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mercredi 5 juin 2013

Ma mère est partout


Par Nathalie Kuperman, illustré par Aurélie Guillerey, École des loisirs, Mouche

«Un matin pendant la classe, Joseph entend de drôles de bruits dans son cartable. Ça fait cratch, critch et strompf. Serait-ce une souris? un rat? un monstre bizarre qui ne vit que dans les cartables? À la récréation, Joseph décide d'en avoir le coeur net. Il emporte son cartable dans un coin à l'abri des regards, et, très courageusement, il l'ouvre. À l'intérieur, ce n'est pas une souris, ni un rat. Ce n'est pas non plus un monstre. C'est sa mère, qui est là, un peu coincée entre le cahier de textes et le cahier de français.
- Maman, qu'est-ce que tu fais là?
- Je suis venue t'apporter ton goûter. Tu l'avais oublié ce matin en partant.
Non, Joseph n'est pas en train de rêver, et le problème pour lui, c'est que cette histoire ne fait que commencer.»

Un plongeant cocasse dans l'enfance et ses mille possibles. Nathalie Kuperman tricote un petit bijou de fraîcheur, farfelu à souhait, où réel et onirique s'entrelacent joyeusement pour notre plus grand bonheur. Un opuscule habile et délicieusement candide pour les petits protégés des mamans (et papas!) poules...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mardi 4 juin 2013

Affreux, sales et gentils


Par Guillaume Guéraud, illustré par Martin Matje, Nathan, Nathan Poche

«Amaury a été kidnappé. Depuis il n'a jamais été aussi heureux À la sortie du collège, Amaury est enlevé par deux inconnus qui le forcent à monter dans une voiture. Ce n'est pas un hasard, ses parents sont riches, très riches! Après quelques kilomètres, le garçon découvre sa sinistre destination: un terrain vague, où une roulotte abrite une famille d'affreux bien décidés à obtenir une forte rançon. Mais dans cet enfer pousse une jolie fleur prénommée Julie...»

Une savoureuse petite intrigue, déroutante à souhait! Guillaume Guéraud fait dans l'humour grinçant, secouant joyeusement les certitudes et se jouant habilement des notions de Bien et de Mal. Sa plume audacieuse dérange avec finesse, croquant l'essentiel au passage et plongeant le lecteur au coeur d'une histoire d'amour délicieusement impromptue; on s'esclaffe, on s'attendrit, on trépigne et on s'enrage, bref, on s'y croit. Un bouleversant pied-de-nez aux conventions sociales, qui provoque avec aplomb, jusqu'à la toute dernière ligne...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

jeudi 30 mai 2013

Herman et Rosie pour la vie


Par Gus Gordon, Gallimard Jeunesse

«C'est une histoire de grande ville. Une histoire de hot dogs, de musique et de courants d'air dans le métro l'été. Une histoire où l 'on chante sur les toits. Mais, surtout, c'est l'histoire d'Herman et Rosie. Deux solitudes, deux destins, une rencontre... un bonheur à deux!»

Une histoire comme un câlin, toute douce, et fine, et sensible... avec New York l'Inénarrable comme personnage de soutien. Gus Gordon retricote avec délicatesse et candeur une histoire vieille comme le monde: celle de l'Amour et du Destin fricotant un plan coquin en secret. Portée par un univers visuel tout en menus détails et d'un charme irrésistible, cette histoire sans âge fait vibrer le lecteur au son délicieusement feutré et énigmatique du jazz, prenant bien le temps de lui faire savourer la fraîcheur des premiers balbutiements amoureux. Une délicieuse bouffée de simplicité et de chaleur humaine qui fait rêver et sourire le coeur...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version originale

mercredi 29 mai 2013

Kevin et les extraterrestres - Restons calmes!


Par Laurent Rivelaygue, illustré par Olivier Tallec, Flammarion, Père Castor, Kevin et les extraterrestres 1

«Kevin, 10 ans, a trois amis extraterrestres : Napo le rouge, Albert le bleu et Cassius le jaune, qui ne passent pas inaperçus dans le petit village. Pourtant, il faut bien qu'ils réparent leur navette cachée dans la forêt...»

