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lundi 18 janvier 2010

Le Temps des collages

Par Yves Perreault, Decourberon, Calligramme

«Le temps des collages est une œuvre littéraire et visuelle de grande qualité. Yves Perreault y présente trente-six collages et autant de poèmes liés entre eux par différentes thématiques qui sont le matériau brut de cet artiste coloré. Avec ses créations aux titres évocateurs tels que L’écrit en vain, Être de différence ou Génération Bof!, Perreault nous conduit dans son univers unique où la société est observée, puis disséquée. Parfois dure, parfois comique, souvent touchante sans jamais être fastidieuse, cette œuvre est bien plus qu’un simple recueil: c’est un vibrant cri artistique qui ne laissera personne indifférent.»

Premier recueil de Perreault, un peu plus sombre et hermétique que son dernier: Un ours sous la jupe. Sa plume est plutôt déconstruite et éparpillée; il s'agit indiscutablement d'un recueil pour les accrocs de poésie, pas tout à fait accessible au grand public. Beaucoup de prises de conscience et de remises en question à travers ces mots qui fusent de partout. Un coup de coeur pour «Un être de différence» et pour toute la troisième partie, «Les naufragés de la chambre à coucher»... À lire à petite dose, en prenant le temps d'en faire rouler et mûrir les mots en soi...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

samedi 16 janvier 2010

I Don't Know How She Does It

Par Allison Pearson, Knopf

«Meet Kate Reddy, hedge-fund manager and mother of two. She can juggle nine different currencies in five different time zones and get herself and two children washed and dressed and out of the house in half an hour. In Kate's life, Everything Goes Perfectly as long as Everything Goes Perfectly. She lies to her own mother about how much time she spends with her kids; practices pelvic floor squeezes in the boardroom; applies tips from Toddler Taming to soothe her irascible boss; uses her cell phone in the office bathroom to procure a hamster for her daughter's birthday ("Any working mother who says she doesn't bribe her kids can add Liar to her résumé"); and cries into the laundry hamper when she misses her children's bedtime.»


Bonne petite histoire pour la Maman moderne, la Maman qui a besoin de travailler pour conserver une force intérieure, un brin d'estime d'elle-même. L'ancêtre de tous ces livres concernant les «mamans imparfaites»... même si la fin est plutôt une ode à l'instinct maternel qui transcende tout, désirs, ambitions, etc. Cela dit, malgré un début un peu lent, c'est un roman plaisant à lire... Attention! La version originale regorgeant de petits jeux de mots et de plaisanteries britanniques, la version française, tout en étant tout à fait potable, risque de peiner à trouver un équivalent humoristique aussi habile...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française

mardi 12 janvier 2010

La mélodie des tuyaux

Par Benjamin Lacombe, interprété par Olivia Ruiz, Seuil jeunesse

«Alexandre, bientôt 13 ans. D'après son entourage, il est comme presque tous les habitants de cette ville : trop peu intelligent pour échapper à son destin qui va le mener à l'usine. Puis un jour, débarquent dans les rues une troupe de saltimbanques. Ils installent leur campement près des voies ferrés. Curieux, Alexandre les observe de loin: il est impressionné par les roulottes bariolées, les acrobates, les siamoises... et surtout par une très jolie gitane. Elle aussi l'a remarqué. Elle l'emmène avec elle et lui fait découvrir leur musique, chaleureuse et envoûtante. Alexandre tombe amoureux de la jeune fille mais tout autant du flamenco qui va lui permettre de se révéler à lui-même et aux autres. Car derrière le 'bon à rien' pourrait se cacher un musicien virtuose.»

Sublime! Inoubliable! D'une fraîcheur et d'une beauté à couper le souffle! Une histoire tendre et lumineuse, dans cette ville grise aux mille tuyaux et des illustrations qui font rêver, voyager, pleurer... Quant à la narration musicale, elle est la troisième dimension de cette épopée savoureuse; insdispensable et envoûtante! Il s'agit d'une réussite, littéralement. Un bijou à saisir au vol...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

lundi 11 janvier 2010

Le secret de Kim

Par Maxime Roussy et Marie-Ève Larivière, La Semaine, Le blogue de Namasté 4

«Je n'arrive pas à croire le secret de Kim! Je m'attendais à un truc pas mal moins intense. Ça me met dans une position délicate. Comment suis-je censée réagir? Quelqu'un a-t-il un guide d'emploi? À l'école, nous sommes en pleine campagne électorale. Jimmy, un gars de cinquième secondaire, se présente à la présidence contre Kim. Alerte! Alerte! C'est une Réglisse noire! Il joue dur. Mais on ne le laissera pas faire. On lui montrera la puissance des Réglisses rouges! Enfin, il y a le beau Michaël qui fait battre mon coeur... Mais est-ce que je fais battre le sien? Avec humour et une sensibilité à fleur de peau, Namasté, 14 ans, nous entraîne dans la suite de ses aventures, qui sont tout sauf ordinaires.»


