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jeudi 21 juillet 2016

Sous le parapluie


Par Catherine Buquet, illustré par Marion Arbona, chez Les 400 coups.
Quatrième de couverture:
«Il pleut, il y a du monde et il fait froid. Dans les rues, un homme avance, certain que sa journée est gâchée. Pourtant, sous son parapluie, de jolies choses vont se passer...»
Quand la grisaille s’immisce partout, faisant ronchonner le quotidien et rouspéter les échéances, bousculant tout sur son passage, il n’y a parfois pas de parapluie assez vaste pour se soustraire à la morosité. Et pourtant, si on sait ouvrir les yeux, laisser tomber les oeillères d’une vie trop pressée, le bonheur peut nous faire sourire l’âme sans crier gare… D’une plume fine et virevoltante, Catherine Buquet raconte les petits plaisirs insoupçonnés que parfois seule l’enfance sait voir briller entre les bourrasques de la ronronnante routine de ceux qui courent après le Temps. Porté par l’éloquence sensible et tendre de le palette de Marion Arbona, cet album est une irrésistible bouffée de fraîche candeur, soufflant avec justesse au lecteur l’antidote à la mélancolie aveugle d’une société qui ne cherche plus à saisir au vol les arcs-en-ciel.



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mercredi 20 juillet 2016

Love that dog - Hate that cat


Par Sharon Creech, série Jack tomes 1 et 2, chez Harper Collins.
Extraits des quatrièmes de couverture des tomes 1 et 2:
«"JACK
ROOM 105 - MISS STRETCHBERRY
SEPTEMBER 13
 
I don’t want to
because boys
don’t write poetry.
Girls do." 
 
"This is the story of
Jack
words
sounds
silence
teacher
and cat."»
C’est l’histoire d’un ami canin parti trop vite. D’un ennemi félin à l’ingratitude griffue. D’une maman à l’éloquence silencieuse, à la voix au bout des doigts. Mais surtout des mots qu’il faut apprendre à laisser dire les frissons de l’âme, sans les tenir en laisse. D’une plume toute simple, à la candeur rafraîchissante, Sharon Creek raconte le quotidien de l’enfance, ses euphories et ses fissures. Tissant audacieusement leur trame narrative au gré des vers libres de la poésie ébouriffée et franche de Jack, ces deux singuliers opuscules osent sortir des sentiers battus pour tendre, sans prétention aucune, vers l’essentiel. Un petit bijou de série à la tendresse bouleversante et à la verve coquine. 



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




Pour  lire le t.1 en version française

Ce n'est pas l'histoire...


Par Michaël Escoffier, illustré par Amandine Piu, chez Frimousse.
Couverture et quatrième de couverture:
«Ce n’est pas l’histoire…
(d')un poisson arc-en-ciel
une coccinnelle avec des dents
un loup qui fait du tricot
un singe allergique aux cacahuètes
un zèbre à carreaux
une mouche à réaction…»
Un poussin tout neuf qui a perdu ses repères. Une quête délicieusement rocambolesque et astucieusement farfelue. Tout est en place pour une aventure mémorable… Michaël Escoffier et Amandine Piu rivalisent d’ingéniosité et d’humour, racontant, dans un tourbillon déjanté de possibles, ce que pourrait être l’histoire de cet adorable poussin égaré. Interpellant le lecteur à l’aide d’une habile narration visuelle, aux détails savoureux et taquins, et aux débordants rebondissements se pourchassant de page en page, cet album attise joyeusement la curiosité et fait sourire sans vergogne. Un petit bonheur à lire et à relire en famille.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 14 juillet 2016

Dépourvu


Par Victoria Grondin, chez Hurtubise.
Quatrième de couverture:
«Imaginez un instant un univers où les rôles sont inversés. L'intégralité de la population est née avec un trouble du spectre de l'autisme. La société est parfaitement organisée, conçue en fonction des besoins de ses individus. Ensuite, il y a vous, tout petit vous, qui venez au monde. Vous êtes, dans notre monde à nous, parfaitement normal. Par contre, dans cette histoire, vous êtes handicapé. Un cas lourd, difficile à encadrer. C'est le monde à l'envers. C'est la réalité compliquée de Guillaume, jusqu'à ce qu'il fasse la rencontre de Grace, la seule personne en mesure de le comprendre.»
Dans un monde tout près du nôtre, où la norme est d’être prévisible, constant et efficient, où l’avenir se construit sur l’acquisition et l’assimilation de notions quantifiables, et où la clarté et l’univocité sont célébrées unilatéralement, l’unicité est la pire tare qui soit. Et si, pourtant, cette spontanéité distinctive, cette part d’inexplicable, était en fait ce qui rendait l’humain si fascinant? D’une plume audacieuse et sensible, Victoria Grondin ose raconter l’envers de notre société discriminante actuelle, faisant de l’exception la règle, et de la norme une différence incurable. Dérangeant astucieusement les idées préconçues, et plongeant le lecteur de l’autre côté du miroir déformant des préjugés, elle sait dire l’essentiel: l’attirance d’une âme vers une autre est tout sauf rationnelle. Effleurant peut-être un peu trop vite la prémisse prometteuse d’une réalité où la différence est reine, cet opuscule chamboulant fait malgré tout tomber les oeillères avec fracas, évitant avec adresse la tentation d’une chute édulcorée.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

