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jeudi 30 juin 2011

La mensongite galopante

Par André Bouchard, Gallimard jeunesse, Giboulées

«La mensongite galopante est une drôle de maladie qui devient un vrai casse-tête quand les mensonges ont l'idée saugrenue de vouloir exister dans la vie.Ce qui fait dire à Adrien Tricot le "véritable" héros de ce livre : "C'est moi l'auteur de cette histoire! D'ailleurs à propos d'histoire celle que vous venez de lire est bidon. Je l'ai inventée!" Mais dit-il la vraie vérité?»

Savoureux hommage aux Menteurs Chroniques. Une histoire joyeusement emberlificotée, où réalité et fiction se courtisent allègrement, au coeur d'un univers visuel fou, fou, fou, pour le plus grand plaisir des lecteurs! Mes neurones ont adoré la délicieuse gymnastique cognitive!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

mercredi 29 juin 2011

La boulangerie de la rue des dimanches

Par Alexis Galmot, illustré par Till Charlier, Grasset-Jeunesse

«Au sortir de l'Orphelinat, Jack Talboni choisit son futur métier : il sera boulanger-pâtissier. Nourri dans sa tendre enfance de mouches et de sardines en boîte, passé Maître dans l'Art de la baguette pas trop cuite et de la religieuse au chocolat, il va transformer la vie de tous les habitants de son quartier. Une fée bleue, une horloge capricieuse, Les Quatre Saisons de Vivaldi, mèneront Jack vers son imprévisible destin...»


Un petit délice de tendresse et d'absurdité. L'histoire on ne peut plus singulière est tout à fait sublime et déroutante. La plume d'Alexis Galmot n'est pas sans rappeler les fines et cocasses pirouettes littéraires de Daniel Pennac dans la série Kamo. Évoluant dans un émouvant univers visuel qui distille une réalité farfelue mais incontestablement attachante, ce récit inoubliable titille habilement l'imaginaire. Inénarrable...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Quand je ferme les yeux...

Par Davide Cali, illustré par Robin, Sarbacane

«Voici une émouvante collection de souvenirs olfactifs et auditifs qui, à la façon d’un patchwork sensoriel, dresse peu à peu le portrait d’un garçon, de l’enfance à l’adolescence et aux premières amours, jusqu’à l’âge de devenir papa.»

Une histoire en boucle, mimant joyeusement le cycle de la vie. J'ai plongé avec plaisir dans la ronde de souvenirs proposés, où odeurs et sons familiers m'ont fait vivre une sympathique ode à la paternité. L'univers visuel, d'une simplicité échevelée et éloquente, accompagne tendrement le lecteur dans ce pélerinage affectueux.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 28 juin 2011

Nico - Perdu à Londres!

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Régis Faller, Nathan, Premiers romans, Nico

«Génial! Nico part en voyage scolaire en Angleterre avec sa classe! Monuments, découvertes culinaires...: Nico est content de visiter Londres... jusqu'à ce qu'il se retrouve perdu dans cette ville où tout lui est étranger! Comment se débrouiller dans ce pays où les voitures roulent du mauvais côté quand on n'a que 7 ans et qu'on ne parle pas anglais?»

Quel savoureux personnage que ce Nico l'aventurier! J'ai été charmée par l'histoire simple mais efficace ainsi que par les illustrations colorées et attachantes, se mariant si bien avec l'action. Décidément une série prometteuse pour les jeunes lecteurs! Un délice coquin et vivant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Nico - Même pas cap!

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Régis Faller, Nathan, Premiers romans, Nico

«Nico est amoureux, mais il est trop sage et trop sérieux pour tenter quelque chose d'extraordinaire afin d'épater Alice. Pas cap, Nico? Lors d'un voyage scolaire, l'occasion se présente...»

Cette fois, c'est l'amour qui déstabilise le quotidien de Nico, qui bouscule ses certitudes. Et ce ne sera pas une aventure de tout repos! Nico devra vite peser le pour et le contre du Bien et du Mal... et tout ça pour les beaux yeux d'Alice! Roman un poil moins captivant que les autres, mais la plume est toujours aussi délicieusement humoristique!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Nico - Comme une grenouille!

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Régis Faller, Nathan, Premiers romans, Nico

«Pour être dans le même groupe que ses copains à la piscine, Nico déclare être un bon nageur. Il lui reste quelques jours pour apprendre à nager comme une grenouille ou pour avouer la vérité. Mais s’il n’était pas le seul à avoir menti?…»

Encore cet inénarrable Nico, aux mille angoisses, en lequel chacun de nous peut se reconnaître! J'ai vraiment adoré la vivacité d'esprit qui a poussé Nico à apprendre à nager dans son bain... et sur le plancher de sa chambre! Trop tordant... et si attachant! Encore, encore, on en veut encore!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Le parapluie jaune

Par Lili Chartrand, illustré par Pascale Bonenfant, La Courte Échelle, Hors Collection, Hors Série

«Le parapluie jaune s’ennuie. Depuis qu’il est rentré de Paris, Monsieur Grésil a oublié celui qu’il avait acheté en cadeau à sa femme bien-aimée. Mais le temps des vacances dans la Ville lumière est bien loin, car Madame Grésil n’est plus là. Le parapluie a sombré dans l’oubli. Par un beau jour de pluie, il décide de raviver la flamme du souvenir.»