Suite attendue de la sympathique série d'aventures de Namasté. Bon. Peut-être un brin trop d'événements mémorables et éducatifs dans ce tome; le «grand secret» de Kim aurait suffit amplement. Les personnages sont toujours aussi attachants et mais leurs paroles sonnent parfois un peu faux. Dommage. Un trop grand désir de ressembler à Aurélie Laflamme peut-être? Pourtant, Namasté avait une voix ado singulière et rafraîchissante, sans tomber dans le gnan-gnan! En espérant que tout rentre dans l'ordre dès le prochain tome; tome que j'attends d'ailleurs avec impatience, malgré tout!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

Le temps des soupirs

Par Alexis Coridun, illustré par Jenny, Delcourt, Mathilde 1

«Les tribulations professionnelles, affectives et sentimentales de Mathilde, une jeune Parisienne dynamique rêvant de devenir écrivain.»

Petite aventure légère  et rose bonbon, aux illustrations conventionnelles et au ton franchouillard... Un espèce de roman à l'eau de rose en BD... On ne le lit que pour savoir ce qui arrivera à cette «pauvre» Mathilde malchanceuse en amour... Bref, une BD TRÈS contournable!


Lili lui donne: ★ ★ ☆ ☆ ☆

Rose, derrière le rideau de la folie

Par Élise Turcotte, illustré par Daniel Sylvestre, La Courte Échelle

«On entre ici dans l'intimité, celle de Rose, et dans une expérience, celle de l'internement. Au fil des pages s'entremêlent les questions de Rose, ses mots, ses visages. Rose est à l'hôpital avec d'autres personnalités atypiques. ou anormales, dirait-on; mais où est la norme? Une écriture poétique, sans concession, d'Élise Turcotte qui met en évidence la richesse et la lucidité de l'esprit de Rose. Une création visuelle et littéraire où le sens et l'esthétisme se complètent et se répondent, donnant au lecteur plusieurs portes d'entrée.»

Recueil vibrant, dérangeant, sombre et humain. Un peu intense peut-être pour ceux que le déséquilibre perturbe... un brin trop sombrement envoûtant pour moi! C'est le lever du rideau sur un univers aux mille vérités. Belle complicité auteur/concepteur graphique: les mots s'épanouissent et virevoltent à travers les illustrations. À lire doucement...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 

dimanche 10 janvier 2010

Mission Bouille de grenouille

Par Muriel Kerba, Gautier Languereau

«Dans mon immeuble, on est quatre du même âge, mais c'est Toto qui a eu l'idée le premier: faire sortir de chez elle la vieille rainette du troisième... Et croyez-moi, c'était pas du gâteau!»

Histoire farfelue et attachante. Et quelle belle mise en contexte, portée par des illustrations incroyables, d'une naïveté désarmante et pourtant si juste! Si l'histoire prend un brin de temps à lever, elle déboule ensuite vers une fin très sympathique. Une plume éducative, mais qui le cache habilement. Bref, un bon petit album à découvrir et à relire, le nez plongé dans les mille et une possibilités que nous soufflent les images...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Mon Papi

Par David Bouchard, illustré par Josée Bisaillon, Les 400 coups, Carré Blanc

«Papi a toujours été près de sa petite fille. Toujours. Et voici que Papi doit déménager dans un endroit particulier où il y a plein de gens de son âge… et il ne pourra y amener son chien Biscotte. Comment l’aider? Comment adoucir sa peine?»

