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dimanche 8 septembre 2013

La malédiction d'Old Haven


Par Fabrice Colin, Albin Michel, Wiz

«1723. Gotham. Orphelinat de la Sainte-Charité. Mary Wickford, jeune orpheline à la beauté flamboyante, quitte le couvent et les soeurs qui l'ont recueillie dix-sept ans plus tôt. En route vers l'est, la jeune fille s'arrête dans le vieux village d'Old Haven où règne une atmosphère lourde de secrets. Sans jamais être venue, elle connaît ces paysages de brumes et de ténèbres... C'est ici, à Old Haven, que fut brûlée vive, quarante-deux ans auparavant, une sorcière du nom de Lisbeth Wickford... Descendante de cette longue lignée, Mary est-elle née maudite ou est-elle destinée à sauver un monde en péril?»

Hybride troublant et sublime, oscillant entre réalité, songe et cauchemar. Fabrice Colin brode de sa plume fine et agile une saga enlevante; une sombre uchronie fantastique revisitant l'Histoire avec audace et inventivité. Foisonnant de personnages complexes aux destins inextricables, cette épopée envoûte dès la première page, relançant le lecteur à tout moment, le plongeant au coeur d'une époque agitée où le dogme religieux s'inquiète de la magie qui bouscule un ordre établi de force, une «normalité» factice prônée envers et contre tous. Un roman touffu s'aventurant habilement hors des sentiers battus et ébranlant astucieusement les certitudes. À dévorer tout cru.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

lundi 2 septembre 2013

La «BabyLit»...

Par Jennifer Adams, Gibbs Smith, Série BabyLit

«A whole new way for you to share your favorite classic novels with your babies: it’s called BabyLit.»

Vous en avez assez des imagiers conventionnels pour les tout-petits? Vous aimeriez partager avec eux les frissons de plaisir de vos lectures classiques? Eh bien, c'est le pari que prend Jennifer Adams en proposant cette série d'incontournables de la littérature, réduits à l'essentiel de leur propos, et transformés afin d'introduire des notions de base comme les couleurs, les nombres, les saisons, la météo, la mode, etc. Audacieux, voire un brin dérangeant, même? Détrompez-vous, ça fonctionne très bien. Certes, la collection est inégale: il y a quelques adaptations moins habiles que d'autres. Toutefois, certains titres sont très réussis, comme Alice in Wonderland en imagier des couleurs, Pride and Prejudice en initiation aux nombres ou encore Moby Dick enseignant le champ lexical de la mer et des marins.














Jennifer Adams, agile dans la synthèse, parvient vraiment à pointer les éléments-clés du roman choisi, et à les utiliser de telle sorte que l'ambiance du texte original demeure. Naviguant dans les eaux de la pédagogie avec humour et inventivité, cette «narration» singulière étonne joyeusement et fait naître les sourires à coup sûr. Une collection surprenante et coquine à découvrir absolument (disponible en langue originale seulement, pour le moment)...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


dimanche 1 septembre 2013

Le Journal de Peter


Par Sébastien Perez, illustré par Martin Maniez, Milan

«Je ne sais pas pourquoi je suis ici. Ça ressemble à une de ces maisons où les enfants attendent leurs parents... La surveillante m'a simplement amené dans cette grande chambre. Elle m'a laissé une couverture, un oreiller et un cahier. Elle m'a conseillé d'y écrire toutes mes pensées, pour aider ma mémoire à revenir. Elle m'a appelé Peter... mais je pense que, ce prénom, elle l'a inventé...»

Un petit bijou sombre et troublant. Sébastien Pérez tricote et détricote l'histoire de Peter Pan, révélant avec intelligence et finesse la pierre angulaire de ce personnage mythique: la quête identitaire déçue de son enfance abandonnée. Faisant s'enchevêtrer astucieusement réalité et fiction, la narration de Pérez sème indices et clins d'oeil au mémorable pays de Nulle Part, se faufilant habilement au coeur de la trame originale des romans de J. M. Barrie, nichant sa bouleversante hypothèse à mi-chemin entre l'ère du jeune Peter de Peter Pan in Kensington Garden et celle de l'insaisissable Peter du célèbre Peter and Wendy (mieux connu sous le titre de Peter Pan). Porté par une conception visuelle audacieuse, où les artefacts stimulent l'imaginaire du lecteur, l'impliquent avec adresse dans cette quête de la dernière chance, cet opus hors norme ébranle indiscutablement les certitudes. Le pays de Nulle Part n'existe-t-il finalement que dans la tête d'un orphelin à la mémoire en miettes?... Et si, contre toutes attentes, il existait réellement, ce pays de l'enfance?... Un roman enlevant qui tisse divinement le mystère, qui brode agilement une vérité.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★


mardi 27 août 2013

Dis tu dors?


