Vous cherchez?

dimanche 4 mai 2014

Victoria rêve


Par Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse

«Victoria rêve d'aventures, d'une vie plus grande qu'elle. Alors quand les livres disparaissent de sa chambre et que des personnages descendent de sa bibliothèque en rappel, c'est le début d'une belle aventure dans son imaginaire.»

Victoria rêve. Elle rêve sa vie, multipliant les possibles, transformant l'improbable en réalité, à grands coups d'imaginaire, le sien et celui de tous ces livres qui encerclent sa chambre. Navigant avec aisance au coeur d'univers farfelus, luxuriants et fourmillant d'aventures épiques, Victoria trouve le réel insipide. Et pourtant, il est intrigant, son quotidien. Les livres de sa bibliothèque disparaissent. Son père, ouvrier conventionnel depuis toujours, semble jouer au cow-boy en cachette. La grande horloge grand-père de la salle à manger s'est carapatée sans crier gare. Il y a les Trois Cheyennes qui sont en cavales. Et le petit Jo qui la suit comme une ombre. Tricotant habilement une intrigue joyeusement déroutante, Timothée de Fombelle raconte avec finesse et sensibilité la vie, ordinaire et extraordinaire, ses détours impromptus, ses écueils parfois ironiques, et ses petits bonheurs enfouis entre deux tristesses. Un délice de candeur et d'authenticité, porté par le souffle envoûtant des rêveurs.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 3 mai 2014

3.000 façons de dire je t'aime


Par Marie-Aude Murail, École des Loisirs, Médium

«Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n'aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C'est décidé, ils seront comédiens! Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d'art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, Monsieur Jeanson, les prend tous les trois dans son cours. Chloé va devoir concilier les cours de théâtre avec le rythme intensif de la classe préparatoire qu'elle vient d'intégrer. Bastien, prêt à tout pour faire rire, pense qu'il suffit de regarder une vidéo de Louis de Funès pour apprendre la tirade d'Harpagon. Le beau et ténébreux Neville a peur de se donner les moyens de son ambition, d'être un autre pour savoir enfin qui il est. Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux?»

Être acteur, c'est d'abord se connaître soi-même, sur le bout des doigts, afin de pouvoir insuffler une parcelle de vie aux personnages. C'est un long apprentissage, où on se fait secouer les certitudes, bardasser les convictions, où on doute, on regimbe, on se ressaisit et on recommence. On y croise des gens déroutants, confrontants, inspirants, un concentré d'humanité en quelque sorte. Le théâtre, tout le monde peut en faire, mais ce n'est pas pour tout le monde. Et c'est précisément ce que raconte la plume juste de Marie-Aude Murail à travers l'éveil au monde adulte de ce trio d'amis délicieusement improbable. Tricotant avec finesse une intrigue où s'entrechoquent les destins sans crier gare, ses mots savent dire, en toute simplicité, la jeunesse, ses coups de gueule, ses appels au secours, ses fous rires et ses grandes révélations. Une ode tendre et authentique à ce monde aux mille possibles qu'est le théâtre; un monde où il fait bon prendre son envol.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

vendredi 25 avril 2014

Le Grand Livre des Bêtes


Écrit et illustré par Petite Souris, euh, Emily Gravett, Kaléidoscope

«Petite Souris s’est bien enhardie! Elle n’a presque plus peur de rien. Lion, ours, serpent, crocodile, rhinocéros, requin sont devenus pour elle menu fretin… Mais quel est donc son secret?»

Une fois de plus, Petite Souris redessine le monde (le petit comme le grand!). Grignotant ça et là les pages du livre, de ses quenottes efficaces, pour s'assurer une porte de sortie et faisant disparaître d'un coup de patte artistique et créatif bien des menaces animales (pourquoi pas des gants sur les griffes du lion ou une brosse à dents pour maintenir la gueule du crocodile ouverte?), Petite Souris réinvente la faune à sa désopilante manière. Véritable bijou de conception graphique, fourmillant de volets à soulever (les petites mains gagneront toutefois à être accompagnées de celles d'un adulte pour éviter les accidents de parcours), de «trous» judicieusement semés dans l'image, et de rigolos petits guides à consulter (dont le charmant «Petite Souris Guide pour un sourire éclatant»), cet album propose une narration délicieusement déjantée qui réjouira les insatiables curieux aux mille et une questions.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆






Pour le lire en version originale


mardi 22 avril 2014

Les papas et les mamans


Écrit par Peter Bently, illustré par Sara Ogilvie, Milan, Albums

«C'est bien connu, les parents ne font que donner des ordres : "Fais pas ci, fais pas ça! Brosse-toi les dents! Mange ta soupe!" Mais attention, ce livre est là pour vous prouver le contraire. Les parents sont bien utiles! Ils sont toujours très forts pour réparer les jouets, soigner les bobos, tenir chaud, servir de cobayes, finir les assiettes, servir de cheval ou de mulet… Bref, les parents sont bien pratiques.»

