrésistibles gaffeurs en herbe de ce monde!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 23 juillet 2015

Archie Greene et le secret du magicien



Par D. D. Everest, Bayard Jeunesse, Archie Greene 1

«Orphelin, Archie Greene vit chez sa grand-mère Gardénia. Le jour de son douzième anniversaire, il reçoit un mystérieux grimoire écrit dans une langue indéchiffrable. Ce colis est accompagné d'un parchemin qui l'invite à se rendre à la librairie La Page Blanche, à Oxford. Le jeune garçon part sur-le-champ ! Archie devient apprenti-relieur au Musée des Collections magiques où les livres battent des pages pour voler, où les grimoires prédisent l'avenir et révèlent le passé, où les pop-ups font jaillir des chevaliers... Il découvre bientôt qu'il a un don très particulier. Désormais, son devoir est de protéger les Terribles Tomes, ces livres de magie noire convoités par des magiciens maléfiques...»

Et si vous receviez un vieux livre décrépit pour votre douzième anniversaire? Et si aussitôt arrivé entre vos mains, ce livre chamboulait tout vos repères, vous dévoilant coup sur coup une famille élargie dont vous ignoriez faire partie, et surtout, vous entraînant dans un monde mystérieux et merveilleux auquel vous appartenez sans le savoir? Pourriez-vous encore croire à une inoffensive coïncidence? D’une plume vive et bouillonnante d’idées, D. D. Everest tricote joyeusement les premiers pas d’Archie Greene dans ce fascinant univers magique; univers (très) proche parent de celui désormais incontournable de Harry Potter. En deux coups de cuillère à pot, Everest plonge le lecteur dans une quête frénétique, aux multiples rebondissements, le laissant tout ébaubi et haletant, à la dernière page de cette première et tourbillonnante aventure. Or, cette effervescence de péripéties me force à oser un petit bémol: qu’on ne s’y méprenne pas, la prémisse est indiscutablement accrocheuse, le fameux «univers magique» dans lequel doit se dépatouiller Archie Greene semble absolument prometteur (c’est un monde parallèle où les apprentis-magiciens travaillent de concert à protéger et préserver les écrits magiques des derniers siècles, plutôt que d’en pratiquer les préceptes comme dans Harry Potter), et la galerie de personnages est délicieusement colorée, mais malheureusement, c’est dans la construction de la trame que cela achoppe. Si elle est explosive et palpitante, cette trame est aussi un poil maladroite par moments, bombardant peut-être un peu trop les personnages et le lecteur de revirements de situation, voulant à tout prix avancer à vitesse grand V au coeur d’une société secrète qu’il ferait pourtant bon découvrir tout doucement, et forçant ainsi des raccourcis un peu cousus de fil blanc pour résoudre certains noeuds de l’intrigue. Cela dit, il s’agit d’un premier tome tout à fait captivant, que j’ai dévoré d’un trait, sans prendre le temps de souffler… et qui me fait espérer (impatiemment!) une suite à cette pétulante série.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ 1/2 ✩ 


Pour le lire en version originale

jeudi 16 juillet 2015

Privée de réseau!


Par Jo Witek, illustré par Margaux Motin, Flammarion, Mentine 1

«- 9,5! a hurlé papa avec une tête de serial killer. Ma fille a sauté deux classes, a le QI d'Einstein et elle n'obtient pas la moyenne à son passage en troisième! Dans ces conditions, ce sera donnant donnant. Une année scolaire pourrie égale un été pourri! C'est comme ça que j'ai été privée de mon stage de surf et de mes capines. La sentence est tombée : mon père me condamnait à deux mois d'exil dans le Larzac. J'allais me retrouver sous la flotte à bouffer du fromage de chèvre dans un horrible sweet en polaire.»

