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lundi 6 mars 2017

Le demi-dieu aux bas blancs (Escouade Fiasco, t.1)


Par Julie Champagne, série L'Escouade Fiasco, t.1, chez La courte échelle.
Quatrième de couverture:
«Émilie reconnaît l’homme de sa vie en Thomas Saint-Louis. Le hic? Il ignore même qu’elle existe. Pire, dès qu’il apparaît, elle perd tous ses moyens et devient aussi loquace qu’un géranium. Pour remédier à ces incidents botaniques, sa meilleure amie Marisol multiplie les stratégies. Camouflage, interrogatoire musclé et hypnose seront-ils suffisants pour aider Émilie à conquérir Thomas?»

Pour Émilie, rien n’est jamais aussi simple qu’il y paraît. D’abord, il y a sa famille, reconstituée, bourdonnante de vie et de petites trahisons au quotidien. Puis, il y a l’amour qui frappe sans crier gare, avec bas blancs, yeux brillants et tout le bataclan. Et enfin, il y a cette gaucherie chronique, la sienne, celle qui, sournoisement et inéluctablement, mine sa vie sociale et sentimentale. Heureusement, il y a aussi Marisol et ses plans rocambolesques (presque!) infaillibles…! Dans ce premier tome d’une série qui promet d’en faire voir de toutes les couleurs, Julie Champagne raconte l’adolescence, ses élans spontanés, ses coups de gueule, ses coups de foudre et ses ratés. Mené par la verve cocasse et irrésistible d’Émilie, ce charmant opus sait dire avec une audacieuse lucidité et une délicieuse ironie la vie et ses inexplicables détours. Une escouade singulière et inoubliable dont on meurt d’envie de lire les futures (et inévitables) mésaventures!…


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 4 mars 2017

Série Simon et moi

Par Simon Boulerice, illustré par Guillaume Perreault, série Simon et moi, tomes 1 à 4, chez Fonfon.
Résumés de l'éditeur (tomes 1 à 4):
«Simon est capable de bien des choses. Et toi, es-tu capable de lire ce livre?
Simon obéit toujours aux règles. Enfin… presque toujours!
Simon rime avec imagination. Toi, quel mot rime avec ton prénom?
Simon a son style bien à lui et il aime le montrer. Place au défilé!»

Dans le monde de Simon, il y a un tas de choses à accomplir (dans la mesure du possible), une foule de règles à suivre (ou pas), une foison de mots aux sonorités complices (et coquines), et une myriade de styles charmants à adopter (si on les ose). Impossible donc de résister à l’envie d’y plonger sans attendre!... Simon Boulerice met cette fois sa prolifique et sensible plume au service des lecteurs tout neufs, en leur proposant ce rafraîchissant bouquet de courtes aventures au quotidien. S’articulant avec une astucieuse simplicité, une délicieuse malice, et s’épanouissant sous les traits taquins de l’univers visuel de Guillaume Perrault, cette série de premières lectures, à la candeur délectable, étonne et fascine, pour le plus grand plaisir des lecteurs en herbe. À découvrir absolument!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 3 mars 2017

Plus gros que le ventre

Par Michaël Escoffier, illustré par Amandine Piu, collection Maxi Boum, chez Frimousse.
Résumé de l'éditeur:
«Attention! N’ouvre pas ce livre! 
DANGER - PRUDENCE

Ce livre contient un monstre avec deux gros yeux énormes. Referme vite, sinon il va te manger. Tu es sûr que tu veux tourner la page? On t’aura prévenu!»

Les monstres ont faim. Toujours faim. Ils n’arrêtent jamais de manger. Tout ce qui croise leur regard. Tout ce qui croise leur chemin. Et si, pour une fois, ce gargantuesque appétit pouvait sauver la vie du lecteur? De son inimitable plume à la verve coquine, Michaël Escoffier raconte le périple culinaire du terrible monstre sévissant dans la forêt. Tricotant une dynamique trame narrative, relancée par l’univers visuel coloré et éloquent d’Amandine Piu, cet album interpelle joyeusement le lecteur, le mettant en garde contre l’inextinguible gourmandise de son monstrueux ennemi et lui offrant une astucieuse chute. Un opuscule rigolo et décoiffant qu’il fait bon lire (et relire!) en famille.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮


jeudi 2 mars 2017

Une mère à Brooklyn

Par Ingrid Chabbert, aux Éditions du Mercredi.
Quatrième de couverture:
«Judith a 15 ans. Hantée par le secret qui entoure sa naissance, elle se rebelle contre le monde entier. Comment se construire et aller de l’avant quand on ne connaît que la moitié de son histoire? Un séjour à New York va bouleverser sa vie et lui apporter les réponses qu’elle n’a jamais eues.»

