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mercredi 8 février 2017

Le journal d'Aurélie Laflamme (en BD)

Scénario de Véronique Grisseaux, dessins de Laëtitia Aynié, d'après la série originale Le journal d'Aurélie Laflamme d'India Desjardins, chez Jungle/ Michel Lafon.
Résumés de l'éditeur (3 tomes):
«Tome 1:
Lorsqu’on a quatorze ans, des neurones d’écureuil, une meilleure amie obsédée par les garçons et qu’on enchaîne les gaffes, la vie n’est pas facile. Depuis le décès de son père, Aurélie Laflamme se demande d’où elle vient. Aurait-elle été oubliée sur Terre par des extraterrestres ? Pour couronner le tout, sa mère semble sous le charme du directeur de son collège. Pas question pour Aurélie de se laisser elle aussi ramollir le cerveau ! Mais personne n’est à l’abri du coup de foudre... Au milieu de ce tourbillon, Aurélie ne désire qu’une chose : trouver sa place dans l’univers.
Tome 2:
La vie d’Aurélie est sens dessus-dessous. Pour oublier Nicolas qui vient de rompre avec elle, ses échecs scolaires et le fiancé possiblement diabolique de sa mère, elle trouve le moyen de s’échapper pour les vacances, chez sa grand-mère Laflamme. Au programme, écouter gazouiller les moineaux, compter les fourmis, observer la danse nuptiale des vers de terre... Bref déprimant ! Mais Aurélie est loin d’imaginer ce qui l’attend. L’été sera mémorable!
Tome 3:
Depuis qu’Aurélie sort avec le garçon le plus populaire du lycée, sa vie est complètement chamboulée. Adieu la gaffeuse que tout le monde regardait bizarrement : elle devient soudain la fille la plus cool du bahut. Mais elle passe tellement de temps avec ses nouveaux amis qu’elle en oublie presque Kat, sa meilleure copine. Et celle-ci ne se gêne pas pour lui montrer son mécontentement. Par-dessus le marché, on lui rapporte que Nicolas, son ex (qui trotte encore dans ses pensées) serait toujours amoureux d’elle. Alors qu’elle prépare le plus grand chamboulement de sa vie (emménager dans sa nouvelle maison avec l’amoureux de sa mère), Aurélie n’a pas un moment de répit. Entre la fin du lycée, la recherche d’un petit boulot et les cartons à faire, elle n’est pas près de se reposer.»

En général, l’adolescence est une période ébouriffante où petits et grands bouleversements viennent chambouler sans vergogne le quotidien. Or, lorsqu’on s’appelle Aurélie Laflamme, qu’on a un papa qui a quitté la Terre (pour une autre galaxie?), une maman qui redécouvre tout doucement le goût de s’intéresser aux hommes, une meilleure amie qui plonge tête première dans ses premiers amours, qu’on attire les bourdes comme un aimant et qu’en plus, les garçons commencent à nous faire développer des neurones d’écureuil, l’existence s’annonce plutôt rocambolesque… Dans une adaptation pétillante et astucieuse, Véronique Grisseaux propose une relecture rafraîchissante de la populaire série de romans pour la jeunesse d’India Desjardins. Transposée en contexte européen, l’irrésistible Aurélie ne perd rien de son charmant aplomb et de sa langue colorée aux accents du Québec. Une série de BD à découvrir, tant pour les inconditionnels d’Aurélie, que pour ceux qui la rencontreront ainsi pour la première fois.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 3 février 2017

Le jardinier qui cultivait des livres

http://www.lililesmerveilles.com/2017/02/le-jardinier-qui-cultivait-des-livres.html
Par Nadine Poirier, illustré par Claude K. Dubois, chez D'eux.
Quatrième de couverture:
«Nadine Poirier raconte ici, avec des mots tendres et choisis, une rencontre entre un jardinier et une jeune fille. Lui, seul, à cultiver des livres. Elle, seule, sans parents. Leur rencontre changera leur vie à tout jamais. Et d’une certaine façon, la façon de regarder des lecteurs.»