Un opuscule saugrenu, entremêlant joyeusement fiction et réalité (au fond, on ne sait jamais, avec les extraterrestres!), et concocté avec aplomb et humour par Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec, un duo de créateurs à l'imaginaire délicieusement touffu. Se relançant adroitement avec finesse et vivacité, la narration cocasse de Rivelaygue et l'univers visuel coquin et tendre de Tallec font s'épanouir l'histoire, multipliant les imprévus (et les éclats de rire!) au grand bonheur des lecteurs. Misant sur une structure plutôt atypique (7 histoires indépendantes, une seule et savoureuse galerie de personnages, et des suppléments narratifs sous forme de planches de BD insérées ça et là), ce premier tome d'une série on ne peut plus prometteuse ose une ode déjantée à la candeur lucide de l'enfance et à tous ces possibles qui nous attendent là-bas, à l'orée de la forêt...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

The Cater Street Hangman


Par Anne Perry, Ballantine Books

«While the Ellisons were out paying calls and drinking tea like proper Victorian ladies, a maid in their household was one of a number of young women garrotted to death. Inspector Thomas Pitt investigates the scene and finds that no one is above suspicion. As his intense questioning causes many a composed facade to crumble, Pitt finds himself drawn to the independently minded Charlotte Ellison. Yet a romance between a society girl and so unsuitable a suitor was impossible in the midst of a murder investigation...»

Un petit morceau inquiétant, au coeur de cette époque victorienne où le silence était de bon ton. Anne Perry emberlificote sournoisement le lecteur dans une intrigue sombre et lancinante, multipliant les doutes, faisant peser les soupçons sans pitié. Si, vers la fin, on pressent un poil trop tôt par où le vent soufflera, c'est presque un soulagement après la tension que l'auteure nourrit pendant les deux premiers tiers du roman, secouant les certitudes sans ménagement. Un portrait déroutant de cette ère où la maîtrise de soi se portait fièrement, aplanissant les différences à grand coup de pression sociale et fermant définitivement les yeux sur la faillibilité de l'humain. Troublant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version française

vendredi 24 mai 2013

Un après-midi chez Jules


Écrit et illustré par Valérie Boivin, Les 400 coups

«"Il n'y a pas si longtemps, Jules habitait dans une toute petite maison. La cuisine était dans le salon, le lit dans la bibliothèque, le bain dans la cuisine..."
Jules et ses parents étaient si à l'étroit, qu'ils ont déménagé. Maintenant, ils habitent une grande maison. Il y a tant de pièces que Jules n'a pas assez de doigts pour toutes les compter. Mais Jules s'ennuie : plus rien ne l'amuse, pas même sa collection de moustaches. Jusqu'au jour où la simple confection d'un avion en papier lui permet de rencontrer tous les gens du voisinage dont une petite fille de son âge.»

Un petit morceau de poésie tendre et émouvant sur fond de grand branle-bas. Valérie Boivin envoûte le lecteur dès les premières pages, tricotant finement une douce histoire de sa plume sensible et inventive, puis l'invitant en toute simplicité dans le monde de Jules à travers un bijou d'univers visuel, aux teintes feutrées et à l'éloquence astucieuse. Si on trébuche un brin sur la fin un peu trop «dirigée» (en fait, la dernière illustration, sans sa surenchère narrative, aurait été une fin ouverte parfaite!), cela n'affecte en rien le vibrant bonheur de lecture que cet album nous offre. Un opuscule sublime, tout en nuances et en suggestions, à déguster encore et encore.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

mercredi 22 mai 2013

La Révolution des crabes


Par Arthur De Pins, Soleil Production, Noctambule, La marche du crabe 3

«Sur les bords de l’estuaire de la Gironde, une variété de crabes – le Cancer Simplicimus Vulgaris ou crabe carré – est victime d’un caprice de l’évolution : elle ne peut changer de direction, et est condamnée à marcher toute sa vie selon une même ligne droite! Mais un jour... trois d’entre eux – Soleil, Bateau et Guitare – vont réaliser qu’ils peuvent modifier le cours des choses et... tourner! Ainsi naissent deux clans : les rigides (qui marchent tout droit) et les tourneurs (qui changent de direction). L’issue de cette bataille ne laisserait aucun doute quant à la victoire idéologique et stratégique des tourneurs, si le clan des rigides ne bénéficiait pas du soutien des autres espèces de la faune maritime qui se sentent menacées. Une tragédie qui se déroule sous la caméra de deux reporters – Dominique et Raymond – encore loin d’imaginer ce qui les attend...»

