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mercredi 11 janvier 2012

La rue qui ne se traverse pas

Par Henri Meunier, illustré par Régis Lejonc, Notari, L'oiseau sur le rhino

«Elle habitait au coeur de la rue qui ne se traverse pas, fenêtre sur rue. Lui vivait juste en face, fenêtre sur elle. Entre eux deux, il y avait le vide. Entre eux deux, il y avait le royaume délicieux et gai des moineaux.»

Étrange et douce fable sur l'amour et ses vertiges. La plume d'Henri Meunier brode une prose chantante et juste, racontant la naissance de l'amour, ses attentes fébriles, ses premiers balbutiements hésitants, ses doutes, ses joies fulgurantes et ses montagnes insurmontables. Voguant au coeur de l'univers visuel sensible et tendre de Régis Lejonc, cette singulière histoire oscille finement entre allégorie et fiction. Un album pour les plus grands au coeur tendre...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

mardi 10 janvier 2012

Baby's in Black

Par Arne Bellstorf, Sarbacane

«Lorsque Stuart Sutcliffe rencontre Astrid Kircherr à Hambourg en octobre 1960, les Beatles ne sont que de tout jeunes musiciens de rock encore inconnus. Il en est le cinquième membre. Inconnus, les garçons ne vont pas le rester longtemps, électrisant dès leurs premiers concerts les nuits du quartier chaud d'Hambourg, Saint Pauli. On suit en parallèle, tout au long du récit, l'histoire de l'amour naissant entre Stuart et Astrid et la gloire émergente du plus grand groupe de rock ayant jamais existé, prémisses de la "beatlemania". Aux feux de la gloire et du rock, et malgré l'insistance de son meilleur ami John Lenon, Stuart préférera ceux, plus feutrés, de l'amour d'Astrid et de la peinture, sa première passion. Amours frémissants et brûlants, qui se finiront comme dans les plus belles tragédies antiques, dans la fureur et la mort.»

Un roman graphique singulier qui fait revivre les débuts plutôt cahoteux des Beatles, mais surtout, cette troublante histoire d'amour entre Stuart Sutcliffe et la photographe Astrid Kircherr. La scénarisation d'Arne Bellstorf est fort habile, et son univers visuel monochrome et épuré on ne peut plus éloquent. Un roman au ton juste qui permet de découvrir un pan relativement méconnnu de la naissance des Beatles.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 9 janvier 2012

L'envol du dragon

Par Jeanne-A Debats, Syros, Mini Syros, Soon

«"J'assure mes griffes sur la pierre luisante d'humidité. L'onyx noir est plus glissant qu'une savonnette sous mes écailles."Dès qu'il en a l'occasion, Valentin s'immerge dans le jeu vidéo en ligne WorldOfDragons. Il devient alors Val6, un jeune dragon intrépide qui apprend à voler sous l'égide de Mentor7, un dragon beaucoup plus expérimenté. Dans ces moments-là, Valentin, qui est gravement malade, se sent vivant comme jamais...»

Un petit opus bouleversant qui fait chevaucher la Mort sur les ailes de l'imaginaire. Jeanne-A Debats use d'une plume sensible et grave pour aborder la fin inéluctable, et ouvre les yeux du lecteur sur le pouvoir apaisant de la fiction. Une touchante chimère brodée avec une finesse inouïe et une juste simplicité. Un incontournable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

mercredi 4 janvier 2012

Des poissons dans la tête

Par Louis Sachar, Bayard jeunesse, Estampille

«Angeline a huit ans, trois ans d'avance à l'école et des poissons plein la tête... Quand ses camarades la traitent de monstre ou de bébé, elle trouve refuge au milieu des immenses aquariums du Musée océanographique. À moins qu'elle ne se console avec un bon livre d'aventures et un grand verre d'eau salée... Angeline aimerait être une petite fille comme les autres. Or elle vit dans un monde à elle, extravagant et fabuleux. Jusqu'au jour où elle sympathise avec Barry, le garçon le plus drôle qu'elle ait jamais rencontré. Il lui présente la merveilleuse Miss Terbone. Deux amis d'un coup. Angeline n'aurait même pas osé en rêver!»