Un clin d'oeil cocasse aux parents plein de ressources d'une enfance grouillante. Peter Bently propose un «petit manuel d'utilisation optimale des parents», à hauteur d'enfants, multipliant les «usages» insoupçonnés et soulignant les «avantages» non négligeables, sans oublier les «pièges» à éviter, ceux qui habituellement sont écrits en petits caractères en bas du contrat. Porté par l'univers visuel joyeusement échevelé de Sara Ogilvie, aux expressions éloquentes et aux illustrations foisonnantes de détails à savourer, cet album fera rigoler de bon coeur. À lire et à relire en famille: cascade de fous rires garantie!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Au dodo, les monstres!


Écrit et illustré par Ed Vere, Milan, Albums

«Et si un jeune monstre était en ce moment même en train de se préparer en pensant à toi, lecteur de ce livre? S’il avait décidé de traverser des marécages et de franchir des montagnes pour venir te trouver? Et s'il avait une petite faim et voulait te croquer au dîner?»

Une épopée espiègle et monstrueuse pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux. Ed Vere joue sans vergogne avec la crédulité du lecteur, le lançant sur d'effrayantes pistes narratives pour mieux le surprendre à la toute fin. Si l'intrigue est enlevante, l'univers visuel se heurte toutefois à quelques écueils dans sa conception graphique: en effet, le monstre principal se fond parfois dans le décor créé par ordinateur, mais détonne trop souvent par son rendu pixelisé, comme si le dessin original avait été trop agrandi, perdant dans le processus la clarté et la précision du trait. Un petit périple rigolo et délicieusement terrifiant, malgré les petits bémols.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆ 

Si tu veux voir une baleine


Par Julie Fogliano, illustré par Erin E. Stead, Kaléidoscope

«Si tu veux voir une baleine... tu dois t'armer de patience et mettre toutes les chances de ton côté si tu veux vraiment voir une baleine. Il y a des règles évidentes à respecter et d'autres qui le sont moins. Et aussi de drôles de pièges à éviter. Il y a surtout cet album. Indispensable.»

Petit morceau de douceur patiente et de poésie rêveuse. Julie Fogliano brode délicatement cette trame toute simple, coquine et d'une sagesse infinie; de sa plume virevoltante, elle sait dire l'attente, et l'espérance, et la richesse stimulante de la nature. Voguant à travers l'univers visuel d'Erin E. Stead, aux traits fins, à la composition éloquente et aux textures tendrement évocatrices, cet album délicieusement hors du temps attise l'imaginaire. Un petit bijou éthéré à déguster sans se presser.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 



Pour le lire en version originale

Le Grand Antonio


Écrit et illustré par Élise Gravel, La Pastèque, Pamplemousse

«À vingt ans, Antonio arrive au Canada par bateau. Il est immense et très, très fort. Il mesure un mètre quatre-vingt-treize et pèse 225 kilos. Le grand Antonio aime montrer sa force; il tire des autobus bondés de gens avec ses cheveux et combat des champions japonais. Ses cheveux sont des tresses épaisses et lorsqu’il met des tiges de métal à l’intérieur, elles deviennent des antennes qui lui permettent de communiquer avec les extraterrestres!»

C'est l'histoire d'un homme fort et de son règne montréalais. C'est l'histoire vraie de vraie du Grand Antonio, l'étrange, le hors norme, le briseur de records, le souleveur de foule et l'amoureux au coeur brisé. Élise Gravel raconte avec finesse, humour et sensibilité l'épopée incroyable de cet homme mystérieux. Entremêlant habilement faits biographiques, hypothèses délicieusement saugrenues (dont une exquise chute interstellaire!) et illustrations tendrement désopilantes, cet album révèle in petto un pan des mémoires d'un quartier, mais surtout, rend un hommage bien mérité à ce «héros» pas comme les autres. Un incontournable de l'histoire montréalaise à redécouvrir en famille, excuse délectable pour initier les lecteurs tout neufs à ce géant plus grand que nature.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

samedi 19 avril 2014

Et si jamais...?


