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dimanche 15 septembre 2013

Nous


Par Nicolas Gilbert, Leméac

«Après une présentation informatique ratée devant des clients potentiels, une tenace crise de conscience s'empare d'un jeune Montréalais, qui remet dès lors tout en question. Son père, un homme d'âge mûr, tranquille et serein travailleur d'usine à la veille de la retraite, accompagne quant à lui une collègue immigrée chez les fonctionnaires et y pète inexplicablement les plombs, tandis qu'un étudiant chinois fréquente avec terreur restaurants et cafés de la ville en cherchant à déchiffrer les codes de cette étrange culture. Avec une retenue qui tient de la pudeur, Nicolas Gilbert pose la question de ce qui nous unit - et de ce qui nous détruit. Car tout est lié : sans "nous", qu'est-ce que le "je"?»

Un plongeon au coeur de l'âme humaine, de cette conscience - bénédiction ou fatalité? - qui fait de l'Homme un animal qui réfléchit. Nicolas Gilbert explore avec justesse et lucidité cette fragilité, ce point de faille qui sommeille en chacun de nous. Entrelaçant les destins avec adresse, il entraîne le lecteur dans le tourbillon impromptu d'un quotidien à l'allure pourtant ronronnante, émiettant les certitudes sans crier gare et révélant cette part de chaos de l'humanité, implacable et essentielle, vecteur d'une évolution salutaire. Un opus troublant et fin qui, en cette époque des mille possibles, de l'éparpillement exponentiel, nous pointe habilement notre dénominateur commun...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


jeudi 4 août 2011

La fille de l'imprimeur est triste

Par Nicolas Gilbert, Leméac, Hors Collection

«Deux hommes que cent cinquante ans séparent portent un même nom et un même visage. L'un est un assassin raté condamné à l'exil, l'autre un écrivain raté forcé à la traduction. Hasard? Sans doute, mais si on se met à écouter la musique du hasard avec attention, ne risque-t-on pas de vouloir danser à son rythme?»

Inénarrable, ce troisième roman de Nicolas Gilbert. Une plume tendre, humaine qui manie le hasard et le temps avec finesse. Et on y croit, et on s'attache et on tourne fébrilement les pages... «Mais comment se fait-il que...», «Et pourquoi François a-t-il fait...», «Et si, et si...»; dès les premiers chassés-croisés temporels, notre logique s'emballe, les questions fusent, notre cerveau veut savoir. Mais au fur et à mesure que l'intrigue se tricote, de la France à la Nouvelle-Orléans en passant par Saint-Florent-des-Laurentides, on oublie le vertige de la Raison, on le tasse du revers de la main, et on se laisse emporter, tout simplement. On vogue au gré de François et de son double. On rit, on souffre, on aime... Parce qu'au fond, c'est de l'amour que ce roman nous parle. De l'Amour qui déplace des montagnes, qui fait céder les limites du Temps... et qui fait fuser les mots. Un opus bouleversant, à la parole juste et sensible. Mon petit bijou de la Rentrée littéraire 2011...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★   

mercredi 30 septembre 2009

Le joueur de triangle

Par Nicolas Gilbert, Leméac

«Louis, jeune percussionniste, est engagé par l’Orchestre Symphonique pour jouer une unique note de triangle. Or, ses mains tremblent et cette note l’angoisse. Les jours précédant le concert, son existence tournera autour de cette note à jouer parfaitement et au bon moment : ce qu’il faut faire pour parvenir à maîtriser son angoisse; ce qu’il faut éviter de faire pour ne pas la déclencher.
Dans son agitation, il rencontrera des gens qui, tour à tour, viendront au premier plan de la narration, partageant un moment leurs propres angoisses avec le lecteur. Liés par l’amour et le hasard, chacun des personnages de ce roman joue à sa façon la note unique qui le distingue dans le fracas des passions humaines.»

Émouvant, dérangeant, réconfortant. Nicolas Gilbert tricote finement une narration à voix multiples; vision sensible et juste de l'humanité et de sa fragilité à travers le «filtre» de la musique. Superbe!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★  

lundi 28 septembre 2009

Le Récital

Par Nicolas Gilbert, Leméac

«- Si je comprends bien, dit-il en levant la tête, vous voulez raconter une histoire qui dure six heures et met en scène six personnages?
- Oui, confirmai-je, c’est bien ça.
Six personnages sont convoqués pour raconter une fraction de cette soirée, dont un concert de musique contemporaine forme les points de départ et d’arrivée. Ils se croisent de loin, s’observent parfois et mènent leur vie dans un temps qui leur est propre, cherchant l’amour et l’art. La musique est-elle une façon d’aimer ou de fuir? Et s’il n’y avait pas de réponse à cette question, seulement un sentiment d’échec qui vous habite parfois?
Ce récit à plusieurs voix joue avec le temps et les lignes brisées pour tracer le portrait pointilliste d’une époque et d’un milieu. Alors, seulement, l’intelligence de la structure se révèle-t-elle pour prouver encore une fois que des liens étroits unissent la composition et l’écriture, la musique et la vie.»

Histoire et structure intéressantes, bien que parfois on en sente trop le squelette et le ton un peu moins accessible de l'initié à la musique contemporaine. Cela dit, c'est un roman rempli de ce Nicolas hybride qu'on connaît, cartésien émotif, sensible qui réfléchit parfois trop; notre Woody Allen montréalais.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