Une histoire douce et bouleversante, à hauteur d'enfant. La plume de Louis Sachar sait faire vivre sous nos yeux le vaste univers aux mille possibles de l'émouvante Angéline. À travers le regard océanique de cette incomparable petite fille, l'auteur fait voguer sa narration d'eaux troubles en oasis, faisant s'entremêler habilement dure réalité et imaginaire débordant. Un singulier opus, déroutant, mélancolique et magique. À lire en version originale anglaise, pour ceux et celles qui le peuvent, car les calembours prennent une grande place au coeur de cette épopée et malheureusement, ils perdent de leur charme et de leur pertinence une fois passés dans le rouleau-compresseur de la traduction!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

L'Affaire du 15 bis

Par Claire Mazard, Oskar jeunesse, Oskar Polar, La commissaire Raczynski 2

«Paris, 16 décembre. Au 15 bis, rue des Gobelins, dans le 13ème arrondissement, un routier à la retraite découvre dans une poubelle, tassé sur lui-même, recroquevillé, statufié par le froid, le cadavre d’une jeune fille. Parallèlement, Alix, jeune lycéenne un peu perdue, passe son temps à tchater sur le net. De même qu’un camarade à elle, Maxence. Tous deux semblent avoir un même interlocuteur, un homme mystérieux qui pourrait avoir un lien avec la victime… Et si tout cela était lié?»

Polar relativement bien roulé, plongeant le lecteur dans la grisaille et les tourments d'une mort suspecte. Claire Mazard jongle habilement avec les nombreux rebondissements, tentant de tromper la vigilance du lecteur, de l'entraîner sur de fausses pistes. Et ça fonctionne presque à tout coup! Oh! On pressent un brin la fin dans le dernier quart de l'intrigue, mais sans que l'intérêt pour le dénouement ne s'essouffle. Petit bémol peut-être: les quelques tentatives maladroites de faire dans l'éducatif concernant les dangers des conversations avec des inconnus sur internet. Je crois que l'intrigue en soit met en lumière assez explicitement ce péril moderne sans qu'on ait besoin de pontifier entre deux péripéties. Parfois, à trop douter de l'intelligence du lectorat, on risque de le perdre... Cela dit, mis à part ce léger dérapage pédagogique, c'est une enquête policière enlevante qui m'a beaucoup plu. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 31 décembre 2011

Moi, je sais tout sur le Père Noël

Par Nathalie Delebarre, illustré par Aurélie Blanz, Gautier Languereau, Moi, je sais tout sur

«Les grands disent que le Père Noël n'existe pas. Mais moi, je ne les crois pas. Les grands sont comme ça, à inventer n'importe quoi, tout ça parce qu'ils ne le voient même pas. Mais écoutez-moi, et là, vous n'aurez plus le choix.»

Délicieux manifeste sur le droit de croire. Nathalie Delebarre entraîne le lecteur dans un plaidoyer touchant et tendre au sujet de l'existence du Père Noël; sa plume cocasse pointe malicieusement du doigt les failles de la «Logique Implacable» et de la supposée «Vérité Vraie» des adultes. Loin de convaincre les plus petits, l'argumentaire des adultes les confortent plutôt dans leur vision de la réalité, dans leur indiscutable conviction concernant le Père Noël. Quant à l'univers visuel d'Aurélie Blanz, tout en textures et en sensibilité, c'est un pur bonheur que de le déguster, rempli qu'il est d'une foule de détails à découvrir. Un indispensable pour les irréductibles fervents du Père Noël, petits ou grands.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 30 décembre 2011

Debout, Couché!

Par Cédric Ramadier, illustré par Vincent Bourgeau, École des Loisirs, Loulou et cie

«Grâce aux rabats très ingénieux de chaque page, on peut voir les personnages passer d’un état à son opposé. Cécile est au sec puis plouf! Elle est mouillée. Cédric est en haut puis boum! Il se retrouve en bas.»

