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mardi 31 mars 2015

Un ballon sous la pluie


Écrit et illustré par Liniers, La Pastèque

«Quand sa petite soeur, Clémi, refuse de sortir sous la pluie, Mathilda se propose de lui apprendre tous les plaisirs d’un samedi pluvieux!»

La pluie, Grande Bousilleuse des journées de congé par excellence? Absolument pas, selon Mathilda. Mais réussira-t-elle seulement à convaincre Clémi de plonger avec elle dans les pluvieux possibles d’un samedi grisounet? De sa plume simple et juste, Liniers souffle une aventure impromptue et irrésistible, portée par un univers visuel sensible aux éloquentes textures et à la tendre palette. Tout en délicatesse, cet opuscule sait croquer l’enfance dans toute sa naïve spontanéité, sa logique rigolote et sa poésie ébouriffée. Un livre à mettre entre toutes les petites (et les plus grandes!) mains, pour apprendre à faire surgir les arcs-en-ciel sans crier gare, au moment où s'y attend le moins.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

jeudi 26 mars 2015

Mon chien qui pue


Écrit et illustré par Christine Roussey, La Martinière jeunesse

«Voici Alfred. C’est mon chien! Il est gentil, super au foot et hyper fort à chat. Alfred, je l’aime, je l’aime, mais… IL PUE! Des pieds, des oreilles, du nez, du dos et du ventre. Il pue des moustaches et de la queue. Bref, du sol au plafond. ALFRED PUE!»

Alfred est un chien, mais attention, pas n’importe lequel: le meilleur, le plus affectueux, le plus loyal, le plus drôle… mais aussi, le plus malodorant. À la veille d’un grand départ vers l’aventure, son odeur nauséabonde viendra-t-elle bousiller tous les plans? Maniant habilement sa plume rigolote et ses crayons aux traits joyeusement ébouriffés, Christine Roussey concocte une ode coquine à l’amour inconditionnel, un hardi pied-de-nez olfactif aux qu’en-dira-t-on, avec la candeur délicieuse et authentique de l’enfance. Un opuscule tendre et cocasse qui fera sourire toute la famille. Nez fins s’abstenir!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩ 

jeudi 19 mars 2015

L'arbragan


Écrit et illustré par Jacques Goldstyn, La Pastèque

« "Moi, je suis ce qu’on appelle un solitaire. Je fais les choses tout seul. Et n’allez pas croire que ça m’embête. Parmi toutes les choses que j’aime faire, ce que je préfère, c’est grimper dans mon arbre. Mon arbre s’appelle Bertolt." »

Et si un arbre pouvait devenir un ami, le meilleur, le plus rigolo, le plus joyeusement ébouriffé? Un ami à la loyauté tranquille et à la parure débordant de surprises? Bertolt est tout ça et plus encore, faisant résonner, au fil des ans, le rire de l’enfance solitaire, bouillonner l’imaginaire et se côtoyer joyeusement de disparates locataires. Avec finesse et sensibilité, entrelaçant adroitement les mots justes et les émouvants traits de crayons, Jacques Goldstyn raconte avec une candeur taquine la connivence un brin farfelue et délicieusement atypique au coeur d’une complicité pas comme les autres. Une histoire toute simple, tendre et à l’éloquence coquine, qui célèbre à sa drôle de manière l’amitié, la seule, la vraie. Celle qui résiste au temps. Celle qui sait (presque) faire un pied-de-nez à la mort.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮






mercredi 18 mars 2015

Perdus au musée!


Écrit et illustré par Laure Monloubou, Kaleidoscope

«Aujourd’hui, c’est jour de sortie scolaire. "Dans un musée, a dit mademoiselle Simone, on ne court pas, on ne mange pas, on ne crie pas, on ne touche pas, on REGARDE! Et surtout, surtout, on ne lâche pas la main de son copain." Alors Justin prend la main de Noémie et il n’a vraiment pas l’intention de la lâcher. Il ne manquerait plus qu’ils se perdent!»

Quand on part à l’aventure avec la classe, tout est possible. On laisse les pupitres, les corridors et la ronronnante routine derrière. Or, la liberté, c’est chouette, ça ébouriffe, mais encore faut-il savoir revenir à bon port! D’une plume rafraîchissante et rigolote, Laure Monloubou entraîne le lecteur à la suite de Justin et Noémie dans leur loufoque exploration en solitaire de l’histoire de l’Art. Porté par un univers visuel aux traits bédéesques et à la palette joyeuse, recelant de délicieux et coquins détails, cet opuscule tendre et cocasse rappelle que parfois, perdre ses repères peut bel et bien se transformer en mémorable aventure, si on a quelqu’un avec qui la partager…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 13 mars 2015

Constance


Par Pierre Le Gall, illustré par Éric Héliot, Hachette Jeunesse, Constance 1 et 2

«Voici Constance... une petite fille douce et sage. Et son adorable chaton, Miniature. Vous allez adorer... les détester !»


