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vendredi 22 mars 2013

Dead Man's Folly


Par Agatha Christie, Harper Collins, Hercule Poirot

«Sir George and Lady Stubbs, the hosts of a village fete, hit upon the novel idea of staging a mockmurder mystery. In good faith, Ariadne Oliver, the well-known crime writer, agrees to organize their murder hunt. Despite weeks of meticulous planning, at the last minute Ariadne calls her friend Hercule Poirot for his expert assistance. Instinctively, she senses that something sinister is about to happen...»

Une enquête intrigante et méconnue de l'irréductible Hercule Poirot et de la délicieusement éparpillée Ariadne Oliver. Encore une fois, Agatha Christie mène le lecteur par le bout du nez, tricotant d'une plume agile un inextricable noeud de possibles, trompant sa vigilance, utilisant avec brio sa crédulité. Une enquête exquise à savourer tout doucement...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française

jeudi 21 mars 2013

Pico Bogue


Par Dominique Roques, illustré par Alexis Dormal, Dargaud, Pico Bogue

«Pico Bogue est le fils aîné d'une famille normale, c'est-à-dire unique, extraordinaire et parfois complètement folle. Avec sa petite soeur Ana-Ana, Pico évolue dans la vie avec autant de certitudes que d'interrogations, ce qui vaut à ses parents et grands-parents des crises de rire ou de désespoir.»

J'étais curieuse de me plonger dans les Pico Bogue étant donné que cette série est en fait la genèse des tout nouveaux Ana Ana parus chez Dargaud. Eh bien, je n'ai pas été déçu!... et, pour être honnête, je suis presque heureuse d'avoir découvert les Ana Ana d'abord, puisqu'après avoir dévoré la série des Pico Bogue, les Ana Ana me paraissent désormais (et à mon grand malheur!) un brin simplistes, voire tristement superficiels. L'univers de Pico Bogue est, pour sa part, riche, désopilant et délicieusement irrévérencieux; l'enfance s'y exprime avec aplomb et lucidité, chamboulant la tranquillité du monde adulte, bouleversant leurs certitudes. La verve de Dominique Roques y est pour beaucoup, évidemment (bien que certains gags ne soient pas aussi savoureux que les autres, au fil des tomes), mais ce qui fait rire aux éclats et émeut par sa justesse et son éloquence, c'est définitivement l'univers visuel joyeusement ébouriffé d'Alexis Dormal. C'est une série incontournable, donc, à mettre entre toutes les mains; une surprenante rigolade philosophico-quotidienne à déguster en famille.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


La série (5 tomes): 
La vie et moi
Situations critiques
Question d'équilibre
Pico Love
Légère contrariété

mercredi 20 mars 2013

La bibliothèque municipale de demain: douce utopie ou futur proche?

J'aime les livres. Je les adore. Je m'en entoure. Je les dévore. Je ne surprendrai personne, alors, en disant  que lorsque je visite de nouveaux endroits, de nouvelles villes, de nouvelles contrées, mon regard part immédiatement à la chasse, il fouille et fouine à la recherche de petites boutiques de livres usagés ou de bibliothèques municipales à explorer. Ça fait sourire mon entourage, et surtout mon copain qui partage ma vie depuis un moment déjà, et qui a fini par s'habituer gentiment à ces interruptions impromptues de nos pérégrinations... 

Or, il y a quelques temps, mon amoureux, urbaniste de son métier, m'a introduit à une nouvelle école de pensées en design culturel: la bibliothèque comme troisième lieu. En effet, depuis un moment, lorsque de désuètes bibliothèques municipales ont la chance (!) d'obtenir une transformation architecturale extrême, ou que des lieux tout neufs voient le jour (par exemple, la Bibliothèque et Archives nationales, à Montréal, mieux connue sous le nom de Grande Bibliothèque) la tendance est à l'abolition du cloisonnement. On fait dans l'aire ouverte, on joue sur la transparence, sur les niveaux pour créer une expérience différente pour l'usager. Le mouvement dit de la bibliothèque comme troisième lieu semble s'inspirer de ces bases, mais en poussant encore plus loin la réflexion architecturale: on veut faire de la bibliothèque municipale le «troisième lieu» du quotidien dans lequel évolue l'usager, s'ajoutant aux deux classiques, la maison et le boulot. Il faut que la bibliothèque soit non seulement un lieu de consultation, mais aussi de discussion, de rencontre, de création où les nouvelles technologies ont leur place; un lieu où il fait bon vivre, que l'on a envie de fréquenter pour son bouillonnement de possibilités. 

