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samedi 28 mai 2011

The Postmistress

Par Sarah Blake, G. P. Putnam and sons

«Those who carry the truth sometimes bear a terrible burden... Filled with stunning parallels to today's world, The Postmistress is a sweeping novel about the loss of innocence of two extraordinary women-and of two countries torn apart by war. On the eve of the United States's entrance into World War II in 1940, Iris James, the postmistress of Franklin, a small town on Cape Cod, does the unthinkable: She doesn't deliver a letter. In London, American radio gal Frankie Bard is working with Edward R. Murrow, reporting on the Blitz. One night in a bomb shelter, she meets a doctor from Cape Cod with a letter in his pocket, a letter Frankie vows to deliver when she returns from Germany and France, where she is to record the stories of war refugees desperately trying to escape. The residents of Franklin think the war can't touch them- but as Frankie's radio broadcasts air, some know that the war is indeed coming. And when Frankie arrives at their doorstep, the two stories collide in a way no one could have foreseen.
The Postmistress is an unforgettable tale of the secrets we must bear, or bury. It is about what happens to love during war time, when those we cherish leave. And how every story-of love or war-is about looking left when we should have been looking right.»

Touchante et troublante vision de la guerre, à mi-chemin entre le roman historique, la grande histoire d'amour et le journal de guerre. Sarah Blake dresse avec finesse et lucidité un portrait sans complaisance de l'inertie américaine au début de la Deuxième Guerre Mondiale, et de l'aveuglement généralisé du monde entier concernant l'exode forcé et la disparition inexpliquée alors (!) des Juifs d'Europe. La prémisse de l'histoire est accrocheuse (et si une maîtresse des Postes décidait de ne pas livrer telle ou telle lettre, en temps de guerre) et entraîne le lecteur dans un questionnement plus fondamental: est-ce que les règles doivent toujours être suivies rigoureusement,  et indirectement, est-ce que toute vérité est bonne à dire? Peut-on faire du mal en voulant faire le Bien? Intéressante piste de réflexion mise en mots à travers une fiction vivante et prenante. À lire...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française

vendredi 20 mai 2011

I Broke My Trunk!

Par Mo Willems, An Elephant and Piggie Book, Hyperion Books for Children

«Gerald is careful. Piggie is not. Piggie cannot help smiling. Gerald can. Gerald worries so that Piggie does not have to. Gerald and Piggie are best friends. In I Broke My Trunk! Gerald tells Piggie the long, crazy story about breaking his trunk. Will Piggie end up with a long, crazy story of her own?»

Une autre savoureuse aventure d'Elephant et de Piggie! La plume habile et absurde à souhait de Mo Willems m'a fait rire haut et fort... tout comme ses illustrations simples mais délirantes. Un petit bonheur en forme d'album!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

Mon monstre et moi

Par Emmanuelle Eeckhout, École des Loisirs, Pastel

«"Quand j'étais petit, mon meilleur ami était un monstre. Il avait l'air si triste. Je ne pouvais pas le laisser comme ça. Alors, sans hésiter, je l'ai ramené à la maison."»

Une charmante historiette qui m'a fait sourire... Les personnages sont attachants (et ne manqueront pas de faire s'épanouir une bouffée de souvenirs dans le coeur de tous les rêveurs). J'ai été un brin dérangée, toutefois, par l'univers visuel hybride, alliant photographie retravaillée et illustrations: si parfois ce genre de duo de médiums m'enchante, cette fois, j'ai trouvé que cela faisait planer un vent de froideur sur la représentation visuelle d'une histoire pourtant si tendre. Un album parfait pour les nostalgiques de l'enfance...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 16 mai 2011

Auto-Stop

Par Daniel Bélanger, Les Allusifs, Les peurs

«Auto-Stop est un récit intime en forme de poèmes/chansons qui explore la peur d’exister. Une déambulation, au gré des humeurs et réflexions, d’un homme lors d’un voyage en Italie où il rencontre une jeune femme. Coup de foudre et tremblement du temps. Il vivra une aventure inoubliable avec cette Italienne qu’il quittera aussi subitement qu’il l’a rencontrée. Une histoire d'amour qui brûle par deux bouts : celui de l'idéalisme d'un amour inaccessible, et celui vertigineux des abysses de sentiments contradictoires. Un dévoilement progressif tisse un suspense d'une très grande efficacité. Le tout sous un ciel florentin croqué par la finesse d’un poète.»

Un agréable petit opus saugrenu et poétique en forme de voyage quasi-initiatique. La plume de Daniel Bélanger virevolte avec aisance dans l'univers des mots, peignant le périple de Vincent par petites touches d'authenticité, et gardant habilement au fond de son encrier une chute sympathique pour la toute, toute fin. Un récit joyeusement fleuri et incontestablement touchant à découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Le coeur et la bouteille

Par Oliver Jeffers, Kaleidoscope

«C’est l’histoire d’une petite fille emplie de toutes les curiosités du monde qui fait un jour une tragique découverte. Alors la petite fille décide de mettre son coeur à l’abri des bouleversements de la vie. Mais quand saura-t-elle remettre son coeur à sa place? Et comment?»