Tant et tant attendue, cette conclusion d'un lever de bouclier sans précédents dans le monde des crabes. Eh bien, la barre était peut-être un poil trop haute à la suite des deux premiers volets de la trilogie: au fil des pages, mon enthousiasme s'est malheureusement ratatiné un brin, à ma grande déception. Pourtant, à première vue, tout y est. L'intrigue est relancée habilement dès le début du tome, s'épanouissant dans un mélange astucieux de lucidité, de philosophie et d'humour, et l'univers visuel singulier de Arthur de Pins souligne finement et avec éloquence cette saga hors du commun. Or, malgré ce colossal travail de maître, il manque un je-ne-sais-quoi... et la magie n'opère pas, ou si peu. Dommage. Tellement dommage. Cela dit, ce petit bémol n'entache en rien la qualité exceptionnelle de cette trilogie rafraîchissante, secouant joyeusement les repères, avec verve et intelligence. 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


mardi 21 mai 2013

L'ours de Val-David


Par Gérald Gagnon, Boréal, Inter
Résumé de l'éditeur
«À Val-David, il y a un ours qui tue. Et l'ONU, ces quatre camarades, vont y passer leurs vacances des Fêtes.»

Une sympathique intrigue nordique à saveur scandinave. Gérald Gagnon entraîne le lecteur au coeur du mystère par le biais de sa savoureuse galerie de personnages (les quatre membres de l'ONU sont particulièrement délectables!) et d'une plume distillant avec adresse connaissances, suspense et humour. Un agréable petit polar à déguster lorsque le vent siffle en tempête et que les ombres s'allongent à l'extérieur...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 19 mai 2013

The Lady of Shalott


Par Alfred, Lord Tennyson, illustré par Geneviève Côté, Kids Can Press, Visions of Poetry

«She knows not what the curse may be,  
And so she weaveth steadily,  
And little other care hath she,  
          The Lady of Shalott.»

Tendre et audacieuse, cette relecture de la Lady of Shalott de Tennyson par Geneviève Côté bouleverse les repères, faisant s'entrechoquer les époques avec adresse. Son univers visuel aux teintes délavées, baignant dans un brouillard émouvant, provoque le lecteur, le relance avec une éloquente candeur. Et le mystère persiste et signe, à travers les voix de ce duo de créateurs étonnant et anachronique: Tennyson chuchotant la mélancolie de sa Lady, et Geneviève Côté lui donnant des ailes...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


The Total Tragedy of a Girl Named Hamlet



Par Erin Dionne, Puffin

«All Hamlet Kennedy wants is to be a normal eighth grader. But with parents like hers - Shakespearean scholars who actually dress in Elizabethan regalia... in public! - it's not that easy. As if they weren't strange enough, her genius seven-year-old sister will be attending her middle school, and is named the new math tutor. Even though she wants to be average, Hamlet can no longer hide from the fact that she- like her family - is anything but ordinary.»

Un opus absolument savoureux, où s'épanouit avec humour l'adolescence, ses défis saugrenus, ses heurts et ses tournants imprévisibles. Erin Dionne tricote habilement une intrigue singulière, à la trame et aux personnages déroutants, voire joyeusement improbables par moment, mais dont le tourbillon d'émotions s'avère indiscutablement fin et juste. Une hilarante saga à dévorer toute crue, délice de candeur, d'authenticité et de quiproquos déjantés à souhait. Inoubliable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


Pour le lire en version française
 (fraîchement traduit et disponible en librairie)