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mercredi 14 décembre 2011

Le fils de la nouvelle fiancée de Papa

Par Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo, Frimousse, Prune 2

«"Prune, je te présente Paul, le fils de Léa" m'a dit Papa. Cosmo est tout content, ça lui fait un nouveau frère pour jouer au foot. Moi, j'attends de voir qui est vraiment ce Paul, le fils de la nouvelle fiancée de Papa.»

Suite savoureuse des aventures de Prune, héroïne cocasse au quotidien mouvementé. Séverine Vidal propose encore une fois une narration mémorable, réussissant à éviter les pièges de l'ostensiblement éducatif, tout en évoquant une situation courante de nos jours: la famille recomposée et ses aléas. Tout aussi habile et réjouissant que le tome précédent, ce roman peut de nouveau compter sur l'univers visuel délicieusement hors norme de Kris Di Giacomo. Une série rafraîchissante qui fera sourire petits et grands.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

La grosse rumeur

Par Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo, Frimousse, Prune 1

«Barnabé a raconté que Kevin lui a dit que la maman de Paul a dit que Fanny a dit qu'Omar sait quelque chose de grave sur Marie... Voilà comment démarre cette chose bizarre qu'on ne peut plus arrêter : la rumeur!»

Premier tome d'une délectable série pour les lecteurs débutants. Je suis totalement tombée sous le charme de la truculente Prune, et de sa vision délicieusement cynique de la vie. Séverine Vidal signe ici un texte hilarant, tendre et juste, qui, bien qu'il aborde une «problématique» toute enfantine, ne verse pas dans le pontifiant. L'univers visuel de Kris Di Giacomo, sensible, échevelé, habile, accompagne avec éloquence le lecteur au coeur de cette aventure remplie de rebondissements. À mettre entre toutes les petites mains!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

lundi 12 décembre 2011

Le Diadème de Bérysl

Par Arthur Conan Doyle, illustré par Christel Espié, Sarbacane, Sherlock Holmes 2

«Un banquier reçoit en gage un somptueux diadème appartenant aux joyaux de la Couronne. Par sécurité, il l'emporte chez lui, mais en pleine nuit il surprend son fils, le diadème endommagé à la main et privé de ses pierres précieuses. Sherlock Holmes et Watson mènent l'enquête.»

Sympathique deuxième tome des enquêtes de Sherlock Holmes. J'adore toujours autant le format et la facture de cette série de romans graphiques: couverture rigide, papier épais et texte aéré. Et bien sûr, le charme du style d'Arthur Conan Doyle demeure puisqu'il s'agit de la traduction fidèle du texte intégral. Si l'univers visuel de Christel Espié est plutôt conventionnel, il donne cependant à cette édition contemporaine une juste et réjouissante bouffée d'ère victorienne. Une belle façon de redécouvrir cet inénarrable duo de fins limiers.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 9 décembre 2011

Le Cristal qui pousse

Par Steve Proulx, Trécarré, Le Cratère 1

«Simon et Lili partent à la recherche d’un étrange cristal ayant été inexplicablement volé au Musée de la météorite de Grise-Vallée. Au cours d’une expédition spéléologique aussi périlleuse que salissante, ils découvriront que ce fameux "cristal qui pousse" ne représente en fait que l’ombre d’un tout petit flocon sur la pointe d’un iceberg titanesque…»

Une intrigue enlevante et frisant délicieusement l'improbable. La plume vivante de Steve Proulx narre avec humour et autodérision ce premier tome des aventures saugrenues de Simon et Lili, au coeur de leur étrange Grise-Vallée. Prenant directement à partie le lecteur en commentant l'action, des détails de l'histoire ou par le biais de notes de bas de page rigolotes (ce qui n'est pas sans rappeler l'inoubliable Robert Soulières), Steve Proulx parvient à captiver son lectorat en moins de deux. J'ai dévoré cette enquête hors norme jusqu'à la toute dernière page, empiétant sur ma nuit sans remord. Une série au ton rafraîchissant et au rythme endiablé. À lire absolument.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

mercredi 7 décembre 2011

Comme un poisson dans l'eau - Carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin

Par Thierry Dedieu, Petite Plume de Carotte, Magnus Philodolphe Pépin 2

«Après sa soudaine envie de voler, qu’est-ce qui pique Magnus Philodolphe Pépin? Eh bien… une soudaine envie de nager! Une façon belle et originale de regarder la nature, inspiratrice des rêves les plus fous. Dans le second tome de cette nouvelle collection, Magnus Philodolphe Pépin n’hésite pas à rester plusieurs minutes sous l’eau, sans respirer, pour observer têtards, mollusques et larves… Il confectionne même un vrai costume de grenouille et se risque à chevaucher un brochet pour atteindre son but : devenir poisson…»

Je l'attendais avec tant d'impatience, ce deuxième tome des Carnets de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin!... et j'ai malheureusement été déçue. Tout d'abord, la plume de Thierry Dedieu (dont j'adore habituellement la finesse et la singularité du style) ne m'a pas impressionnée outre mesure; en effet, la construction du récit est plutôt maladroite et la fin arrive sans prévenir. Les «idées» de Magnus Philodolphe Pépin sont toujours aussi hilarantes et saugrenues par contre, mais on dirait que leur mise en images n'est pas aussi fascinante que prévu. De prime abord, la recette de l'univers visuel semble pourtant similaire au concept du premier opus: un hybride entre l'album et le carnet personnel, un mariage astucieux entre le sobre et vieillot sepia, et la polychromie déjantée. Et pourtant, la magie n'opère pas aussi aisément. Bien sûr, il y a le choix d'un papier mat pour l'impression; papier qui rend la superposition entre les deux styles visuels plus visible, plus artificielle, moins habile. Mais ce n'est pas que ça... On dirait aussi que le concept s'essouffle, que l'exploitation de la prémisse prometteuse de ces carnets de curiosités n'est plus aussi inventive, qu'elle est moins rafraîchissante. C'est donc avec une pointe de regret que j'ai refermé cet album... en espérant retrouver le Magnus Philodolphe Pépin déroutant et cocasse du tout début de la série, dans un futur carnet de curiosités.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 5 décembre 2011

Le Yark

Par Bertrand Santini, illustré par Laurent Gapaillard, Grasset Jeunesse

«Il adore les enfants! Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur la terre, l'Homme est l'espèce la plus répandue. Il en est une autre, cependant, plus rare et moins connue. C'est le Yark.»

Délicieux récit politiquement incorrect. Bertrand Santini ose braver les «interdits» de la littérature jeunesse en choisissant un monstre, un vrai de vrai, sans pitié et tout, comme personnage principal (bien sûr, à force de côtoyer les humains, et une certaine Madeleine en particulier, cet irrévérencieux Yark s'attendrira un brin, à sa plus grande surprise). À mi-chemin entre la prose, la poésie, la critique sociale et le conte cruel, cette aventure débridée arrache au lecteur rires grinçants et frissons de peur... sans oublier d'émouvoir. Ajoutez à cela l'univers monochrome échevelé de Laurent Gapaillard (impressionant de finesse!), et vous aurez en main un opus dérangeant à souhait à découvrir absolument.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 4 décembre 2011

Extremely Loud and Incredibly Close

Par Jonathan Safran Foer, Houghton Mifflin Harcourt

«Nine-year-old Oskar Schell is on a mission to find the lock that matches a mysterious key belonging to his father, who died in the World Trade Center on 9/11. An inspired innocent, Oskar is alternately endearing, exasperating, and hilarious as he careens from Central Park to Coney Island to Harlem on his search. As he roams the five boroughs, Oskar encounters a motley assortment of people who are all survivors in their own way. His journey concludes in an emotional climax of truth, beauty, and heartbreak.»