Bien sûr, je dois être un brin maladroite dans mes explications: disons que je vous transmets ce que j'ai retenu, en vrac, de ce type de design d'intérieur bien particulier. Mais pour pallier à mes lacunes pédagogiques, et si la curiosité vous titille, voici quelques liens vers plusieurs articles mis en ligne sur différents blogues, celui des bibliothèques de la Ville Montréal entre autres, et abordant plusieurs des concepts de la bibliothèque comme troisième lieu (Espace B, Bibliomancienne et le BBF).

Puis, juste pour le plaisir, voici un exemple intéressant de design audacieux, tentant de donner un statut multiple à une bibliothèque municipale: la bibliothèque de Vennesla en Norvège.
Design fait par l'agence Helen & Hard
Et enfin, un dernier petit lien pour la route: une section du blogue Espace B qui aborde l'architecture des bibliothèques en général. J'avoue avoir eu un petit faible pour leur plus récent billet: 5 villes, 5 projets phares de bibliothèques.


Inspirant comme mouvement, me direz-vous, mais est-ce vraiment réalisable? Est-ce que la communauté est prête à une telle relecture des bibliothèques municipales en tant que lieu d'échange? Et surtout, en regard de l'état des bibliothèques municipales d'aujourd'hui, en manque cruel de fonds, vieillissantes, aux collections souvent obsolètes, à l'espace infinimum et aux équipements trop souvent inadéquats, verra-t-on vraiment poindre les pionniers de cette idéologie de notre vivant? Eh bien, je crois que l'on peut répondre par l'affirmative. En effet, comme plusieurs articles que j'ai mis en référence le mentionnent, de plus en plus de villes emboîtent le pas, et nul besoin de s'exiler hors du Québec pour bénéficier de ces audaces architecturales: la bibliothèque Paul-Aimé-Paiement existe déjà, à Charlesbourg, la future bibliothèque Marc-Favreau verra le jour en 2013, à Montréal, et les projets d'agrandissements de la bibliothèque de Pierrefonds donneront lieu à un concours d'architecture prometteur en 2013 également. 

Évidemment, il faudra être patient... Mais en attendant que déferle avec plus d'assurance la vague de la bibliothèque comme troisième lieu sur nos vies, rien de mieux que de continuer à visiter nos bibliothèques municipales avec assiduité, question de démontrer au pouvoir en place que ces lieux nous importent, qu'ils font partie de nos vies depuis longtemps et qu'ils sont là pour rester!...

dimanche 17 mars 2013

Douce nuit


Par Alexis Dormal et Dominique Roques, illustré par Alexis Dormal, Dargaud, Ana Ana 1

«Il est déjà bien tard, et Ana Ana est encore en train de lire. Ses parents lui ont pourtant demandé d'éteindre la lumière depuis longtemps...»

Une première BD parfaite pour les tout-petits. Bien sûr, c'est une histoire simple, toute simple, attachante et qui fait sourire les adultes en coin. Mais c'est surtout la mise en images d'Alexis Dormal qui est on ne peut plus irrésistible: son trait délicieusement ébouriffé évidemment, mais aussi, la justesse dans les expressions des personnages. Pour peu, on s'y croirait, dans la chambre d'Ana Ana, tard, tard, tard, au beau milieu de ce brouhaha impromptu! Une historiette tendre et cocasse, donc, qui en fera rire plus d'un aux éclats...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 16 mars 2013

Chanter dans le noir


Par Caroline Woodward, illustré par Julie Morstad, La Courte Échelle

«Par un froid matin d’hiver, une petite fille doit traverser une forêt effrayante pour aller attendre l’autobus scolaire. Tout le long du chemin, elle chante pour se donner du courage.»

Une histoire sans âge, si simple, mais si poignante! Portée entièrement, ou presque, par l'univers visuel sensible de Julie Morstad, tout en délavés émouvants, en palettes évocatrices et en expressions éloquentes, cette touchante aventure du quotidien chamboule le lecteur, le plongeant dans la noirceur et le froid des matins d'école. Si la narration sobre tricotée par Caroline Woodward perd un peu de sa justesse en passant de l'anglais au français (certaines rimes sonnent faux et s'enchaînent maladroitement parce qu'intraduisibles),  on se laisse tout de même porter par la poésie frissonnante de ces excursions matinales épiques, véritables quêtes initiatiques où on brave les angoisses tout en avalant les kilomètres...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

mercredi 6 mars 2013

Brindille

Par Rémi Courgeon, Milan

«Comme elle a du mal à se faire entendre dans une famille de garçons, Pavlina, dite Brindille, décide de laisser tomber le piano pour prendre des cours de boxe. Sur les relations entre frères et soeurs.»

