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mardi 5 avril 2011

Félix, le collectionneur de peurs

Par Fina Casalderrey, illustré par Teresa Lima, OQO Editora, O

«Félix n’était pas un enfant comme les autres : Félix était l’enfant le plus peureux du monde!»

Petite historiette toute douce pour les peureux de tous âges. Fina Casalderrey propose une intrigue très simple mettant en vedette Félix le craintif, mais surtout, ses peurs parfois plus grandes que lui. À partir de cette modeste proposition littéraire, Teresa Lima crée un riche univers visuel, un brin sombre, sensible et éloquent, qui fait voyager le lecteur au coeur de la peur. À feuilleter sans crainte... un album qui redonnera le sourire à ceux qui possèdent une âme un brin trop impressionnable.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Les petites mamies

Par Charo Pita, illustré par Fatima Afonso, OQO Éditora, O

«Suzette et Violette sont deux humbles petites mamies qui partagent tout, même si leur tout n’est presque rien : soupe à l’eau de lundi à samedi et un demi-vermicelle les dimanches. Mais elles sont heureuses parce qu’elles ont la plus grande des richesses : l’affection de l’une envers l’autre.»

Étrange histoire, à mi-chemin entre les Triplettes de Belleville et Jack et le haricot magique. La plume de Charo Pita mène le lecteur par le bout du nez, le bombardant joyeusement de rebondissements inattendus. Quant aux illustrations de Fatima Afonso, elles sont généreuses et tendres. Bref, une aventure saugrenue mais attachante à découvrir absolument!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 1 avril 2011

Marche ou Rêve

Par Laurel, mis en images par Laurel et Elric, Dargaud, Marche ou Rêve 1

«Harold, 17 ans, rend visite à sa grand-mère en Bretagne pendant les vacances. Heureux de s'isoler pour se retrouver, il fait pourtant face à des révélations qui ébranlent ses certitudes.»

Je ne sais trop que penser de cette BD... De prime abord, tout semble prometteur: la prémisse intrigante de Laurel, le touchant univers graphique de Laurel et Elric... et puis, petit à petit, la tristesse s'empare de l'histoire, pour finir dans un mal-être dérangeant. Je ne peux nier que la mise en images est efficace, éloquente, émouvante, et que le scénario est intéressant... mais je crois que pour la lectrice un brin claustrophobe que je suis, il s'agit d'une BD un poil trop sans issue pour que je puisse vraiment en apprécier la lecture.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

jeudi 31 mars 2011

La princesse qui n'aimait pas les princes

Par Amélie Brière-Hacquet, illustré par Lionel Larchevêque, Actes Sud Junior, Benjamin

Résumé de l'éditeur
«Les princes de la terre entière défilèrent un à un pour demander la main de la princesse. Mais "non, merci bien", aucun d'entre eux ne lui disait rien! Le miracle se produisit enfin lorsqu'une jolie fée apparut...»

Un conte «classique» très d'actualité qu'on ne rencontre pas tous les jours en littérature jeunesse. L'histoire est menée habilement par Alice Brière-Haquet, entraînant tout d'abord le lecteur dans une structure de conte plutôt traditionnelle, puis le faisant aller de surprises en surprises en ponctuant l'action d'allusions à des réalités bien d'aujourd'hui (le papier recyclé, l'internet, Harry Potter, ...) pour enfin s'épanouir dans un climax final qui fait réaliser avec une simplicité et une douceur infinies que l'amour n'a pas de sexe. Les illustrations de Lionel Larchevêque sont plaisantes et remplies de détails amusants, bien que la montée dramatique soit tellement prenante par moment que lecteur est parfois tenté de négliger le visuel. Cela dit, je crois que ce concept graphique plutôt humoristique supporte tout à fait le travail de l'auteure dans son approche spontanée, sans tambour ni trompette, de l'homosexualité. Il s'agit d'un conte savoureux, qui ne pontifie pas, ne souligne pas exagérément la différence; l'orientation sexuelle de la princesse est plutôt considérée comme la solution miracle aux problèmes du Roi, un coup de foudre qui lui permettra enfin de «marier» sa fille. Une aventure sympathique et audacieuse... qui je l'espère se fraiera un chemin à travers le monde souvent très censuré des écoles primaires.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★  

Le premier pas

Par Orianne Lallemand, illustré par Amélie Thiébaud, Auzou, Soleil bleu

«À travers un joli texte poétique, on énumère les sensations et sentiments que l’on peut ressentir quand on se dispute avec un être cher et que l’on désire faire le premier pas, sans vraiment vouloir être l’initiateur de la réconciliation.»

Pour une fois, un album jeunesse ostentiblement éducatif qui me plaît! La plume toute douce d'Orianne Lallemand remplit de poésie cet album dont le but avoué est l'apprentissage d'une certaine gestion émotionnelle, ce qui aurait pu être franchement ennuyant et moralisateur. Et surtout, surtout, quelles tendres illustrations que celles d'Amélie Thiébaud! L'exemple parfait de l'album au carcan éditorial clairement didactique qui, grâce à un sensible duo auteure-illustratrice, rend la leçon agréable et touchante.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mercredi 30 mars 2011

Brooklyn

Par Colm Tóibín, McLelland & Stewart

«It is Enniscorthy in the southeast of Ireland in the early 1950s. Eilis Lacey is one among many of her generation who cannot find work at home. Thus when a job is offered in America, it is clear to everyone that she must go. Leaving her family and country, Eilis heads for unfamiliar Brooklyn, and to a crowded boarding house where the landlady’s intense scrutiny and the small jealousies of her fellow residents only deepen her isolation. Slowly, however, the pain of parting is buried beneath the rhythms of her new life — until she begins to realize that she has found a sort of happiness. As she falls in love, news comes from home that forces her back to Enniscorthy, not to the constrictions of her old life, but to new possibilities which conflict deeply with the life she has left behind in Brooklyn.»