Un délicieux recueil d'aventures où les contraires s'attirent irrésistiblement. La plume de Cédric Ramadier, simple, habile et rigolote donne le ton à un savoureux festival des opposés qui fait éclater de rire! Et l'hilarité devient générale grâce à l'univers tendre de Vincent Bourgeau: ses personnages, attachants et désopilants, font vivre l'action sur le même ton judicieusement désinvolte que celui de la narration. Une complicité auteur/illustrateur qu'il fait bon lire! Du plaisir garanti pour les petits ricaneux... et leurs parents!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

mercredi 28 décembre 2011

Nathan et son chien

Par Laurence Aurélie, illustré par Marion Arbona, Les 400 coups, Léa et Nathan 2

«Nathan et son chien nous présente la relation tout en complicité de Nathan et de son fidèle compagnon, Jules. Ensemble, ils font des tours de magie, ils critiquent des films et font des pirouettes. Jamais ils ne s'ennuient.»

Un deuxième opus du duo Aurélie/Arbona, un brin moins envoûtant peut-être que le délicieux Léa enquête. Cette fois, Laurence Aurélie présente un tour d'horizon de l'amitié authentique entre Nathan et son chien. Si leurs mille et un tours, et leurs mondes imaginaires sont farfelus à souhait, l'histoire tombe un peu à plat: pas d'intrigue, ni de construction narrative audacieuse, seulement un inventaire des agissements en commun de l'inséparable duo. Cela m'a un poil décue, je dois dire... Par contre, l'univers visuel de Marion Arbona est toujours aussi juste et délectable: elle sait indiscutablement croquer l'enfance sur le vif! Un album sympathique donc, mais auquel il manque un petit quelque chose...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Léa enquête

Par Laurence Aurélie, illustré par Marion Arbona, Les 400 coups, Léa et Nathan 1

«La jeune Léa enquête sur la disparition d'Isidore, son doudou. Où peut-il bien être? Le retrouvera-t-elle? Une recherche qui la mènera dans les quatre coins de sa maison!»

Un mystère enlevant et cocasse pour les tout jeunes limiers. La plume simple et poétique de Laurence Aurélie transporte le lecteur dans une quête sympathique où il découvre avec plaisir les objets et les lieux quotidiens de l'enfance. L'univers visuel malicieux et taquin de Marion Arbona appuie avec sensibilité et justesse la narration rigolote de l'auteur. Un opuscule parfait pour tous les petits curieux.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

mardi 27 décembre 2011

Grand-Remous

Par Mélanie Tellier, illustré par Melinda Josie, Marchand de Feuilles, Bourgeon

«Cassandre est tombée amoureuse de Duncan, un marin écossais qui a tout le temps faim. Sur le bateau qui l'a mené en Amérique, il a mangé des boeufs entiers, des barils de cornichons, de la confiture, une boîte de clous et le drapeau britannique. Dans le petit village de Grand-Remous, où il habite avec sa douce moitié, on le soupçonne même de manger les chats. Car depuis quelque temps les chats disparaissent. Le persan chocolat du postier, la chatte d'Espagne de Marie, les deux sphinx de Rodolphe et d'Annette et même le birman de Cassandre. Où se cachent-ils? Grand-Remous n'a jamais été aussi sens dessus dessous depuis l'inondation qui a submergé le village autrefois et qui n'a laissé intact que le clocher de l'église. Les chats rentreront-ils au bercail?»

Deuxième opus du duo Tellier/Josie, à l'univers toujours aussi singulier et démontrant une complicité auteure/illustratrice remarquable.  Les deux créatrices se lancent cette fois dans le polar amoureux avec une intrigue à deux têtes délicieusement déroutante et une gallerie de personnages et de lieux alliant absurde et pittoresque. J'ai eu un coup de coeur pour Grand-Remous, ce village créé après l'inondation de l'ancien village, et qui, avec son clocher dépassant des eaux, fait planer une brise d'Atlantide et de tragédie grecque sur cet album qui ratisse indiscutablement hors des sentiers battus. À découvrir donc...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