Une histoire douce et mélancolique, qui aborde la perte d'un être cher d'une façon délicieusement déroutante! J'ai eu un faible pour le parapluie-narrateur, aux émotions bien réelles et aux capacités étonnantes; sa manière tendrement insistante de sortir M. Grésil de son marasme et son bonheur contagieux. Quant à l'univers visuel très audacieux, monochrome mais si éloquent, il m'a touchée énormément (bien que je ne sois pas certaine qu'un enfant puisse se sentir interpellé par tant de sobriété). Un album à découvrir absolument...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Adopte un glurb!

Par Élise Gravel, La Courte Échelle

«Un glurb, c’est petit, rigolo, et ça pond des oeufs. Un glurb pue, mord et crie très fort. Un glurb aime les câlins, et adore jouer à cache-cache. Bref, le glurb est l’animal de compagnie parfait! Découvrez dans ce livre tout ce qu’il faut savoir pour le rendre heureux. Et éviter les catastrophes…»

Sympathique petit opuscule aux illustrations déjantées. Au fil des pages, dans un style dynamique et délicieusement farfelu, j'ai découvert l'existence et les habitudes on ne peut plus singulières du glurb. J'ai été presque tentée d'en adopter un... mais après mûres réflexions, je crois que leur odeur de fromage pourri m'a un brin découragée (!). Cela dit, j'ai beaucoup apprécié ce documentaire des créatures étranges... et je suis certaine que cela en fera rigoler plus d'un!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Tonoharu

Par Lars Martinson, Le Lézard Noir

«Ce roman graphique américain, paru à l’origine en deux volumes, suit Daniel Wells à son arrivée dans une petite ville de la province japonaise au poste d’assistant scolaire. Loin du Japon qu’il espérait, il est bientôt confronté à un pays froid et terne, où le moindre contact social relève de l’exploit. Ce journal d’une solitude semi-autobiographique suit les difficiles tentatives du jeune homme pour s’intégrer à une société étrange et étrangère. Lars Martinson propose une sorte de Stupeur et Tremblement ou de Lost in Translation subtil et feutré, où le Japon se dévoile dans un trait dur et dans le silence d’une province grise et monolithique. A l’opposée d’un pays souvent décrit comme excessif, Tônoharu dresse le portrait d’un Japon très différent, source de désillusion pour l’Occidental plus habitué aux anime et aux frasques de la mégalopole tokyoïte. La rigidité feinte du dessin, qui révèle l’influence de Chris Ware et de Seth, résonne avec l’immobilisme de la vie du personnage, empruntant parfois au registre des gravures qui ont fait les grands récits de voyage européens.»

Sobre BD/roman-graphique mettant en scène le mal du pays d'un ressortissant américain travaillant au Japon de façon temporaire. Dans un style autobiographique (sans l'être, selon l'auteur), le scénario est plutôt monotone, rendant compte sans grand éclat du quotidien d'un être un poil perdu et désabusé, «lost in translation» et sans ambition. La mise en images plutôt sombre, aux accents rétros m'a plu, mais globalement, l'épopée m'a un brin déçue. Disons que, dans le même genre, je préfère Chroniques birmanes, de Guy Delisle...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 27 juin 2011

La septième vague

Par Daniel Glattauer, Grasset

«Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre? Où l'on rêve de tous les possibles? Où l'on brûle pour un(e) inconnu(e)? Où les caresses sont interdites? "Pourquoi veux-tu me rencontrer?" demande Leo, inquiet. "Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir" répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Leo et Emmi finiront de s'esquiver pour mieux... s'aimer!»

J'ai été engloutie par ce roman et ai surfé sur ces mots, ces valses-hésitations, ces ressacs de sentiments d'une douceur infinie, pour terminer ma lecture, deux heures plus tard, échouée sur le sable, mais heureuse de la ballade, les yeux brillants et l'âme souriante. Une suite de la même délicieuse trempe que le premier opus, voguant sur la plume sensible et habile de Daniel Glattauer. Et que dire de la chute du riedeau? Prévisible? Salutaire? Certains la décrieront, mais pour moi, elle fut parfaite, tout à fait dans le genre de ce duo insolite de correspondants virtuels. Un délice à savourer lentement. Un voyage mémorable entre deux eaux...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★