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mercredi 16 mars 2011

Le camion de pépites

Par Renée Robitaille, illustré par Caroline Hamel, Bayard, Raton laveur, Les mésaventures d'Arthur

«Dans un charmant village, vit un petit garçon nommé Arthur. Comme tous les garçons de son âge, Arthur adore les camions et le chocolat. Mais dans le village d’Arthur, l’élément le plus banal réserve les surprises les plus farfelues! Le camion contient des pépites de chocolat géantes qui ensevelissent Arthur. Sa maman le cherche partout avec l’aide de Monsieur Massepain, jovial pâtissier. Dans un grand éternuement, Arthur réussit à échapper au monstre des pépites. Mais celui-ci engloutit aussitôt la maman. Le courageux petit Arthur la délivre et ils se sauvent au volant du camion. Enlevant et réjouissant!»

Un album à dévorer en cachette, avant le souper... L'histoire proposée par la plume fantaisiste de Renée Robitaille est un brin touffue pour un très jeune public, mais comme il est question de chocolat, la gourmandise littéraire l'emporte! Quant aux illustrations de Caroline Hamel, leur texture les rend vivantes et savoureuses. Un vrai petit délice visuel...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 15 mars 2011

C'est quoi l'amour?

Par Davide Cali, illustré par Anne Laura Cantone, Sarbacane

«"C'est quoi, l’amour?" demande Emma à sa maman romantique, à son papa supporter de foot, à sa mamie gâteau et à son grand-père fan de voitures. Résultat du sondage : l’amour s’ouvre lentement… et puis PAF! il marque un but. Il est moelleux et parfumé comme un baba et il chauffe le sang comme un bon moteur. Emma, qui a du mal à s’y retrouver, sent la tête lui tourner…»

Histoire coquine que la plume légère de Davide Cali construit joyeusement autour de la charmante quête amoureuse de la petite Emma. Et quelles savoureuses réponses obtient-elle de sa famille: farfelues à souhait, et si mystérieuses pour Emma... comme quoi, les adultes ont vraiment le don de tout embrouiller parfois! Et oh! les illustrations hors normes, si touchantes et éloquentes d'Anne Laura Cantone; un délice visuel qui saupoudre l'histoire du brin de magie qui en fait un classique. Une réussite tout aussi envoûtante, pour ce duo auteur-illustrateur, que leur charmant Papa sur mesure...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Princesse Libellule cherche prince désespérément

Par Alexandre Arlène, mis en images par Stéphanie Bellat, La Boîte à bulles, La Malle aux images

«Dans un conte de fée, quand une princesse est enfermée dans une tour, on ne raconte généralement que la fin : lorsque le prince charmant arrive, qu’il brave tous les dangers, qu’il escalade la tour, etc. Curieusement, personne ne parle jamais de l’interminable attente qui précède ce si court évènement. Princesse Libellule est une de ces princesses qui attendent qu’un prince fasse son boulot… Mais, comme les princes compétents, ça ne court visiblement pas les chemins, il faut bien s’occuper en attendant… Alors, elle passe un temps fou à la fenêtre, à guetter le moindre mouvement et à inventer toutes sortes de raisons au retard de son chevalier. Et elle parle avec ses oiseaux, car pour être une princesse idéale comme on en rencontre dans les contes, il faut être en harmonie avec la nature et les animaux. Même si, Princesse Libellule, l’harmonie, c'est pas son fort !»

Sympathique BD qui fait réaliser aux lecteurs idéalistes (j'en suis!) l'envers des princesses languissantes! Le scénario et les dialogues d'Alexandre Arlène sont fins et cocasses, piétinant chaque fois que c'est possible le mythe de la princesse délicate et patiente des contes de fée. Quant à la mise en images de Stéphanie Bellat, bien qu'elle manque d'émotions (sûrement dû à son fini trop net de dessins par ordinateur), elle supporte tout de même l'action avec une certaine éloquence. Dans l'ensemble, il s'agit d"une BD amusante et divertissante, mais sans plus...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

lundi 14 mars 2011

Câlin express

Par Émile Jadoul, École des Loisirs, Pastel

«Mon papa, c’est un PGV: un Papa à Grande Vitesse. Le matin, c’est câlinexpresssssàcesoir… Le soir, c’est câlinsuperexpressscarjedoisdécrocher… Tous les jours, c’est pareil. Moi, ce que je veux, c’est un câlin d’enfer!»