Une histoire toute en douceur, saupoudrée d'un brin de tristesse. La narration, simple, peu loquace et pourtant si éloquente, m'a séduite. Quant aux illustrations émouvantes à la palette tendrement délavée, elles m'ont envoûtée, littéralement. Un voyage en demi-teintes au coeur d'une grande peine de petit et qui, sans pontifier, fait comprendre que le soleil peut toujours poindre au bout du chemin, si on sait bien s'entourer...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

La croûte

Par Charlotte Moundlic, illustré Olivier Tallec, Flammarion, Albums du Père Castor

«Quand une maman meurt, rien n'est plus comme avant. On continue à vivre, à jouer, à respirer. Comment faire alors pour ne pas l'oublier? On cherche son odeur, on entend sa voix, on voudrait toujours les garder avec soi, comme quand elle était là...»

Émouvante variation sur le thème de la mort de l'être aimé et de la vie qui continue après, malgré tout. La prémisse de l'histoire est fort intéressante et aborde un sujet délicat habilement, sans trop de prétentions pédagogiques ostensibles. Toutefois, la narration inonde le vide vertigineux auquel font face les personnages d'une avalanche de mots; je crois qu'un brin d'élagage aurait pu être fait, ce qui aurait fait s'épanouir encore plus ce petit conte tendre et sensible. En ce qui concerne l'univers visuel créé par Olivier Tallec, j'ai été totalement envoûté: une simplicité colorée et éloquente qui ne peut que ravir les yeux! Un joli album à feuilleter tout doucement, le temps que «la croûte» cicatrise...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 13 mai 2011

La frousse autour du monde

Par Bruno Blanchet, La Presse, La frousse 1

«Enfin les chroniques de Bruno Blanchet réunies dans un livre magnifiquement illustré, avec les photos personnelles de ce globe-trotter à nul autre pareil. Dans une esthétique exotico-trash, Bruno Blanchet nous entraîne avec lui dans sa première année de périple de La Frousse autour du Monde (2004-2005). En plus des textes poétiques et drôles des 41 premières chroniques, Bruno a lui-même ajouté des commentaires inédits, des photos jamais publiées et des objets de voyages qu'il a pris soin de nous faire parvenir en provenance du bout de la planète! Retrouvez un Bruno absurde qui pose son regard original sur le monde et les gens qui l'entourent, qu'ils soient de Brossard ou du Myanmar!»

Comme une bouffée d'air frais du large pour la pantouflarde douillette que je suis! Ce tour du monde qu'offre Bruno Blanchet, dans ses délicieux mots, un peu sur le rough, justes, sensibles, candides et vrais, je l'ai bu littéralement, comme une assoifée du dépaysement que je ne suis pourtant pas (à ma grande déception!). Peut-être parce que ce dont l'auteur parle, c'est de la vie, avec un grand V, et sans frontière... À découvrir absolument donc!... et à offrir, et à relire, encore et encore, en riant tout haut et tout fort, pour éveiller le globe-trotter en nous, aussi timide soit-il...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

Ma Meteor bleue

Par Caroline Merola, KamiCase, Vol d'essai

«"Ce matin, je me suis acheté une Meteor bleue 1958. Pour la première fois, j'éprouve une certaine fierté à être au volant d'une belle voiture et à rouler à bonne vitesse. Grâce à elle, le soir même, je me faisais de nouveaux amis. Le soir même, les complications commençaient..."»

Agréable scénario un brin noir et fantaisiste, soutenu par un visuel coloré et sensible. Une BD qui a fait sourire le limier, s'émouvoir la romantique et frissonner la froussarde en moi. Habile et surprenant. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 9 mai 2011

The Arrival

Par Shaun Tan, Arthur A. Levine Books

«In a heartbreaking parting, a man gives his wife and daughter a last kiss and boards a steamship. He's embarking on the most difficult journey - he's leaving home to build a better future for his family.»

Quel silence éloquent et percutant que cette riche aventure visuelle de Shaun Tan! Totalement séduite par la «voix» de l'auteur, par sa façon de rythmer doucement sa narration, permettant au lecteur de s'imprégner de chaque parcelle d'illustration, d'évoluer avec discrétion auprès du personnage principal, au coeur de ce nouvel univers si déroutant, d'être touché, ému, bouleversé par l'histoire intemporelle et pourtant universelle de cet émigrant face à l'Inconnu. Un album qui émerveille, et qu'on savoure lentement, en extase... Et, sans aucun doute, un auteur à découvrir... 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

Pour le lire en «version française»...
... même s'il n'y a pas de dialogues (!)

samedi 7 mai 2011

La belle au bois dormant

Par les frères Grimm, illustré par Adolie Day, Toucan

«Le roi et la reine ont organisé un grand banquet en l'honneur de la naissance de leur fille et n'ont pu inviter que 12 fées. La 13e fée, non invitée, déclare pour se venger que dans sa quinzième année, la jeune fille se piquera à un fuseau et en mourra. La 12e fée, qui heureusement n'avait pas encore prononcé son voeu pour la princesse, transforme la sentence en un long sommeil de 100 ans.»

Je me suis laissée envoûter par l'illustration de la couverture de ce conte de Grimm si souvent visité. Malheureusement, si, cette fois, la narration est dynamique et rafraîchissante, dépoussiérant joyeusement cet incontournable des contes de fées, l'univers visuel d'Adolie Day m'a un brin déçue... En effet, son style léché, plutôt froid, peu éloquent, laisse difficilement percer une sensibilité que la palette de couleurs et le choix des contextes à illustrer appelaient pourtant. On est douloureusement loin de Rébecca Dautremer et Benjamin Lacombe, de leur monde de nuances et de demi-teintes émouvant, juste... et c'est dommage.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