Il était une fois, dans un village pas si lointain, un vieux jardinier amoureux des mots : il aimait les lire, il aimait les dire, il aimait les faire résonner. Malheureusement, dans ce village, les mots dérangeaient. Ils dérangeaient tant et si bien que le jardinier dut s’en aller au loin, afin de faire pousser les mots à sa guise. Or, voilà qu’un matin, une petite fille dévoreuse de mots vint tout bousculer dans les sillons bien rangés du jardin littéraire de son cœur… Tout en douceur et en sensibilité, Nadine Poirier raconte la naissance, parfois inespérée, souvent inattendue, de l’amitié et de la complicité. Bercé par l’univers visuel feutré de Claude K. Dubois, à la palette délicate et évocatrice, ce désarmant opuscule charme et émeut le lecteur. À mettre sans tarder entre toutes les petites (et grandes) mains…!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

Le cas Malaussène, t.1 - Ils m'ont menti


Par Daniel Pennac, collection Blanche, chez Gallimard.
Résumé de l'éditeur:
«"Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde. Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle." 
Benjamin Malaussène.»

Dans le monde selon les Malaussène, les esprits sont vifs et ouverts, la créativité bouillonne, et les coeurs sont plus grands que la prudence. Et toujours, centrale, narguant le prévisible, cette malicieuse pierre angulaire de leur (tout sauf ennuyante) existence: la candeur sensible de Benjamin Malaussène et sa légendaire propension à se retrouver emmêlé bien malgré lui dans d’inextricables manigances bien intentionnées. Bouc-émissaire un jour, bouc-émissaire toujours, donc, malgré les années qui filent et les nouvelles générations qui se lancent toute jeunesse dehors dans le grand merdier de la vie en société. Dans cette suite («La suite, bon Dieu, la suite!…») tant attendue et réclamée par les lecteurs avides et fidèles de la saga Malaussène première génération, Daniel Pennac raconte avec cette finesse coquine qui lui est propre la vie qui s’émiette l’avenir sans crier gare, ce passage du temps, obligé, et pourtant déroutant comme au premier jour, et l’inévitable prise de conscience qu’on récolte ce que l’on sème, socialement, au sein même du calme parfois trompeur de la jeunesse qui s’éveille. Replongeant habilement dans l’univers irrésistible de Benjamin et de sa délectable smala, après des années de dormance, cet habile opus, cocasse et chamboulant comme on les aime, sait chuchoter l’essentiel avec justesse à travers le tonitruant tourbillon d’un quotidien délicieusement rocambolesque.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

lundi 30 janvier 2017

L'abri

Par Céline Claire, illustré par Qin Leng, chez Comme des Géants.
Résumé de l'éditeur:
«À travers la brume, sous le vent qui hurle, deux ombres s’avancent au loin. Par la lucarne des maisons, chacun les observe. Qui sont ces étrangers qui bravent la tempête? Que font-ils là et que veulent-ils donc? Nos provisions, nos vêtements, nos maisons?»
Dans la forêt, tout le monde se connaît. On se salue de loin, on rigole entre les branches, on se chuchote les rumeurs. Et, le soir, hop!, chacun se love dans sa petite bulle familiale, bien au chaud. Or, quand la tempête se lève, c’est le chaos. On se barricade à l’intérieur. On frissonne d’inquiétude. On se verrouille le cœur. C’est chacun pour soi, et tant pis pour les étourdis en quête d’un abri! Heureusement, les deux frères ours ont plus d’un tour dans leur sac, et les bras tout grands ouverts… D’une plume tout en simplicité virevoltante, Céline Claire raconte la colère de Mère Nature, sa façon de tout chambouler sans crier gare, même les meilleures intentions, et, surtout, comment elle attise la Peur : la peur de tout, la peur de l’autre, la Peur.  S’épanouissant en sensibilité et en finesse à travers la palette tendre de Qin Leng, cet album sait dire l’essentiel, soulignant avec justesse qu’il fait bon, parfois, faire un pied-de-nez à la panique et à ses œillères paralysantes, et oser se rassembler pour affronter l’indomptable.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✫

samedi 28 janvier 2017

La page blanche


Scénario de Boulet, dessins de Pénélope Bagieu, collection Mirages, chez Delcourt.
Quatrième de couverture
«"Je pleurais… Je venais chercher quelque chose?… Rencontrer quelqu’un?… Pourquoi hier?… Je suis QUI moi?…" Sur un banc, dans Paris, une jeune femme reprend ses esprits. Elle ne se souvient ni de son nom, ni de ce qui l'a amenée là. Son passé a disparu...»

