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mardi 9 mars 2010

ru

Par Kim Thúy, Libre Expression

«RU est composé de très courts récits liés un peu comme dans une ritournelle : la première phrase du chapitre reprend le plus souvent l'idée qui terminait le chapitre précédent, permettant ainsi de faire le pont entre tous les événements que la narratrice a connus : sa naissance au Vietnam pendant la guerre, la fuite avec les boat people, son accueil dans une petite ville du Québec, ses études, ses liens familiaux, son enfant autiste, etc.»

Récit douloureux, rempli de surprenantes petites parcelles d'espoir. Une plume juste et un regard authentique sur ce voyage initiatique que peut représenter l'immigration, et dont certains ne reviennent jamais au sens propre comme au figuré... Un livre comme une berceuse mélancolique, aux couplets courts mais envoûtants. Un plongeon dans une réalité déroutante et crue, à travers la mélodie littéraire de Kim Thuy. Un oxymore autobiographique qui malgré la dureté du contexte évoqué, ne se complaît pas dans l'horreur... Toutefois, âme ayant été trop couvée dans la ouate nord-américaine, s'abstenir.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

lundi 8 mars 2010

La salle des meurtres

Par P. D. James, Fayard, Policiers, Adam Dalgliesh 12

«Cette nouvelle intrigue concoctée par P.D. James se déroule dans le huis clos d'un petit musée londonien, le Dupayne, dédié aux années de l'entre-deux-guerres, véritable enclave de verdure et de calme située à la lisière du parc de Hampstead Heath. Administrée par les trois enfants de son fondateur Max Dupayne, cette institution rencontre des difficultés financières, et l'un des fils, Neville, psychiatre de son état, hésite à donner une nouvelle fois son aval à la reconduction du bail. Or sans son accord, le musée fermera. Aussi, quand on retrouve son corps carbonisé dans l'enceinte de l'établissement, est-ce tout naturellement sur les responsables et le personnel du musée que se portent les soupçons du commandant Adam Dalgliesh, dépêché sur les lieux. Qui a pu souhaiter la mort du médecin? Son frère Marcus et sa soeur Caroline qui, eux, tiennent absolument à ce que le Dupayne reste ouvert? Le conservateur, James Calder-Hale, dont on apprend qu'il a des liens avec les services secrets du MI5? Les deux employées modèles, Tally Clutton et Muriel Godby, qui se dévouent corps et âme à cette institution? L'affaire se complique lorsqu'un deuxième corps est retrouvé, cette fois dans l'une des salles du musée, précisément celle consacrée aux meurtres célèbres des années trente!»

Superbe morceau de littérature policière, à la dimension psychologique habilement tricotée par la plume de P.D. James! On retrouve avec plaisir (et peut-être même avec plus de plaisir que dans ses autres enquêtes) Adam Dalgliesh, ce doux poète-policier, et sa bande de vifs d'esprits. Une intrigue construite méthodiquement, sans se presser (peut-être en traînant un peu trop de la plume pour la lectrice impatiente que je suis parfois) et qui accroche le lecteur jusqu'au tourbillon final. Plongeon intéressant dans la diversité humaine et dans tous ces coins sombres et fascinants. À lire dans l'ordre de la série, car la connaissance des divers liens unissant ou opposant les personnages gravitant autour de Dalgliesh ajoute des nuances non négligeables à l'histoire. À dévorer...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

La meilleure famille du monde

Par Susana Lopez, illustré par Ulises Wensell, Dominique et cie

«C'est demain matin que la famille d'adoption de Charlotte viendra à l'orphelinat la chercher. Cette nuit-là, Charlotte ne peut dormir! Elle rêve à ces gens qu'elle ne connaît pas encore. Et si c'était des pâtissiers? Miam miam, ce serait la meilleure famille du monde ! Quoique, à bien y penser, une famille de pirates serait probablement plus intéressante... Non! Une famille de dompteurs : voilà ce qui serait la meilleure famille du monde!»

Douce rêverie, un brin utopique, au sujet de l'adoption... La plume est imaginative et fraîche... saupoudrée d'une touche éducative, qui évite habilement le pontifiant... Quant aux illustrations de Wensell, que dire... toujours aussi lumineuses, attachantes, justes et fournies! Un pur délice pour les yeux... À lire encore et encore!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

dimanche 7 mars 2010

Mes 5 meilleurs...

Je viens de mettre à jour les 4 sections Mes 5 meilleurs... Il y a tellement de livres que j'aimerais y glisser, tellement de choix difficiles et d'oubliés qui ne devraient pas moisir sur les tablettes des librairies et des bibliothèques!... Je prends donc position, de mon mieux, avec mon coeur... afin de vous ouvrir la porte de ces mots aux mille images!

Allez-y, fouinez à votre aise!... j'espère que vous y trouverez votre bonheur!

samedi 27 février 2010

Petit frère, Petite soeur - Mode d'emploi

Par Michaël Escoffier, illustré par Séverine Duchesne, Frimousse

«Félicitations ! Tu viens de faire l'acquisition d'un petit frère, ou d'une petite soeur... Tel un nouveau jouet qui aurait un mode d'emploi, Michaël Escoffier tourne en dérision l'arrivée d'un petit frère, ou d'une petite soeur. NON, bien sûr, tout cela n'est que pure imagination, mais au détour des conseils autoritaires de ce mode d'emploi, il y a surtout beaucoup d'inconnu et d'excitation à la découverte. Beaucoup d'humour pour le meilleur, un brin de méchanceté pour le pire, une subtile balance qui caractérise toutes fratries...»

