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dimanche 7 octobre 2012

Mingan, mon village


Par des écoliers innus, illustré par Rogé, La Bagnole, Modèles uniques

«Rogé a visité l'école de Mingan, un village innu au nord-est du Québec. Il y a passé quelques jours, histoire de prendre le temps de photographier chacun des écoliers. Rentré chez lui, dans son atelier des Îles-de-la-Madeleine, un pinceau à la main, il a revisité le regard de ces enfants.De ce séjour à Mingan, Rogé a gardé quinze visages, et quinze textes, des poèmes écrits par les jeunes Innus.»

Une touchante bouffée de grands espaces et d'éternité. Ces jeunes Innus savent dire la nature, et la vie, et la mort avec une plume juste et sensible (il y a du Robert Lalonde en devenir chez certains de ces poètes en herbe!); un plongeon privilégié au coeur d'une culture méconnue, offert avec générosité et authenticité. Rogé a fait un travail admirable en construisant cet album, sélectionnant judicieusement les textes, alternant les longs poèmes, avec les courts, ou la prose afin que chacune de ces petites poésies s'épanouisse et bouleverse le lecteur, puis mettant un visage sur chaque plume, de sa palette aux mille textures, aux teintes sourdes et à l'éloquence tendre. Un petit bijou qui chamboule et qui émeut, dont les concepteurs ont su s'effacer humblement, laissant ainsi toute la place aux mots vibrants de cette jeunesse innue. Superbe!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

vendredi 5 octobre 2012

Fall of Giants

Par Ken Follet, Dutton Publishing, The Century Trilogy 1

«Now, Ken Follett takes readers on a new journey in Fall of Giants. This magnificent new historical epic, and the first novel in The Century Trilogy, traces the fortunes of five interrelated families—one American, one English, one Welsh, one Russian, and one German—as they are buffeted by the extraordinary events of World War I, the Russian Revolution, and the women's suffrage movement.»

Je viens tout juste d'émerger, pantelante, de ce spectaculaire plongeon dans l'histoire mondiale du début du vingtième siècle... Quel travail de maître! La plume de Ken Follet trace avec habileté, justesse, et souci d'authenticité historique, un portrait enlevant de la Première Guerre mondiale, des années précédentes (où tout s'est décidé entre une poignée de diplomates et de «grands» de ce monde) et des années suivantes ayant porté le long processus de la signature d'une armistice discutable (et discutée!). Un défi herculéen si on prend pour acquis que le lecteur connaît déjà la «chute historique» de l'intrigue et que Follet parvient tout de même à captiver, sans faillir, jusqu'à la toute dernière page. En ce sens, l'approche morcelée de Follet, invitant à faire connaissance avec cinq familles d'origines diverses et dont le destin se croise pour le meilleur et pour le pire, dynamise la part importante de faits historiques intégré avec brio dans son intrigue; en choisissant de proposer des chapitres relativement courts et en passant d'une famille à l'autre, sans s'éterniser plus que nécessaire, Follet pique la curiosité du lecteur et lui permet d'apprécier le déroulement de l'action, même à travers les yeux d'une famille qui peut lui être moins sympathique. Il s'agit de la leçon d'histoire la plus envoûtante et surtout, la plus intéressante et efficace que j'ai eue, par l'entremise d'un roman. Si j'ai déjà hâte de lire la suite, je tiens à souligner que Follet signe ici un roman complet en soi, qui tout en donnant le goût de poursuivre l'aventure au sein de ce siècle marquant, pourrait très bien se terminer ici, l'auteur n'ayant pas succombé au besoin de laisser le lecteur artificiellement en haleine en proposant une fin incomplète (ce que j'admire énormément et qui est devenu rare). Une réussite absolue!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  



Pour le lire en version française

dimanche 30 septembre 2012

Ma soeur veut un zizi


Par Fabrice Boulanger, La Bagnole

«Ma soeur n'a pas de zizi. Alors le mien l'intéresse beaucoup, beaucoup trop. Il va falloir que papa trouve une solution : je ne sais plus où me cacher! Au secours!»

Petit bijou hilarant et délicieux. Fabrice Boulanger tricote une histoire irrésistible où narration et univers visuel se relancent allègrement,  faisant fuser les rires à coup sûr. Si les illustrations manquent parfois de finesse et de sensibilité (surtout lorsque l'arrière-plan de celles-ci est tapissé de beaucoup trop de motifs colorés), l'éloquence des expressions rend les personnages indiscutablement attachants. Un album rafraîchissant pour les éditions La Bagnole qui nous avait habitué à un castrant carcan éditorial; cette fois, la magie opère, au grand plaisir du lecteur!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 29 septembre 2012

Les enfants font d'épouvantables animaux de compagnie


Par Peter Brown, Circonflexe

«Lorsque Lucie, une jeune oursonne vêtue d'un tutu rose, découvre un petit garçon dans la forêt, elle est aux anges et décide de l'adopter. Mais sa maman la met en garde, lui rappelant que «les enfants font d'épouvantables animaux de compagnie». Lucie est déterminée à prouver le contraire, mais elle réalisera qu'il n'est pas si facile de domestiquer des animaux sauvages, encore moins des petits garçons...»