Épopée déroutante au coeur de la mémoire: celle qui peut s'envoler sans crier gare, celle qui garde jalousement notre identité. Dans un scénario troublant, Boulet entraîne le lecteur dans un monde qui paraît sans repères, un monde pourtant familier mais qui force l'anonymat. Puis, habilement, avec une sensibilité et une finesse soutenues par la mise en images éloquente de Pénélope Bagieu, Boulet fait basculer cette «Alice» des temps modernes de l'autre côté d'un miroir qui lui semblait sans reflets, lui ouvrant la porte de tous les possibles. Un opus bouleversant, et rempli d'humour, qui mérite d'être découvert.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

jeudi 26 janvier 2017

Opération Béatrice (Henri et cie, t.1)

Par Patrick Isabelle, illustré par Amélie Côté, série Henri et cie, tome 1, chez FouLire.
Résumé de l'éditeur:
«Je quitte ma feuille mobile des yeux pour lancer un regard vers mes camarades de classe qui m'observent en silence. Ils ont tous l'air sous le choc de mon histoire, à part Élodie, Léo et F.-X. qui sont morts de rire derrière leurs cahiers.»

Dans le chaleureux petit monde d’Henri, la normalité n’a pas la cote. Son entourage, sa famille, ses amis, tous tendent à sortir joyeusement des ornières du prévisible et du socialement acceptable. Or, toute fascinante et riche en rebondissements cette originalité puisse-t-elle être, elle ne rend pas le quotidien d’Henri facile pour autant. Surtout lorsque l’amour se pointe sans crier gare dans son microcosme, chamboulant tous ses repères, et lui monopolisant le coeur et la tranquillité d’esprit. Tout  en authenticité  et en coquine simplicité, Patrick Isabelle raconte l’enfance, aux portes de l’adolescence, dans tout ce qu’elle a de montagnes russes émotives et de prises de conscience. Porté astucieusement par une belle bande de personnages ébouriffant délicieusement les conventions, ce premier tome d’une série, qui s’annonce délectable, sait dire avec justesse et humour ce que la jeunesse pense tout bas.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



lundi 23 janvier 2017

The Marvels


Écrit et illustré par Brian Selznick, chez Scholastic.
Résumé de l'éditeur (extrait):
«The journey begins on a ship at sea in 1766, with a boy named Billy Marvel. After surviving a shipwreck, he finds work in a London theatre. There, his family flourishes for generations as brilliant actors until 1900, when young Leontes Marvel is banished from the stage. Nearly a century later, Joseph Jervis runs away from school and seeks refuge with an uncle in London. Albert Nightingale’s strange, beautiful house, with its mysterious portraits and ghostly presences, captivates Joseph and leads him on a search for clues about the house, his family, and the past. A gripping adventure and an intriguing invitation to decipher how the two narratives connect, The Marvels is a loving tribute to the power of story from an artist at the vanguard of creative innovation.»

Depuis toujours, l’imaginaire est la nourriture de l’âme, et de l’Art. Bouillonnant de possibles, bousculant le réel, il fait rêver, voyager et s’échapper de l’emprise inexorable du Temps. Tissant finement un invitant univers parallèle dans lequel se plonger ou se perdre, il peut faire s’épanouir un potentiel muet, donner une voix à ceux qui ne se sentent pas entendus, et même, parfois, entraîner définitivement dans un ailleurs dont on ne revient jamais. Peu importe son impact, une chose est sûre: l’imaginaire ne laisse personne indifférent. Brodant habilement entre les limites de la temporalité et le dogme de la réalité, Brian Selznick fait, une fois de plus, astucieusement s’entrelacer l’improbable et le possible, dans une envoûtante aventure aux mises en abîme vertigineuses. Usant avec justesse de la désormais célèbre narration hybride de Selznick, qui sait évoquer avec finesse, tantôt par le verbe, tantôt par le silence loquace de ses illustrations, cet opus bien dodu ose chambouler les conventions littéraires, certes, mais surtout sortir le lecteur des ornières aveuglantes de la sacro-sainte «norme sociale». 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✫ 

dimanche 22 janvier 2017

Chroniques post-apocalyptiques d'une enfant sage


Par Annie Bacon, chez Bayard Canada.
Résumé de l'éditeur:
«Astride est une adolescente de treize ans d'un naturel réservé. À la suite d'un cataclysme déclenché par des scientifiques, elle se retrouve seule, sans parents ni amis. La jeune fille se réfugie dans le seul endroit qu'elle juge sécuritaire : la bibliothèque du quartier. Pour combler ses besoins primaires, elle s'approvisionne dans les commerces avoisinants et découvre que d'autres ont survécu et que la nourriture se faisant de plus en plus rare, les actes de violences vont se multiplier.»