Par Sophie Blackall, Didier jeunesse

«Un petit garçon qui n'arrive pas à trouver le sommeil va réveiller sa maman en pleine nuit et lui pose mille et une questions. Avec patience et encore un peu endormie, la mère répond à son fils qui devient de plus en plus agité. Un inventaire à la Prévert va finir par calmer l'enfant.»

Un petit délice craquant à souhait, en l'honneur de ces nuits en miettes que les enfants sèment à tout vent. Sophie Blackall tricote une histoire qui tourne joyeusement en rond, emberlificotant les «Pourquoi?», exigeant des «Parce que...», réinventant le monde sans fléchir, à l'aube, lorsque tous les yeux sont fermés sauf ceux de l'enfance. Nichée au coeur d'un univers visuel tendre, qui s'éclaire tout doucement, au rythme du jour qui se pointe, cette parenthèse cocasse d'un quotidien à mille à l'heure fait dans l'universel. Cet album, c'est l'histoire de mon enfance et de la vôtre. Cette histoire, c'est la curiosité qui s'éveille en froissant les paupières des grands, c'est la vie qui ne comprends pas pourquoi, parfois, il fait bon dormir.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

vendredi 23 août 2013

Les Fantaisies de l'oncle Henri


Par Bénédicte Froissart, illustré par Pierre Pratt, Annick Press

«Ce soir, l'oncle Henri vient souper. Et quand oncle Henri vient souper, tout peut arriver...»

Un des classiques de mon enfance. Incontournable. Désopilant. Savoureux. Bénédicte Froissart narre l'improbable avec aplomb, candeur et authenticité. Les adultes et leurs oeillères en prennent pour leur rhume, insensibles à l'aventure qui se déroule pourtant sous leurs yeux. Nichée au coeur de l'univers visuel chaleureux de Pierre Pratt, de ses textures éloquentes et de sa délicieuse démesure,  cette ode à l'imaginaire, à ses périples déjantés et à ses rebondissements astucieux vous fera sourire l'âme à coup sûr...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

jeudi 22 août 2013

Bob le Loup


Par Jean-Luc Le Pogam, illustré par Ronan Badel, P'tit Glénat, Vitamine

«Faut-il vraiment avoir peur du loup? Tiloup attrape une grosse frayeur en apercevant par la fenêtre une forme qui ressemble à Bob le loup, le mangeur d'enfants. Il s'évanouie. Mais le seul qui va proposer son aide à la maman de Tiloup pour l'emmener à l'hôpital, c'est Bob...»

Bob le Loup est méchant. Il est impitoyable. Sa réputation le précède et fait fuir tout ce qui bouge. Mais au fond, qui est Bob le Loup? Une ombre s'approchant? Un manteau rapiécé sur une fourrure en bataille? Un regard acéré qui obnubile et hypnotise? Jean-Luc Le Pogam navigue dans les eaux périlleuses de la perception en brodant avec finesse cette histoire émouvante où les repères sont secoués sans ménagement. Si cet anti-conte de fées charme et fait réfléchir, le superbe univers visuel de Ronan Badel y est pour beaucoup, envoûtant le lecteur par l'efficacité de sa sobre palette, l'éloquence des expressions et des ambiances créées, et la foule de menus détails évoquant le pouvoir des préjugés. Un album bouleversant et juste qui fait tomber les oeillères...



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour en lire un extrait en ligne, c'est ici.

Un safari dans la cour


Par Penelope Harper, illustré par Cate James, Dominique et cie, Praline et Papi 1

«Praline et Papi sont de courageux explorateurs. Équipés de jumelles, de sandwichs et d'imagination, ils se lancent dans une excitante aventure. On ne sait jamais sur quoi on peut tomber lors d'un safari de cour arrière…»

Une surprenante épopée aux savoureux rebondissements. Penelope Harper souffle une bouffée de fraîcheur et de fantaisie sur le quotidien, plongeant le lecteur dans le monde improbable et joyeusement saugrenu de l'enfance. Évoluant au coeur de l'univers visuel de Cate James, hybride attachant aux textures diverses et éloquentes, cette histoire à structure répétitive, ode à l'imaginaire déjanté des enfants, est parfaite pour les jeunes explorateurs en herbe (et les autres, les plus vieux au coeur jeune!) en mal de sensations fortes. Qui aurait cru qu'une cour arrière puisse regorger d'autant de «périls»... Vous ne regarderez plus jamais votre buisson de la même manière!...