Regard tendre et lucide sur le rythme effréné de nos vies. Il n'y a rien comme un enfant pour ouvrir nos yeux d'adultes-toujours-trop-pressés... L'histoire est simple et attachante, et fait écho au quotidien de plusieurs enfants qui reçoivent leur affection sur le pouce. Les illustrations naïves, aux crayons de bois, vibrent d'une émouvante aura d'enfance. Un album en forme de câlin pour nous rappeler qu'il faut parfois savoir s'arrêter le temps d'un bisou...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Les trois Chemins - Sous les mers

Par Lewis Trondheim, illustré par Sergio Garcia, École des Loisirs, Mille Bulles

«Un marin découvre un homme-poisson échoué sur le rivage. Un petit poulpe froussard tente de retrouver sa mère. Un scaphandrier explore les fonds marins. Sur la mer comme sous la mer, les chemins des uns et des autres vont se croiser et se recroiser. Le jeune poulpe déniche un trésor qui pourrait bien intéresser le scaphandrier. Le marin se découvre capable de respirer sous l’eau. Le scaphandrier sauve le petit poulpe des dents d’un requin… et le petit poulpe le libère à son tour des tentacules de sa maman. Quant à l’homme-poisson, il n’est autre que le gardien de la cité d’Atlantis, venu annoncer au petit poulpe que sa maman va mourir et qu’il a été choisi pour la remplacer. Il va devenir l’être le plus puissant de l’océan… Ce qui l’inquiète beaucoup: est-il possible d’être à la fois puissant, peureux et gentil? Cette BD hors du commun se lit aussi bien de gauche à droite que de haut en bas!»

Une délicieuse découverte que cette BD nouveau genre qui part dans tous les sens! Une rencontre inoubliable entre la plume cocasse et fine de Lewis Trondheim et le génie coloré des illustrations joyeusement touffues de Sergio Garcia. Le concept de l'interaction entre les trois niveaux de l'image est tout neuf pour moi, et je dois dire que ça me plaît énormément! Si cette BD est de prime abord destinée aux enfants, les adultes y trouveront leur compte également, grâce à l'humour savoureux des dialogues de Trondheim! Publié dans le passé chez Delcourt, cet album est maintenant offert en format poche, à un prix très abordable, chez l'École des Loisirs. Alors, il n'y a aucune excuse qui puisse tenir: vous devez le lire!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

dimanche 13 mars 2011

Lulu and the Brontosaurus

Par Judith Viorsth, illustré par Lane Smith, Atheneum Books

«It's Lulu's birthday and she's decided she'd like a pet brontosaurus as a present. When Lulu's parents tell her that's not possible, Lulu gets very upset. She does not like it when things don't go her way. So she takes matters into her own hands and storms off into the forest to find herself a new pet, all the way singing: "I'm gonna, I'm gonna, I'm gonna, gonna, get a bronto-bronto-bronto-bronto-saurus for a pet!" In the forest Lulu encounters a number of animals; a snake, a tiger, a bear, all of whom don't particularly impress her. And then she finds him...a beautiful, long-necked, gentle, graceful brontosaurus. And he completely agrees with Lulu that having a pet would be a wonderful thing, indeed! Lulu thinks she's gotten her birthday wish at last. Until she realizes that Mr. Brontosaurus thinks that she would make an ideal pet for him! How will Lulu ever get out of this sticky situation without throwing a fit (Mr. B does not respond well to those), or using force (Mr. B is much to tall to bonk on the head with her suitcase), or smushing her pickle sandwich?»

Une aventure savoureuse au coeur d'un imaginaire déjanté! L'histoire est menée de plume de maître par Judith Viorst, qui interagit avec le lecteur, devance ses doutes et ses jugements, et l'entraîne habilement, et avec un humour désopilant, dans le monde de Lulu où tout semble possible. Une version définitivement rafraîchissante de l'arroseur arrosé! Et Lulu, quel personnage principal délicieusement haïssable! Quant à l'univers graphique de cette épopée saugrenue, je l'ai adoré. Les traits simples et sobres que propose Lane Smith vibrent d'une sensible et éloquente intensité. Un petit bijou de collaboration auteur-ilustrateur... 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française

jeudi 10 mars 2011

Cherchez la femme

Collectif, dirigé par India Desjardins, Québec Amérique

«Originales, drôles, tendres et mordantes, les nouvelles qui composent le recueil Cherchez la femme croquent des moments de la vie empreints de féminin. Une fille, une femme, un fils, un mari... Du mythe d’Adam et Ève revisité à l’invention d’un monde sans femmes, en passant par un concours de beauté pour enfants ou par les astuces d’un fin stratège pour un shower réussi; le quotidien côtoie l’extraordinaire dans ces récits de mœurs éclectiques.»