Étrange et déroutant petit morceau de vie. Rémi Courgeon plonge le lecteur dans l'univers hors norme, et plutôt austère, d'une jeune fille à la détermination inébranlable. Soutenu par un univers visuel au charme vieillot et aux traits audacieux, cette histoire singulière, tantôt révoltante, tantôt cocasse, tantôt émouvante vient bouleverser les repères avec finesse, sensibilité et justesse. Un album chamboulant à découvrir sans tarder...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 2 mars 2013

The Man in the Brown Suit


Par Agatha Christie, Harper Collins

«Pretty, young Anne came to London for adventure. She found it immediately - on the platform of Hyde Park Corner tube station, where a thin man, reeking of mothballs, lost his balance and was eletrocuted on the rails. The Scotland Yard verdict was accidental death. But Anne was not satisfied. After all, who was the man in a brown suit who examined the body? And why did he race off, leaving a cryptic message behind: "17-122 Kilomrden Castle"?»

Un petit bijou méconnu de la Reine du Crime. Cette fois, ni Hercule Poirot, ni Miss Marple ne sont là pour démêler le fil de l'intrigue; seulement Anne Bedingfeld, cette jeune fille à la soif d'aventures inextinguible. Dans une audacieuse narration à deux voix, Agatha Christie parvient à plonger le lecteur au coeur d'un mystère sombre et enchevêtré à souhait, où l'imprévisible côtoie l'exotique; un voyage déroutant, en eaux troubles, secouant les repères et ouvrant les yeux sur la surprenante complexité de l'âme humaine. Un classique à découvrir... ou à redécouvrir!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  


Pour le lire en version française

lundi 25 février 2013

Dying To Meet You


Par Kate Klise, illustré par Sarah Klise, Houghton Mifflin Harcourt, 43, Old Cemetery Road 1

«What happens when an 11-year-old boy, a cranky writer, and a ghost named Olive try to spend the summer together in a haunted house? Find out in this giggly ghost story. Read at your own risk. You might just die laughing!»

Une correspondance enlevante et délicieusement saugrenue. Kate Klise plonge le lecteur dans une saga inusitée, où tout est «inhumainement possible» pour peu qu'on y croit réellement. Chevauchant joyeusement réalité et fiction, cet opus fin, déroutant et rigolo, démontre avec sensibilité que l'amitié peut soulever des montagnes... et même des pierres tombales!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆



Pour le lire en version française

samedi 23 février 2013

Dis Papa, est-ce que les dinosaures sont morts?


Par Julie Middleton, illustré par Russel Ayto, Kaleidoscope

«Les dinosaures sont-ils bien morts? Pour répondre de manière didactique à la question de son petit garçon, un papa incollable décide de l'emmener au museum. Mais là, ce que l'enfant constate de visu... est pour le moins inattendu!...»

Un cocasse et délectable voyage dans la préhistoire et ses créatures plus vraies que nature. Julie Middleton narre de plume de maître, avec simplicité, candeur et humour cet étrange périple entre réalité et fiction. Quant à l'univers visuel de Russel Ayto, il plonge littéralement le lecteur au coeur de cette visite de musée hors de l'ordinaire; tout est parfait, les couleurs judicieusement contrastées de sa palette, la composition de ses illustrations (le choix habile des éléments, sans surcharger l'image, laissant aux personnages illustrés tout le loisir de s'épanouir - comme le prouve avec brio sa deuxième illustration mettant en scène le tyrannosaure!) et cet imaginaire, joyeusement débridé et finement éloquent. Un petit bijou d'album, et sans conteste mon coup de coeur de l'hiver 2013!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  


Pour le lire en version originale

vendredi 22 février 2013

Le jour où j'ai perdu mes superpouvoirs


Par Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo, Kaléidoscope

«On a tous des superpouvoirs... avec un peu d'imagination!»

Un petit bijou d'enfance et d'imagination qui chassera la grisaille des journées trop conventionnelles. Michaël Escoffier bidouille joyeusement de sa plume juste et cocasse une délicieuse ode à l'enfance, énergique, inventive, et émouvante, relancé par l'univers visuel éloquent et rigolo de Kris Di Giacomo. Si cette fois Di Giacomo fait audacieusement dans l'échevelé, avec son grain visible et ses textures bien assumées, cela nuit par moment à la précision des expressions des personnages. Toutefois, malgré ce trèèèès léger bémol, c'est un album dont on se délecte indiscutablement et qui fait sourire le coeur sans réserve.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