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mercredi 12 octobre 2011

Eloise in Paris

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 2

«Why is Eloise, 6-year-old resident of the Plaza Hotel in New York City, going to Paris? She and Nanny were summoned by a cablegram from Eloise's mother, and, as we all know, "If you are going to Paris France / you have to turn into French and absolutely go wild / and put adhesive tape on you / and fall down a lot and sklathe the window / and stretch into the curtain and..." Ahh, the deliciously mad logic of Eloise. She promptly gets on the phone to tell everyone--including room service--that she is Paris bound. There's so much to do--shots, passport pictures, packing ("Here's what else you have to take / Everything"), and of course the endless good-byes. Fortunately, "Sabena is the only airline / that will allow you to travel with a turtle" so Skipperdee comes along for the ride. At last, ils arrivent!»

Charmante Eloise, comme toujours, mais l'histoire, cette fois, est trop ostentiblement éducative; ce n'est donc pas aussi magique que d'habitude. Bien sûr, il y a quelques savoureux clins d'oeil du duo Thompson/Knight aux célébrités parisiennes de l'époque. Mais cette fois, le carcan du voyage pédagogique (et un brin rempli de clichés, il faut le dire, mais bon, c'était le milieu des années 1950, alors, le concept d'ouverture sur le monde n'était pas encore à son apogée) pèse un peu trop lourd sur la spontanéité d'Eloise. À lire en version originale anglaise absolument, car comme les jeux de mots foisonnent, la version française est plutôt insipide.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆


Pour le lire en version française

Eloise: The Absolutely Essential 50th Anniversary Edition

Par Kay Thompson, illustré par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 6

«"I am Eloise/I am six." So begins the well-loved story of Eloise, the garrulous little girl who lives at New York's Plaza Hotel. Eyebrow raised defiantly, arm propped on one jutting hip, Eloise is a study in self-confidence. Eloise's personal mandate is "Getting bored is not allowed," so she fills her days to the brim with wild adventures and self-imposed responsibilities. An average Eloise afternoon includes braiding her pet turtle's ears, ordering "one roast-beef bone, one raisin and seven spoons" from room service, and devising innovative methods of torture for her guardians.»

Intéressant d'avoir la chance de voir d'où Eloise vient, comment elle est née... et bien sûr, de relire sa délicieuse première aventure! Un livre pour les amateurs finis!... comme moi!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Eloise

Par Kay Thompson, illustraté par Hilary Knight, Simon & Schuster Children's Publishing, Eloise 1

«"I am Eloise/I am six." So begins the well-loved story of Eloise, the garrulous little girl who lives at New York's Plaza Hotel. Eyebrow raised defiantly, arm propped on one jutting hip, Eloise is a study in self-confidence. Eloise's personal mandate is "Getting bored is not allowed," so she fills her days to the brim with wild adventures and self-imposed responsibilities. An average Eloise afternoon includes braiding her pet turtle's ears, ordering "one roast-beef bone, one raisin and seven spoons" from room service, and devising innovative methods of torture for her guardians.»

Charmante histoire qui rebondit aux quatre coins du fameux Plaza Hotel. Cette Éloïse est si attachante avec ses plans et ses mauvais tours!... Impossible de ne pas vouloir la suivre partout, partout, partout! Et quel univers visuel grandiose et riche proposé par Hilary Knight (à partir d'une palette pourtant si épurée)! On sent la vibrante complicité auteur/illustrateur, l'un proposant une ligne, l'autre répondant par une pirouette à la Éloïse. Un classique à découvrir et à redévorer gaiement pour l'enfant de six ans que nous sommes tous encore, à nos heures...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

mardi 11 octobre 2011

L'Est en West

Par Aurélie et Jean Pierre Girard, Québec Amérique

«Un père, sa fille de huit ans, un golden retriever de 14 mois, une Westfalia et la route à perte de vue, voilà les ingrédients de base de cet ouvrage qui nous fait partager la vie de bohème. Ce recueil reprend une série d’articles parus dans Le Devoir en 2001 alors que l’auteur était invité à livrer ses impressions de voyage au gré des rencontres sous forme de petites tranches de vie réflexives. En compagnie d’Aurélie, sa fille de huit ans, et de Monsieur Savon, un chien ayant un enthousiasme ferroviaire à la vue de tout ce qui bouge, Jean Pierre Girard nous entraîne à sa suite dans une mission de bourlinguage professionnel avec Capucine, la très fidèle Westfalia. Chaque texte est accompagné d’une Perle d’Au. – réflexion spécifique à Aurélie – et d’une section Les Anges de la route qui rend compte d’une rencontre particulière au cours du voyage. Il y a aussi Les derniers mots de Dieu, sorte d’invitation aux lecteurs du Devoir à imaginer quelles pourraient être ses dernières paroles.»

