Ne manquez pas l'excellent dossier sur la production d'un livre, de sa conception à sa vente, en passant par la distribution et la diffusion! Le Libraire propose ici un tour d'horizon exhaustif et sympathique qui permettra au lecteur de comprendre un peu mieux les contraintes de chacun des acteurs dans le domaine du livre!
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samedi 12 novembre 2011
jeudi 10 novembre 2011
Tralalère

«Un ogre poursuit un petit garçon, couteau à la main, quand sur sa route il aperçoit une petite fleur. Emu, il cueille la fleur, la garde sur lui et ne veut plus dévorer le garçon, qui, lui, n'est pas d'accord... »
Une magnifique histoire sans fin et sans texte qui fera le bonheur des tout-petits! Le format de type accordéon recto-verso est on ne peut plus original et judicieux pour une joyeuse lecture interactive, et l'absence de texte ouvre le dialogue avec l'imaginaire de l'enfant. La scénarisation de François Soutif est simple et éloquente, et ses illustrations savoureuses. Bouleversant un brin les idées préconçues concernant les Gentils et les Méchants dans les contes de fées, cette singulière aventure perpétuelle deviendra rapidement un classique de l'heure du conte.
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★
Mon prof est une sorcière
Par Élaine Turgeon, Québec Amérique, Bilbo, Philippe 1
«Dans l'esprit de Philippe Falardeau, il n'y a pas de doute. Samantha, son enseignante, est bel et bien une sorcière. N'a-t-elle pas les cheveux noirs, une robe noire, un chapeau et des gants noirs? Mais en jeune homme averti, il n'en glissera pas un mot à personne. Pas même aux médias, qui feraient sans doute leurs choux gras de cette histoire. Il va plutôt mener son enquête pour accumuler les preuves accablantes de ce qu'il avance. Outre les attributs physiques qui ne mentent pas, il y a aussi ce fameux balai qui traîne dans la classe... Et lorsque Samantha annonce que le prochain thème de classe, c'est l'Halloween, il n'en faut pas plus pour que Philippe redouble de vigilance et épie les moindres faits et gestes de sa professeure. Non mais, ça pourrait être dangereux! Philippe ne tient pas à être ensorcelé...»
Premier tome d'une savoureuse série qui remet en question, sans brusquer les sensibilités, les personnages mythiques de l'enfance... et sans doute l'opus qui m'a le moins charmée. Il faut dire que j'ai lu la série dans le désordre, en terminant par celui-ci. Si la plume d'Élaine Turgeon est toujours aussi agile, spontanée et rafraîchissante, j'ai été moins interpellée par l'archétype de la sorcière; en effet, contrairement au père Noël et à la fée des dents (voir tomes 2 et 3), je ne suis pas certaine que tous les enfants cherchent à vérifier l'existence de sorcières dans leur entourage avec tant d'ardeur et d'appréhension. L'intrigue est donc un peu moins accrocheuse. Cela dit, le personnage de Philippe, curieux, plein d'espoir et de questions, est indiscutablement une réussite! Une série qui vaut le détour!
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆
Le père Noël travaille à mon école
Par Élaine Turgeon, Québec Amérique, Bilbo, Philippe 2
«Ne vous est-il jamais arrivé de soupçonner vos voisins de faire partie du KGB, votre facteur d'être à la solde d'un réseau de revendeurs de boîtes aux lettres espionnes ou pire encore, vos parents d'être la réincarnation d'un brocoli et d'une patate?»
Un deuxième tome réjouissant pour Philippe le sceptique. S'attaquant au personnage mythique de l'enfance par excellence, le père Noël, Élaine Turgeon concocte au lecteur une enquête enlevante et rigolote. Sa plume fine et juste voltige avec aisance. À travers le personnage de Philippe, on sent toute l'importance de cette mince ligne qui sépare la fiction de la réalité, et qui met tant de piquant dans le quotidien de l'enfant. Si Élaine Turgeon joue avec les croyances enfantines, elle évite toutefois de froisser les certitudes ou de détruire les imaginaires, puisque la «vérité» au sujet du père-Noël-concierge de l'école échappera une fois de plus à Philippe! Un petit roman parfait pour ceux qui aimeraient bien croire encore au père Noël.
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★
mercredi 9 novembre 2011
Les folles aventures d'Eulalie de Potimaron - Le Serment
Par Anne-Sophie Silvestre, illustré par Amélie Dufour, Flammarion, Eulalie de Potimaron 2
«- Croyez-vous que Mademoiselle acceptera?
- Cette question est si grave que je pense que c'est à Monseigneur de la poser lui-même.