La poudre d'escampette


Scénario et dessins de Chloé Cruchaudet, collection Les enfants gâtés, chez Delcourt.
Quatrième de couverture:
«Paul vient de déménager, il ne connaît encore personne. Ce matin-là, alors qu'il promène sa chienne Paulette, il fait une drôle de rencontre. Boulon et sa bande de bricoleurs géniaux sont prêts à embarquer sur leur "palace flottant", un radeau aménagé qu'ils ont entièrement construit eux-mêmes. Paul va-t-il prendre la poudre d'escampette et partir avec eux?»
Quand on vient de l’Ailleurs, c’est toujours un peu difficile de se dénicher une petite place dans l’Ici: l’Enfance a souvent sa propre façon de protéger son «territoire» de l’Inconnu et de ses mystères. Et si, cette fois, Paul, venu d’Ailleurs avec ses désirs d’un nouveau Ici, était en fait exactement ce qu’il manquait à l’Enfance pour partir enfin à l’aventure? D’une voix toute simple, à la verve rigolote, et à la palette tendrement ébouriffée, Chloé Cruchaudet raconte l’histoire farfelue d’une odyssée joyeusement déjantée. Avec sa bande de personnages tous plus attachants et loufoques les uns que les autres, cette BD fleure bon l’essentiel et l’imaginaire. Un petit bijou à mettre entre les mains de tous les futurs navigateurs au long cours…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 13 juillet 2016

Mermaid Project, tomes 1 à 4


Scénario de Léo et Corinne Jamar, dessins de Fred Simon, série Mermaid Project tomes 1 à 4, chez Dargaud.
Résumé de l'éditeur (premier tome):
«(…) Mermaid Project, nous entraîne sur les pas de l'inspecteur Romane Pennac. Celle-ci se voit confier des enquêtes sans intérêt jusqu'au jour où un couple vient la voir pour lui parler du décès de leur fille dont le corps a, en outre, disparu. La jeune fille travaillait à New York pour la société Algapower, une entreprise spécialisée dans la production de méthane (un substitut au pétrole, devenu rare) qui procède à des manipulations génétiques sur des algues afin d'en tirer de l'énergie. Romane, dont le frère travaille pour Algapower, réussit à convaincre son chef d'aller enquêter à New York. Sur place, elle découvre que les activités de la société ne se limitent pas à la production énergétique et que leurs expériences vont bien plus loin que l'imaginable...»

Dans un futur probable, où l’inéluctable balancier de l’Histoire aurait fait basculer l’ordre des choses entre les grandes puissances mondiales, rebrassant sans ménagement l’échiquier des classes sociales et de la diversité culturelle, et où l’humain aurait finalement cédé un peu de son confort pour une utilisation plus intelligente des ressources naturelles, le trio Léo-Jamar-Simon tricote avec ingéniosité une enlevante enquête écologico-policière. Sachant faire s’entrelacer habilement le Bien et le Mal, naviguant audacieusement dans les eaux troubles de la morale, cette délicieuse série confronte hardiment le lecteur, remettant l’essentiel en perspective et devisant avec une justesse implacable de la logique terriblement humaine voulant que la fin justifie les moyens, aussi déviants ces derniers puissent-ils être. Un petit bijou inquiétant, à l’intelligence chamboulante.





Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮  ✮ 

lundi 11 juillet 2016

Jane and the Waterloo Map


Par Stephanie Barron, série Jane Austen t.13, chez Soho Press.
Résumé de l'éditeur:
«November, 1815. The Battle of Waterloo has come and gone, leaving the British economy in shreds; Henry Austen, high-flying banker, is about to declare bankruptcy—dragging several of his brothers down with him. The crisis destroys Henry’s health, and Jane flies to his London bedside, believing him to be dying. While she’s there, the chaplain to His Royal Highness the Prince Regent invites Jane to tour Carlton House, the Prince’s fabulous London home. The chaplain is a fan of Jane’s books, and during the tour he suggests she dedicate her next novel—Emma—to HRH, whom she despises. However, before she can speak to HRH, Jane stumbles upon a body—sprawled on the carpet in the Regent’s library. The dying man, Colonel MacFarland, was a cavalry hero and a friend of Wellington’s. He utters a single failing phrase: "Waterloo map"… and Jane is on the hunt for a treasure of incalculable value and a killer of considerable cunning.»