Recueil d'articles initiatiques d'un écrivain globe-trotter qui, le temps d'un été avec sa fille, partage sa vision du monde au hasard des routes et des rencontres. Mais où étais-je donc, en 2001, lorsque ces délectables chroniques furent publiées dans Le Devoir? En 2001, j'avais 21 ans. J'étais probablement trop occupée à vivre ma vie à 100 à l'heure... et pourtant, cette douce ferveur tranquille aurait eu de quoi m'inspirer, me faire voir le coin de ciel bleu entre deux immeubles... Et puis, quelle plume! Fine, juste... et en même temps si spontanée, authentique, sans prétention. Un amoureux des mots, peu importe leur pedigree. Et un souffle vibrant qui ne peut que donner envie de nommer la vie, d'écrire  l'imaginaire. Bon, il y a bien quelques envolées plus ou moins dans mes cordes, mais dont je salue l'intensité. Un petit carnet de curiosités et de miettes de vie à découvrir lentement, et à laisser traîner sur la table de chevet comme une ancre au beau milieu de la frénésie du quotidien.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 10 octobre 2011

L'année des sorcières

Par Pierrette Dubé, illustré par Marion Arbona, Jean-Paul Eid, Philippe Germain et Julie Rocheleau, Imagine

«Fasciné depuis toujours par les sorcières, j’ai entrepris, il y a quelques années, de savantes études en sorciérologie. J’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet, mais beaucoup de mes questions sont demeurées sans réponse. Les sorcières d’aujourd’hui voyagent-elles encore en balai? À quoi occupent-elles leurs journées? Comment communiquent-elles? J’ai eu la chance de rencontrer quatre sorcières en chair et en os : Impétuosa, Trampoline, Ratatouille et Acrimonie. Elles voulaient que j’écrive la « vérité vraie » à leur sujet. J’ai donc sauté sur l’occasion et je les ai suivies, l’une après l’autre, au fil des saisons. Voici L’année des sorcières : printemps, été, automne, hiver. Vous y trouverez la « vérité vraie » sur les sorcières. Mais rappelez-vous que pour une sorcière, la vérité n’est jamais bien éloignée du mensonge…»

Un singulier almanach qui arrive juste à temps pour l'Halloween! Ne lésinant pas sur les détails gluants, le vocabulaire purulent et les anecdotes frissonnantes, Pierrette Dubé propose un tour d'horizon rigolo au coeur de l'univers déjanté et puant des sorcières. Pas toujours d'intérêt égal, certaines saisons sont plus accrocheuses que d'autres: je dois avouer que j'ai eu un petit faible pour les boniments du printemps et de l'été. Et c'est un peu le même topo en ce qui concenre l'univers visuel à quatre voix concocté par Marion Arbona, Jean-Paul Eid, Philippe Germain et Julie Rocheleau; si chaque illustrateur fait s'épanouir une réalité délirante, remplie de pustules, de crapauds et d'une gastronomie bouillonnante, certains crayons ont plus d'éloquence que d'autres, leur style s'adaptant mieux à l'imaginaire échevelé et sans limite de l'auteure. Et étrangement, ce fut également des illustrations du printemps (Julie Rocheleau) et de l'été (Jean-Paul Eid) dont je me suis le plus délectées! Cela dit, et malgré ces légers bémols, c'est un album on ne peut plus stimulant, qui fera s'écrouler de rire tout lecteur qui osera y plonger! À vos balais!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 7 octobre 2011

Jane and the Canterbury Tale

Par Stephanie Barron, Bantam, Jane Austen 11

«Three years ago, after a night of reckless gaming, Curzon Fiske fled England for an uncertain future in India, leaving scandal and prodigious debts behind him. When news of his death from fever in Ceylon reached his raven-haired wife, Adelaide, she mourned him for a time—then quietly restored her damaged reputation. Now Adelaide is at the altar again, her groom a soldier on the Marquis of Wellington's staff. The prospects seem bright for one of the most notorious women in Kent—until Jane Austen discovers a corpse on the ancient Pilgrim's Way that runs through her brother Edward's estate. Why is the dead stranger dressed as a pilgrim, and who wrote the summons he carries in his pocket? Who is the aristocrat masquerading as a sailor? And why will none of Adelaide's friends reveal Curzon Fiske's final wager, the night he abandoned his wife? As Chief Magistrate for Canterbury, Edward is forced to investigate, with Jane as his unwilling assistant. From the shooting parties and balls of her wellborn neighbors, to the grim and airless cells of Canterbury gaol, Jane leaves no stone unturned. When a second corpse appears beside the ancient Pilgrim's Way, Jane has no choice but to confront a murderer...lest the next corpse be her own....»