Un recueil de nouvelles fort intéressant, aux styles variés et qui m'a plu presque en entier! Bien sûr, il y en a pour tous les goûts, et si certaines nouvelles se lancent dans le connu (romance déçue de trentenaires célibataires), la majeure partie du recueil explore différents horizons, au grand plaisir des lecteurs. Étrangement (puisqu'il s'agit d'un recueil mettant en vedette la femme), presque tous mes coups de coeur sont issus des plumes masculines du collectif: la romance à la Michel Vézina, l'inquiétant petit morceau de réflexion de Martin Perizzolo, la déroutante aventure de Matthieu Simard et le délicieusement troublante réalité de Patrick Sénécal. À savourer également, le terrifiant moment maternelle de Sonia Sarfati, l'épopée campagnarde de Marie-Hélène Poitras et la génèse façon India Desjardins. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 7 mars 2011

Qu'est-ce que tu vois?

Par Stéphane Sénégas, Kaleidoscope

«Une semaine sans copains, sans télé, sans vélo, sans rien. Rien que mon vieil oncle Horace, une espèce de vieux loup de mer qui vit dans un phare et qui parle aux crabes. Je ne vais jamais pouvoir tenir!»

Un album tout simple, rempli d'embruns, et qui goûte la mer... L'histoire que propose Stéphane Sénégas tient en quelques courtes mais délicieuses lignes, qui laissent la porte grande ouverte à l'imaginaire. Un appel que l'auteur saisit habilement au vol à travers des illustrations aux textures sensibles et aux traits vivants, qui emportent littéralement le lecteur dans cet ailleurs inénarrable qu'est le bord de l'océan. Un album touchant et doux, qui vous soufflera l'âme des vagues à l'oreille...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

Dix petits garnements

Par Amélie Callot, Alice Jeunesse

«"Dix petits garnements jouent à la balançoire. L’un d’eux s’est balancé trop haut ; ils ne sont plus que neuf. Mais qu’est-il arrivé au dixième? Neuf petits garnements se racontent des histoires de vampires au coin du feu. L’un d’eux a pris peur ; ils ne sont plus que huit. Mais qu’est-il arrivé au neuvième? Huit petits garnements font de la plongée en eau douce. L’un d’eux a pris un piranha pour un poisson rouge ; ils ne sont plus que sept. Mais qu’est-il arrivé au huitième?" Et ainsi de suite. S’inspirant de la comptine des Dix petits nègres, cet album nous fait vivre les péripéties de dix adorables et espiègles bambins – filles et garçons – qui n’en font qu’à leur tête. Ils dis paraissent l’un après l’autre, chacun à son tour en deux temps, pour des raisons diverses (soit il s’est blessé, soit il s’est endormi, soit il s’est sali, soit il a eu peur, etc.). On a la surprise de découvrir ce qui va arriver au prochain petit garnement et on s’amuse à deviner lequel va partir à son tour, et comment, jusqu’à la surprise finale!»

Version joyeusement remaniée de la comptine enfantine utilisée par Agatha Christie comme trame principale de son célèbre Dix petits nègres. L'approche d'Amélie Callot, d'un point de vue littéraire et surtout graphique, est attrayante et dynamique. Le rythme choisi par l'auteure invite le lecteur à dévorer l'album afin de savoir ce qui arrive à chacun de ces sympathiques garnements, découvrant avec bonheur une fin douce et tendre. Quant aux illustrations, sensibles et éloquentes, elles ajoutent incontestablement un brin de magie à l'expérience. Un album amusant et coquin...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Cherche figurants


Par Michaël Escoffier, illustré par Jean-François Dumont, Kaleidoscope

«Il arrive qu’un auteur se trouve en panne d’idée. Ou en panne d’histoire. Ou en panne de personnage. Alors, quand il se nomme Michaël Escoffier, il placarde quelques affiches à l’orée du bois et le tour est joué. Du moins, c’est ce qu’il espère.»

Album plutôt décevant pour un duo auteur-illustrateur qui habituellement en met plein la vue au lecteur!... La prémisse de l'histoire est certes prometteuse, mais malheureusement la plume de Michaël Escoffier peine à envoûter, traînant de force le lecteur tout au long de l'histoire, ne parvenant pas à rendre les personnages attachants. Quant aux illustrations, malgré un effort marqué de Jean-François Dumont, elles restent du domaine de l'ordinaire. Dommage pour ces deux créateurs talentueux car cette fois, la magie n'opère pas...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