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lundi 12 juillet 2010

Devant ma maison


Par Marianne Dubuc, La Courte Échelle, Albums, Hors Série

«Un imagier de Marianne Dubuc pas comme les autres. Cet album tout carton invite le lecteur à découvrir derrière chaque objet une nouvelle image et, derrière la réalité, l'imaginaire. Accompagnés ou non dans leur lecture, les enfants auront tout le loisir de se promener entre leur univers quotidien et le monde des contes et de la fantaisie, et d'en revenir sans même s'en rendre compte.»

Un album cartonné dynamique, coloré et rafraîchissant qui stimule l'imaginaire et suggère mille histoires, en passant d'un objet à l'autre à la manière de «L'arbre est dans ses feuilles...». Les courtes descriptions sont cocasses et les illustrations délicieusement candides. Des heures de rire et de plaisir à explorer les vastes possibilités de cet imagier pas comme les autres...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 9 juillet 2010

The Sweetness at the Bottom of the Pie

Par Alan Bradley, Doubleday Canada

«The summer of 1950 hasn't offered up anything out of the ordinary for eleven-year-old Flavia de Luce: bicycle explorations around the village, keeping tabs on her neighbours, relentless battles with her older sisters, Ophelia and Daphne, and brewing up poisonous concoctions while plotting revenge in their home's abandoned Victorian chemistry lab, which Flavia has claimed for her own. But then a series of mysterious events gets Flavia's attention: A dead bird is found on the doormat, a postage stamp bizarrely pinned to its beak. A mysterious late-night visitor argues with her aloof father, Colonel de Luce, behind closed doors. And in the early morning Flavia finds a red-headed stranger lying in the cucumber patch and watches him take his dying breath. For Flavia, the summer begins in earnest when murder comes to Buckshaw: "I wish I could say I was afraid, but I wasn't. Quite the contrary. This was by far the most interesting thing that had ever happened to me in my entire life." Did the stranger die of poisoning? There was a piece missing from Mrs. Mullet's custard pie, and none of the de Luces would have dared to eat the awful thing. Or could he have been killed by the family's loyal handyman, Dogger… or by the Colonel himself! At that moment, Flavia commits herself to solving the crime - even if it means keeping information from the village police, in order to protect her family. But then her father confesses to the crime, for the same reason, and it's up to Flavia to free him of suspicion. Only she has the ingenuity to follow the clues that reveal the victim's identity, and a conspiracy that reaches back into the de Luces' murky past.»

Une plume intelligente, enlevante et habile que celle d'Alan Bradley!  Elle aligne les mots avec dextérité en nous plongeant au coeur d'une intrigue policière haletante, aux mille ramifications et aux surprenants rebondissements. Dès les premiers chapitres, on s'attache à Flavia de Luce, cette chimiste en herbe qui s'improvise détective, à toute sa singulière famille et à ce paisible village anglais des années 50 avec son lot de personnages colorés. Bradley nous offre un astucieux mélange de fiction historique et policière, saupoudré d'un brin de ce sombre charme victorien. Une série qui s'annonce captivante! Ne manquez pas la suite: The Weed that Strings the Hangman’s Bag...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

Pour le lire en version française



jeudi 1 juillet 2010

L'homme aux cercles bleus

Par Fred Vargas, Viviane Hamy Éditions, Inspecteur Adamsberg 1

«"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?" Ça amuse les Parisiens. Depuis quatre mois, cette phrase accompagne les cercles qui surgissent à la nuit, tracés en bleu sur les trottoirs de la ville. Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite "suintent" la cruauté. Il le sait, il le sent: bientôt, de l’anodin saugrenu on passera au tragique.»

Une plume d'une douceur, d'une sensibilité et d'une fluide poésie... Fred Vargas plonge le lecteur dans un univers étrange, un brin inquiétant mais ô combien humain et attachant. De la littérature délicieuse qui se savoure lentement et qui fait éclore une enquête policière savamment enchevêtrée. Quant à l'insaisissable commissaire Adamsberg et à son fidèle Danglard, il s'agit bien du plus improbable duo d'enquêteurs que j'ai rencontrés au fil de mes lectures... et j'en redemande! Un polar de haute voltige à ranger entre Christian Bobin et Elizabeth George...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

La grenouille qui refusait d'être une princesse

Par Hiawyn Oram, illustré par Ruth Brown, Gallimard jeunesse

«Juliette est une petite grenouille. Elle aime sauter, nager, partir à l'aventure. Mais un jour, un prince vient tout gâcher en lui donnant un baiser... qui, bien sûr, la transforme en princesse. Une histoire pleine d'humour pour tous ceux qui aiment les contes de fées.»