Que de plaisir dans ce frissonnant opus victorien! La plume de Stephanie Barron est au sommet de sa maîtrise, s'appropriant habilement le ton paradoxal de Jane Austen (à la fois réservé et audacieux), et entraînant le lecteur au coeur d'une intrigue noire à souhait, saupoudrée d'un brin de romance et pimentée par une fine tragédie. De la vraie bonne littérature policière comme je l'aime!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mardi 4 octobre 2011

L'homme de la Saskatchewan

Par Jacques Poulin, Leméac/Actes Sud

«Jack Waterman a accepté d'écrire au noir l'autobiographie du jeune gardien de but du Grand Club de Hockey de Montréal, Isidore Dumont, issu de la lignée de Gabriel Dumont, chef militaire de Louis Riel. Mais Jack, pris par un nouveau roman, confie le travail à son petit frère Francis, qui s'embarque à son corps défendant dans ce travail d'écrivain fantôme et se fait aider dans ses recherches par la Grande Sauterelle. Mais les longues jambes de cette Montagnaise le troublent de plus en plus. Les petits frères aussi peuvent tomber sous le charme d'une Métisse si libre et si indépendante, et en même temps aussi mystérieuse que le sourire d'un chat.»

Oh! Cette plume de Jacques Poulin... si délicate et juste, et fine... Elle était bien au rendez-vous, cette fois encore, croquant en quelques lignes bien senties les interminables jambes de la Grande Sauterelle, et l'indécision de Francis, et la créativité grognonne de Jack. Mais... mais... il manquait un soupçon de je-ne-sais-quoi, un poil de magie pour que l'histoire s'épanouisse et m'envoûte. Je n'ai pas été transportée et ça me désole... J'ai eu l'impression d'errer dans un bassin de rémininescences de Volkswagen Blues, semées ça et là de miettes un peu décousues d'une intrigue toute neuve. Je me suis accrochée vaillamment aux mots de Francis, et à quelques savoureux moments littéraires, comme cette fin douce-amère, mais malgré toute ma bonne volonté, la trame éparpillée de cet opuscule n'est pas réellement parvenue à me toucher. Tellement dommage!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 3 octobre 2011

Boum! Boum! Et autres petits (grands) bruits de la vie

Par Catherine Lafaye-Latteux, illustré par Mam'zelle Rouge, Frimousse

«Psst! Psst! Entends-tu? Non, vraiment? Ils font pourtant grand bruit, ces moments-poème de la vie qui, quand on aime, produisent des: BOUM! BOUM! DRING! DRING! YOUPI! YOUPI! POUET! POUET! MIAM! MIAM! CLING! CLING! TCHIN! TCHIN! HI-HI-HI! SMACK! SMACK! TIC! TAC!...»

Beau petit morceau de poésie amoureuse et de tendresse visuelle! La plume de Catherine Lafaye-Latteux est toute simple, douce et évocatrice, jouant habilement avec le fait que l'amour n'a pas de sexe ni d'âge; un texte délicat et délicieusement audacieux. Et puis quel univers visuel touchant, tout en demi-teintes et en émotions; j'ai découvert Mam'zelle Rouge avec bonheur!... Un opus savoureux et déroutant, qui se pose sans peur en terrains rarement explorés...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

jeudi 29 septembre 2011

Who's Afraid of the Big Bad Book?

Par Lauren Child, Hyperion Books for Children

«Herb never imagined the dangers when he decided to scribble on and cut up his book of fairy tales. Drawing mustaches on the characters, pasting telephones into the rooms, and cutting out Prince Charming and the royal thrones had seemed like good fun. But then Herb never imagined he'd fall into the book one night. After contending with a petulant Goldilocks, a very angry wicked stepmother, and a disappointed Cinderella, all Herb wants to do is find his way off the page. If only he can escape the book, he can make everything happily ever after again, sort of.»

Un délice délirant au coeur du merveilleux; des contes de fées comme vous ne les avez jamais vus! La plume joyeusement espiègle de Lauren Child croque avec habileté et humour le plongeon chaotique et hors du commun de Herb dans les pages de son gros livre d'histoires. Tout est sublime dans cet album: le rythme, les clins d'oeil moqueurs aux clichés des contes pour enfants, la mise en page tourbillonnante et interactive, et l'univers visuel ébouriffé. Un trésor savoureux à découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

Le livre de grand-papa

Par Francine Labrie, illustré par Marc Mongeau, Bayard Canada, Raton Laveur

«À quatre ans, Charles adorait se rendre dans la ferme de ses grands-parents à Saint-Ours. C’était une occasion unique de se faire conter des histoires peuplées d’êtres divers. Il y était question de marins et de cultivateurs, mais aussi de fées et de lutins. Le petit garçon était toutefois surpris que certains détails changent parfois et que le seul livre de son grand-père soit une source inépuisable de récits. En grandissant, il apprendra son secret et comprendra combien l’imagination est un don formidable.»

Une histoire toute simple au sujet d'une réalité qui ne l'est pas toujours: l'analphabétisme. La plume de Francine Labrie, chaleureuse et amusante, fait vibrer le lecteur au diapason du bonheur de Charles et surtout, le plonge dans celui de son grand-père, le conteur à l'imagination débordante; un moment réconfortant et émouvant mené de «main de maîtresse», bien que j'aurais préféré que l'histoire ne se termine pas sur une note aussi pédagogico-moralisatrice. Cela dit, ne serait-ce que pour le superbe et riche univers visuel de Marc Mongeau, dont le style n'est pas sans rappeler celui de Philippe Beha, cet album vaut le détour!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