12 ans, presque 13, ce moment où la vie se dévore sans compromis, où on croit tout savoir, et où on ne veut surtout rien manquer. Mentine, elle, en sait déjà beaucoup plus que les autres, avec son QI à la hauteur vertigineuse, et pourtant, elle fait tout pour se fondre dans la normalité: chute (volontaire) des résultats scolaires, babillage permanent, un cercle tissé serré d'amies «cool», et un cellulaire à la main en permanence, la totale, quoi! Tout va bien jusqu'à ce que tombe sa note finale à la fin des classes: cette fois, elle a dépassé la limite, et on le lui fera bien comprendre. Victime des plans «machiavéliques» de son père, Mentine sera catapultée en punition pour l'été, dans le fin fond d'une campagne perdue, loin de ses amies, à vivre sur une ferme... sans même un réseau cellulaire! Aussi bien dire que ce ne sera rien de moins que l'Apocalypse... Et si cela donnait plutôt lieu à la naissance d'une toute autre Mentine? Tricotant une escapade estivale impromptue et cocasse, Jo Witek sait dire l'adolescence avec sensibilité, aplomb et authenticité. Jonglant malicieusement avec les idées préconçues, et ouvrant les horizons sans crier gare, cet opus fait rigoler de bon coeur et rêver de grands espaces où s'épanouir sans se soucier du voisin. Une série qui s'annonce délicieusement espiègle...


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 8 juillet 2015

Le ciel nous appartient


Par Katherine Rundell, Grandes Personnes

«Tout le monde pense de Sophie qu’elle est une orpheline. Nulle femme n’a en effet survécu au naufrage qui la laissa, à l’âge d’un an, flottant dans un étui à violoncelle au beau milieu de la Manche. La fillette demeure cependant intimement persuadée que sa mère n’a pas sombré avec le navire. Alors, lorsque les services d’aide à l’enfance anglais menacent Charles Maxim, son tuteur, érudit généreux aussi courtois que maladroit, aux méthodes d’éducation fantasques, de lui reprendre la garde de Sophie, celle-ci, suivant l’enseignement de ce doux rêveur, décide de ne négliger aucune possibilité, et part pour Paris en sa compagnie sur les traces de sa mère… Une cavale menée sous le signe de l’espoir, qui conduira la fillette aux cheveux couleur des éclairs sur les toits de la ville-lumière. Elle y fera la connaissance de Matteo et de sa bande de danseurs du ciel.»

Et si la musique savait sauver du naufrage? Et si l'amour inconditionnel se nichait finalement en dehors des ornières? Et s'il suffisait de lever les yeux au ciel pour se sentir chez-soi? D'une plume virevoltante, toute en douceur et en finesse, Katherine Rundell tricote une quête rocambolesque et tendre, celle de Sophie et de sa mère-violoncelle. Porté par une bande de personnages joyeusement ébouriffants et incontestablement fascinants, cet opus singulier vogue habilement entre les possibles, déjouant avec candeur et humour ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs oeillères. Un roman à savourer la fenêtre grande ouverte, le regard plongé dans les hauteurs des cheminées et l'âme ballottée par un inoubliable requiem.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




Pour le lire en version originale


lundi 29 juin 2015

Les super-héros n'existent pas


Par Ingrid Chabbert, illustré par Guridi, Frimousse, Sa Majesté du soir

«Quand le papa de Stanislas lui annonce que les super-héros n’existent pas, c’est la fin du rêve. Un conciliabule s’impose. Après les pleurs et la surprise, on ne parlerait plus jamais, on ne vivrait plus jamais "super-héros"! Mais le lendemain, en se baladant dans le parc, Stan retrouve Lila. Stan a un petit faible pour elle. Alors quand elle lui prend la main et lui demande de fermer les yeux, Stanislas est aux anges. Quand il ouvre les yeux, il vole! De quoi remettre en cause la parole de papa... Si, les super-héros existent, c’est sûr!»

Les adultes, parfois, gâchent tout. Surtout lorsqu’ils déclarent à leur progéniture, comme ça, sans crier gare, que les super-héros n'existent pas. Pour Stanislas, super-héros en herbe, cette révélation n’est rien de moins qu’une tragédie; c’est le Chaos, le Grand Bouleversement, la Fin du Monde en tant que tel. Mais heureusement, Lila, sa copine super-héroïne, ne se laissera pas démonter aussi facilement... D'une plume simple et juste, Ingrid Chabbert sait raconter avec candeur et humour la première désillusion de l'enfance. Soulignant malicieusement au passage la «bêtise des Grands», celle de ne plus croire à l'impossible, elle suggère avec finesse qu'au fond, pour continuer à s'émerveiller, il suffit d'oser fermer les yeux pour mieux voir. Porté par l'univers visuel audacieusement dépouillé et joyeusement ébouriffé de Guridi, ce délectable opuscule est une ode sublime au triomphe du rêve.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mardi 23 juin 2015

The Rosie Project


Par Graeme Simsion, Harper Collins

«A first-date dud, socially awkward and overly fond of quick-dry clothes, genetics professor Don Tillman has given up on love, until a chance encounter gives him an idea. He will design a questionnaire-a sixteen-page, scientifically researched questionnaire-to uncover the perfect partner. She will most definitely not be a barmaid, a smoker, a drinker or a late-arriver. Rosie is all these things. She is also fiery and intelligent, strangely beguiling, and looking for her biological father a search that a DNA expert might just be able to help her with.»