Des années à me faire dire par mes collègues libraires: tu dois lire ce livre. Et moi, affairée, de leur répondre que oui, bon, je sais, c'est noté dans ma liste, je suis débordée, et il y a toutes ces nouveautés qui m'empêchent de m'y plonger. Premier constat: j'ai été une idiote de première d'avoir repoussé si longtemps un tel opus. Alors, vous qui lisez Lili, où que vous soyez, si vous avez toujours été attirés par ce livre, n'hésitez plus: il vous envoûtera ou vous choquera, mais il ne pourra vous laisser indifférent. En ce qui me concerne, j'ai été happée, dès les premières lignes, par la prose de Jonanathan Safran Foer. Si particulière, elle est à la fois touffue et fragile, échevelée, intense, bouillonnante, délicieusement cynique et rafraîchissante, mais surtout incroyablement sensible. Dans un embrouillamini d'émotions, de silences dévorants, de malentendus, de remords, de tristesse et de moments de grâce, l'auteur parvient à transmettre au lecteur, à travers une narration à plusieurs voix, habilement déconstruite, la Vie dans tout ce qu'elle a d'inextricable et d'inévitable. Un roman implacable, d'une douceur triste et d'une finesse délectable. À lire. Point.




Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



Pour le lire en version française

samedi 3 décembre 2011

Une poule derrière un mur

Par Jean-François Dumont, Flammarion, Albums du Père Castor

«Un matin d'automne, un hérisson arrive dans la cour de la ferme. Panique chez les poules qui décident de construire un mur pour éviter à l'avenir, toute intrusion d'animaux à piquants. Mais une fois l'hiver passé, le hérisson sort de la paille et plus personne ne veut qu'il s'en aille.»

Une histoire de basse-cour hilarante et délicieusement ridicule qui rappelle gentiment la bêtise humaine et son penchant pour les préjugés. Jean-François Dumont propose un univers visuel tout en douceur, mélange de sensibilité et d'humour. Un album qui stimule habilement la réflexion et qui fera rigoler à coup sûr!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Charles à l'école des dragons

Par Alex Cousseau, illustré par Philippe-Henri Turin, Seuil jeunesse

«À l'école des dragons, on apprend à voler et à cracher du feu. Sauf quand on s'appelle Charles et qu'on préfère écrire des poésies.»

Histoire singulière d'un dragon solitaire, poète dans l'âme. Alex Cousseau narre de sa plume fine et douce les premiers pas laborieux de Charles à l'école: sa différence physique et sa passion plutôt marginale pour les mots. Or, si l'histoire est habilement construite, la fin semble nous filer entre les doigts. Tout arrive si vite! Charles change de cap sans crier gare, laisse ses mots derrière lui et s'envole vers l'inconnu. «Et les mots? Et sa poésie?», me suis-je dit, un poil déçue, après avoir refermé le livre. Un petit bémol concernant la fin donc... mais, par contre, quel univers visuel splendide et majestueux que celui de Philippe-Henri Turin! Tout y est: la riche palette, les illustrations fourmillant de petits détails, les expressions éloquentes des personnages, et la sensibilité du trait. Un pur délice pour les yeux! Un album qui vaut donc le détour, et qui mérite tout de même le Prix jeunesse des libraires du Québec qu'il s'est vu décerné, ne serait-ce que pour la narration visuelle inoubliable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 2 décembre 2011

L'oie qui jouait de la trompette

Par Benoît Charlat, Les 400 coups, Les Zigotos

«Il était une fois une oie qui jouait super bien de la trompette...»

Adorable histoire, pleine d'humour et de rebondissements. Les péripéties sont réjouissantes (beaucoup plus que celles de La chèvre qui mageait des tartines d'ailleurs!) et les illustrations, savoureuses. Un album à mettre entre toutes les petites mains pour des éclats de rire garantis! Attention toutefois, le carton utilisé pour l'album est trop mince et gondole facilement!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