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mardi 5 juillet 2011

La fée carabine

Par Daniel Pennac, Gallimard, NRF, Les Malaussène 2

«"Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on?" Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les innombrables enfants de sa mère, coeur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, ami infaillible, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même ("l'innocence m'aime") et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.»

Un polar vivifiant sur fond de Belleville, avec la famille Malaussène comme personnage principal... bien malgré elle! Plume délectable as usual... En fait, le tome le plus finement tricoté de la série: Pennac régale le lecteur de ses mots justes et coquins, envoûtants, comme le magicien du verbe qu'il est! Un bijou de roman!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

samedi 2 juillet 2011

Au bonheur des ogres

Par Daniel Pennac, Gallimard, NRF, Les Malaussène 1

«Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres Noël. Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire). Côte boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné. Pourquoi moi ? Je dois avoir un don...»

Une saga délicieuse qui s'amorce; la famille avec un grand F. Tout ce qu'elle peut impliquer de singulier et de hors norme. Comme un gros câlin littéraire, sous la couette, pendant que dehors, la tempête gronde...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

jeudi 30 juin 2011

Rossignol

Par Sébastien Perez, illustré par Benjamin Lacombe, Seuil jeunesse

«Chaque matin, de petits papiers glissés aux quatre coins du manoir agitent la colonie. Un à un, les enfants sont les sujets de ces mots que leur intendant, Monsieur Jacques, assemble. Commence alors une véritable enquête pour découvrir l'auteur qui semble si bien les connaître. Dans un univers années 50, un garçon timide et invisible aux yeux de tous tente à sa manière de se dévoiler et de trouver sa place parmi ses camarades...»

Histoire toute douce, laissant s'épanouir l'univers visuel sombre et merveilleux de Benjamin Lacombe qui troque cette fois ses finis de style «pastel gras» pour la vibration subtile et délicate du fini «crayons de bois». Les illustrations sont toujours aussi sensibles et éloquentes, remplies de ces inoubliables regards immenses et lumineux, ressuscitant au passage ce cher M. Hulot à travers le personnage M. Jacques. Un minusculissime bémol, peut-être: le changement de médium semble altérer ce qui se dégage des illustrations, les dépouiller un brin de la dimension vibrante et dramatique à laquelle Benjamin Lacombe nous avait habitués... Malgré ce léger accroc, il s'agit d'un album sublime, à déguster lentement.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

La mensongite galopante

Par André Bouchard, Gallimard jeunesse, Giboulées

«La mensongite galopante est une drôle de maladie qui devient un vrai casse-tête quand les mensonges ont l'idée saugrenue de vouloir exister dans la vie.Ce qui fait dire à Adrien Tricot le "véritable" héros de ce livre : "C'est moi l'auteur de cette histoire! D'ailleurs à propos d'histoire celle que vous venez de lire est bidon. Je l'ai inventée!" Mais dit-il la vraie vérité?»

Savoureux hommage aux Menteurs Chroniques. Une histoire joyeusement emberlificotée, où réalité et fiction se courtisent allègrement, au coeur d'un univers visuel fou, fou, fou, pour le plus grand plaisir des lecteurs! Mes neurones ont adoré la délicieuse gymnastique cognitive!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

mercredi 29 juin 2011

La boulangerie de la rue des dimanches

Par Alexis Galmot, illustré par Till Charlier, Grasset-Jeunesse

«Au sortir de l'Orphelinat, Jack Talboni choisit son futur métier : il sera boulanger-pâtissier. Nourri dans sa tendre enfance de mouches et de sardines en boîte, passé Maître dans l'Art de la baguette pas trop cuite et de la religieuse au chocolat, il va transformer la vie de tous les habitants de son quartier. Une fée bleue, une horloge capricieuse, Les Quatre Saisons de Vivaldi, mèneront Jack vers son imprévisible destin...»


Un petit délice de tendresse et d'absurdité. L'histoire on ne peut plus singulière est tout à fait sublime et déroutante. La plume d'Alexis Galmot n'est pas sans rappeler les fines et cocasses pirouettes littéraires de Daniel Pennac dans la série Kamo. Évoluant dans un émouvant univers visuel qui distille une réalité farfelue mais incontestablement attachante, ce récit inoubliable titille habilement l'imaginaire. Inénarrable...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Quand je ferme les yeux...