Un délicieux conte à l'envers qui nous fait voir les princesses d'un autre oeil... La plume d'Oram mène l'histoire habilement, semant son univers de personnages cocasses et hors normes comme cette inénarrable Juliette la grenouille. Quant aux illustrations de Ruth Brown, plutôt classiques pourtant, elles happent le lecteur par leur sensibilité et leur éloquence. Une belle réussite, qui deviendra vite un incontournable de l'heure du dodo...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★    

Confisqué!

Par Carole Tremblay, illustré par Isabelle Malenfant, Les 400 coups, Grimace

«Malin constate que son enseignante, mademoiselle Bonsoir, est encore absente. Depuis trois jours, c’est une horrible bonne femme qui la remplace : madame Vermifuge. Elle est plus laide qu’une araignée, elle confisque tout et n’a pas une once de patience avec les enfants. Aidé de ses amis, Sébastopol et Séraphine, Malin découvre que la suppléante est une sorcière qui se présente à la présidence de l’Association des Méchants et qu’elle organise un pique-nique d’information sur son programme électoral. Au menu: sandwiches à la viande fraîche et enfants frais et dodus pour le dessert! Les trois amis réussiront-ils à déjouer son plan, avant que toute la classe ne serve de repas à cette réunion peu conventionnelle?»

Une histoire saugrenue et très originale au sujet de ces fameuses «remplaçantes» mythiques qui peuplent les années d'école... Les illustrations d'Isabelle Malenfant sont expressives et sombres à souhait; le fini un brin «délavé» des images contribue habilement à l'ambiance embrumée et fantaisiste proposée par la plume de Carole Tremblay. Coeurs sensibles et imaginaires impressionnables s'abstenir!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 27 juin 2010

Longs cheveux

Par Benjamin Lacombe, Talents hauts

«Loris est un petit garçon aux cheveux longs, tellement longs qu'on le prend souvent pour une fille. Pourtant les héros aux cheveux longs ne manquent pas!»

Ah! ce Benjamin Lacombe... Les illustrations de cet opus sont si émouvantes; elles nous soufflent l'histoire tout doucement. Très lumineuses aussi, ces images qui valent mille mots, ce qui surprend un brin par rapport à la riche mais sombre palette habituelle de Lacombe. L'histoire est agréable, et plante presque les bases La mélodie des Tuyaux, avec l'entrée en scène du flamenco et de la guitare... mais malheureusement, cette fois, il manque un petit je-ne-sais-quoi pour que la magie opère totalement. Un délice pour les yeux, à découvrir à travers le murmure des illustrations.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

La petite Princesse et les livres

Par Gilles Tibo, illustré par Josée Masse, Éditions Imagine, Mes premières histoires, La petite Princesse 3


«Il était une fois une petite Princesse qui détestait les livres. Un jour, elle ordonne à la fée Tourloupinette de sceller tous les livres du royaume. Les petites princesses, comme tous les enfants, ont parfois de bien curieuses idées ! Une histoire aussi surprenante et magique que les mots qui nous font rêver...»


Troisième aventure pour la petite Princesse malcommode... Les illustrations de Josée Masse sont toujours aussi rieuses, colorées et fascinantes... mais cette fois, la plume de Tibo retombe dans ses bonnes vieilles habitudes; le ton pontifiant de l'Adulte qui Sait et qui Enseigne. Dommage car l'histoire avait un bon potentiel, n'eût été de la fin un brin trop moralisatrice. À découvrir tout de même, ne serait-ce que par les éloquentes images de Josée Masse...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

La petite Princesse et le prince


Par Gilles Tibo, illustré par Josée Masse, Éditions Imagine, Mes premières histoires, La petite Princesse 2

«Il était une fois une petite Princesse qui était très jalouse de son voisin, le Prince aux cheveux d'or. Un jour, elle ordonne à la fée Tourloupinette de jeter un Prince trois mauvais sorts... Les petites princesses, comme tous les enfants, sont parfois bien envieuses! Un histoire d'amitié aussi sucrée que des bisous sur les joues.»