Cocasse aventure sans dessus-dessous, où les oursonnes savent parler et supplient leur maman pour avoir des «humains de compagnie». Peter Brown entraîne le lecteur de l'autre côté du miroir, avec justesse et humour, échangeant joyeusement les rôles établis, ouvrant l'imaginaire à tous les possibles. Au coeur d'un univers visuel tendre, au charme vieillot, cette histoire toute douce fera rigoler toute la famille.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

jeudi 27 septembre 2012

20 bonnes raisons d'aller à l'école


Par Michaël Escoffier, illustré par Romain Guyard, Frimousse, Maxi Boum, 20 bonnes raisons

«Un album pour rappeler que ne pas aller à l'école comporte des risques : faire enrager sa mère, porter des couches, atterrir sur un bateau de pirates, etc.»

Délire cocasse et savoureux au coeur de l'imaginaire débridé de l'enfance. Michaël Escoffier convie le lecteur à une ronde saugrenue de «Et si...», s'enchaînant et se déchaînant joyeusement, jonglant avec l'improbable, et tissant un déroutant argumentaire tout en candeur. Navigant avec aisance dans le délectable univers visuel de Romain Guyard, aux traits échevelés et à l'éloquence tendre, cette réflexion déjantée sur l'école en décoiffera plus d'un!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

Nouvelle tête pour Lili...

Eh oui, Lili a profité de la fin de semaine pour se refaire un p'tit look plus dynamique. En espérant que cela vous plaise... et vous donne le goût de flâner à votre guise!

Bon farfouinage!

jeudi 20 septembre 2012

Lulu Walks the Dogs


Par Judith Viorst, illustré par Lane Smith, Atheneums Books for Young Readers, Lulu 2

«The stubbornly hilarious Lulu has decided it's time to buckle down and earn some cash. How else can she save up enough money to buy the very special thing that she is ALWAYS and FOREVER going to want? After some failed attempts at lucrative gigs (baking cookies, spying, reading to old people), dog walking seems like a sensible choice. But Brutus, Pookie, and Cordelia are not interested in making the job easy, and the infuriatingly helpful neighborhood goody-goody, Fleischman, has Lulu at the end of her rope. And with three wild dogs at the other end, Lulu's patience is severely tested. Will she ever make a friend-or the money she needs?»

Une autre aventure délicieusement irrévérencieuse pour cette Lulu au caractère fumant. Judith Viorst pousse encore plus loin cette singulière et joyeusement arrogante communication directe avec le lecteur, introduite dans Lulu and the Brontosaurus, semant ici et là des remarques (et même des préfaces et des chapitres entiers, tiens!) mettant en lumière de sublimes et cocasses invraisemblances dans la narration, et justifiant le tout de sa plume hilarante et coquine. Et puis toujours ce respect pour l'intelligence du lecteur, laissant l'intrigue filer sans assener de morales pontifiantes, sans tenter de réformer Lulu, son insupportable attitude et ses savoureuses réparties politiquement incorrectes. Un bonheur à déguster, encore et encore.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française





lundi 17 septembre 2012

La Délicatesse


Par David Foenkinos, Gallimard

«Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.»

Un délice de roman, tricoté finement et avec tellement de justesse! David Foenkinos plonge le lecteur au coeur de l'Imprévisible: l'existence et ses savoureux clins d'oeil du Destin (tout comme ses inéluctables coups de gueule...), essence même de cette douce mais implacable fragilité de l'humain. Et ce verbe qu'il maîtrise avec tant de fraîcheur, ses mots qui savent dire avec candeur, qui bouleversent, qui font sourire. Un petit bijou littéraire qui vous souffle la Vie à l'oreille, avec une tendre simplicité. Inénarrable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

dimanche 16 septembre 2012

Ferdinand et Joséphine


Par Petr Horáček, Phaidon

«Ferdinand est un ver qui se sent seul. Il vit dans son coin, du côté gauche d'un arbre. Joséphine aussi est un ver qui se sent seul. Elle vit dans son coin, du côté droit de l'arbre. Mais lorsqu'une grosse poire juteuse tombe du ciel, Ferdinand et Joséphine se retrouvent lié l'un à l'autre de plus d'une façon...»

Petit bonheur d'histoire d'amour, version microscopique. Petr Horàcek souffle au lecteur une douce aventure, d'une plume tendre et juste, au coeur d'un sublime univers visuel (qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui d'Éric Carle). Un album tout simple, véritable ode au Destin et à sa charmante part d'imprévisible, à savourer encore et encore.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

jeudi 13 septembre 2012

Au carnaval des animaux


Écrit et illustré par Marianne Dubuc, La Courte Échelle

«C’est carnaval chez les animaux! Tous se préparent à faire la fête. Et qui dit carnaval, dit déguisement. Si certains font preuve de beaucoup d’imagination pour trouver un costume, d’autres optent pour la simplicité. Au carnaval, tout est permis… surtout s’amuser!»

On l'attendait depuis looooongtemps, ce deuxième imagier déjanté de Marianne Dubuc... et voilà qu'il arrive, tout pimpant, à temps pour la rentrée. Et c'est un pur dé-lice. Tout simplement. Après Devant ma maison, Marianne Dubuc réussit (encore une fois!) à réinventer l'imagier, à lui insuffler une vie propre, un imaginaire farfelu et surprenant. Elle fait voyager le lecteur d'une image à l'autre, à cheval sur le fil rigolo de son histoire rocambolesque, repoussant toujours plus loin les limites du conventionnel pour notre plus grand plaisir. Et quelle galerie de personnages! Les animaux, bien sûr, mais aussi, quelques intrus que l'on découvre avec un petit sourire. Un sublime incontournable pour les tout-petits (et les plus grands!).


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

(Pour télécharger un extrait par le biais du site de La Courte Échelle, cliquez ici)