Pour Don Tillman, la vie est réglée comme une horloge: efficiente, prévisible, scientifiquement éprouvée. Et l’amour, lui? Eh bien, oui, mais à condition qu’il remplisse des critères «raisonnables et mesurables». Or, même les esprits les plus aiguisés et rigoureux ont une faille. Et si l’improbable pouvait supplanter la logique implacable l’espace d’un instant? Et si chaque personne cachait en lui son propre Big Bang? D’une plume délicieusement décalée, Graeme Simsion raconte l’existence cartésienne à l’excès et cocasse sans vraiment le vouloir de Don Tillman. Sans l’identifier officiellement comme étant une personne vivant avec le syndrome d’Asperger, il sait faire un portrait désarmant et authentique de cette réalité hors norme. Tout en finesse et en humour, ses mots savent secouer les certitudes sans en avoir l’air. Ils font sourire. Rire aux éclats. Rire aux larmes. Et pleurer aussi. Pleurer tout court. Un opus singulier et touchant qui fait découvrir tout ce qu’implique une incontrôlable lucidité de tous les instants.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩



Pour le lire en version française

vendredi 12 juin 2015

Counting by 7s


Par Holly Goldberg Sloan, Puffin Books

«Willow Chance is a twelve-year-old genius, obsessed with nature and diagnosing medical conditions, who finds it comforting to count by 7s. It has never been easy for her to connect with anyone other than her adoptive parents, but that hasn’t kept her from leading a quietly happy life . . . until now. Suddenly Willow’s world is tragically changed when her parents both die in a car crash, leaving her alone in a baffling world. The triumph of this book is that it is not a tragedy. This extraordinarily odd, but extraordinarily endearing, girl manages to push through her grief. Her journey to find a fascinatingly diverse and fully believable surrogate family is a joy and a revelation to read.»

Oui, parfois, la vie ne se compte pas par multiples de 7; elle bouscule les probabilités, elle chamboule l’ordre établi, elle fait demi-tour sans crier gare. Et pour Willow Chance qui ne sait qu’envisager le monde par le biais de sa cartésienne et exceptionnelle intelligence, ce sera tout un choc. Maniant la plume avec finesse, sensibilité et humour, Holly Goldberg Sloan raconte la vie, et la mort, et l’amitié, et cette chance qu’on déniche quelques fois sans le vouloir, alors qu’on n’y croyait plus, miette d’espoir inattendue au creux des heures les plus sombres. Porté par la voix hors norme de Willow, toute en simplicité méthodique et en cocasse authenticité, cet opus émouvant sait dire l’inéluctable, en évitant avec habileté et justesse de sombrer dans le pathos. Une bouffée de singularité rafraîchissante, de celle qui donne envie de compter jusqu’à 7.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 


Pour le lire en version française





















Thèmes abordés: intelligence exceptionnelle, perte d'un être cher, adoption

lundi 8 juin 2015

Ce livre a mangé mon chien


Écrit et illustré par Richard Byrne, Scholastic

«Bella se promène avec son chien quand, tout à coup, quelque chose de vraiment étrange se produit : le livre mange son chien! Bruno, son ami, propose de l'aider mais voilà qu'il disparaît à son tour. Tous ceux qui tentent d'aider Bella s'évaporent... Jusqu'à ce que Bella demande l'aide du lecteur. »

Et si les livres étaient gourmands? Et si, pour une fois, ce n’était pas les chiens qui mangeaient les livres, mais plutôt l’inverse? Richard Byrne entraîne le lecteur au coeur de cette cocasse et singulière aventure littéraire, le transformant au fil des pages en super-héros des situations désespérées. Porté par un univers visuel aux traits simples et coquins, et osant une narration participative interpellant directement le lecteur, cet album coquin saura mettre un peu de piquant à l’«Heure de l'Histoire». Bonheur ébouriffé et fous rires garantis!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