L'idée de départ est originale et très cocasse; un savoureux petit mode d'emploi à l'usage des grands frères et des grandes soeurs. Toutefois, la plume est très franchouillarde (pas certaine que les enfants hors France s'y retrouve dans les termes utilisés) et l'album ne se manipule pas très bien à cause du choix de papier des éditions Frimousse (le papier est presque cartonné ce qui oblige le lecteur à exercer une forte pression sur les pages pour les garder ouvertes). Côté illustrations, c'est charmant et fourni; des détails à profusion et des images colorées. Un bel album donc, mais un peu décevant quand on pense au petit bijou qu'il aurait pu être...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆

Gratien Gratton, prince de la grattouille

Par Dominique Demers, illustré par Fil et Julie, Dominique et cie

«Gratien était un vrai prince. Sans rouspéter, il apprenait à faire la guerre, à chasser les dragons et à rester immobile sur le trône pendant des heures. Mais voilà qu'un soir, à l'heure de la ratatouille aux foies de grenouille, il fut saisi d'une inexplicable attaque de... grattouille! Inexplicable, vraiment?»


Un album extraordinaire! La plume de Demers est vive, humoristique et virevoltante... et les illustrations de Fil et Julie au meilleur de leur fantaisie. Un duo auteur-illustrateurs habile, éloquent, charmant, inoubliable. Si la grisaille vous guette, plongez vite dans le royaume superbe de Gratien Gratton, et le rire vous chatouillera le coeur, c'est garanti! Un incontournable...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

Le jardin imaginaire de grand-papa

Par Andrew Larsen, illustré par Irene Luxbacher, Scholastic

«Lorsque son grand-père déménage dans un appartement, Théo se sent triste. Elle aimait beaucoup la maison de son grand-père. Elle adorait surtout le temps qu’ils passaient ensemble dans son jardin. Elle lance alors une idée : pourquoi ne pas faire un jardin imaginaire? En écoutant Théo, le visage de l’homme s’anime. Tout de suite, les deux jardiniers commencent à planifier leur projet. Le premier samedi du printemps, ils s’installent sur le balcon et commencent à peindre un magnifique jardin imaginaire plein de couleurs et de vie.»


Encore une belle idée de départ... et des illustrations savoureuses. Toutefois, l'histoire s'essouffle un brin en chemin pour finir plutôt abruptement. Un album qui aurait probablement un peu plus de chance auprès d'une clientèle plus jeune (du genre 3-4 ans maximum).


Lili lui donne: ★ ★ ★ ☆ ☆


Pour le lire en version originale

La mouche qui pète

Par Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo, Kaleidoscope

«Il paraît qu'une mouche qui pète peut déclencher un véritable cataclysme à l'autre bout de la planète.»

Petit conte philosophico-humoristique au sujet de l'effet «battement d'aile du papillon»... L'histoire commence doucement, simplement (un peu trop peut-être), à la manière d'un album pour tout-petits... puis l'effet malicieux de la mouche qui pète s'amplifie et la perspective change. Judicieux. Les illustrions minimalistes sont touchantes et éloquentes. Un album habile et étonnant.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

Le Grand Voyage d'Oncle Allistair

Par Alexandra Chauvelon-Bueb, illustré par Alexandra Colombo, Éditions Bower, Oncle Allistair 2

«Un escargot étrange qui sort d'un livre des craies qui dessinent toutes seules des bêtises au tableau, des livres qui s'envolent, des enfants qui disent qu'ils n'y sont pour rien. La suite de l'album "Dans le vieux château d'Oncle Allistair" se déroule à l'école et emporte le lecteur dans un étrange voyage où imaginaire et réalité se côtoient et se mêlent. Attention, si vous constatez des choses étranges autour de vous peut-être des personnages échappés d'un album en sont-ils la cause!»

Drôle de suite pour Dans le vieux château d'Oncle Allistair... trop prévisible, et même un brin ennuyante, pour être honnête... Les illustrations de Colombo sont toujours aussi délicieuses par contre, mais franchement, il aurait peut-être mieux valu produire un premier album plus long ou une suite plus rocambolesque plutôt de de proposer cette histoire insipide. Dommage.


Lili lui donne: ★ ★ ☆ ☆ ☆

vendredi 26 février 2010

Jane Austen et la sorcière du Derbyshire

Par Stephanie Barron, Le Masque, Labyrinthes, Jane Austen 5

«C'est dans le Derbyshire, réputé pour la beauté de ses paysages et sa nature sauvage, que Jane Austen, sa soeur Cassandra et leur mère ont décidé de faire halte en cet été 1806, chez leur cousin Edward Cooper. Mais ce décor idyllique devient vite le théâtre d'événements dramatiques: lors d'une promenade, Jane découvre un cadavre mutilé, apparemment celui d'un jeune homme, jusqu'à ce que le médecin du village dévoile l'identité du corps. Il s'agit de la sorcière de la région, Tess Arnold, semble-t-il assassinée selon des rites francs-maçons. Or la grande majorité des notables du Derbyshire s'enorgueillit d'appartenir à une loge maçonnique... Croyances, pouvoir ou manipulation? A mesure que Jane exerce sa sagacité à la résolution de l'enquête, les secrets de la sorcière du Derbyshire lui opposent un silence pesant...»

Un des meilleurs de la série, jusqu'à maintenant. L'intrigue est plus fluide et bien ficelée et la plume toujours aussi incroyablement documentée sur la vie de Austen, ou ce qu'on pense en savoir... Bien sûr, ce n'est pas un polar comme les autres; plutôt un roman noir, un hybride entre un roman anglais à l'ancienne, un Sherlock Holmes et une biographie non autorisée. Plaisant et fascinant à lire (pour les fans finis de Austen comme moi!)... et même en version française, car la traduction est on ne peut plus habile! 


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆



Pour le lire en version originale