Par Davide Cali, illustré par Robin, Sarbacane

«Voici une émouvante collection de souvenirs olfactifs et auditifs qui, à la façon d’un patchwork sensoriel, dresse peu à peu le portrait d’un garçon, de l’enfance à l’adolescence et aux premières amours, jusqu’à l’âge de devenir papa.»

Une histoire en boucle, mimant joyeusement le cycle de la vie. J'ai plongé avec plaisir dans la ronde de souvenirs proposés, où odeurs et sons familiers m'ont fait vivre une sympathique ode à la paternité. L'univers visuel, d'une simplicité échevelée et éloquente, accompagne tendrement le lecteur dans ce pélerinage affectueux.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 28 juin 2011

Nico - Perdu à Londres!

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Régis Faller, Nathan, Premiers romans, Nico

«Génial! Nico part en voyage scolaire en Angleterre avec sa classe! Monuments, découvertes culinaires...: Nico est content de visiter Londres... jusqu'à ce qu'il se retrouve perdu dans cette ville où tout lui est étranger! Comment se débrouiller dans ce pays où les voitures roulent du mauvais côté quand on n'a que 7 ans et qu'on ne parle pas anglais?»

Quel savoureux personnage que ce Nico l'aventurier! J'ai été charmée par l'histoire simple mais efficace ainsi que par les illustrations colorées et attachantes, se mariant si bien avec l'action. Décidément une série prometteuse pour les jeunes lecteurs! Un délice coquin et vivant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Nico - Même pas cap!

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Régis Faller, Nathan, Premiers romans, Nico

«Nico est amoureux, mais il est trop sage et trop sérieux pour tenter quelque chose d'extraordinaire afin d'épater Alice. Pas cap, Nico? Lors d'un voyage scolaire, l'occasion se présente...»

Cette fois, c'est l'amour qui déstabilise le quotidien de Nico, qui bouscule ses certitudes. Et ce ne sera pas une aventure de tout repos! Nico devra vite peser le pour et le contre du Bien et du Mal... et tout ça pour les beaux yeux d'Alice! Roman un poil moins captivant que les autres, mais la plume est toujours aussi délicieusement humoristique!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Nico - Comme une grenouille!

Par Hubert Ben Kemoun, illustré par Régis Faller, Nathan, Premiers romans, Nico

«Pour être dans le même groupe que ses copains à la piscine, Nico déclare être un bon nageur. Il lui reste quelques jours pour apprendre à nager comme une grenouille ou pour avouer la vérité. Mais s’il n’était pas le seul à avoir menti?…»

Encore cet inénarrable Nico, aux mille angoisses, en lequel chacun de nous peut se reconnaître! J'ai vraiment adoré la vivacité d'esprit qui a poussé Nico à apprendre à nager dans son bain... et sur le plancher de sa chambre! Trop tordant... et si attachant! Encore, encore, on en veut encore!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Le parapluie jaune

Par Lili Chartrand, illustré par Pascale Bonenfant, La Courte Échelle, Hors Collection, Hors Série

«Le parapluie jaune s’ennuie. Depuis qu’il est rentré de Paris, Monsieur Grésil a oublié celui qu’il avait acheté en cadeau à sa femme bien-aimée. Mais le temps des vacances dans la Ville lumière est bien loin, car Madame Grésil n’est plus là. Le parapluie a sombré dans l’oubli. Par un beau jour de pluie, il décide de raviver la flamme du souvenir.»

Une histoire douce et mélancolique, qui aborde la perte d'un être cher d'une façon délicieusement déroutante! J'ai eu un faible pour le parapluie-narrateur, aux émotions bien réelles et aux capacités étonnantes; sa manière tendrement insistante de sortir M. Grésil de son marasme et son bonheur contagieux. Quant à l'univers visuel très audacieux, monochrome mais si éloquent, il m'a touchée énormément (bien que je ne sois pas certaine qu'un enfant puisse se sentir interpellé par tant de sobriété). Un album à découvrir absolument...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