Écrit et illustré par Anthony Browne, Kaléidoscope

«Joe est doublement inquiet. Non seulement il n'est encore jamais allé à une fête d'anniversaire, mais il a perdu son carton d'invitation! Va-t-il retrouver la maison de son ami? D'autres peurs surgissent en chemin. Et si jamais il s'ennuyait à cette fête? S'il y avait trop de monde? Des visages inconnus? Sa maman finit par s'inquiéter à son tour...»

«Et si jamais...?» Une phrase aux mille possibles pour qui fait face à l'inconnu. Et si elle peut ouvrir joyeusement la porte d'une fantaisie luxuriante, elle peut aussi plonger dans la grisaille de l'anxiété et de la peur. Anthony Browne aborde avec justesse et simplicité cette délicate valse-hésitation de l'enfance, entre hâte et crainte. Son univers visuel évocateur, fourmillant de détails tout sauf anodins, interpelle directement le lecteur, le précipitant au coeur de l'imagination fertile du héros troublé et relançant avec éloquence la narration en multipliant les inférences et les pistes de compréhension; si l'intrigue semble d'abord sombre et inquiétante tout au long du trajet vers la fête, laissant libre cours à l'appréhension de Joe, elle bascule ensuite vers le bonheur retrouvé une fois le seuil de la «bonne» porte franchi. Un petit bijou de sensibilité à lire et à relire pour en savourer l'exquise sagacité.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★ 



Pour le lire en version originale


jeudi 17 avril 2014

La robe à froufrous


Par Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel, Alice Jeunesse, Primo, Les aventures mégachouettes de Mademoiselle ChaCha 1

«Mademoiselle Chacha s’appelle en fait Marie-Charlotte. Un choix de sa maman qu’elle n’approuve guère. Pas plus, d’ailleurs, que la robe à froufrous que lui a envoyée sa tante Véronique et qu’elle est supposée porter comme demoiselle d’honneur, cet été.
Une robe pire que dans ses pires cauchemars. Que tout le monde – c’est un grand complot – s’obstine à trouver merveilleuse.
Tous les stratagèmes sont bons pour s’en débarrasser :
1) La perdre.
2) La vendre sur lebonplan.fr.
3) La transformer en coussin pour le chat.
Mais, chaque fois, la maman de Mademoiselle Chacha déjoue le plan de sa fille.
Qui n’a pas dit son dernier mot. Stratégie ultime : demander à sa grand-mère de l’aider à faire « quelques » retouches de couture sur la robe.»

Une première victoire contre l'adversité pour la délicieusement indomptable Mademoiselle Chacha! Sandrine Beau pilote joyeusement cette hilarante conspiration anti-froufrous, multipliant les répliques savoureuses et manigançant d'audacieux subterfuges pour contourner les règles et secouer un brin les conventions. Filant à vive allure grâce à une adroite enfilade de courts chapitres et relancé avec justesse par l'univers visuel espiègle d'Ariane Pinel, ce premier opus des (més)aventures de Mademoiselle Chacha charme dès les premières pages, si bien que le lecteur n'a alors qu'une envie: lire la suuiiiiite!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

mercredi 16 avril 2014

Rébellion chez les crayons



Par Drew Daywalt, illustré par Oliver Jeffers, Kaléidoscope

«La révolte gronde chez les crayons de couleur, certains se plaignent de trop travailler, d’autres souffrent de se sentir délaissés, voire ignorés…Duncan est bien embêté!»

Et si les crayons avaient leur mot à dire, du fond de leur boîte? Drew Daywalt propose une improbable et savoureuse correspondance colorée, traçant les bases d'une future Charte des droits du crayons avec un aplomb désopilant. Supportée avec éloquence et humour par l'univers visuel échevelé d'Oliver Jeffers et de ses jeunes collaborateurs (quelques enfants ont accepté de prêter leur talent pour la bonne cause!), cette histoire délirante ouvre les perspectives et fait un joyeux pied-de-nez aux conventions. Si la chute est un brin ronflante de bons sentiments, les revendications des «manifestants du coffre à crayons» sont absolument délectables et valent le détour. Un album engagé à feuilleter sans tarder avant que ne se déclenche la grève des crayons de cire!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆



ATTENTION! Ce livre n'est pas encore paru en Amérique du Nord:
 parution prévue le 21 avril 2014.





Pour le lire en version originale