Aux premiers jours de l'été, Madame et Mademoiselle quittent Versailles pour Saint-Cloud. À Saint-Cloud, point d'étiquette. Légères et court-vêtues, les filles d'honneur s'en donnent à coeur joie. Escapades, fugues et rencontres sont au rendez-vous. Mais l'amour aussi marche à grands pas : le Dauphin et Marie-Louise sauront-ils saisir au vol ces moments de liberté?»
Suite délectable et enlevante pour cette série de folles aventures. Anne-Sophie Silvestre mène toujours aussi habilement l'intrigue, de sa plume fine, multipliant les péripéties et enchevêtrant les conspirations auxquelles Eulalie l'intrépide prend part sans peur, dans un mélange astucieux d'amitié, de romance, et de combats à l'épée. Les personnages sont si bien construits qu'on a presque l'impression de faire partie de leur société secrète (moi, en tout cas, j'en aurais bien envie!). En espérant que le troisième tome ne tarde pas trop!
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★
mardi 8 novembre 2011
Les larmes de Fanette
Par Isabelle Clara, illustré par Manon Gauthier, La Bagnole, Klaxon
«Qui ne craquerait pas devant pareille Fanette? Une petite fille, un chagrin et des larmes à n'en plus finir. Que se passe-t-il dans sa tête? Fanette pleure depuis des mois. Elle pleure, elle pleure, c'est un déluge. Va-t-on réussir à savoir pourquoi? Une histoire émouvante sur l'amour des livres.»
Un album que j'attendais avec impatience... et qui malheureusement m'a un brin décue. Avec une telle prémisse, je m'attendais à un riche texte, envoûtant et sensible. Or, la plume d'Isabelle Clara, maladroite et ne respectant pas l'intelligence du lecteur, a construit plutôt une histoire à la chute invraisemblable, dont la pertinence serait réduite à néant en quelques questions lucides posées par un enfant à qui on la raconterait (comment Fanette a-t-elle pu ne pas voir les autres étagères à la bibliothèque? et comment se fait-il que ses parents aient-ils pris sa tristesse de très longe durée - plus d'une demie année- aussi à la légère?). En fait, l'histoire racontée en parallèle par les tendres illustrations de Manon Gauthier est, et de loin, beaucoup plus intéressante et juste. L'univers visuel qu'elle crée à l'aide de ses palettes délavées si remplies d'émotions et de ses fins traits noirs est tout à fait réussi et si éloquent qu'il aurait été presque préférable de faire de cette histoire un album sans texte. Je trouve dommage que l'éditeur de La Bagnole ne se soit pas assuré qu'un tel travail d'illustration puisse prendre l'envol qu'il mérite grâce à un texte digne de ce nom. Un album à feuilleter tout de même, afin de ne pas manquer l'émouvant travail de Manon Gauthier.
Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆
Les nouveaux dinosaures
Par Noé Carlain, illustré par Klaas Verplanke, Sarbacane
«On savait les enfants incollables sur le tyrannosaure et le diplodocus, voici tout ce qu’ils doivent savoir sur les nouveaux dinosaures, nos contemporains. J’ai nommé la bibliothécus, le vélociraptor, l’inspectausaure, le wécératops ou encore, le bébécéros. En tout vingt monstres des temps modernes, complètement fous, dont le plus effrayant n’est pas celui qu’on croit…»
Un inventaire rigolo et coloré qui fait découvrir l'envers de nos objets quotidiens. Noé Carlain et Klaas Verplanke s'associent ingénieusement pour la création de ce drôle de guide post-préhistorique; la plume est inventive, coquine et surprenante, soutenue par un univers visuel farfelu et dynamique. J'ai eu un petit coup de coeur pour l'Aspiratosaure, le Pouratops et la Bibliothécus! Toutefois, enfants à l'âme sensible s'abstenir, car certains de ces «nouveaux» dinosaures pourraient bien hanter vos rêves (par exemple, le Doudouosaure, le Soulelitosaure et le Dentistosaure)... Puis, petit bémol pour les lecteurs nord-américains, certains noms de dinosaures sont basés sur des référents européens (Escalator, WC, Tonton, Tata, Zapette, etc. - un poil franchouillard tout ça!), ce qui peut parfois compliquer un peu la compréhension. Cela dit, c'est un album délicieusement déjanté, définitivement un incontournable pour les curieux qui aiment voir le monde d'un autre oeil!
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆
samedi 5 novembre 2011
Le Mordcul
Par Anne-Isabelle Lacassagne, illustré par Catherine Chardonnay, Rouergue
«Sam est le petit dernier de la famille et ses frères aiment bien le taquiner. Un jour, ils lui lancent un défi : passer la nuit dans le hamac au fond du jardin. "Fastoche! Même pas peur." Sauf qu'au dernier moment, un des frères lui lance : "fais gaffe au Mordcul." Pour Sam, la nuit s'annonce définitivement noire, longue et angoissante...»