Que dire de cet album... qu'il n'est pas destiné aux enfants? Tout à fait. Que l'histoire n'envoûte pas, mais nous tire plutôt dans les affres de la déprime? Juste. Que la plume de Bouchard tente de camoufler une vision cartésienne et adulte des choses sous une poésie mal utilisée et qui nous fait décrocher? Malheureusement vrai. Bref, ce n'est pas une réussite et c'est fort dommage car la prémisse semblait prometteuse... Cela dit, la conception graphique n'est pas si mal (la couverture est accrocheuse également, ô incorrigible fille de graphiste que je suis!). Audacieuse. Les expressions des personnages sont parfois inquiétantes, mais témoignent d'une grande humanité. À feuilleter donc, mais pas à l'heure du conte...


Lili lui donne: ★ ★ ☆ ☆ ☆

samedi 9 janvier 2010

Blanc comme veuve

Par Frances Fyfield, LGF, Le Livre de poche, Helen West 1

«Comment séduire un sémillant avocat, marié à une charmante jeune femme, quand on est veuve, riche et vieille? Eileen Cartwright entreprend d'abord de se débarrasser de l'épouse légitime, dont elle commandite le meurtre. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle entame du même coup un duel avec deux adversaires redoutablement sagaces: le juge Helen West et l'inspecteur Bailey. Ceux-ci mettront au jour un abîme où se mêlent la folie, l'orgueil, la détresse...»


Troublante épopée dans les bas fonds tortueux de l'âme humaine... Quelle plume étrange et envoûtante que celle de Fyfield! Un mélange explosif d'Alice Ferney et d'Élizabeth George... Une plume qui prend son temps, qui multiplie les points de vue, qui tisse les liens, qui gagne la confiance du lecteur, lentement mais sûrement, pour mieux secouer leurs certitudes au fil de l'histoire... Une intrigue qu'on dévore goulûment, en fermant les yeux parfois, devant la souffrance de l'âme et du corps... Et quel duo singulier que celui de West et de Bailey; une touche de complicité dans cet univers riche et effrayant que construit Fyfield. Impressionnant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

  
Pour le lire en version originale (rare)

Quitter le bercail...

Ça faisait un bon moment que je brûlais d'envie de voir le documentaire de Éric Scott: «Quitter le bercail» ou «Leaving the Fold», en version originale.
Hier soir, à Zone Doc (Radio-Canada), j'ai eu la chance d'attraper sa diffusion au vol...


«QUITTER LE BERCAIL est un film qui raconte l’histoire de cinq individus qui sont nés et qui ont grandi dans un milieu juif ultra-orthodoxe et qui désirent s’en émanciper. Enfants, ils ont été élevés dans une société fermée où tout écart de conduite entraîne souvent l’ostracisme et l’intimidation, sinon pire. Ces jeunes adultes paient très cher le fait d’abandonner leur famille et leur communauté pour partir en quête de la liberté de faire leurs propres choix. Des enclaves hassidiques de Montréal, Brooklyn et de Jérusalem émergent des histoires de conflits, de contraintes et de luttes. Empreint de souffrance et d’humour inattendu, Quitter le bercail montre le passage de nos quatre héros d’une société étroitement contrôlée à un univers laïc déroutant où les choix sont infinis : Que devrais-je porter? Qu’est-ce que je deviendrai? Qui est-ce que j’épouserai? Jadis, on décidait tout à leur place. Aujourd’hui, ils doivent prendre leurs propres décisions. Cependant, les réponses ne sont pas toujours évidentes.»


Que dire de ce documentaire... Touchant, vibrant, émouvant, dérangeant, désarçonnant?... Tous ces qualificatifs à la fois? Disons qu'en suivant le parcours singulier et pas toujours rose de ces 5 «déserteurs» de la religion juive orthodoxe, on ressent jusqu'au fond de nous leur fragilité et leur vulnérabilité, mais aussi leur certitude déterminée quant à leur choix de quitter le carcan religieux de leur enfance... Une ode aux mille ressources, parfois insoupçonnées, de l'humain... Mais ce documentaire n'est-il pas une simple condamnation de leur passé et de cette religion qui ne les laissait pas être? Oui... et non. Car malgré leur départ, certaines valeurs palpitent encore en eux, comme un héritage inéluctable...

Un des beaux moments de cet opus: la discussion entre Pinchus (le père) et ses deux fils «déserteurs», Levi et Hudi, à table, respectant une des traditions de la foi hassidique tout en alimentant une argumentation philosopho-spirituelle quant à leur droit de ne pas croire...
Un documentaire à voir. Absolument. Même si sa diffusion est plutôt limitée (cliquer ici pour visiter le site officiel du film)...