Constance, ou comment l’enfance peut joyeusement abriter l’antithèse de la sagesse. Pierre Le Gall et Éric Héliot tricotent de concert une audacieuse trame, usant astucieusement d’une coquine narration littéraire et visuelle qui a plus d’un tour dans son sac, sachant semer adroitement la zizanie dans la tête du lecteur, laissant les mots souffler une vérité que les illustrations s’empressent de contredire aussitôt. Une série exquise, portée par une délicieusement irrévérencieuse ironie qui n’est pas sans rappeler l’humour grinçant d’Edward Gorey, l’étrangeté charmante de Tim Burton et l’aplomb irrésistible de Mercredi, dans La Famille Adams. Un petit bijou de bibliothèque, espiègle et malicieux, à faire découvrir à tout vent.




Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



Attention!
Cette série n'est malheureusement plus disponible
en librairie, en Amérique du Nord;
il faut donc se rabattre sur les bibliothèques.
... mais ça vaut le déplacement!

jeudi 26 février 2015

Lulu's Mysterious Mission


Par Judith Viorst, Atheneum Books For Young Readers, Lulu 3

« As her mom and her dad headed out to the taxi, Lulu heard her mom saying, "If things don’t work out with Lulu…" 
And her dad saying, "… and it’s just possible that they won’t…" 
And her mom saying, "… call us, and we’ll take the next plane home."
To which Ms. Solinsky firmly replied, "When I’m the babysitter, things ALWAYS work out."
"We’ll see about that", Lulu said to herself, preparing for Plan B, which was doing whatever she had to do to get her parents to take the next plane home. Then the door slammed, and Lulu was all alone with Ms. Solinsky, trained professionnal. »

Si Lulu a officiellement passé l’âge des caprices et des crises de larmes, elle sait toujours autant ce qu’elle veut… et comment l’obtenir. Or, cette fois, pas de chance, elle sera confrontée à une adversaire de taille: Mme Sofia Sonia Solinsky, gardienne d’enfants certifiée à l’allure revêche, et définitivement imperméable aux puériles stratégies d’usage. Lulu saura-t-elle vaincre l’«ennemie» malgré les revers? De sa plume coquine et culottée, Judith Viorst tricote pour Lulu une troisième aventure rocambolesque à souhait, multipliant joyeusement les écueils et les supercheries, et s’adressant sans gêne au lecteur avec tout l’aplomb dont peut se vanter son inimitable héroïne. Un opuscule hilarant et délicieusement effronté, habile ode aux apparences trompeuses, à dévorer sans attendre.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 



(Ce livre n'est pas disponible en version française pour le moment,
mais les deux premières aventures de Lulu le sont aux éditions Milan)

mardi 17 février 2015

L'hiver des machines


Par Johan Heliot, Gulf Stream, C.I.E.L. 1.0

«Pendant les premiers mois de son existence, l’intelligence artificielle s’acquitta parfaitement de sa tâche, obéissante, servile. Dans le même temps, elle observait, analysait, tirait des conclusions. Ordinateurs et téléphones portables lui ouvraient des yeux et des oreilles aux quatre coins du monde. Elle finit par hiérarchiser de nouvelles priorités. Puis elle passa à l’action. Ceci est son histoire et celle des hommes et des femmes qui ont connu l’hiver des machines.»

Est-ce que la fin justifie vraiment les moyens, même les plus drastiques? Et si les erreurs du passé tendaient à se répéter? Et si l’humanité perdait son libre arbitre, du jour au lendemain? Et si, finalement, la fiction devenait réalité? Dans un avenir pas si lointain, Johan Heliot fomente un possible on ne peut plus dérangeant de sa plume vive et juste, tricotant l’inénarrable dans une haletante trame à plusieurs voix, et bousculant sans ménagement les repères du lecteur à grands coups d’impitoyables revers. Le C.I.E.L., cette extraordinaire et terrible entité, habile hybride entre HAL 9000 («2001, l’odyssée de l’espace» de Clarke), Big Brother («1984» d’Orwell) et le si inhumain Adolf Hitler de notre ère, rivalise d’ingéniosité et d’astuce pour déstabiliser l’humanité sous sa coupe, annihilant la rébellion sous le poids de ses machines, et tuant l’espoir à la racine. Premier tome explosif d’une prometteuse tétralogie, cet opus adroit sait évoluer avec audace sur la fine ligne séparant l’improbable de l’impossible, car si ce chamboulement planétaire fictif peut sembler un brin alarmiste, la dérive à la base de sa prémisse n’en demeure pas moins absolument probable, et c’est précisément ce qui le rend terrifiant. Un roman saisissant qui ébranle indiscutablement notre perception du progrès technologique, secouant nos consciences endormies par la berceuse des données échangées et aveuglées par l’aura du rétroéclairage. J’en frémis encore… Vivement la suite!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

dimanche 8 février 2015

Quand j'écris avec mon coeur


Écrit et illustré par Mireille Levert, La Bagnole, Modèles Uniques

«Mireille Levert se pose mille et une questions, par exemple: "Qui est-ce qui allume et éteint les étoiles chaque soir?" ou "À quoi rêvent les ours en hibernation?" Un jour, elle s'est posé cette question très intéressante : "Qu'est-ce que la poésie?" Elle a trouvé une réponse en écrivant et en illustrant ces poèmes...»