Et si Jane Austen n’était pas seulement une auteure à la prose incontournable? Et si, à l’époque, sa verve malicieuse et son esprit vif l’avait plongée, souvent malgré elle, au coeur de véritables et inextricables intrigues? Et si tout ce silence biographique était présent à dessein, gardant volontairement dans l’ombre son rôle d’enquêteuse ponctuelle? D’une plume toujours aussi fine et juste, Stephanie Barron sort de ses «archives» un autre troublant mystère n’attendant que l’intelligence de Jane Austen pour être résolu, réécrivant ainsi entre les lignes, avec aplomb et rigueur, l’histoire de ce monument de la littérature. Un opus enlevant, faisant habilement s'entrelacer fiction et réalité, valser l'authentique avec le plausible, remettant ainsi en perspective l’apparente tranquillité d’un passé qu’on croyait sans aspérités. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮




mercredi 6 juillet 2016

Rose à petits pois


Par Amélie Callot, illustré par Geneviève Godbout, chez La Pastèque.

Quatrième de couverture:
«Quand il fait beau, Adèle sourit, elle sifflote, elle chante à tue-tête, elle ouvre les fenêtres et laisse la porte ouverte.  Mais dès qu'il pleut, Adèle reste enfermée. Elle n'y peut rien, elle perd son entrain. La pluie, c'est gris, froid et sombre. Vous aurez alors beau dire tout ce que vous voulez, argumenter tant que vous pourrez, ça n'est pas la peine de discuter, Adèle ne mettra pas une mèche de cheveux dehors...»

Dans leur petit coin du bout du monde, deux âmes se cherchent. Rayonnant toutes les deux d’un bonheur simple qui fait pétiller le regard et sourire la solitude, elles embellissent à leur manière les jours qui se suivent et se ressemblent. Et s’il leur était possible, d’une même voix, de faire briller le soleil, même sous la pluie? D’une plume virevoltante, Amélie Callot raconte l’histoire adorable d’une rencontre tant espérée et pourtant délicieusement inattendue. Porté par l’univers visuel de Geneviève Godbout, dont la palette ébouriffée et tendre sait dire avec éloquence, évoquant l’inénarrable avec finesse, cet opus émouvant et ensoleillé fera sourire les plus jeunes… et rêver les plus grands.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 29 juin 2016

Le mystère Henri Pick


Par David Foenkinos, chez Gallimard, collection Blanche.
Quatrième de couverture:
«En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? (Résumé éditeur)»

Les jongleurs de mots, amoureux de la plume et autres satellites essentiels du luxuriant monde du livre se côtoient souvent sans toujours réaliser à quel point leurs destins sont tissés de concert. Et si l’étincelle créatrice de l’auteur, l’intuition éclairée du chasseur de tête éditorial ou l’initiative audacieuse du bibliothécaire étaient autant de rouages d’une même trame? Et s’il suffisait d’une anodine erreur de bonne foi pour faire dérailler la narration jusque-là ronronnante de ces vies entrelacées? D’une voix malicieuse, au verbe toujours aussi juste, David Foenkinos entraîne le lecteur à la poursuite d’une vérité insaisissable. Évoluant avec aisance et humour sur la fine ligne séparant l’improbable du possible, Foenkinos tient habilement en haleine, multipliant joyeusement les pistes jusqu’au dénouement final. Un opus qui prend le temps d’enraciner tout doucement sa prémisse dans l’esprit du lecteur, pour ensuite y faire débouler délicieusement toutes les certitudes semées au passage. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 23 juin 2016

Imaginary Fred


Par Eoin Colfer, illustré par Oliver Jeffers, Harper Collins
Quatrième de couverture:
«Did you know that if the conditions are just right, and if you add a little electricity, or magic, or luck, that an imaginary friend might appear just when you need one? An imaginary friend like . . . Fred. Fred is the best imaginary friend you could ever hope for, but no matter how hard he tries, the same thing always happens: his friend finds a real friend in the real world, and Fred fades away, bit by bit, waiting to be wished for again… Then one day, a boy called Sam wishes for a friend, and Fred appears! For a while, everything is perfect. But what about the day when Sam finds a real friend? Could it be that this time, something magical might happen…?»
Avoir un ami avec qui tout partager, c’est ce qui fait sourire l’enfance. Or, parfois, les amis se font rares. Trop rares. Si rares en fait qu’il devient alors indispensable de troquer le réel pour l’imaginaire. Et si, pour une fois, l’imagination créait de toutes pièces une surprenante réalité? Dans un envoûtant ballet entre le possible et l’improbable, Eoin Colfer souffle au lecteur l’histoire on ne peut plus vraie d’une amitié indéfectible qui se rit des conventions. Relancé avec finesse et sensibilité par l’univers visuel évocateur d’Oliver Jeffers, cet opuscule délicieusement farfelu sait dire avec justesse et humour que même intangible, c'est l'authenticité d'une complicité qui en décide la pérennité.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