Avoir une mère partie sans regarder en arrière, un père qui se tait, une belle-mère qui tente tant bien que mal de se fondre dans le décor et un torrent de questions qui bouillonnent au fond de l’âme, ça déconstruit insidieusement le bonheur au quotidien. Si, pour couronner le tout, on se voit plongé, sans crier gare, dans un passé qui a refusé de nous inclure dans son futur, c’est le début d’un périlleux parcours avec, pour seul filet, le fil ténu qui donne un sens au présent. D’une plume au vibrant tumulte, Ingrid Chabbert raconte les tourments de l’adolescence qui se cherche par-delà l’abandon. De Paris à Brooklyn, elle fait résonner le silence échevelé d’une jeune vie à l’aile brisée. Un chamboulant opuscule, qu’on aimerait un peu plus loquace, s’aventurant un peu plus loin au creux de ses rebondissements prometteurs, mais qui parvient à émouvoir dès les premières pages.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩




ATTENTION! Ce livre n'est disponible que sur commande, en Amérique du Nord.

lundi 27 février 2017

Super cagoule

Écrit et illustré par Antonin Louchard, chez Seuil Jeunesse.
Quatrième de couverture:
«Surtout, n’enlève pas ta cagoule, hein? Ça protège ta tête et ça t’empêche d’attraper des otites. C’est pas grave si ça gratte, ça gratte, ça gratte!»

L’enfance. Cette enfance que les adultes veulent protéger des écueils. Contre vents et otites. Et tant pis s’il y a des désagréments: ce qui compte, c’est de ne pas avoir froid, point. Et si, l’esprit vif de l’enfant n’avait pas dit son dernier mot? De sa plume à la verve rigolote, Antonin Louchard revisite, avec un aplomp savoureux et une répartie irrésistible, la fameux mythe du Grand Méchant Loup. Un opuscule habile qui ose souligner qu’il vaut parfois mieux éveiller les esprits et affûter la lucidité, plutôt que d’endormir la vigilance dans un cocon de bonnes intentions. À mettre entre toutes les petites (et grandes!) mains, pour faire un pied-de-nez à l’inquiétude!


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮ 

samedi 25 février 2017

La marque


Par Anne Loyer, chez Bulles de savon.
Résumé de l'éditeur:
«Dans un monde où le réchauffement climatique a imposé sa loi, la terre a été dévorée par le soleil. La vie s'est organisée autour de Kyos, cité-oasis qui possède et distribue l'eau, denrée essentielle en ce désert sans fin. Pour en bénéficier, encore faut-il avoir un enfant marqué. La Marque brille au front de Sika. Elle vient d'avoir quinze ans et elle sait qu'elle doit rejoindre Kyos pour permettre aux siens de survivre. Mais sa rencontre avec Rey, qui a refusé d'obéir au diktat de la cité-oasis, va lui ouvrir les yeux. Pourront-ils, ensemble, échapper à l'emprise de Kyos?»
Quand la Terre, desséchée irrémédiablement par l’insouciance passée d’une humanité ne voyant pas plus loin que ses désirs immédiats, tient ses habitants en otage dans une désolation caniculaire, que reste-t-il de la liberté d’exister? Et si un improbable et mystérieux oasis osait faire miroiter l’espoir d’un avenir, la soif justifierait-t-elle tous les moyens? Dans ce futur troublant de vérité, que ne ferait pas l’Homme pour sauver ce qu’il croit essentiel? Cet essentiel qui n'est pas le même pour tous ? Bousculant la tranquillité de notre présent qui joue à l’autruche avec le réchauffement climatique, Anne Loyer entraîne tout doucement le lecteur au cœur d’une dystopie chamboulante, et tricote un possible déroutant, mené à bout de cœur par des personnages forts et fascinants. Toutefois, malgré le charme envoûtant de sa plume, un gros bémol vient brouiller l’expérience de lecture : le rythme inégal de la narration touffue. En effet, si les deux premières parties installent le contexte avec lenteur et minutie, construisant une atmosphère lancinante, à l’image de la chaleur qui pèse sur le peuple des Tentes, tout déboule sans crier gare, dans la dernière partie, frôlant par moment l’invraisemblable. Cette riche prémisse aurait sans doute mérité de s’épanouir en un diptyque, afin de permettre au lecteur d’apprécier à sa juste valeur la plume fine et patiente d’une auteure qui sait dire avec justesse. Un opus dérangeant qui mérite malgré tout qu’on y plonge pour se faire tomber les œillères.


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 24 février 2017

Zaï Zaï Zaï Zaï : un road movie de Fabcaro

Scénario et dessins de Fabcaro, collection Monotrème, chez 6 pieds sous terre.
Résumé de l'éditeur:
«Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir. La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.»

Et si l’équilibre d’une société ne tenait qu’à l’assurance de l’utilisation systématique de sa carte fidélité? Et s’il suffisait d’une roulade arrière pour faire trembler le plus dur à cuire des bandits? Et si les faits alternatifs faisaient la nouvelle? Fabcaro tisse habilement l’histoire improbable (mais pas tant!) de la dérive troublante de la société de consommation. Un délice d’absurdité lucide, à l’irrésistible ironie, qui souligne audacieusement la superficialité d’une conscience sociale aveugle et individualiste.  On rit. On grince des dents. On se regarde la bêtise humaine. Et on en redemande. À lire sans tarder!