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆


Pour le lire en version originale

lundi 19 août 2013

La princesse aux longs cheveux


Par Annemarie van Haeringen, Bayard jeunesse

«Dans un petit pays, vit une princesse aux cheveux longs, si longs qu'il lui est impossible de jouer dehors ou de sauter à la corde. Si longs qu'elle doit les laver dans une piscine! Elle aimerait les couper, mais son père, le roi, refuse...»

Qui a dit que les princesses devaient se dévouer à leur royaume sans regimber? Annemarie van Haeringen tricote une histoire surprenante, où tout semble tendre vers la classique structure du conte de fées: la princesse, les longs cheveux, le roi qui veut marier sa fille, etc. Or, au fil des pages, la «docilité» de la princesse fléchie, son esprit s'ouvre à d'autres possibles et l'émergence d'une personnalité propre, unique, nourrit bientôt le désir de revendiquer le droit de choisir son destin, d'affirmer son indépendance. Relancée par un univers visuel simple et sensible, qui ose secouer un brin le lecteur au passage par le biais de la composition de ses images, cette histoire singulière charme avec intelligence et audace. Un album pour toutes les «petites princesses» qui deviendront un jour des femmes à part entière; une façon d'apprendre que le monde appartient à celles (et ceux) qui veulent bien voir au-delà de l'enceinte du château.


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆

dimanche 18 août 2013

Raoul Taffin pirate


Par Gérard Moncomble, illustré par Frédéric Pillot, Milan, Raoul Taffin

«De l'or, du rhum et du lard! Plein la cale! Voilà ce que veut Raoul Taffin le pirate! A l'abordage, morbouc! Et pas de quartier!»

Une délicieuse saucette dans le monde de l'enfance, un monde aux mille possibles et aux rebondissements impromptus. Soutenu par l'univers visuel fourmillant et riche de Frédéric Pillot, Gérard Moncomble tricote une aventure à couper le souffle pour l'infatigable Raoul Taffin et sa bande de joyeux lurons. Dans le coloré langage des invincibles terreurs des mers, la narration ballotte le lecteur de péripéties en mésaventures, confrontant son héros à d'innombrables ennemis anéantis sans peur et sans faillir. Si l'histoire est enlevante à souhait, les illustrations généreuses, à l'imaginaire déjanté et aux détails savoureux volent indiscutablement la vedette, titillant la curiosité, relançant habilement la narration et faisant jaillir la lumière sur les fondements concrets des pérégrinations de Raoul Taffin en une inoubliable double-page à déplier. Un album désopilant fleurant bon l'océan et la poudre à canons, qui fascinera sans vergogne. Plaisir garanti! (... et pour les mordus, il y a toute une série de Raoul Taffin à découvrir...!)



Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ★

jeudi 15 août 2013

Le mystère des jumelles Barnes


Par Carole Tremblay, Bayard Canada, Collection Zèbre

«Comme chaque année, sept cousins et cousines se retrouvent chez leurs grands-parents pour une semaine de vacances. Victor profite de son séjour à la campagne pour s'initier au geocaching, un jeu de chasse au trésor qui se pratique à l'aide d'un GPS. Mais ce qui devait être une simple distraction devient rapidement une source d'angoisse. Surtout lorsque les coordonnées mènent le garçon à la tombe de Lucina Barnes, l'une des deux jumelles à l'origine d'une légende régionale à donner froid dans le dos. Et si l'horrible créature dont elle fait mention existait pour de vrai?»

Une enquête enlevante qui cavale hors des sentiers battus. Carole Tremblay pique la curiosité du lecteur dès les premières lignes, le plongeant dans l'action sans tarder et lui concoctant ensuite une aventure mouvementée, intrigante à souhait, de sa plume vive et astucieuse. On suit le périple sombre et trépidant de Victor sans même prendre le temps de souffler, tournant les pages à toute vitesse (en se cachant un peu les yeux parfois... oui, oui, je suis un brin froussarde!) afin de découvrir au plus vite cet inquiétant mystère des jumelles Barnes. Un incontournable pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux!


Lili lui donne: ★ ★ ★ ★ ☆