Une cocasse petite historiette, un soupçon trop éducative, mais aux personnages attachants. La plume de Tibo est juste, cette fois: pas trop pompeuse, dynamique et coquine. Quant aux illustrations de Josée Masse, elles sont craquantes, toutes en rondeurs et en petits détails savoureux à découvrir! Une série à découvrir en famille, à l'heure du dodo ou de la sieste...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 21 juin 2010

Le lundi tout est différent

Par Christine Nöstlinger, Flammarion, Castor Poche

«Tous les lundis, Kathi va coucher chez sa grand-mère, Lady, une jeune grand-mère de quarante-sept ans, tout à fait fantaisiste... Découvrant que Kathi a des poux, Lady tente de la convaincre de couper ses longs cheveux. Kathi finit par accepter, à la condition que sa grand-mère lui réalise une coiffure punk. Lady se laisse entraîner, et Kathi, ravie, se retrouve avec une crête de cheveux teints en rose, bleu, vert, à la manière iroquoise. À l'école, à la cantine, la nouvelle coiffure de Kathi va faire beaucoup parler d'elle et provoquer bien des réactions vives. Heureusement, Lady est là pour apaiser les conflits...»

Un de mes romans préférés lorsque j'avais une dizaine d'années... L'histoire a plutôt bien vieilli, et les personnages brossés par la plume dynamique et créative de Nöstlinger sont toujours aussi cocasses. Toutefois, la traduction vers le français de ce texte originalement écrit en allemand est beaucoup trop franchouillarde, si bien qu'on s'y perd parfois à cause de références à l'Allemagne maladroitement adaptées à un contexte français de France... Cela dit, à dix ans, cette mauvaise adaptation ne m'avait pas choquée outre-mesure... En effet, sans la collection Castor Poche, et ses traductions plutôt conservatrices et à la française, je n'aurais pas pu découvrir  tous ces auteurs jeunesse étrangers qui ont peuplé mon enfance!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 20 juin 2010

This Body of Death

Par Elizabeth George, Harper, Inspecteur Linley et Sergent Havers 16

«On compassionate leave after the murder of his wife, Thomas Lynley is called back to Scotland Yard when the body of a woman is found stabbed and abandoned in an isolated London cemetery. His former team doesn’t trust the leadership of their new department chief, Isabelle Ardery, whose management style seems to rub everyone the wrong way. In fact, Lynley may be the sole person who can see beneath his superior officer’s hard-as-nails exterior to a hidden—and possibly attractive—vulnerability. While Lynley works in London, his former colleagues Barbara Havers and Winston Nkata follow the murder trail south to the New Forest. There, they discover a beautiful and strange place where animals roam free, the long-lost art of thatching is very much alive, and outsiders are not entirely welcome. What they don’t know is that more than one dark secret lurks among the trees, and that their investigation will lead them to an outcome that is both tragic and shocking.»

Une incursion enlevante dans le monde bigarré et déstabilisant d'Elizabeth George. On retrouve avec plaisir Linley, Havers et Nakta, les trois mousquetaires de la Met... et on apprend à découvrir Isabelle Ardery, cette nouvelle dirigeante qui malgré des dehors un brin rébarbatifs, réussit à attiser notre curiosité. Bien sûr, comme l'arrivée d'un nouveau personnage dans l'équipe d'enquêteurs (tout comme la place qui lui est graduellement faite dans la vie personnelle de ses coéquipiers) peut choquer plus d'un lecteur, la plume de George s'est faite habile et délicate, tout en restant authentique quant au portrait qu'elle brosse d'Ardery. Bien vite, de toutes façons, l'intrigue laisse le lecteur haletant, le forçant à dévorer avidement les pages sans prendre de pause. Il s'agit encore une fois d'un plongeon dans un monde de demi-teintes, où le Bien et le Mal se courtisent allègrement. Toutefois, contrairement aux trois derniers tomes, l'enquête suit cette fois un parcours un peu plus classique, tourbillonnant pour mieux projeter  le lecteur vers une fin libératrice... Pas de Happy ending tout de même, mais une conclusion qui ébranle moins les repères que celles auxquelles George nous a habitués jusqu'à présent.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   


Pour le lire en version française