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮

mardi 14 février 2017

Louca (la série BD)

Scénario et dessins de Bruno Dequier, série Louca tomes 1, 2, 3 et 4, chez Dupuis.
Résumé de l'éditeur:
«Piètre sportif, mauvais élève, menteur, et maladroit avec les filles, Louca est une catastrophe ambulante. Heureusement, il va recevoir un coup de main de Nathan, beau garçon, super doué au foot, intelligent, drôle... bref, le coach idéal pour permettre à Louca de se reprendre en main et de remporter le match sur le terrain comme dans la vie. À un détail près : Nathan est mort et c'est son fantôme qui va entraîner Louca...»

Dans la vie de Louca, tout va de travers. Ce que lui enseignent les profs refuse obstinément de se fixer dans son cerveau, il trébuche et attire les catastrophes comme on respire, il s’embourbe dans les demi-vérités pour sauver la face, et les filles ne le remarquent que lorsqu’il fait une de ses spectaculaires (et bien involontaires!) chutes au quotidien. Non, vraiment, rien ne va plus. Si au moins, il était populaire et talentueux comme le capitaine de l’équipe de soccer de l’école! Or, voilà qu’inopinément, défiant les possibles, Nathan, le mystérieux, fait irruption dans sa vie, chamboulant toutes ses certitudes au passage… À travers cette série joyeusement improbable, Bruno Dequier raconte avec humour l’adolescence, avec son estime de soi dans le sixième sous-sol et ses montagnes russes d’émotions, mais aussi les modèles impromptus et inspirants, ou alors carrément empoisonnants et vicieux, qui en jonchent le chemin. Bien que s’enfargeant par moment dans des stéréotypes de genre, l’inimitable bande de personnages a tout pour charmer le lecteur, d’autant plus que malgré sa simplicité, la trame de la série plante rapidement les bases d’une intrigue plus inextricable qu’il n’y paraît. Une série qu’il fait bon découvrir, et qui ne manquera pas de faire sourire à tout vent!



Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

samedi 11 février 2017

Les Liszt


Par Kyo Maclear, illustré par Júlia Sardà, chez La Pastèque.
Résumé de l'éditeur:
«Les Liszt font des listes. Ils font des listes en hiver, au printemps, en été et à l’automne. Ils font des listes tous les jours sauf le dimanche. Mama Liszt, Papa Liszt, Winifred, Edward, Frederick et grand-père font des listes toute la journée. Puis un jour, un visiteur arrive. Comment vont-ils gérer quelque chose d’inattendu? Il n’est pas sur la liste de personne…»

Chez les Liszt, tout est prévu à la liste près. On ne laisse rien au hasard. On organise le Destin. Or, voilà qu’un jour, l’Inconnu s’immisce par la porte entrouverte, et c’est le début d’un nouvel ordre des choses. D’une plume singulière, tout en audacieuse simplicité,  Kyo Maclear aborde la joie potentielle de l’imprévu, à travers une bande de personnages tous plus fascinants les uns que les autres. Porté par l’univers visuel grinçant de Julia Sardà, à la palette chaude et la composition touffue, cet album ose bousculer le confort du prévisible, le ronron du convenu, et faire miroiter le bonheur aux mille possibles de se lancer dans l’existence, sans filet. 


Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✩

vendredi 10 février 2017

Nina


Par Alice Brière-Haquet, illustré par Bruno Liance, collection Hors Série Giboulées, chez Gallimard.
Quatrième de couverture:
«"Dream my baby dream…" Nina Simone, grande dame du jazz, avait l’habitude d’endormir sa fille en lui chantant une berceuse. Mais ce soir-là, Lisa ne trouve pas le sommeil. Alors Nina lui raconte une histoire, son histoire.»

Le monde de Nina est comme le clavier d’un piano : un océan de Blancs, sur les eaux agitées desquelles tentent de naviguer de courageux Noirs, tout en demi-tons, ballottés d’une injustice à l’autre sur leurs fragiles esquifs. L’intolérance martèle l’enfance de Nina de ses notes discordantes, et pourtant, Nina s’accroche à la musique. À sa musique. Comme à une bouée. Cette musique qui, elle, résonne en couleurs, envers et contre tous. D’une plume tout en finesse et en poésie, Alice Brière-Haquet raconte Nina Simone, sa lutte, et à travers elle, les luttes d’un siècle pas si lointain. Bercé par l’univers feutré de Bruno Liance, à la palette audacieusement monochrome et aux textures éloquentes, cet opuscule sait dénoncer l’inconcevable, avec justesse et simplicité, et faire sourire l’espoir d’un avenir où la diversité sera une douce musique aux oreilles de la société.

Lili lui donne: ✮ ✮ ✮ ✮ ✮