En ce début de 21ème siècle troublé, où l’Homme teste sans vergogne les limites de l’Homme, et bousculent hardiment celles de la planète Terre, l’équilibre est on ne peut plus fragile entre l’insouciance et la fatalité. Personne n’est réellement à l’abri de la bêtise des autres. Et si, en un instant, tout basculait? Et si seul l’instinct de survie pouvait rendre possible un avenir improbable? D’une plume fine et juste, Annie Bacon raconte l’essence même de la survivance; celle du corps, bien sûr, mais surtout, celle de l’âme. Misant audacieusement sur une narration tout en concision et en simplicité, ce chamboulant opuscule évoque habilement, sans tomber dans la désespérance sans issue, la solitude vertigineuse de ceux qui doivent se réinventer un futur. Un petit bijou dérangeant qui sait astucieusement semer l’espoir à travers le chaos.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

















samedi 21 janvier 2017

Bleue et Bertille


Écrit et illustré par Kristyna Litten, chez Little Urban.
Quatrième de couverture:
«Pour Bertille, chaque jour est comme le précédent, un perpétuel recommencement. Elle adore sa petite routine. Jusqu'au jour où elle rencontre Bleue. Désormais, plus rien ne sera comme avant...»

Pour Bertille la girafe, le monde est un oasis de stabilité, mené par la mécanique bien huilée d’une routine qui ne déraille jamais. Les jours se suivent. Et se ressemblent. Et c’est bien ainsi. Or, voilà qu’un matin, le ronronnant quotidien  trébuche sans crier gare et l’impensable se produit : Bertille se retrouve seule, sans personne pour lui dire quoi faire ni quand le faire. Heureusement qu’elle a l’improbable Bleue pour lui apprendre à apprivoiser sa liberté toute neuve. D’une plume tout en simplicité, au verbe sonore et expressif, Kristyna Litten raconte habilement l’euphorie vertigineuse des premiers pas vers la spontanéité de tous les instants. Relancé avec éloquence par un univers visuel à la composition évocatrice et à la palette joviale, cet album sait titiller sans vergogne le goût de l’aventure et célébrer le bonheur enivrant d’oser sortir des ornières.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮



Pour le lire en version originale

vendredi 20 janvier 2017

La leçon


Par Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo, collection La Question, chez Frimousse.
Résumé de l'éditeur (extrait):
«Une maison, au milieu des bois. Un homme le fusil à la main. Le bête. Elle a encore mangé les poules de l’homme. Cette fois-ci, c’en est trop. Il va lui donner une bonne leçon. Il prend son fusil, décidé à lui faire la peau. Mais la bête reste introuvable. Le chevreuil, la belette, la corneille, personne ne l’a vue. De retour il pose des pièges autour de sa maison. La bête ne lui échappera pas. À la nuit tombée, et la faim au ventre, la bête s’approche. Aux premiers frémissements, l’homme qui veille, attrape son fusil... et tire. Mais il sent le piège se refermer sur sa cheville […].»

Au creux de la forêt, là où les animaux règnent en rois et maîtres, la logique humaine n’a que peu de valeur aux yeux de la faune bigarrée. Seules prédominent les lois du cycle de la vie; la loi du plus fort, et celle, dénaturée par l’Homme, de la sélection naturelle. Or, quand il est question de survie, les instincts primitifs se réveillent, et les distinctions entre le Bien et le Mal s’effacent pour laisser place à la grisaille de la relativité. Et si, au fond, il n’existait pas de bonne réponse? Entraînant le lecteur, dès les premiers mots, au coeur d’une rude réalité, Michaël Escoffier raconte habilement et sans pitié, la relation vieille comme le monde entre dominant et dominé, soulignant au passage les failles de l’instinct égocentrique de l’Homme acculé au pied du mur. Porté par l’univers à la palette sombre, remuante et évocatrice de Kris Di Giacomo, cet album chamboule les certitudes, semant le doute et faisant mûrir la réflexion en refusant audacieusement de dicter la voie à suivre. Un petit bijou inquiétant de justesse qui fait tomber les œillères dans un fracas salutaire. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