Histoire remuante d'un exil forcé. Colm Toibin installe lentement, très lentement (peut-être même un brin trop!) les bases de son intrigue. Bien vite, toutefois, tout se met à débouler, et le lecteur est emporté dans le tourbillon de cette nouvelle vie intense et fascinante. À travers le personnage de Eilis, Toibin fait découvrir l'évolution silencieuse des sentiments lors d'un exil. Bien sûr, aucun exil n'est simple, et plusieurs rendent malheureux, mais très souvent, une période de transition est vécue, une période où l'expatrié ne sent pas encore à l'aise dans son nouveau milieu de vie, mais déjà plus partie prenante de son milieu d'origine: comme s'il n'appartenait ni à l'Ancien, ni au Nouveau, un voyageur de nulle part suspendu entre deux solitudes, un oisillon appenant à voler de ses propres ailes, sans nid vers lequel chercher du réconfort entre les essais. Ce malaise sournois, Toibin le fait poindre et s'installer chez Eilis jusqu'à la décision ultime, climax du roman: dans quel pays choisira-t-elle d'être heureuse, puisqu'il s'agit en effet d'un choix, et non de se laisser porter par le connu, le facile... Si j'ai dû m'accrocher avec détermination à l'histoire, à cause du rythme un brin lent de Toibin, j'ai été amplement récompensée: son roman m'a touchée, émue, chamboulée. À découvrir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Pour le lire en version française

Le petit garçon qui disait toujours «Non!»

Par David Foenkinos, illustré par Soledad Bravi, Albin Michel jeunesse

«Voici l’histoire d’un petit garçon qui disait toujours non. Quand on lui posait une question, il n’y avait aucune surprise. On connaissait déjà la réponse : non. Mais un jour, une nouvelle élève arrive à l’école. Et l’histoire se transforme avec des oui... Ah l’amour!»

Histoire rigolote qui s'épanouit sous la plume habile et moqueuse de David Foenkinos, au grand plaisir du lecteur. Basée sur une prémisse simple, originale et évoluant dans l'univers presque bédéesque de Soledad Bravi, qui n'est pas sans rappeler celui de Sempé, cette aventure est menée joyeusement par un inoubliable petit garçon à la négation facile. Une épopée cocasse qui propose une hypothèse attachante quant à l'origine de la fameuse période du «Non!»...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Mon petit amour

Par Stephen Michael King, Scholastic

«Ce petit chien profite de la vie au maximum. Son monde est rempli de couleurs magnifiques et de bruits... des notes qui forment un concert de musique! Le monde est extraordinaire, mais l’endroit le plus coloré, le plus musical, le plus excitant de tous est auprès de toi, mon petit amour!»

Sympathique déclaration d'amour pour les tout-petits. Les mots sont simples, frais et tendres... et les illustrations d'une douceur infinie. Un gentil petit opus à partager avant d'aller dormir...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

Fichu Caneton!

Par Steve Smallman, illustré par Tim Warnes, Mijade

«Monsieur Lapin est un grand collectionneur‚ chaque objet est trié‚ classé‚ étiqueté et rangé avec grand soin chez lui. Un jour‚ il ramène un bel objet lisse et rond à la maison. Mais voilà qu’il se fendille et qu’il en sort… un petit caneton tout jaune et gluant! Un bébé‚ cela vous met la maison sens dessus dessous: fichu caneton! Il faut vite retrouver sa maman… mais quand voici venu le moment de se séparer‚ Monsieur Lapin se demande s’il n’a pas pris goût à ce joyeux remue–ménage!»

Histoire «classique» tournant autour de l'inévitable combat entre l'Ordre et le Désordre. Steve Smallman propose un déroulement sympathique de l'action... et surtout, un attachant petit personnage de caneton, à faire fondre la résistance du plus ermite des lapins! Les illustrations de Tim Warnes présentent une texture intéressante, rendant les émotions avec éloquence. Un petit album qui sait émouvoir par moment, sans froisser les habitudes des lecteurs, mais qui, dans l'ensemble, ne sort pas vraiment des sentiers battus, à mon grand regret...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

mardi 29 mars 2011

Georgette la vedette

Par Christine Naumann-Villemin, illustré par Marianne Barcilon, Kaleidoscope

«Pauvre Georgette! Elle ne peut pas se vanter auprès des autres poules d’avoir acheté une bague à Paris, ou d’avoir parcouru 5360 kilomètres en une journée, ni d’avoir récolté 13 kilos de beaux vers dodus. Alors, qu’est-ce qu’elle pourrait bien inventer pour impressionner toutes ces dames? Hein? Vous avez dit un oeuf carré?!»

Cocasse petite histoire de basse-cour proposée par la plume fine de Christine Naumann-Villemin: ses personnages un peu caricaturaux font sourire... surtout Georgette, si attachante, avec son mensonge plus gros qu'elle! Marianne Barcilon croque tendrement, à l'aquarelle, cette bruyante smala, offrant une foison de détails et d'éloquentes expressions pour les gourmands visuels. Un album coquin et délicieux.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