Histoire initiatique toute simple, qui sent l'enfance et ses rites de passage. Titillée d'abord par la prémisse (Quel potentiel évocateur indiscutable ce Mordcul a-t-il!), j'ai ouvert malgré tout cet album avec une certaine appréhension; l'univers visuel naïf et dépouillé semblait un brin trop austère à mon goût. Par contre, une fois plongée dans l'histoire, la plume habile d'Anne-Isabelle Lacassagne m'a fait revivre un pan d'enfance, avec des frissons de bonheur. Et que dire de la poésie des illustrations de Catherine Chardonnay! Elle a su prendre juste ce qu'il faut de risques, contournant joyeusement le cadre habituel du concept graphique de l'album jeunesse, et tricotant ainsi un inoubliable petit poème visuel. Un album qui mérite qu'on l'apprivoise...
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆
vendredi 4 novembre 2011
L'étrange aventure du courageux chevalier très peureux
Par Arnaud Alméras, illustré par Jacques Azam, Sarbacane
«Fils minuscule d’un bûcheron brutal et d’une mère méchante, Petit Paul s’enfuit sur l’île impossible, où tout est inversé : les sorcières sont adorables, les princesses affreuses, les nains géants, les magiciens sans pouvoirs et les courageux chevaliers (comme lui)… très peureux. Heureusement que l’on s’y tue sans gravité. Car c’est bien au pays, finalement très rassurant, de chaque chose et son contraire que Petit Paul a débarqué!»
Une aventure qui est délicieusement sans queue ni tête! La plume d'Arnaud Alméras, as de l'oxymore, fait voyager le lecteur à travers un monde biscornu, cousin de celui des contes de fées, où tout est possible... ou pas. Construite (ou déconstruite) également par le biais de l'univers visuel échevelé et rigolo de Jacques Azam, cette histoire joyeusement déroutante fera le bonheur de tous ceux qui laissent voguer leur imaginaire dans tous les sens. Un album idéal pour secouer les certitudes!
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆
jeudi 3 novembre 2011
Quand j'étais chien
Par Louise Bombardier, illustré par Katty Maurey, La Courte Échelle
Une incursion bouleversante dans le monde de la misère humaine et de l'abandon. Louise Bombardier brode avec justesse, de sa plume fine, une narration qui se tient en équilibre précaire sur le fil fragile de la foi d'Antoine en cette vie qu'il ne comprend pas tout à fait. Si ces quelques moments dans un monde sombre et désolé auraient facilement pu basculer dans le sordide, l'auteure parvient plutôt à émouvoir grâce à la voix simple, presque enfantine, d'Antoine, qui, à travers ses mots, tait l'horreur qu'il ne voit pas, tout en la suggérant sans le vouloir entre les lignes. Bercé sobrement par l'univers visuel dépouillé et sensible de Katty Maurey, ce singulier opus ébranle doucement nos certitudes, et réussit même à nous offrir une parcelle d'espoir en guise d'épilogue. Superbe.
«Je m’appelle Toto. Mon autre nom, c’est Antoine. Mais personne dit Antoine. J’ai vingt-cinq ans d’âge. En chiffres de grandes personnes. Dans ma tête de corniaud, j’ai cinq ans. Tout le monde sait ça. (...) Moi, j’ai connu pas mal de choses. Avant d’être chien, je veux dire. Des choses très loin en arrière. Maman Gritte, Jacques... et l’odeur de la soupe aux pois à maman. Elle était gentille, maman, mais toujours à s’inquiéter de tout. Un jour, maman a commencé à disparaître.»
Une incursion bouleversante dans le monde de la misère humaine et de l'abandon. Louise Bombardier brode avec justesse, de sa plume fine, une narration qui se tient en équilibre précaire sur le fil fragile de la foi d'Antoine en cette vie qu'il ne comprend pas tout à fait. Si ces quelques moments dans un monde sombre et désolé auraient facilement pu basculer dans le sordide, l'auteure parvient plutôt à émouvoir grâce à la voix simple, presque enfantine, d'Antoine, qui, à travers ses mots, tait l'horreur qu'il ne voit pas, tout en la suggérant sans le vouloir entre les lignes. Bercé sobrement par l'univers visuel dépouillé et sensible de Katty Maurey, ce singulier opus ébranle doucement nos certitudes, et réussit même à nous offrir une parcelle d'espoir en guise d'épilogue. Superbe.
Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★
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