«La poésie
c’est avoir des yeux
dans le trou des yeux
dans la paume des mains
au bout des doigts
sur le ventre

Mais surtout
dans le coeur»

Et c’est bel et bien avec les yeux du coeur que Mireille Levert souffle au lecteur son amour des mots, de ceux qui virevoltent, de ceux qui savent rire, et de ceux qui savent dire l’inénarrable. Brodant habilement des vers échevelés, simples et justes, sa plume fine fait tomber les oeillères, rabrouant joyeusement la cartésienne et aveugle logique de notre société effrénée, et ouvrant toute grande la porte à cet essentiel qu’on oublie de voir au quotidien. Porté par la palette tendre et les traits évocateurs d’un univers visuel qui ose raconter l’envers du miroir, cet album émouvant est un voyage mémorable au coeur de l’âme de ce poète qui sommeille en chacun de nous. Un opus tout doux qui saura faire fleurir les plumes, des toutes neuves aux plus aguerries…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

mercredi 21 janvier 2015

Hiver nucléaire


Scénario et dessins par Cab, Front Froid, série Hiver nucléaire t.1

«Montréal, juin 2028, -30°C. C'est l'hiver nucléaire depuis un terrible accident à la nouvelle centrale nucléaire Gentilly-3, à Pointe-aux Trembles. La neige atteint les balcons des 2e étages, les déplacements se font en motoneige, les souffleuses tournent à plein régime, et des quartiers entiers sont désertés. Au milieu de cette interminable saison froide, Flavie, courrier en ski-doo, doit composer avec les éléments, les retombées radioactives et une faune urbaine, en pleine mutation... littéralement. Une livraison chez le couple le plus "cool" de Montréal la fera sortir de sa zone de confort et la propulsera au milieu d'une quête vers le parfait bagel du Mile-End.»

Et si la bêtise nucléaire venait nous chambouler le baromètre et l’ADN? Et si l’hiver ne desserrait plus son étreinte glaciale? Et si Montréal fourmillait peu à peu d’une inhumanité étrange? C’est au coeur de ce grinçant possible que Cab construit habilement une audacieuse trame post-apocalyptique; d’une plume toute en humour et en justesse, elle ébauche un futur délicieusement déroutant dans lequel s’entrelacent avec adresse rebondissements impromptus et situations cocasses. Astucieux hybride entre la dystopie, le bon vieux film d’action et la comédie romantique, cet opus étonnant, déjanté, à l’imaginaire riche et saugrenu, secoue sans ménagement les certitudes. À dévorer sans tarder!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

lundi 19 janvier 2015

Histoire d’un couple


Scénario et dessins: Yeon-sik Hong, Ego comme X

«Yeon-Sik Hong, auteur de manhwas éducatifs, et son enthousiaste compagne So-Mi quittent Séoul et tentent d’effectuer un surprenant « retour à la terre » dans ce pays en ultra-développement qu’est la Corée du Sud. Bientôt locataires d’une maison isolée dans la montagne, avec trois chats, un chien et des poules, ils ont fort à faire pour subvenir à leurs besoins. De plus, Yeon-Sik aura bien du mal à assurer ses accaparants travaux de commandes, et parvenir à conduire le travail d’auteur, dont il rêve depuis des années. Rudes sont les hivers et terribles certaines angoisses, mais l’équilibre reviendra bientôt par l’observation de la nature, la cueillette et le travail du potager. Fort d’une grande variété de détails et d’un beau classicisme formel, cet attachant récit donne une certaine vision de l’auto-subsistance, de la jouissance que procure la vue de beaux paysages, et du réconfort qu’apportent les nuits au coin du poêle.»

S’isoler pour mieux se retrouver, pour voir clair dans ses rêves, pour réapprendre l’essentiel: un pari risqué pour un couple tout neuf habitué à la frénésie de Séoul. Yeon-sik Hong plonge le lecteur dans une audacieuse migration vers la campagne, où le rude sevrage de l’hyperstimulation et de la relative accessibilité urbaine se transforme bien vite en périlleuse mission de survie. D’une plume toute en délicatesse, portée par une narration visuelle au trait fin et éloquent, cette épopée singulière au souffle authentique dépeint avec justesse le combat de tous les instants de ceux qui choisissent de vivre de leur art; combat contre l’austérité, la faim, le jugement des autres, et surtout, contre la peur de faire fausse route, de n’être pas, au fond, un «vrai» artiste. Un opus touffu, déroutante quête initiatique, qui donne définitivement le goût de tenter l’improbable, de cultiver l’impromptu, de préférer les sentes cachées et les parcours sinueux, de braver les tempêtes, pour enfin oser faire résonner sa «voix» au grand jour.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